En France, les forêts privées sont les terres forestières possédées par des personnes physiques ou morales.

Forêt française Avec plus de d'hectares vers 2015., la forêt française couvre aujourd'hui 30. % du territoire métropolitain.. Sa surface a doublé de 1827 à 2015, s'accroissant d'environ ha/an, essentiellement au profit de la forêt privée depuis . Ceci fait de la France le européen pour la surface forestière (après la Suède et la Finlande).

La forêt française est diversifiée, répartie en forêts de plaine, littorale ou d'altitude, forêts méditerranéenne ou tropicale, principalement composée de feuillus (chênes et hêtres surtout) en métropole. Des résineux comme l'épicéa, douglas ou pin maritime y sont aussi présents (souvent introduits par l'Homme).

Forêt privée en France Elle représente les trois quarts de la forêt métropolitaine (74 % exactement), soit près de d'hectares sur les de la forêt française. La forêt privée occupe 21 % du territoire national.

Historiquement, la forêt privée apparaît principalement par privatisation des « communs », qui pendant des siècles étaient largement composés de landes et de pâtures. Ces territoires souvent transformés par plantation massive de résineux, comme ce fut le cas en Limousin ou dans les Landes, coïncident avec un exode rural. Ainsi les populations locales perdent progressivement leur mémoire rurale puis forestière, et les propriétaires des forêts n’habitant plus sur place, confient majoritairement la gestion de leurs forêts à des entreprises de négoce du bois, restreignant le caractère patrimonial de leurs biens forestiers.

Structure de la propriété forestière privée La forêt privée française appartient à de propriétaires privés, dont les deux tiers ont moins d'un hectare et vivent souvent à proximité de leur bois. La plupart ne sont pas sylviculteurs. 96 % des propriétaires privés de forêt sont des personnes physiques ; ils possèdent 82 % de la surface de la forêt privée française.

Les 3/4 des propriétés forestières ont été acquis par héritage. 1/4 des propriétaires ont acheté (de petites surfaces, de 1 à 10 ha en général) ou ont planté leurs parcelles. Ils sont de toutes origines : 57 % sont retraités ; 12 % sont agriculteurs ; 11 % sont employés et ouvriers ; 8 % sont cadres et professions libérales ; 4 % exercent des professions intermédiaires.

Le profil de ceux qui ont plus de 1 hectare (1/3 des propriétaires seulement) diffère (données CREDOC 2010) : 31 % sont agriculteurs ou agriculteurs retraités ; 18 % exercent une profession intermédiaire ; 17 % sont cadres et professions intellectuelles supérieures ; 15 % sont ouvriers ; 11 % sont artisans, commerçants ou chef d'entreprises ; 8 % sont employés Cette population sondée en 2010 se disait impliquée (plus que le reste des Français) dans la gestion du patrimoine naturel, et se déclarait très sensibles aux questions environnementales (48 % contre 36 % en moyenne en France). Près de 60 % des coupes de bois effectuées par ces propriétaires de plus de 1 ha étaient motivées par des besoins personnels (bois de chauffage) et non pour le mettre en vente. Selon le CREDOC (2010)

Les forestiers sont propriétaires et pour certains aussi sylviculteurs et producteurs de bois., souvent pour leur propre compte : Une enquête CREDOC de 2010 a montré que près de 60 % des propriétaires possédant plus de 1 ha de forêt coupent du bois pour leurs besoins personnels (bois de chauffage principalement) et que rares étaient ceux intéressés par une exploitation commerciale. Les propriétaires de parcelles plus grandes sont eux le premier maillon d'une filière (estimée générer environ en France, soit 1,7 % de l'emploi du pays).

Outre-mer La forêt privée est moins importante en France d'outre-mer, voire marginale comme en Guyane.

La Réunion Sur l'ensemble des forêts privées réunionnaises, 10 000 hectares se situent au cœur du parc national de La Réunion et sont à ce titre classés au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2007. La prise de conscience de la biodiversité exceptionnelle de ces espaces privés a permis qu'à la production de bois se substituent aujourd'hui des activités écologiques et pédagogiques.

Guyane La forêt y couvre 8 millions d'hectares dont 5,3 classés en domaine privé de l'État et gérés par l'ONF.. La forêt privée y est marginale, les forêts cédées par l'État aux particuliers le sont essentiellement en vue d'y créer des parcelles agricoles.

La gestion de la forêt privée en France Il existe quatre options principales permettant aux propriétaires français de forêt privée de gérer leur patrimoine forestier : Le recours à des experts forestiers Le recours à une société de services en forêt Les coopératives forestières La gestion autonome Chaque option correspond à des avantages différents permettant aux propriétaires de forêt privée de valoriser et gérer leur forêt de manière durable. D'après une enquête de 2012 du ministère de l'Agriculture, la gestion par soi même (autonome ou numérique) domine parmi les propriétaires d'un hectare et plus..

Récolte de bois en forêt privée Du point de vue du volume, la forêt française n'est pas surexploitée : on ne récolte que 60 % de ce qui pousse chaque année.

Produits de la forêt Les produits d'une parcelle de forêt privée, tels que les fruits, les champignons, et autres, appartiennent au propriétaire de la forêt. Leur cueillette n'est tolérée que sous certaines conditions. Il est ainsi indispensable de demander l'autorisation au propriétaire, d'avoir un respect logique pour les lieux, de respecter les animaux et les panneaux d'interdiction, de ramasser avec parcimonie et de consulter les arrêtés préfectoraux et communaux en mairie.

