La civilisation tibétaine, imprégnée par le bouddhisme tibétain, une forme distincte de Vajrayana, est dotée d'une culture riche et variée.

thumb|right|Moines gelugpa utilisant des dungchens, face au palais du Potala

Influences de la Chine et de l'Inde sur la culture tibétaine

Selon l’universitaire américain Tianlong Yu, la culture tibétaine est souvent perçue comme étant figée et révolue, bien distincte des autres cultures, surtout celle de la Chine ; véritablement originale, existant dans une sorte de vide échappant à toute influence matérielle ; et parfaitement vertueuse, méritant le maintien strict du statu quo qui est le sien, 31 (1), , IL, États-Unis : .

Pourtant, affirme Peter Bishop, le Tibet, durant son histoire, n'a jamais été véritablement isolé, comme figé dans le temps et protégé des influences extérieures. Les cultures indienne et chinoise, qui avaient totalement révolutionné le pays dans le passé, ont continué à l'influencer en profondeur aux Temps modernes Peter Bishop, The Myth of Shangri-la: Tibet, travel writing, and the western creation of sacred landscape, University of California Press, 1989, 308 p., : .

Sir Charles Alfred Bell, dans son livre , paru en 1924, est d'avis que l'« on peut dire que la civilisation actuelle du Tibet est issue principalement de la Chine, et seulement dans une moindre mesure de l'Inde », : .

Toutefois, selon le dalaï-lama la culture tibétaine a pour fondement le bouddhisme, dont l'origine au Tibet est principalement indienne. Pendant plus de mille ans, le Tibet a conservé cet héritage culturel, qu'il a partagé avec d'autres pays voisins, dont la ChineKim Yeshi, dalaï-lama préface in Tibet. Histoire d'une tragédie, Éditions La Martinière, février 2009, ..

Premer Addy rappelle qu'en 1959 Pedro Carrasco Pizana écrivait : , ajoutant que Premer Addy, Tibet on the imperial chessboard, Academic Publishers, 1984, 364 p., : .

Pour l'historien Pierre Chapoutot, c'est lors de la dynastie des T'ang (618-902) que le Tibet barbare noue des liens culturels avec la Chine et bénéficie de son influence civilisatrice grâce à l'introduction de l'écriture, du papier et de l'encre, de la soie, de la porcelaine, de la médecine, de l'irrigation, et également du taoïsme et du confucianismePierre Chapoutot, Géopolitique du Tibet : Tibet imaginaire, Tibet réel, en part. section « Vieux Tibet, Chine ancienne », site Cafés géographiques, 27 février 2002.. Sous son règne, le roi du Tibet, Trisong Detsen (740-797), envahit la capitale de la Chine Chang'an et mit en place un nouvel empereur.

Religion Bouddhisme tibétain

La religion est extrêmement importante pour les Tibétains. Le Tibet est l’écrin traditionnel du bouddhisme tibétain, une forme distinctive de Vajrayana (bouddhisme tantrique), qui est aussi relié au Shingon, la tradition bouddhiste au Japon. Le bouddhisme tibétain est non seulement pratiqué au Tibet, mais aussi en Mongolie, dans la République de Bouriatie, la République de Touva et la République de Kalmoukie. Le Tibet est aussi le lieu d’une tradition spirituelle originale appelée Bön.

L'un des rites funéraires les plus pratiqués par les tibétains présente des caractéristiques uniques : c'est celui de la sépulture de l'Air, par lequel le corps du défunt est offert aux vautours.

Islam

Dans les villes tibétaines, il y a aussi de petites communautés musulmanes, comme les Kachee (ou Kache), dont les origines remontent aux immigrants de trois régions principales : le Cachemire (Kachee Yul en tibétain ancien), le Ladakh et les pays turcophones d’Asie Centrale. L'influence islamique au Tibet est aussi venue de Perse. Après 1959, un groupe de Musulmans tibétains a demandé la nationalité indienne du fait de leurs racines historiques au Cachemire et le gouvernement indien a déclaré tous les Musulmans tibétains citoyens indiens cette année-là Masood Butt, 'Muslims of Tibet', The Office of Tibet, January/February 1994.. Il existe aussi une communauté musulmane chinoise bien établie (gya kachee), dont les origines remontent au peuple Hui, un groupe ethnique de Chine.

