La Coupe du monde de football 1974 est la dixième édition de cette compétition qui a lieu tous les quatre ans. Organisée en Allemagne de l'Ouest, elle voit le sacre de la nation hôte, qui bat les Pays-Bas en finale. Cette dernière, emmenée par Johan Cruyff, marque la compétition de son empreinte par sa pratique du « football total ».
Cette édition marque également le lancement du trophée actuel appelé « FIFA World Cup ». L'ancienne coupe Jules Rimet a quant à elle été définitivement conservée par le Brésil après ses trois victoires en Coupe du monde en 1958, 1962 et 1970.
Équipes qualifiées
700px|droite Europe (pays organisateur)
Amérique du Nord, centrale et Caraïbes 20px Haïti
Amérique du Sud (champion du monde 1970)
Asie-Océanie
Afrique
Ancien champion du monde non-qualifié :
Règlement
Le format du tournoi a changé dans sa seconde partie depuis l'édition de 1970 : 16 équipes réparties en quatre groupes de quatre au premier tour. Les deux premières de chaque groupe accèdent au deuxième tour, où elles se retrouvent désormais dans deux poules de quatre (pas d'élimination directe). Les vainqueurs de chaque poule se qualifient pour la finale, et les deuxièmes jouent le match pour la troisième place. En cas d'égalité parfaite (points, différence de buts, nombre de buts marqués) entre deux équipes ou plus dans un groupe du second tour pour une place en finale (ou en petite finale), les performances du premier tour sont prises en compte pour les départager : l'équipe qui a obtenu les meilleurs classement et résultats se qualifie. Le tirage au sort n'intervient qu'en tout dernier recours.
La séance de tirs au but pour départager deux équipes ayant fait match nul après prolongation fait pour la première fois son apparition dans le règlement de la Coupe du monde. Compte tenu de la formule « championnat » du tournoi, cela ne concerne que deux rencontres : le match pour la troisième place et la finale. La finale est à toutefois d'abord à rejouer en cas de score de parité après prolongation, et ce n'est seulement qu'en cas de nouvelle égalité après prolongation à l'issue du second match qu'intervient la séance de tirs au but.
Tirage au sort Le tirage au sort de la phase finale a lieu à Francfort le . La composition des chapeaux pour le tirage tient compte de critères sportifs et géographiques. Les quatre demi-finalistes du Mundial 1970 (deux européens et deux sud-américains) sont ainsi désignés têtes de série. Deux d'entre elles sont préalablement affectées à leur groupe avant le tirage : l'Allemagne de l'ouest (pays hôte) est placée dans le groupe I, tandis que le Brésil (tenant du titre) est placé dans le groupe II. Si Allemands de l'ouest et Brésiliens terminent leur groupe à une place identique, ils ne pourront se rencontrer avant la finale. Le deuxième chapeau contient les deux autres équipes sud-américaines et deux des meilleures équipes d'Europe occidentale, chaque équipe de ce chapeau devant être tirée dans un des deux groupes dont la tête de série représente un autre continent que le sien. Le troisième chapeau contient les équipes d'Europe de l'Est. Enfin le quatrième chapeau contient les équipes du reste du monde ainsi que la neuvième équipe européenne, la Suède. +Répartition des équipes avant le tirage au sort Chapeau 1 (têtes de série) Chapeau 2 Chapeau 3 Chapeau 4 (hôte) → Groupe I (champion en titre) → Groupe II (gr. I ou gr. de l'Italie) (gr. I ou gr. de l'Italie) (gr. II ou gr. de l'Uruguay) (gr. II ou gr. de l'Uruguay) /Au moment du tirage seulement quinze des seize qualifiés sont connus. Un match d'appui dans le groupe 7 de la zone européenne entre l'Espagne et la Yougoslavie reste encore en effet à jouer le 13 février, ce qui explique la mention des deux nations. La Yougoslavie s'imposera finalement contre l'Espagne et sera qualifiée.
+Les quatre groupes du premier tourGroupe IGroupe IIGroupe IIIGroupe IV1 5 9 13 2 6 10 14 3 7 11 15 4 8 12 16
Stades vignette|230px|gauche|Sites de la Coupe du monde 1974.
