Émile Mâle, né le à Commentry (Allier) et mort le à Fontaine-Chaalis (Oise)À l'abbaye de Chaalis., est un historien d'art français, membre de l'Académie française.
Émile Mâle fut un spécialiste de l’art chrétien médiéval et a laissé une œuvre importante, qui compte de nombreuses monographies sur les églises et cathédrales de France (La Cathédrale de Reims, Notre-Dame de Chartres, La Cathédrale d’Albi).
Biographie
Famille
Fils de Gilbert Mâle, ingénieur de l'École des mines d'Alès, Émile Mâle est le père du psychanalyste Pierre Mâle. Sa fille Gilberte (1912-2008) fut conservatrice en chef du patrimoineFonds Gilberte Émile-Mâle, site de l'Institut national du patrimoine, répertoire numérique, 2012.
Années de formation
Émile Mâle effectue sa scolarité secondaire à Saint-Étienne, puis entre à l’École normale supérieure en 1883. En 1886, il obtient l’agrégation de lettres. C'est cette même année, lors d'un voyage en Italie où il découvre la chapelle des Espagnols à Santa Maria Novella à Florence, qu'il décide de ne pas s'orienter vers un cursus d'études classiques et choisit l'histoire de l'art médiéval.
Carrière professionnelle alt=Émile Mâle en costume d'académicien, 1928.|gauche|vignette|150px|Émile Mâle en costume d'académicien, 1928.
Il est nommé professeur en classe de rhétorique à Saint-Étienne, puis professeur à Toulouse.
En 1899, il soutient sa thèse sur L’Art religieux au en France puis est chargé d'un cours d'histoire de l'art chrétien à partir de 1906 à la Sorbonne, où la chaire d’histoire de l’art lui est attribuée en 1912. Il est élu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1918. En 1923, il succède à comme directeur de l’École française de Rome et consacre une partie de ses recherches aux édifices de la Rome chrétienne (Rome et ses vieilles églises). En 1927, il est élu membre de l’Académie française avant de prendre sa retraite en 1937.
Il est mort le et est enterré au cimetière de Commentry aux côtés de son épouse née Marie Marguerite Granier, décédée le .
Son œuvre Émile Mâle fut l'un des premiers historiens d'art, avec d'autres de langue allemande tel Aloïs Riegl, à transformer l'histoire de l'art en une discipline internationalement respectée. L’historien de l’art Jean Seznec a été fortement influencé par sa méthodologie.
Sa thèse L’Art religieux au en France apporte un changement majeur dans les études médiévales et dans l'histoire de l'art. Son succès est tel qu'elle est éditée une troisième fois dix ans après sa première parution, ce qui est exceptionnel pour un ouvrage de ce type. En 2011, on ne compte pas moins de neuf éditions et de nombreuses traductions. Ce succès, il le doit autant à la qualité de son travail qu'à celle de sa plume, qui fait dire à certains qu'il « avait l'art de faire fleurir les roses sur les ronces ». Dans cette œuvre, il ne pose ni plus ni moins que les bases d'une nouvelle méthode maintenant communément adoptée par les historiens de l'art.« Partant de l’idée, aujourd’hui familière, que le christianisme, en particulier médiéval, conçut l’art comme une « prédication muette », c’est-à-dire comme la traduction, dans le langage des formes, des vérités de la foi, il entreprend de mettre systématiquement en rapport l’iconographie et ses « sources d’inspiration », c’est-à-dire les grands textes (scripturaires, exégétiques, théologiques, hagiographiques…) lui ayant servi de programme. »
Il complète sa thèse en étudiant l’art religieux en France dans les siècles précédents et suivants. Dans L’Art religieux au en France, il démontre en particulier l’influence de l’art héllénistique et de l’art syrien, par l'intermédiaire des ouvrages sacrés illustrés de miniatures, sur l’art roman..
Hommage et distinctions
L'Académie des inscriptions et belles-lettres lui décerne le prix Gobert en 1910 pour ses ouvrages L'Art religieux de la fin du Moyen Âge en France et L'Art religieux du en France.
Sa fille Gilberte a consacré beaucoup d'efforts à la mémoire de son père : elle a assuré la réédition de plusieurs de ses œuvres, elle a fait des donations à la ville de Commentry (en particulier la maison familiale de la place du 14-Juillet) et à l'Institut de France, elle s'est occupée du prix Émile-Mâle qu'elle avait fondé avec la ville de CommentryNécrologie de Gilberte Émile-Mâle, La Montagne, 17 juillet 2008 ; Reflets d'Allier, novembre 2008, ..