Les monastères bouddhistes

Les destructions dans la première moitié du En 1914, sous le dalaï-lama, le monastère de Tengyeling fut démoli pour collusion avec les Chinois et le général Zhao Erfeng, 1997 : . Tengyeling Monastery in Lhasa following its destruction in 1914.. Les traîtres furent bannis et les moines restants répartis entre différents monastères. Lui succéda une Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : ..

En 1947, lors de la répression gouvernementale contre les partisans de l'ancien régent Reting Rinpoché, le monastère de Séra fut bombardé par les mortiers de l'armée tibétaine et pris d'assaut, ce qui coûta la vie à environ , tandis que périrent. Les bâtiments furent entièrement pillés par les soldats, si bien que pendant des semaines des objets précieux réapparurent dans les boutiques de LhassaHeinrich Harrer, Seven Years in Tibet, op. cit. : . Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : ..

Les chiffres des destructions

À l'époque du soulèvement de Lhassa, en 1959, il y avait, à ce qu'indique l'anthropologue américain Melvyn C. Goldstein, dans les et (soit 10 à 15 pour cent de la population masculine) dans « le Tibet proprement dit » Melvyn C. Goldstein, The revival of monastic life in Drepung monastery, in Buddhism in contemporary Tibet: religious revival and cultural identity (Melvyn C. Goldstein and Matthew T. Kapstein, editors), paperback, July 1998, 235 pages : .. Selon le gouvernement tibétain en exil, plus de 6000 monastères ont été détruits dans l'ensemble des trois anciennes provinces..

Dans leur livre On the margins of Tibet, Åshild Kolås, Monika P. Thowsen indiquent qu'il y avait, d'après des archives tibétaines, sur le plateau tibétain avant 1958, dont situés en dehors des frontières actuelles de la région autonome (soit 1645 pour celle-ci). Ils ajoutent, sur la foi d'archives chinoises, que dans les zones tibétaines faisant partie des provinces du Sichuan, Gansu, Yunnan, et Qinghai, de nombreux bâtiments monastiques furent démolis, d'autres furent simplement abandonnés et laissés sans entretien, d'autres encore furent reconvertis en écoles, entrepôts, voire en habitations Åshild Kolås, Monika P. Thowsen, On the margins of Tibet: cultural survival on the Sino-Tibetan frontier, University of Washington Press, 2005, 276 pages, en part. , ..

Les destructions lors de la révolte de 1959 Selon Mary Craig, la destruction de la plupart des du Tibet s’est produite entre 1959 et 1961, Calcutta, 1992. Second impression, 1993 , ..

Selon le gouvernement tibétain en exil, après le soulèvement tibétain de 1959, le Norbulingka fut frappé par environ 800 obus, tuant un nombre inconnu de Tibétains à l'intérieur et autour du palais History Leading up to March 1959, site du gouvernement tibétain en exil, 7 septembre 1998.. Visitant le palais en 1962, Stuart et Roma Gelder le trouvèrent toutefois intact avec tout son contenu soigneusement conservé Stuart and Roma Gelder, Timely Rain: Travels in New Tibet, Monthly Review Press, New York, 1964 : . Selon le gouvernement tibétain en exil, les trois monastères majeurs de Lhassa furent gravement endommagés par les bombardements, les dégâts à Séra et à Drepung étant quasiment irréparables.