Berlin-Ouest, Stade olympique de Berlin ( places) Dortmund, Westfalenstadion ( places) Düsseldorf, Rheinstadion ( places) Francfort-sur-le-Main, Waldstadion ( places) Gelsenkirchen, Parkstadion ( places) Hambourg, Volksparkstadion ( places) Hanovre, Niedersachsenstadion ( places) Munich, Stade olympique de Munich ( places) Stuttgart, Neckarstadion ( places)
Compétition
Résumé
Avant le début de la compétition, l'équipe d'Allemagne de l'Ouest est donnée « grande favorite ». : tous les joueurs sacrés champions d'Europe en 1972, à l'exception de l'attaquant Erwin Kremers . ., sont présents dans l'effectif de la Mannschaft pour la Coupe du monde 1974. Les Pays-Bas ne sont par contre absolument pas favoris de l'épreuve. Leur expérience au niveau mondial se limite à deux participations lointaines en phase finale (1934 et 1938) et ils se sont qualifiés de justesse pour cette coupe du monde devant la Belgique grâce à une meilleure différence de buts. En outre l'équipe batave semble « peu à l'aise » avec les options tactiques de son nouvel entraîneur Rinus Michels.
Après le premier tour du tournoi, les rôles sont inversés. Le jeu étincelant des Néerlandais en fait progressivement les grands favoris pour la victoire finale auprès des observateurs, à la place des Allemands qui ont débuté doucement la compétition et montrent un jeu parfois décevant.
Franz Beckenbauer fait évoluer le rôle classique du libéro, joueur exempt de tout marquage se trouvant seul derrière la défense. Alors que le libéro se contente jusqu'alors de couvrir la défense, Beckenbauer profite de sa liberté sur le terrain pour participer et organiser les actions offensives..
Des Allemands contre des Allemands
Le premier tour voit se dérouler un match à caractère hautement politique. En effet, l'équipe d'Allemagne de l'Ouest et l'équipe d'Allemagne de l'Est s'affrontent à Hambourg : c'est la première et la dernière fois que ces deux équipes se rencontrent (dans une autre catégorie, deux ans plus tôt, une sélection ouest-allemande amateurs avait perdu contre les Allemands de l'Est lors des Jeux olympiques d'été de 1972). Au moment où se déroule ce match, les deux équipes sont déjà qualifiées pour le deuxième tour, mais elles se disputent la première place du groupe. La RDA remporte le match et la première place et est ainsi versée dans le groupe A avec notamment le Brésil et les Pays-Bas, équipes redoutables qu'évitera la RFA dans le groupe B. Certains supporters ouest-allemands qui avaient acheté à l'avance les billets des matchs du groupe A en pensant y voir leur équipe en sont pour leurs frais. La défaite de la RFA provoque une remise en question et quelques changements dans le groupe qui seront salutaires puisque la Mannschaft remportera ses quatre derniers matchs et le titre.
La finale
vignette|upright=0.6|Johan Cruijff.
vignette|gauche|upright=0.8|Franz Beckenbauer.
L'Allemagne de l'Ouest et les Pays-Bas ont poursuivi leur chemin jusqu'à la finale. L'Allemagne a été emmenée par le charismatique défenseur Franz Beckenbauer, alors que les Néerlandais et leur système « football total » avaient illuminé la compétition, à l'image de leur star Johan Cruijff. La supériorité néerlandaise ne tarde pas à s'exprimer lors de la finale. Après à peine une minute de jeu et une série de passes démontrant la grande maîtrise collective des Néerlandais, Cruijff est taclé par Uli Hoeneß dans la surface de réparation. Les Allemands n'ont pas encore touché le ballon qu'ils sont déjà menés 1-0 (penalty transformé par Neeskens). Ce but reste à ce jour le plus rapide jamais inscrit lors d'une finale de coupe du monde. L'Allemagne lutte pour rattraper son retard et, à la , elle se voit attribuer un penalty controversé par l'arbitre britannique, après une chute de Bernd Hölzenbein dans la surface néerlandaise. Paul Breitner se charge de le tirer et égalise pour les Allemands. Ces deux penaltys sont les premiers dans une finale de coupe du monde. L'Allemagne pousse, mais ne parvient pas à marquer, jusqu'à la , où Gerd Müller inscrit, dans son style caractéristique, le second but allemand, son et dernier au sein de l'équipe nationale, car il prend sa retraite internationale à la fin de la compétition.
