Le Transvaal est une région située dans le nord-est de l'Afrique du Sud qui désigna successivement, sur une même aire géographique, des territoires, un État indépendant, une colonie puis une province.

Au , le nom « Transvaal » désigne d'abord les territoires situés en amont du fleuve Vaal et en aval du Limpopo. Unifiés par les Voortrekkers dans une république boer indépendante, le nom officiel du nouvel État est alors celui de Zuid-Afrikaansche Republiek (République sud-africaine), sauf durant la période 1877-1881, quand le Transvaal est provisoirement annexé par les Britanniques.

En 1902, à la suite de la seconde guerre des Boers, la république sud-africaine perd son indépendance et cède la place à la colonie britannique du Transvaal.

En 1910, cette colonie cède à son tour la place à la province du Transvaal (1910 – 1994), l'une des quatre provinces constitutives de l'union d'Afrique du Sud (1910 – 1961) puis de la république d'Afrique du Sud.

En 1994, le Transvaal est divisé en quatre nouvelles provinces : le Gauteng, le Mpumalanga, le Limpopo et le Nord-Ouest.

Le Transvaal a désigné également une circonscription supérieure d'appel de l'ordre judiciaire jusqu'en 2009.

Géographie La superficie du Transvaal est de et sa population, en 1994, s'élève à environ onze millions d'habitants.

La capitale de l'ancienne république sud-africaine du Transvaal est Pretoria ; la ville devient, en 1910, la capitale de l'Afrique du Sud.

Ses principales autres villes sont Johannesbourg, Pietersburg, Nelspruit, Krugersdorp, Louis Trichardt, Tzaneen, Carletonville, Potchefstroom, Witbank, Centurion, Nylstroom, Vereeniging…

L'économie du Transvaal repose sur l'activité minière avec l'or, le charbon et le platine (aujourd'hui principalement au Gauteng) grâce à de nombreux filons, mais aussi sur l'agriculture (principalement dans le Mpumalanga et le Limpopo).

Histoire du Transvaal

thumb|Andries Pretorius.

Pendant une dizaine de milliers d'années, la région du futur Transvaal est habitée par les ancêtres des Khoïkhoïs. À partir du , la région est occupée par des peuples bantous, venus d'Afrique centrale, qui s'y établissent pour certains ou, pour d'autres, poursuivent leur route jusqu'aux côtes de l’océan Indien dans les futurs Transkei et KwaZulu-Natal.

Au début du , la région est ainsi le lieu d'habitation de quelques dizaines de milliers de personnes réparties en tribus, villages (tel Dithakong) et chefferies.

En 1817, la région est envahie par les troupes du chef Ndébélé Mzilikazi, lui-même poursuivi par les guerriers du roi zoulou Shaka. Les peuples de la région, obligés de prendre parti, sont alors l'objet de raids, de déportations et de massacres de la part de l'un ou l'autre des belligérants. La famine qui résulte de ces assauts met à mal les économies et les systèmes politiques locaux. Les villages sont abandonnés par leurs habitants qui émigrent vers d'autres régions à l'est et au nord, loin de leurs lieux de vie traditionnels. C'est le mfecane ou « grand dérangement ». Ceux qui restent sont affaiblis et à la merci des envahisseurs ou des despotes locaux.

La région commence à faire l'objet, à la même époque, de l'intérêt d'explorateurs boers et britanniques venus de la colonie du Cap.

De 1827 à 1836, le sud-ouest de la future région du Transvaal est dominé par les troupes de Mzilikazi. En 1829, le missionnaire Robert Moffat est admis à la cour de Mzilikazi et les premières relations commerciales se nouent entre les explorateurs blancs et les tribus locales.

À partir de 1830, les explorations s'intensifient. En 1835, plusieurs milliers de boers quittent la colonie du Cap à bord de leurs chars à bœufs en quête d'une terre promise où fonder une république, indépendante de tout pouvoir colonial. C'est le Grand Trek.

