Catherine Parr (ou Parre) (1512 – ), est reine consort d'Angleterre et d'Irlande en tant que sixième et dernière épouse du roi Henri VIII, son troisième mari qu'elle épouse en 1543, succédant à Catherine Howard.

Sa biographe, Susan James, la décrit comme une jeune femme énergique et intelligente, avec des cheveux roux, des yeux gris-bleu et un teint clair, une passion pour les bijoux et un certain goût pour la chasse à l'arbalète. Catherine est une bonne cavalière, excellente danseuse, elle aime la musique, les fêtes et autres divertissements de cour.

Biographie

Jeunesse et éducation Elle est la fille ainée de Sir , contrôleur de la maison royale et seigneur du manoir de Kendal dans le Westmorland, et de Maud Green, fille et cohéritière de Sir Thomas Green, seigneur de Greens Norton, dans le Northamptonshire, et de Joan Fogge. Elle grandit à Londres dans le quartier de Blackfriars et reçoit une éducation catholique mais se tournera plus tard vers le protestantisme.

Son père, Sir Thomas Parr, issu d'une famille nordique qui compte de nombreux chevaliers, est un descendant du roi Édouard III. Il est écuyer du corps du roi à la cour d'Henri VII et est lui-même fait chevalier au couronnement d'Henri VIII. ; il tombe sérieusement malade à l'âge de 39 ans et décède prématurément le alors que Catherine n'a que cinq ans. Maud, qui n'a alors que 22 ans, ne se remarie pas et se consacre à l'éducation de ses enfants. Catherine a une sœur, Anne, qui devient comtesse de Pembroke, et un frère, William Parr, qui sera marquis de Northampton. Elle épouse en premières noces , en secondes noces John Neville, , puis Henri VIII et enfin Thomas Seymour.

Sir Thomas, proche compagnon d'Henri VIII, est récompensé par des revenus provenant de ses postes de shérif du Northamptonshire, de maître des pupilles et de contrôleur du roi, revenus qui s'ajoutent à ceux que lui rapporte son manoir de Kendal.. Maud Parr est une amie et une dame d'honneur de la reine Catherine d'Aragon, qui est vraisemblablement la marraine de Catherine Parr..

Catherine est née en 1512, probablement au mois d'août ; Maud, sa mère, reste à la cour auprès de la reine pendant sa grossesse ; la famille Parr vivait alors dans leur maison de Blackfriars. ; Maud meurt en , alors que Catherine n'a que 20 ans. L'éducation de Catherine est similaire à celle des jeunes femmes de son rang, mais elle continue à apprendre toute sa vie. Elle maîtrise, à des niveaux différents, le français, l'italien et, à un moindre niveau, le latin, qu'elle essaiera de perfectionner à l'âge adulte ; le prince Édouard, âgé de neuf ans, la félicite pour ses progrès.. Catherine commence également à apprendre l'espagnol après être devenue reine. Elle possède également une bonne connaissance de la Bible, notamment des Psaumes, en latin et en anglais et s'intéresse à la conception humaniste du christianisme développée par Érasme dont elle possède deux ouvrages ; elle considère d'ailleurs que la doctrine du Christ est plus importante que l'éducation profane, ce dont elle met en garde les humanistes de l'université de Cambridge en 1546.

Catherine aime aussi la musique, la danse, la peinture, les belles robes et a une véritable passion pour les chaussures, dont elle commandera jusqu'à 47 paires en une année ; elle adore ses lévriers et ses perroquets, apprécie les fleurs, raffole des pitreries des bouffons et savoure les petits plaisirs de la vie. Catherine semble d'ailleurs particulièrement attachée à sa bouffonne, Jane Foole à qui elle achète un grand nombre de vêtements de même qualité que ceux portés par les épouses et les filles de la noblesse.