La justice s'est déjà exprimée à ce sujet, notamment dans le cadre de cueillette de champignons : non seulement les produits de la forêt appartiennent au propriétaire du sol, rendant donc son autorisation légalement nécessaire, mais en plus de cela le propriétaire du sol n'est pas obligé de clôturer sa parcelle ou d'en interdire l'accès par voie d'affiches ou d'autres moyens pour conserver son droit sur les fruits naturels ou industriels de la terre..

Accès à la forêt privée A-t-on le droit de se promener sur des parcelles de forêt privée ? , mais il existe souvent une certaine tolérance. Ainsi 9 propriétaires sur 10 permettent au grand public d’accéder à leur forêt, en échange d’un respect logique des lieux.

Organismes de la forêt privée française Les organismes de la forêt privée française se répartissent en trois familles qui agissent de façon complémentaire pour soutenir l'activité sylvicole des propriétaires forestiers privés.

Centre national de la propriété forestière (CNPF) vignette|Logo du Centre national de la propriété forestière. Le Centre national de la propriété forestière (CNPF) est un établissement public à caractère administratif (EPA) au service des propriétaires forestiers. Il regroupe 10 délégations régionales, les centres régionaux de la propriété forestière (CRPF), un service de R&D, l'Institut pour le développement forestier (IDF). et un service de compensation carbone (C+FOR).

Historiquement, les CRPF, établissements publics à caractère administratif, ont été créés par la loi « Pisani » de 1963. Puis en 2002 est créé le Centre national professionnel de la propriété forestière (CNPPF) chargé de coordonner l’action des CRPF et de les représenter auprès du ministre chargé des forêts. Le CNPPF et les CRPF sont placés sous la tutelle du ministre chargé de l’agriculture..

En 2006, l'IDF (Institut pour le développement forestier) au statut d'institut technique agricole (ITA) devient une entité du CNPPF (désormais désigné par l'acronyme CNPF-IDF). Historiquement l'IDF a pris la suite, en 1968, de l'Association technique pour la vulgarisation forestière (ATVF) créé en 1960. par l'ingénieur forestier Pierre Allouard (1904-2002).. Parallèlement à la création de l'ATVF, se sont développés des CETEF (Centres d'études techniques forestières, équivalents dans le domaine forestier des CETA agricoles).. Le premier directeur de l'IDF fut Jacques Marion. En 2024, le directeur actuel du CNPF-IDF est François Morneau.. L'IDF appuie et coordonne le réseau national des organismes de développement forestier : centres d'études techniques et d'expérimentations forestières (CETEF) et groupements de développements (GDF). Ces associations locales regroupent les propriétaires forestiers qui veulent améliorer leurs pratiques sylvicoles et mener une gestion forestière plus dynamique. En 2012, l'IDF est reconnu comme un Service d'utilité forestière (SUF) au sens du code forestier.

En 2009, dans un but de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures, les CRPF et le CNPPF sont regroupés en un établissement public unique, le Centre national de la propriété forestière (CNPF)..

Les missions du CNPF sont deCodifiées à l'article L321-1 du code forestier. : Orienter la gestion des forêts privées en élaborant les schémas régionaux de gestion sylvicole (SRGS), et les codes des bonnes pratiques sylvicoles des forêts privées (CBPS), ainsi qu'en agréant les plans simples de gestion (PSG), obligatoires (propriétaires de plus de 20 ha) ou volontaires, ou les règlements types de gestion (RTG), établis par les coopératives et experts forestiers. Conseiller, améliorer et former en vulgarisant les méthodes de sylviculture appuyées par des études et expérimentations sur le terrain. Regrouper les propriétaires privés en développant toutes formes de regroupements, notamment par la coopération, pour la gestion des forêts, la vente des produits, la réalisation de travaux forestiers ou l'amélioration des structures foncières. Donner son avis : il est obligatoirement consulté sur tous les projets de schémas régionaux de gestion sylvicole des forêts privées. Il peut être consulté par les pouvoirs publics et émettre des propositions sur toutes les questions relatives à la filière forêt-bois, au développement durable des forêts et de leurs fonctions économiques, environnementales et sociales, et à leur contribution à l'aménagement rural.

Ces missions s'effectuent en prenant en compte la surveillance de la santé des forêts, la protection de l'environnement, le développement durable, l'aménagement du territoire ou encore la prévention des risques..

Le CNPF est administré par un conseil d’administration constitué très majoritairement de représentants des propriétaires forestiers, élus par les conseils des CRPF. Les conseils des CRPF sont eux-mêmes composés aussi très majoritairement de représentants élus par les propriétaires et leurs organisations représentatives tous les 6 ans. La mandature en cours est de 2017 à 2022. Le CNPF a pour présidente depuis Anne-Marie Bareau., et pour directeur général depuis , Roland de Lary. Précédemment directeur du CRPF de Nouvelle-Aquitaine à Bordeaux, il succède à Claire Hubert qui rejoint le CGAAER...

L’État contribue au financement du Centre national au titre de ses missions de développement forestier, reconnues d'intérêt général. Les chambres d'agriculture versent une cotisation au Centre national, par l'intermédiaire du Fonds national de péréquation et d'action professionnelle des chambres d'agriculture, égale à 50 % du montant des taxes perçues par l'ensemble des chambres d'agriculture sur tous les immeubles classés au cadastre en nature de bois et forêtsLe montant provisoire de la cotisation globale due au CNPF par l'ensemble des chambres départementales d'agriculture au titre de l'exercice 2020 s'élève à . .

Les Chambres d'Agriculture « Les chambres départementales et régionales d'agriculture ont compétence pour contribuer à la mise en valeur des bois et forêts et promouvoir les activités agricoles en lien avec la forêt » (article du Code forestier). Les chambres d'agriculture agissent sur les territoires pour :