Julio González, né Julio Luis Jesús González Pellicer le Léal (2007), . Julio González prétendait, , être né le , en écart de deux jours avec la date officielle. à Barcelone en Espagne et mort le à Arcueil en France, est un sculpteur et peintre espagnol associé aux mouvements cubiste et surréaliste, ainsi qu'à l'abstraction picturale.
Arrivé à Paris en 1900, Julio González passe sa vie et toute sa carrière de sculpteur dans le quartier cosmopolite et artistique du Montparnasse, en relation étroite avec la communauté espagnole exilée. Ainsi, de 1928 à 1932, il poursuit plus particulièrement avec Pablo Picasso une collaboration fructueuse, notamment autour des nouvelles techniques de soudure du fer appliquées à la sculpture cubiste. Bien que restant dans l'ombre de Picasso, il développe cependant son propre langage artistique. Depuis les années 1930, Julio González est considéré comme le père fondateur de la sculpture en fer moderneRuhrberg (1998), .. et un inspirateur essentiel pour de nombreux artistes ayant poursuivi dans cette voie tels David Smith et Eduardo Chillida. Il a également eu pour gendre le peintre allemand Hans Hartung qui épousa sa fille Roberta (1909-1976) au début de la Seconde Guerre mondiale en 1939.
Biographie Jeunesse et formation Julio González est le plus jeune des quatre enfants de Concordio González, un célèbre ferronnier d'art et orfèvre de Barcelone, et de Pilar Pellicer, la sœur du peintre catalan José Luis PellicerGonzález - Picasso, dialogue (1999), .. Dans sa jeunesse il a travaillé avec son père et son frère aîné Joan dans la fonderie familiale fondée par le grand-pèreGrimminger et Llorens (2005), ., tout en prenant des cours du soir de peinture et de dessin aux Beaux-Arts de Barcelone. Il participe alors très jeune à plusieurs expositions d'orfèvrerie avec son frère Joan, lors desquelles ils remportent la médaille d'or de l'Exposition internationale des arts appliqués de Barcelone en 1892 et la médaille de bronze de la Biennale internationale de Chicago de 1893. En 1896, après le décès de son père, Joan González reprend la maison d'orfèvrerie familiale, aidé par son frère cadet JulioLéal (1997), ..
vignette|redresse|Le café Els Quatre Gats à Barcelone, que fréquentaient González, Pablo Picasso et Pablo Gargallo. À partir de 1897, Julio González fréquente avec Joan le célèbre café barcelonais Els Quatre Gats, et où il fait la connaissance notamment de Pablo Picasso, Manolo Hugué dit Manolo, Joaquín Torres García et Pablo Gargallo. C'est au contact de ces personnes que s'effectue sa transition de l'artisan à l'artisteVierny (2004), ., et qu'il souhaite devenir peintre. Dans ces années, Julio González fait deux voyages à Paris, son premier avec l'ensemble de la famille en 1897, puis un second qu'il effectue seul en 1899.
L'arrivée à Paris et les débuts En 1900, la famille González part pour Paris et s'installe 22, avenue du Maine, dans le Montparnasse cosmopolite et artistique d'avant-guerre. Les créations de Julio González sont alors essentiellement consacrées à l'exécution de pastels, le plus généralement représentant des portraits de jeunes femmes qui se vendent facilement, et qu'il signe Jules GonzálezLéal (1997), .. De 1900 à 1904, Picasso et González se fréquentent assidûment, faisant notamment un séjour ensemble à Barcelone en 1902 lors duquel Picasso peint un célèbre portrait de son ami. Après ce voyage, González ne reviendra jamais dans son pays natal. Les dessins et les rares peintures à l'huile de cette époque sont très influencés par ceux de la période bleue de Picasso et par les œuvres de Paul Gauguin qu'il voit dans la collection de Paco Durrio, avec qui il se lie plus particulièrement d'amitié. Deux autres sources importantes d'inspiration stylistique sont également notables dans son travail. D'une part le travail d'Auguste Rodin, que González découvre à son arrivée à Paris lors d'une importante exposition de 1900, et d'autre part les peintures de Pierre Puvis de Chavannes. De toutes ces influences, qui aboutiront à l'exécution d'environ une centaine de pastels et quelques peintures, émerge une importante huile sur toile dans l'œuvre de cet homme qui sera principalement reconnue plus tard pour son travail de sculpteur : Paysanne à la chèvre de 1903. Durant cette période, il participe activement à la vie de la communauté artistique espagnole installée à Paris. En , il s'installe dans l'ancien atelier de Pablo Gargallo au 3, rue Vercingétorix. C'est à ce moment qu'une sombre affaire de dessins de Joan González, confiés à la famille de Picasso à Barcelone, vient brouiller l'amitié des deux artistes pendant de nombreuses années. González écrit à Picasso le une lettre lui interdisant toute venue dans l'appartement familial et l'accès à son atelier :