Premier mariage (1529 - 1533) En 1529, Catherine, âgée de seize ans, épouse le jeune Sir Edward Borough, petit-fils d'Edward Borough, 2e baron Burgh. Les époux s'établissent en 1530 à Kirton-in-Lindsey, non loin du manoir familial de Gainsborough Old Hall dans le Lincolnshire. En , Edward meurt, laissant Catherine veuve, sans parents, en froid avec ses beaux-parents, obligée de quitter la maison de Kirton-in-Lindsey qui appartient à son beau-père, et avec pour seul revenu le douaire concédé par celui-ci. Elle avait toutefois un réseau de relation, dont Cuthbert Tunstall, évêque de Durham et président du conseil du Nord, ainsi que le support de son frère et de sa sœur Anne, tous deux à la cour du roi Henri VIII.

Deuxième mariage (1534 - 1543) Après le décès de son mari, Catherine s'installe un temps chez ses parents, les Stricklands, au Château de Sizergh dans le Westmorland (aujourd'hui en Cumbria). Katherine Neville, Lady Strickland, était la veuve du cousin de Catherine, Sir Walter Strickland. Au cours de l'été 1534, Catherine épouse en secondes noces John Neville, 3e baron Latimer, cousin au second degré de son père et parent de Lady Strickland. Par ce mariage, Catherine a désormais un mari influent, une demeure dans le Yorkshire du Nord, le château de Snape, et elle devient la deuxième femme de la famille Parr à accéder à la pairie.

John Neville, deux fois veuf, est aussi deux fois plus âgé que Catherine. De son premier mariage avec Dorothy de Vere, décédée en 1527, il a deux enfants, John, un garçon particulièrement instable, et Margaret qui sera éternellement reconnaissante « de l'éducation, du tendre amour et de la grande bonté » que lui témoigne Catherine ; elle deviendra d'ailleurs une de ses dames de compagnie lorsqu'elle deviendra reine. Quand il épouse Catherine, John Neville a de grosses difficultés financières et est encore largement débiteur du Roi quand il meurt en 1543.

John Neville, catholique convaincu, s'était positionné contre le divorce du roi, son remariage avec Anne Boleyn et les conséquences religieuses qui en découlaient. En éclate une révolte populaire, appelée le Pèlerinage de Grâce, en réaction à la rupture de l'Angleterre avec l'Église catholique romaine. Une foule de catholiques en colère, qui se présente aux portes du château de Snape, oblige John Neville à se joindre aux rebelles et défendre leur cause pour sauver sa vie. Après une première reddition des insurgés, au mois de décembre, John Neville part plaider son innocence à Londres pour éviter de finir sur l'échafaud comme Robert Aske avec qui il avait collaboré pendant la révolte. Mi-janvier, furieux de sa trahison, les rebelles catholiques envahissent le château de Snape, le mettent à sac, prennent Catherine et ses enfants en otage, et exigent le retour immédiat de son époux sous peine de brûler le Château et de massacrer sa famille. John retourne brièvement à Snape et réussit à sauver sa famille et son château. La seconde révolte est finalement écrasée par les hommes du roi sous le commandement du duc de Norfolk. John Neville est discrédité aux yeux d'Henri VIII mais sauve sa tête grace à l'influence de la famille Parr. Catherine, son mari et ses enfants quittent alors le nord pour aller s'établir d'abord à Wick, puis au manoir de Stowe, dans le Northamptonshire, que John achète pour Catherine et qu'il lui laissera à son décès en . Il lui lèguera également ses domaines près de York et lui demandera de veiller sur sa fille, Margaret Neville, et de pourvoir à son éducation. Quatre mois après le décès de son second mari, Catherine Parr devient reine d'Angleterre.

Reine d'Angleterre vignette|Portait de la reine Catherine. Le Catherine Howard est déchue de son titre de reine d'Angleterre et emprisonnée, elle est déclarée coupable d'adultère avec Thomas Culpeper et exécutée le à la tour de Londres.. Le Parlement pousse alors Henri VIII à prendre une nouvelle épouse de moralité irréprochable..

Catherine et John Neville, dont la santé décline rapidement, passent l'hiver 1542-43 à Londres. Catherine Parr, dont la sœur Anne est dame de compagnie des épouses successives d'Henri VIII depuis l'âge de 13 ans, passe beaucoup de temps à la cour, notamment auprès de la princesse Marie, avec qui elle se lie d'amitié et qu'elle aide à renouveler sa garde robe. Elle y fait la connaissance de Thomas Seymour, beau-frère du roi, qui lui fait une cour assidue et qui deviendra plus tard son quatrième époux. Elle y rencontre également le roi qui, d'après Chapuis, se rendait deux ou trois fois par jour dans les appartements de la princesse au mois de février, et qui commence à offrir des cadeaux à Catherine dès le , deux semaines avant le décès de son mari.