Des Tibétains fuyant un génocide culturel au Tibet suivirent le dalaï-lama lors de son exil en Inde. Selon le rapport de la Commission internationale des juristes (CIJ) de 1959, des milliers de moines et de nonnes bouddhistes furent tués, torturés ou emprisonné Tibet - Summary of a Report on Tibet, June 1959. (voir point 11 et 14). Toutefois, la CIJ à l'époque faisait partie des organisations financées en sous main par la CIA dans le cadre de la guerre froide pour préparer des rapports de propagande contre la ChineCf. A. Tom Grunfeld, Tibet and the United States, in Barry Sautman and June Teufel Dreyer (sous la direction de), Contemporary Tibet: politics, development, and society in a disputed region, M. E. Sharpe, 2006, 360 p., , : Howard B. Tolley Jr. a dévoilé le fait que la CIA avait financé la formation de la CIJ en tant qu'instrument de la Guerre froide et que ses membres ignoraient cette source de financement, cf. Richard Pierre Claude, compte rendu de Howard B. Tolley Jr., The International Commission of Jurists: Global Advocates for Humam Rights, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1994, in Human Rights Quarterly, August 1994 : .

Dans son rapport de 1960, la CIJ accuse même la Chine de perpétrer un génocide au Tibet, affirmant que des dizaines de milliers de personnes ont été tuées avec l'intention de détruire un groupe religieux, les bouddhistes Janet McLellan, Many petals of the lotus: five Asian Buddhist communities in Toronto, University of Toronto Press, 1999 , . . Pour le professeur Colin P. Mackerras, les « allégations » selon lesquelles les Chinois submergeaient le Tibet et étaient responsables de la mort d' de Tibétains « sont à considérer avec le plus grand scepticisme ». Les chiffres de la population tibétaine obtenus par les recensements de la RPC de 1953 à 2000 attestent que depuis le début des années 1960, la population tibétaine s'accroit, probablement pour la première fois depuis des siècles. L'allégation par le GTE d'une réduction de la population, vaudrait donc pour les années 1950 mais serait très exagérée. Cependant, depuis les années 1960, la gestion du pays par la Chine a eu pour effet d'accroître et non pas de diminuer la population tibétaine, principalement en raison d'une modernisation qui a amélioré le niveau de vie et fait baisser le taux de mortalité dont celui des mères à l'accouchement et celui des enfants en bas âge Colin P. Mackerras, People’s Republic of China: Background paper on the situation of the Tibetan population, rapport pour UNHCR, : ..

Les destructions lors de la révolution culturelle Pendant la révolution culturelle, les gardes rouges Tsering Shakya, The Dragon In The Land Of Snows, Columbia University Press, 1999, ; paperback, Penguin, 2000, , . ont infligé une campagne de vandalisme organisée contre les sites culturels dans l’ensemble de la RPC, y compris contre le patrimoine bouddhisteTsering Shakya (1999), , . Au début des années 1980, le journaliste américain Fox Butterfield rapporte que des fonctionnaires chinois l’informèrent qu’avant 1959, il y avait au Tibet, et qu’après la révolution culturelle, il n’en subsistait plus que dix. Ils mentionnèrent notamment que l’un d’entre eux, Ganden, le troisième en importance et qui contenait , avait tout simplement disparuFox Butterfield, La Chine - Survivant dans la mer d'amertume, Paris, Presses de la Cité, 1983, page 309..

Les reconstructions Selon , depuis ces événements, environ la moitié des monastères détruits ont été restaurés et fonctionnent à nouveau , The Legend of the Dalai Lama, site wisdombuddhadorjeshugden.blogspot.com, traduit de l'allemand Die Legenden des Dalai Lama, publié dans Die Weltwoche, 4 mars 2009 : .. Depuis les années 1990, l'ONG Tibet Heritage Fund, créée par André Alexander, a pu restaurer à LhassaRestauration de monastères au Tibet.. Sur les affiliés au monastère de Shéchèn, environ 30 ont été reconstruitsMatthieu Ricard, Tibet, reconstruire, préserver, partager.. La Suisse a contribué financièrement pour une part importante à la restauration d'une partie du temple de Ramoche à Lhassa au début des années 2000Protection du patrimoine culturel tibétain. Et maintenant?..

Littérature

La littérature tibétaine, une des plus importantes d'Asie, a des origines millénaire. En vers ou en prose, orale ou écrite la littérature tibétaine aborde « tous les domaines du savoir : religion, médecine, histoire, philosophie »Encyclopédie Larousse : La littérature tibétaine.