En 1907, Julio González expose Mère et enfant au Salon des indépendants et déménage dans un nouvel atelier au 282, rue Saint-Jacques. La mort de son frère Joan le l'affectera longtemps et l'empêchera de travailler près d'une annéeGonzález - Picasso, dialogue (1999), .. Il exposera à nouveau au Salon d'automne en 1909. Cette même année, il se marie avec Louise Breton dite « Jeanne » dont il aura une fille, prénommée Roberta et née le . Sa relation avec « Jeanne » lui inspire, entre 1908 et 1914, de nombreux dessins, nus, et portraits de celle-ci. Cependant le couple se sépare en 1912, et la petite Roberta reste avec son pèreLéal (2007), .. La mère et les deux sœurs de González viennent le rejoindre à Paris en 1913, et lui s'installe dans un nouvel atelier au 45, rue Vandamme. Toutefois, durant toute cette période, il rencontre de nombreux artistes dont Pablo Gargallo, à qui il apporte son aide pour ses sculptures en métal, Juan Gris, Max Jacob, et l'écrivain et critique d'art Alexandre Mercereau qui deviendra son agent. Alors qu'éclate en la Première Guerre mondiale, il devient sociétaire du Salon d'automne, et présentera de nombreuses œuvres et bijoux durant le conflit au Salon des indépendantsGonzález - Picasso, dialogue (1999), .. Avec l'aide de sa famille et notamment ses sœurs rentrées définitivement de Barcelone où elles avaient fui le conflit, il ouvre en 1915 un magasin de bijoux et d'objets d'art au 136, boulevard Raspail. L'année suivante, il déménage dans un nouvel atelier rue Leclerc, qu'il habitera également jusqu'en 1918. Pendant ces années de conflit, González, qui doit subvenir aux besoins de sa famille, est dans une certaine difficulté financière. Il augmente alors notablement sa production artistique qui est essentiellement constituée de nombreux dessins et pastels représentant des scènes paysannes et des bouquets, de portraits, et de masques en cuivre repoussé qui se vendent plus facilement dans le magasin familialLéal (2007), ..
González-Picasso, le fer et les techniques de sculpture vignette|La soudure oxyacétylénique pratiquée en 1921. En 1918, dans l'atelier de la maison qu'il habite désormais au 11, rue de MédeahIl s'agit d'une ancienne rue du de Paris, qui fut détruite avec la construction de l'actuelle gare de Paris-Montparnasse en 1960., il développe un intérêt pour différentes techniques de travail des métaux et engage dès lors sa transition vers la sculpture, notamment en interagissant avec Pablo Gargallo, qui aura un fort impact sur les créations de cette époque. Il est engagé comme apprenti à l'atelier de chaudronnerie de la Soudure autogène française des usines Renault de Boulogne-sur-SeineGonzález - Picasso, dialogue (1999), . où il apprend les techniques de soudure oxyacétylénique qu'il intègre dans ses créations, mais qui restent cependant très classicisantes. Les évolutions de l'art moderne de cette époque ne l'influencent pas. En , pour désormais travailler le fer, Julio González prend un nouvel atelier au 18, rue d'Odessa. À l'hiver 1921-1922, il renoue une relation avec Picasso rencontré par hasard sur le boulevard Raspail et qui lui aurait dit :
Du au , à 46 ans, González réalise sa première exposition individuelle à la galerie Povolosky, rue Bonaparte, en présentant un aperçu complet de son travail avec des peintures, sculptures, dessins et pièces d'orfèvrerieLéal (2007), .. Constantin Brancusi, qui doit préparer une exposition à New York l'année suivante, fait appel à lui, en 1925, pour forger les armatures métalliques et polir ses bronzes. Après une longue période de célibat durant laquelle il élève seul sa fille , il rencontre, Marie-Thérèse Roux, également orfèvre, et entame avec elle une vie commune. En , il achète une maison de campagne à Monthyon en Seine-et-Marne.