À cette époque, l'apparence physique d'Henri VIII est déjà assez repoussante ; il a du mal à marcher, il est de plus en plus gros, vieux et gris, et on dit que « trois des plus grands hommes que l'on puisse trouver pouvaient entrer dans son pourpoint ». Au printemps 1543, il fait sa demande en mariage à Catherine qui met un certain temps avant d'accepter de prendre pour époux un homme qui a déjà fait exécuter deux de ses précédentes épouses, a fait annuler son mariage avec deux autres et a déclaré illégitimes les deux filles issues de ces unions. La rumeur veut que Catherine, éprise de Thomas Seymour, ait déclaré « mieux vaut être sa maîtresse que sa femme » ; il lui était toutefois impossible de refuser.

Catherine et Henri VIII ont de nombreux ancêtres communs. Par la mère d'Henri et le père de Catherine, ils sont cousins au troisième degré, ayant en commun Ralph Neville, 1er comte de Westmorland, et Jeanne Beaufort (petite-fille d'Édouard III), et par leurs pères, ils sont cousins au quatrième degré, ayant en commun Thomas Holland, 2e comte de Kent (fils de Jeanne de Kent) et Alice FitzAlan (petite-fille d'Henri de Lancastre) et Jean de Gand, duc de Lancastre (fils d'Édouard III) et Katherine Swynford.

Catherine épouse Henri VIII le au château de Hampton Court. Elle est la première reine consort d'Angleterre à posséder le titre de reine d'Irlande, après l'adoption par Henri du titre de roi d'Irlande. Quand elle devient reine, son oncle le baron Parr d'Horton est nommé son Lord Chambellan et elle aura comme chapelain des personnalités proches de la réforme comme et . Son cercle proche de dames de compagnie comprend également des personnalités telles que sa sœur Anne, son amie Catherine Willoughby, Elizabeth Tyrwhitt, Joan Champernowne, et Jane Dudley, toutes favorables au courant réformiste.

En épousant Henri VIII, Catherine devient une des femmes les plus riches et puissantes du royaume ; elle reçoit « en compensation de la jointure et du douaire » une rente à vie consistant en 105 manoirs, 15 bourgs, 6 châteaux, et de nombreux moulins, fermes en fief, parcs, forêts, etc. auxquels s'ajoutent rapidement 28 autres manoirs, puis un « octroi à vie des biens et des meubles des locataires félons ou fugitifs dans les terres qui lui ont été concédées ».. Elle a à son service personnel régulier 46 dames de qualité et 57 gentilhommes, ayant eux-mêmes à leur service leurs propres domestiques qui vivaient avec eux à la cour, sans compter une quinzaine de majordomes. Pour subvenir aux besoins et au confort de tout ce beau monde, la maison de la reine comprend également une intendance composée de cuisine, arrière-cuisine, épicerie, boulangerie, pâtisserie, boucherie, volaillerie, brasserie, cave, garde-manger, garde-robe, linge de maison, laverie, bûcheronnage, portage, messagerie, étables et écuries, presque à l'identique de ce qu'on trouve dans la maison du roi.

vignette|Psalms or Prayers taken out of Holy Scripture (1544).

Catherine développe de bonnes relations avec les enfants du roi. Elle se montre une belle-mère aimante pour l'héritier du trône, Édouard, plus tard Édouard VI d'Angleterre, et elle est en partie à l'origine de la réconciliation d'Henri avec ses filles Marie et Élisabeth qui avaient été déclarées illégitimes en 1533 et 1536. Sans leur rendre leur légitimité, le Troisième Acte de Succession de 1543 restaure leur droit de succession au trône. Catherine fait entrer à la cour sa belle-fille Margaret Neville, qu'elle garde au plus près d'elle en compagnie de sa sœur Anne.