La deuxième mi-temps voit des occasions des deux côtés, Müller se voyant même refuser un but pour un hors-jeu imaginaireSo foot, Gerd Müller en Klose combat….. Un autre penalty aurait pu être sifflé pour les Allemands pour une faute sur Hölzenbein à la . L'Allemagne, déjà championne d'Europe en 1972, remporte également la coupe du monde 1974, marquant ainsi sa suprématie dans le football de l'époque.
Premier tour Groupe I
Fait curieux, la RFA et la RDA sont dans le même groupe et vont s'affronter pour la première et unique fois de l'histoire. Les deux équipes allemandes gagnent leur premier match. Lors de la deuxième journée, le Chili tient tête à la RDA et le pays hôte bat l'Australie. Le dernier match opposant les deux Allemagnes déjà qualifiées a au-delà du prestige pour principal enjeu le classement et l'affectation dans l'un ou l'autre groupe du second tour. La rencontre se déroule le à Hambourg et voit la victoire de la RDA, largement bâtie sur l'équipe du FC Magdebourg (dont le buteur Sparwasser qui marque le seul but à la )Il était une fois Magdebourg, sofoot.com 19 mai 2019, par Ali Farhat, en terre ouest-allemande, qui termine première. Cette défaite historique du pays organisateur fera finalement et paradoxalement les affaires de la Mannschaft qui évitera ainsi de rencontrer les tant redoutés Oranje avant la finale.
Trois matchs du mondial, tous dans le groupe 1, sont disputés à Berlin-Ouest, alors que cette dernière ne fait pas à ce moment-là officiellement partie de la République fédérale d'Allemagne. Il était en effet courant que des rencontres sportives de tournois dont l'organisation était confiée à l'Allemagne de l'Ouest se déroulassent à Berlin-Ouest. Pendant la guerre froide, un tel cas de figure était mal vu par les pays du bloc de l'Est, ceux-ci n'hésitant pas, en guise de protestation, à éviter de prendre part aux événements comprenant des parties organisées à Berlin par l'Allemagne de l'Ouest. Les autorités de RDA, les plus sensibles sur le sujet, ont cependant su faire exception en laissant l'équipe nationale est-allemande participer à son premier mondial. L'équipe d'Allemagne de l'Ouest joue notamment à Berlin-Ouest son premier match, ce qui était programmé en amont du tirage au sort, tandis que l'équipe d'Allemagne de l'Est y dispute son second match, contre un même adversaire, le Chili.
|valign=top| vignette|Match RDA-RFA avec Martin Hoffmann en duel avec Berti Vogts, à gauche Franz Beckenbauer |- |colspan=2|
Groupe II
Le champion du monde sortant brésilien est tenu en échec par la Yougoslavie, tandis que l'Écosse bat le néophyte africain qu'est le Zaïre. Ensuite, les Slaves battent sèchement les Africains 9-0 et le Brésil concède un nouveau nul 0-0 contre les Britanniques. La Yougoslavie fait match nul contre l'Écosse, et le Brésil bat le Zaïre. Résultat : Yougoslaves, Brésiliens et Écossais sont tous trois à 4 points, mais la Yougoslavie termine première devant le Brésil à la différence de buts. Les Auriverdes sont qualifiés en devançant les Écossais d'un but seulement (+3 contre +2).
|valign=top| vignette|Frappe du Brésilien Jairzinho pendant la rencontre Zaïre-Brésil |- |colspan=2|
Groupe III
Les phénomènes Oranje, dont c'est la première participation depuis 1938, terminent premiers et invaincus avec 2 victoires contre les Uruguayens, quatrièmes au Mexique quatre ans plus tôt et les Bulgares, mais ils sont tenus en échec par les Suédois. La Suède, elle, termine deuxième avec 2 nuls et une victoire contre l'Uruguay.
|valign=top| vignette|Scène du match entre la Bulgarie et l'Uruguay |- |colspan=2|
Groupe IV