Arthur Ranc, né le à Poitiers et mort le à Paris , est un journaliste et essayiste politique, républicain anti-clérical franc-maçon et révolutionnaire français.

Élu, lors des élections municipales à Paris en juillet 1871 au conseil municipal de Paris avec son ami Clemenceau, il participa brièvement à la Commune de Paris avant de s'en éloigner. Il dut néanmoins s'exiler en Belgique après une condamnation, en 1873, par le Conseil de guerre. Amnistié en 1880, il est ensuite élu député puis sénateur, fondant notamment la Société des droits de l'homme et du citoyen. Il est connu pour son engagement dans l'affaire Dreyfus. Réédité par Dalloz en 2019 sous le titre : Georges Picquart, la biographie, , récompensé par le prix Seligmann contre le racisme..

Biographie vignette|Caricature d'Arthur Ranc parue dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1873.

Jeunesse et militantisme républicain Ranc a d’abord suivi les cours de l’École de droit et à l’École des chartes, avant de débuter dans la carrière politique en prenant part à diverses manifestations démocratiques, entre autres au complot de l’Hippodrome et de l’Opéra-Comique.. En , il combat sur les barricades pour s'opposer au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, et à l’attentat de Bellemare. Il sert d'intermédiaire entre Auguste Blanqui et Giuseppe Mazzini, ce qui lui vaut d'être condamné à un an de prison, pour appartenance à une société secrète. Impliqué dans un complot et enfermé à Mazas avec Jules Vallès, il est condamné à la déportation à Lambessa en Algérie en 1854. Il réussit à s'évader et à rejoindre l'Italie, puis la Suisse en 1856.

Rentré en France, après l’amnistie de 1859, il écrit tour à tour au Réveil de Delescluze, à La Rue de Vallès, au Nain jaune, au Journal de Paris, à la Cloche, au Réveil, au Diable à quatre, au Courrier du Dimanche où, le ton incisif et les hardiesses de ses polémiques provoquant sans cesse les poursuites contre lui, il est condamné à de multiples amendes et peines de prison pour « incitation à la guerre civile ».

La guerre de 1871, la Commune de Paris et l'exil Après la proclamation de la Troisième République, le , il est nommé maire du 9 arrondissement de Paris. Pendant le siège de la capitale, il rejoint en ballon monté Léon Gambetta qui anime une délégation du gouvernement de la Défense nationale à Tours. À la même époque, il est nommé directeur de la Sûreté générale par ce dernier jusqu'au . Le , il est élu député de l'Assemblée nationale, mais en démissionne le 2 mars pour protester contre la signature des préliminaires de paix avec les Allemands. Lors des élections municipales à Paris du 26 mars 1871, il est élu au conseil de la Commune à la presque unanimité des votants du 9 arrondissement, et use de l’autorité que lui donne ce dernier vote pour faire prendre un arrêté garantissant la liberté individuelle et pour obtenir l’élargissement de plus de deux cents prisonniers arrêtés par les ordres du Comité Central. Le , il démissionne, pour protester contre le décret sur les otages que vient de prendre la Commune, le dernier des modérés des membres de la Commune. Le drapeau tricolore flottera sur sa mairie jusqu’au au soir.

Membre de la Ligue d'union républicaine des droits de Paris (avec son ami Clemenceau), il tente de concilier le gouvernement d'Adolphe Thiers et la Commune. Après la Semaine sanglante, il est élu, fin , député du Rhône, lors des élections municipales de Paris, mais la presse de droite l'attaque. Bien que membre démissionnaire de la Commune, qu’il avait vainement essayé de détourner de ses violences, deux ans après, en 1873, au lendemain même de son élection, il doit rejoindre l’exil des communards en Belgique. Le conseil de guerre de Versailles n’hésite pas à le poursuivre, et le condamne à mort par contumace..

Carrière politique sous la Troisième République

L’amnistie de 1880, consécutive à la victoire des républicains, lui ayant rouvert les portes de la Patrie, il écrit, le soir même, un article plein d’émotion dans La République française, à laquelle il avait, dans l'intervalle, activement collaboré. L’année suivante, il est élu député de gauche de la Seine lors des élections législatives de 1881. En 1888, face au danger du boulangisme, avec Clemenceau et Joffrin, il crée la Société des Droits de l'Homme et du Citoyen contre le césarisme et le plébiscite du général Boulanger :

En 1891, il est élu sénateur de la Seine. Il participe à la fondation du groupe de la Gauche démocratique dont il devient le premier président. Le ferme maintien au cours du temps contre vents et marées de son cap politique le fait surnommer « le vieux Ranc »..

Avec Bernard Lazare et Joseph Reinach, il figure parmi les tout premiers à croire en l'innocence d'Alfred Dreyfus. Le , il défend avec passion et autorité Émile Zola au cours de son procès, à la suite de son J'accuse...!. Lui-même excellent escrimeur, il est le témoin de Georges Clemenceau dans son duel contre Paul Deschanel et celui de Marie-Georges Picquart contre le commandant Hubert-Joseph Henry.

Battu au renouvellement sénatorial de 1900, il retrouve un poste de sénateur de la Corse en 1903. Il poursuit en parallèle son activité d'écrivain et de journaliste. De 1905 à 1908, il remplace Clemenceau à la direction du Journal l'Aurore.

Lors de ses obsèques précédant son inhumation au cimetière du Père-Lachaise division.., Marie-Georges Picquart (alors ministre de la guerre), Joseph Reinach, Jean Dupuy et Paul Strauss étaient présents.

Publications . . Sous l'Empire : roman de mœurs politiques et sociales, 1872. . Sous l'Empire, mémoires d'un républicain, 1878. . . Bagnes d'Afrique : trois transportés en Algérie après le coup d'État du 2 décembre 1851, textes de Pauline Roland, Arthur Ranc, Gaspard Rouffet établis, annotés et présentés par Fernand Rude, F. Maspero, Paris, 1981.

Odonymie Il existe depuis 1928 une rue Arthur-Ranc dans le de Paris, voie ouverte sur l’emplacement du bastion 38 de l’enceinte de Thiers. Il existe aussi des « rue Arthur-Ranc » : à Poitiers (ainsi qu’une impasse) ; à Saint-Étienne ; à Châtellerault ; au Plessis-Robinson.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

. Réédité par Dalloz en 2019 sous le titre : Georges Picquart, la biographie, , récompensé par le prix Seligmann contre le racisme. . .

Liens externes

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