Bruyères ( , en patois vosgien de la montagne ) est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.
Géographie Localisation vignette|centre|Localisation dans le département. Bruyères est située dans le massif vosgien à à vol d'oiseau à l'est d'Épinal., à au sud-ouest de Saint-Dié-des-Vosges. et à au nord-ouest de Gérardmer.
Communes limitrophes Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de dix autres communes.
Géologie et relief vignette|centre|400px|<center>Vue aérienne en 2005.
Le territoire de la commune occupe un plateau qui fait office de col entre les vallées de la Vologne au sud et de la Mortagne au nord. Elle est dominée à l'est par une première éminence du massif vosgien, l'Avison, qui lui sert parfois de symbole.
D’un point géologique, la carte d’identité de la commune de Bruyères est clairement triasique et gréseuse. Les formations stéphano-permiennes et le buntsandstein. sont visibles à l’œil nu à chaque promenade en forêt. Grès permien et grès bigarré forment un croissant épais autour d’alluvions du pléistocène dans la partie basse du territoire communal en direction de Laval ou de Champ-le-Duc. Il s’agit pour ces dernières de formations superficielles émergées issues des périodes glaciaires, notamment du Mindel. Les effets de l’érosion périglaciaire ont également remodelé le paysage en surface.
En résumé, le territoire communal de Bruyères se définit par la configuration lithostratigraphique suivante, du plus ancien au plus récent : (Nord-est) Le grès permien de la formation dite de Saint-Dié est la roche sédimentaire la plus ancienne qui affleure dans le secteur bruyérois puisqu’elle remonte à la fin de l’ère primaire. Le grès permien sur Bruyères est la limite d’un bassin plus épais sur Saint-Dié qui atteint les d’épaisseur. Néanmoins, en raison d’une sédimentation peu achevée in : ., cette roche très friable de teinte rose pâlotte qu’on peut presque déliter avec ses doigts n’apparaît pas beaucoup en surface, mais plus en lambeaux dans quelques secteurs dispersés du massif (Orbey, Senones, Albé, Frapelle par exemple). ; (Nord) Un épais manteau de grès bigarré (environ , soit la plus petite couche du massif au regard des des Vosges du Nord) du buntsandstein moyen rouge foncé à rose qui prend fréquemment un aspect conglomératique forme la dernière côte du Bassin parisien et la barrière gréseuse faisant office de clôture du Plateau lorrain et de porte d’entrée vers les Vosges granitiques. Au-dessus du grès vosgien, il reste sur les croupes sommitales des monts bruyérois des blocs de conglomérat principal constitué de quartz et de quartzite. comme on peut en trouver dans toutes les Vosges gréseuses jusqu’à la forêt palatine en Allemagne ou comme encore sous la forme de couronne tabulaire dans la partie cristalline du massif avant les crêtes entre Bruyères et Gérardmer ; (Sud-ouest) Des alluvions du pléistocène moyen et supérieur sont très proches du territoire communal en se rendant vers la vallée de la Vologne. Il s’agit d’une érosion fluvioglaciaire en provenance des grès bigarrés et partiellement seulement des granites ; (Sud/Sud-ouest) Également datés du pléistocène moyen et supérieur, on trouve en contrebas du versant qui mène à la vallée de la Vologne des cônes alluviaux. Ces cônes sont en bordure du territoire communal à l'extérieur ; Les moraines de Mindel sont des formes superficielles ; du point de vue stratigraphique il s’agit du pléistocène moyen et supérieur et d’un point de vue lithologique, on constat des moraines blocs de roche sédimentaire, mais aussi des blocs erratiques de granite qui reposent aux sommets des buttes de grès vosgien.
Paysages et végétation La végétation climacique de la commune de Bruyères correspond à l'influence des premières pentes des Vosges... D'un point de vue général et pour toutes les communes dans la région de transition entre le Plateau lorrain et le massif vosgien partie gréseuse, la forêt mixte avec étagements en altitude et le passage entre les feuillus et les conifères caractérisent cette zone. On peut distinguer deux étages principaux : autour de , on trouve la basse montagne où la hêtraie domine presque totalement. La forêt de Faîte au nord-ouest de la ville illustre bien cet étagement. Sur le plan géomorphologique, il s’agit en fait moins d’une montagne que de la dernière cuesta du plateau lorrain en grès bigarré ; de , le deuxième étage dit montagnard moyen se caractérise par une végétation différente suivant l'exposition au vent, à l'humidité et au soleil ; le versant à l'ouest et au nord plus humide se définit par ses sols bruns acides où règne la sapinière-hêtraie, les versants face au sud et sud-est sont plus pentus, rocheux et mieux exposés au soleil. On y trouve des sols podzoliques où poussent des pins sylvestres endémiques à Bruyères.
Le sous-bois du deuxième étage est caractérisé par une présence accrue de myrtilles, mousses et fougères. La fête des brimbelles célébrée à Bruyères depuis des décennies illustre ce lien particulier qu'ont les habitants avec un fruit sauvage symbolique de leur ville. La callune est également très répandue sur le versant sud-est et sud-ouest, donc en l'emplacement même de la ville, ce qui correspond au clin d’œil toponymique du nom de Bruyères dans le sens de lande, terre riche en callunes.