Si certains continuent vers l'océan Indien, plusieurs de ces voortrekkers traversent le fleuve Vaal, s'établissent et s'organisent en petites localités indépendantes sans trop de difficultés. Lorsque les régions qu'ils traversent sont habitées, ils n'ont que peu de problème à faire valoir leur supériorité militaire mais, la plupart du temps, ils s'établissent avec l’accord des chefs locaux qui espèrent ainsi être protégés des raids de tribus hostiles, voire s'établissent dans des régions inhabitées ou abandonnées lors du mfecane.

En octobre 1836, le groupe de voortrekkers commandé par Hendrik Potgieter, est attaqué par guerriers ndébélés. Un chef basotho-tswana, Moroka, accorde finalement nourriture et protection au groupe de Potgieter à Thaba 'Nchu. En janvier 1837, les boers et les ndébélés du chef Moroka s'allient et organisent un commando sous le commandement de Potgieter et Gerrit Maritz pour renverser Mzilikazi.. Celui-ci est vaincu et, en 1838, franchit le fleuve Limpopo pour s'établir dans la région du futur Matabeleland.

Profitant de la fuite de Mzilikazi, Potgieter revendique pour les Boers les territoires libérés, négligeant ses alliés tswanas. Mais la fuite de Mzilikazi encourage de nombreux Tswanas et Basotho à revenir dans les régions qu'ils avaient fui où ils se retrouvent face à de nombreux fermiers boers qui avaient répondu à l'appel de Potgieter de venir s'établir au Transvaal .

En novembre 1838, Potgieter fonde Potchefstroom, la première ville boer du Transvaal. Un gouvernement sommaire est organisé et, en 1840, rejoint une confédération aux côtés de la république de Natalia et de la république de Winburg.

En 1842, la confédération se désagrège après le refus de Potgieter de venir en aide aux Boers de Natalia en conflit avec les Britanniques. En 1845, de nombreux boers émigrent vers la baie de Delagoa pour s'affranchir de toute dépendance britannique, alors que d'autres partent plus au nord dans la région du Zoutpansberg. La ville de Lydenburg est ainsi fondée par Potgieter alors que le sud du Transvaal connaît l'affluence de nouveaux immigrants boers, conduits par Andries Pretorius, venus du Natal.

Zuid-Afrikaansche Republiek (république sud-africaine du Transvaal)

thumb|Paul Kruger. thumb|Church Square (Pretoria) en 1899 ; le président Paul Kruger quittant le parlement du Transvaal.

Le , la convention de Sand River est signée entre les représentants des Boers du nord du fleuve Vaal et les Britanniques. Elle reconnaît l'indépendance du Transvaal (territoires situés « au-delà du Vaal », traduction littérale de « Transvaal »), alors habité par boers pour une population totale de , et elle proscrit le rétablissement de l'esclavage ainsi que la vente d'armes aux tribus indigènes. Mais le Transvaal n'est pas alors un État territorialement constitué et uni, bien qu'il revendique un territoire s'étendant du fleuve Vaal au fleuve Limpopo. Il existe alors trois républiques boers au nord du Vaal tandis que l'État libre d'Orange fait l'objet d'une convention similaire d'indépendance.

Pretorius, en fait, mène les négociations avec les Britanniques sans le moindre mandat du Volksraad, le parlement boer. Les partisans de Potgieter accusent Pretorius d'usurpation de pouvoir et de forfaiture.

Le , le volksraad ratifie néanmoins, à Rustenburg, la convention de Sand River après la réconciliation de Potgieter et Pretorius. La capitale du Transvaal est alors fixée à Potchefstroom.

Potgieter meurt à la fin de l'année 1852, suivi par Pretorius en , laissant les Boers provisoirement sans chef charismatique.

Le successeur désigné pour succéder à Andries Pretorius est son propre fils, Marthinus Wessel Pretorius, apprécié pour avoir mis fin aux disputes sur le caractère religieux ou laïc que devait prendre le gouvernement du Transvaal. En 1856, Pretorius fait campagne auprès de ses concitoyens pour les convaincre de constituer un gouvernement central à l'exécutif renforcé au lieu de petits gouvernements autonomes de districts, soucieux de leur autonomie. Il parvient ainsi à réunir une assemblée constituante.

