L’abbaye de Marchiennes est une abbaye bénédictine située sur la Scarpe, à Marchiennes, dans le département du Nord (France) fondée vers 630, et qui resta active durant onze siècles.
À l'origine de la naissance de la ville de Marchiennes, elle en fut le moteur économique, avant d’être fermée en 1791, durant la Révolution. C'est en 1570 que l'abbaye fonda un collège à l'université de Douai. Elle possédait aussi un refuge à Lille, dont quelques bâtiments existent encore au milieu d'un quartier entièrement dévasté par les permis de construire octroyés par la mairie depuis les années 1960.
Historique Fondation au Le monastère est donc fondé vers 630 par des moines irlandais, disciples de saint Colomban., et par Adalbaud, duc de Douai, sur les conseils de saint Amand. Marchiennes est alors un monastère d’hommes. Après la mort d’Adalbert I d'Ostrevent (en 642), sa veuve, Rictrude, fait de l’établissement (en 647) un monastère double : il abrite moniales et moines de tradition colombanienne.
Il est possible que cette abbaye-double ait été organisée sous la houlette de l'abbé Jonas de Bobbio, coopérateur de saint Amand dans la région, lui-même colombanien et qui montrait un vif intérêt pour les communautés religieuses féminines. La vie de sainte Rictrude indique en effet que saint Amand désigna un certain Jonatus, inhumé sur place, comme supérieur de la communauté. Plusieurs auteurs pensent qu'il pourrait s'agir de Jonas lui-même...
Développement et prospérité Durant des siècles, malgré les guerres et les invasions, le monastère réussit à faire prospérer la ville et la région grâce au défrichage, au drainage et à l'exploitation des marais et des tourbières.
Par deux fois, il est ravagé par les Normands au . À la fin du , il ne reste de la communauté masculine que quelques chanoines.
De la règle ascétique à la règle de saint Benoît
En 1024, Marchiennes redevient monastère d’hommes, et adopte, comme beaucoup d'autres en Europe, la règle de saint Benoît. L’équilibre de vie monacale promu par cette règle se substitue à des traditions irlandaises très austères.
Scriptorium et foyer intellectuel du onzième au treizième siècle Le monastère de Marchiennes est relevé par la jeune abbaye Saint-Sauveur d'Anchin, sa voisine, et devient l'une des principales abbayes du Nord de la France.
Son scriptorium produit une importante quantité de manuscrits enluminésCes manuscrits se trouvent à la bibliothèque municipale de Douai, où l'on peut les admirer.
Après l'abbatiat désastreux de Fulcard de Landas (1103-1115), Armand de Castello (Armand du Chastel) y est abbé en 1120MM.A. Van Lokeren, Messager des sciences historiques, ou archives des arts et de la bibliographie de la Belgique, 1857, Imprimé à Gand 6 rue des Peignes par L. Hebbelink, .. Il prend l'initiative d'un renouveau institutionnel et artistique qui dure jusqu'à la fin du , et dont témoignent un chartrier riche ainsi qu'une collection diverse de textes hagiographiques et historiographiques. Le , les reliques de sainte Eusébie sont transportées à Marchiennes. Les os y sont montrés, .
Renouveau au et saccages en 1566 Au , l’abbaye bénéficie des largesses d'un moine mécène, Jacques Cöene (1501-1542), originaire de Bruges. Elle est, grâce à lui, au sommet de sa puissance. Elle soutient la création d'un collège à l'université de Douai entre 1564 et 1570. Mais, en août 1566, elle est ravagée par les qui détruisent la plus grande partie de ses œuvres d'art.
Activités jusqu'à la Révolution française Son activité persiste ensuite jusqu'au , qui lui est fatal par deux événements : le siège de 1712 et la Révolution. En 1712, lors du siège de Marchiennes, abbaye et ville sont bombardées durant quatre jours et partiellement détruites. Une restauration est entreprise. La plupart des bâtiments subsistant aujourd'hui datent de cette époque. Survient ensuite la Révolution, qui chasse les bénédictins. En 1791, ils quittent définitivement l'abbaye.
Patrimoine Patrimoine architectural
On conserve une trace de ce qu'était l'abbaye au grâce à deux gouaches exécutées pour le duc de Croÿ.
La tour de l'église abbatiale fut abattue en 1817, suivant le sort des autres bâtiments vendus au tournant du siècle comme biens nationaux.
Il ne reste de cette abbaye que le portail datant de 1748 et qui tient lieu aujourd'hui d'hôtel de ville, ainsi que certains bâtiments d'exploitation construits par les moines comme la brasserie en cours de restauration. Les restes de l'abbaye sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques le ..
Cartulaire du duc Charles de Croÿ thumb|Illustration ancienne représentant l'abbaye de Marchiennes vignette|Vue de la ville Il s'agit de peintures topographiques à la demande du duc de Croÿ Généralités Date : probablement 1603 Saison : été Cartouche: Abbaÿ de Marchiennes Orientation de la vue : Premier plan : À droite un îlot groupé de 8 bâtisses, au centre d'une place une colonne surmontée d'une statue, à gauche un alignement de 12 bâtisses avec un corps de ferme. Chemin : de la place cheminant vers la droite pour accéder à l'abbaye par un porche Personnages : Deuxième plan : l'abbaye avec un clocher carré et deux clochetons Troisième plan : Collines
Polyptyque de Marchiennes le polyptyque de Marchiennes est une œuvre de Jan van Scorel du . Il est conservé au musée de la Chartreuse de Douai. . Abbés 1103-1115- Fulcard de Landas 1120 - Armand de Castello dit (Armand du Chastel) 1133 - Hugues II. 1148 - Engerrand, nommé par le pape Eugène III, après le Concile de Reims - Lietbert v.1200 - Amand Duchâtel, ancien moine de l'abbaye Saint-Martin de Tournai, prieur de l'abbaye Saint-Sauveur d'Anchin, puis abbé de Marchiennes. Fut il écrivain rubricateur ?. : Maximilien Obert, mort le .
Religieux et personnalités célèbres de l'abbaye Frère Guy (Guido), copiste qui a écrit un recueil des ouvrages de saint JérômeManuscrit au catalogue descriptif et raisonné des manuscrits de la ville de Doaui, par H. Duthillœul Frère André (André Silvius), moine puis prieur, il réalisa en 1133 sous la prélature d'Hugues II abbé de Sainte-Rictrude de Marchiennes un admirable manuscrit
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie L. Quarre-Reybourbon, Les miniatures et la reliure artistique du Cartulaire de Marchiennes, , Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, Ministère de l'instruction publique, 1890, (lire en ligne)
Articles connexes Collège de Marchiennes à l'université de Douai Musée d'histoire locale de Marchiennes Liste des abbayes et prieurés du Nord-Pas-de-Calais Liste des abbayes et monastères
Liens externes
Europeana Évangéliaire-collectaire à l'usage de l'Abbaye de Marchiennes datant de 1090 Office du tourisme de Marchiennes Balade à la rencontre des chapelles de Marchiennes Histoire d'Erre Léon Spriet, Histoire de Marchiennes, édition Lorisse André-Joseph-Ghislain Glay, Cameracum christianum ou histoire ecclésiastique du Diocèse de Cambrai, Lefort, 1849
Marchiennes Marchiennes Marchiennes Catégorie:Monument historique dans le département du Nord Catégorie:Monument historique inscrit en 1974 Marchiennes Marchiennes Marchiennes