Bien que proche et visible depuis la tour panoramique de la Grande Avison, il n'y a pas de troisième étage ou étage montagnard supérieur à Bruyères car le territoire communal n’excède pas à son point culminant au Borémont.
Le premier étage est très peu représenté sur le territoire communal bruyérois en dehors d'une mince bande forestière au nord-nord-ouest où se situe le point le plus bas dans le vallon de l’Arentèle à . La limite communale s’arrête en effet juste avant les pentes de la côte gréseuse entre au-dessus des reins de la Moulure et du Chêne et des basses de la Vierge, du Gravier, d’Hutranfosse et de l'Âne. La face bruyéroise se caractérise par les rochers tabulaires en grès conglomératique et des pentes plus abruptes (entre 30 et 40 % de dénivelé) que du côté nord-ouest où la pente est progressive. Les pins sylvestres apprécient ces pans rocheux car ils sont à la recherche de davantage de lumière par rapport aux sapins dominants dans le secteur.
Par conséquent, la commune de Bruyères se situe majoritairement dans l'étage montagnard moyen. La partie fortement défrichée depuis des siècles en direction de la vallée de la Vologne moyenne se rattache à la végétation habituelle des fonds de vallée humides avec bouleaux, hêtres et végétation des terres fangeuses que l'on nomme davantage feigne dans le langage local. Le paysage et le type de végétation dans lequel grandissent les Bruyérois font qu'ils se sentent dans un environnement connu et familier dans la plupart des régions d'Europe centrale voire orientale qui partagent les moyennes montagnes, les sapinières avec callune et myrtille. Les Vosges moyennes s'apparentent clairement au faciès germanique et est-européen dont elles forment l'extrême limite occidentale.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par l'ruisseau l'Arentele, le ruisseau du Menil, le ruisseau de l'Avison, le ruisseau de Maxeme et le ruisseau la Lizenne..
L'Arentèle, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune et se jette en rive gauche dans la Mortagne à Saint-Gorgon, après avoir traversé . L'Arentèle approvisionne plusieurs étangs le long de son cours, notamment l'étang de Pointhaie et l'étang de Monplaisir.
vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|<center>Réseaux hydrographique et routier de Bruyères.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de )..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Le Roulier_sapc », sur la commune du Roulier à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Voies de communication et transports Voies routières vignette|Réseau routier de Bruyères. vignette|redresse=0.7| et au sud d'Épinal rejointe à partir de Bruyères par la . Bruyères n’est traversée par aucune route nationale ; elle n’est pas placée sur un axe majeur. Son réseau est départemental. Pour rejoindre une route nationale à l’ouest, il faut descendre la vallée de la Vologne vers Jarménil ou bien par la plaine sous-vosgienne vers Épinal où on rattrape la qui est l’axe Metz – Besançon par Nancy et Vesoul. Pour rejoindre l’autre nationale à l’est, il faut partir en direction de Saint-Dié par le col du Haut Jacques pour arriver sur l’axe secondaire Lunéville – Sélestat par la . Les choses ont en réalité beaucoup changé depuis le dernier quart du où les habitants du plateau lorrain allaient à Gérardmer en passant par Bruyères et le vallée de la Haute-Vologne. La circulation dans la grand-rue de Bruyères était toujours plus intense les week-ends et en période de vacances. De nos jours, la circulation vers les centres touristiques vosgiens s’est intensifiée sur la ou la (aussi ) qui sont souvent en .
À l'échelle départementale, Bruyères forme une étoile de distribution vers la montagne et la plaine sous-vosgienne en empruntant les vallées de l’Arentèle, de la Mortagne, de la Vologne ou du Neuné pour rejoindre les hautes vallées de la Moselle (Épinal, Remiremont) et de la Meurthe (Saint-Dié-des-Vosges). La grosse transformation à l’œil nu pour les Bruyérois depuis un demi-siècle est l’amélioration et l’élargissement de la route qui passe en contrebas des Roches de Fouchon et de Pointhaie ; il s’agit de la qui relie Épinal à Saint-Dié-des-Vosges. Cette route passe néanmoins par un col, celui du Haut Jacques. Vers le nord, on emprunte la même voie pour se rendre vers Rambervillers par la à partir de Grandvillers.
Vers le sud et la montagne, les trois branches de la , la et la correspondent en fait à des axes régionaux très anciens pour Bruyères, essentiellement pour des raisons historiques. Soit on descend la Vologne vers Docelles et Jarménil, soit on la remonte vers Granges-sur-Vologne et Gérardmer, soit on suit son affluent droit, le Neuné, vers Corcieux et le col du Plafond pour rejoindre la vallée de la Haute-Meurthe.
Voie ferroviaire vignette|Ligne ferroviaire du RFN Arches - Saint-Dié-des-Vosges.