En décembre 1856, après trois semaines de débat, les élus de l'assemblée du Transvaal votent la loi fondamentale établissant la république d'Afrique du Sud ( - ZAR).

En 1860, les deux districts et celui d'Utrecht sont incorporés à la ZAR et Pretoria est reconnue comme capitale de la république sud-africaine ; Pretorius tente, sans succès, d'unir la ZAR à l'État libre d'Orange.

En 1877, le Transvaal, en situation de banqueroute, est menacé par une offensive imminente des armées zouloues en provenance du Natal. Lord Carnavon, le ministre des colonies britanniques, partisan de la création d'une fédération d'Afrique du Sud, pense alors que les habitants du Transvaal ne pourraient que se réjouir d'une annexion par l'Angleterre. Le , sir Theophilus Shepstone pénètre dans la république boer avec 25 hommes de la police montée du Natal. Il poursuit alors sans résistance jusqu'à Pretoria, où les discussions aboutissent à l'annexion du Transvaal par l'Empire Britannique le . Le vice-président de la république, Paul Kruger, est, à ce moment, l'un des rares dirigeants boers à s'y opposer. Il fonde alors un triumvirat avec Petrus Jacobus Joubert et Marthinus Wessel Pretorius pour organiser une résistance armée qui n'est en mesure de passer à l'action qu'à la fin de l'année 1880.

Le , les rebelles boers proclament l'indépendance du Transvaal à Potchefstroom. Le , ils attaquent et détruisent un convoi militaire britannique à Bronkhorstspruit. Plusieurs garnisons britanniques du Transvaal sont alors assiégées par des commandos boers entre le et le . Après plusieurs escarmouches, les britanniques subissent une défaite cinglante à Majuba Hill, le . Un traité d'armistice, mettant un terme à la première guerre des Boers, est signé le , complété par un traité de paix final le , par lequel les Boers du Transvaal retrouvent leur autonomie tout en restant sous la souveraineté britannique. Le traité est ensuite ratifié par la convention de Pretoria le .

En 1884, la convention de Londres redonne sa pleine souveraineté au Transvaal, réorganisé sous sa forme originelle de république d'Afrique du Sud.

Dorénavant dirigé par Paul Kruger, les Boers aspirent à retourner à leur vie de fermier.

L'irruption soudaine, à partir de 1886, du système industriel dans une société fondée sur la volonté de préserver un certain ordre social, un mode de vie rural et le refus des ingérences extérieures, a des répercussions internes considérables, menaçant l'ordre établi par les descendants des voortrekkers et déplaçant le centre de gravité économique de l'Afrique du Sud de la colonie du Cap au Transvaal.

En 1886, des prospecteurs découvrent un gisement d'or considérable dans le Witwatersrand (« Barrière de l'eau blanche »), une arête montagneuse s'étendant de 100 kilomètres à l'est jusqu'à 50 kilomètres au sud de Pretoria. Jusqu'alors, l'ivoire était le principal produit d'exportation du Transvaal ; quasiment du jour au lendemain, une ville champignon surgit, qui prend très vite le nom de Johannesbourg et devient la plus grande ville du Transvaal, au fur et à mesure de l'installation des (« étrangers ») près des mines. Ceux-ci dépassent rapidement les Boers en nombre sur le gisement, bien que restant une minorité dans le Transvaal proprement dit. Le gouvernement sud-africain leur refuse le droit de vote et taxe lourdement l'industrie aurifère. En réponse, les uitlanders exercent une pression sur les autorités britanniques, en vue d'obtenir le renversement du gouvernement boer.

En 1895, Cecil Rhodes, premier ministre de la colonie du Cap et richissime homme d'affaires, appuie une tentative de coup d'État menée par Leander Starr Jameson. Celle-ci se solde par un échec et la démission de Rhodes.