Publications L'Art religieux du en France, thèse pour le doctorat ès-lettres, 1899. Traduction allemande par Lorenz Zuckermandel : Die kirchliche Kunst des XIII. Jahrhunderts in Frankreich: Studie über die Ikonographie des Mittelalters und ihre Quellen, 1907. Quomodo Sibyllas recentiores artifices representaverint, thèse complémentaire pour le doctorat ès-lettres, 1899. L'Art religieux de la fin du Moyen Âge en France, 1908. L'Art allemand et l'art français du Moyen Âge, 1917. L'Art religieux au en France, 1922. « Les influences arabes dans l'art roman », Revue des Deux-Mondes, 1923 (texte en ligne).
Art et artistes du Moyen Âge, 1927. L'Art religieux après le Concile de Trente, étude sur l'iconographie de la fin du , du et du s en Italie, en France, en Espagne et en Flandre, 1932. Rome et ses vieilles églises, 1942. Les Mosaïques chrétiennes primitives du , 1943. L'Art religieux du , 1945. Jean Bourdichon : les Heures d'Anne de Bretagne à la Bibliothèque nationale, 1946. Les Grandes Heures de Rohan, 1947. Notre-Dame de Chartres, 1948. La Fin du paganisme en Gaule et les plus anciennes basiliques chrétiennes, 1950. La Cathédrale d'Albi, 1950. Histoire de l'art (directeur de rédaction), 2 vol., 1950. Les Saints Compagnons du Christ, 1958.
Distinctions membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1918 ; membre de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique ; membre de la British Academy ; membre de l'Académie française ; . Promu commandeur en 1932 ; .
Hommages le collège Émile-Mâle à Commentry ; la place Émile-Mâle dans le de Paris ; la place Émile-Mâle à Toulouseladepeche.fr ; un buste sur piédestal est érigé à l'entrée du musée des Beaux-Arts dans les jardins de l'évêché de Chartres ; un square à Saint-Étienne dans le quartier Monthieu où il a vécu avec ses parents une plaque commémorative au rue de Navarre, dans le de Paris, est apposée sur l'immeuble où il vécut de 1900 à 1954.
Prix Émile-Mâle Le prix Émile-Mâle a été créé en 1984 par la ville de Commentry et Gilberte Émile-Mâle, qui a assuré la présidence du jurySite de la ville de Commentry.. Ce prix annuel récompense la restauration d'un élément du patrimoine architectural ou mobilier du département de l'Allier.
Parmi les bénéficiaires : 1989 : la Société d'émulation du Bourbonnais pour la restauration de la chapelle Saint-Mayeul au Brethon ; 1990 : Marie-Noëlle Goffin, pour la restauration du château de La Motte-Mazerier ; 1993 : Les Amis de Montluçon, pour la restauration du château de Bien-Assis à Montluçon ; 1997 : les Amis du Vieux Taxat, pour la restauration du l'église Saint-André de Taxat à Taxat-Senat ; 2000 : l'Association de sauvegarde du patrimoine culturel de Droiturier pour la restauration des peintures murales de l'église par Yves Morvan ; 2013 : chapelle de Briailles à Saint-Pourçain-sur-Sioule ; colombier du à Étroussat ; poids publics d'Hyds. 2016 : musée Anne-de-Beaujeu, pour la restauration de sa collection de peintures sur bois des La Montagne, 27 octobre 2016., et château de Bien-Assis à Montluçon (Grand prix) ; chapelle Sainte-Anne à Ygrande (prix d'encouragement).
Notes et références Références
Annexes
Bibliographie
. André Grabar, « Notice sur la vie et les travaux de M. Émile Mâle, membre de l'Académie », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 106, , 1962, (en ligne). Christophe Charle, Émile Mâle dans sa génération universitaire, « Collection de l'École française de Rome », 1972. Émile Mâle (1862-1954) : la construction de l'œuvre, Rome et l'Italie, actes de la table ronde tenue à l'École française de Rome, 17- , « Collection de l'École française de Rome », , Rome, École française de Rome, 2005. Gilberte Émile-Mâle, Émile Mâle. Souvenirs et correspondance de jeunesse, Nonette, Éditions Créer, 2002 - https://www.edicreer.com/histoire/religieuse/souvenirs-et-correspondances-de-jeunesse-bourbonnais-forez.html.
Liens externes
Société des amis d’Émile Mâle : Hommage à Émile Mâle, ville de Commentry, 2004
Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Membre de l'Académie française Catégorie:Membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres Catégorie:Membre de la British Academy Catégorie:Membre de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique Catégorie:Membre correspondant de la Section d'histoire et d'archéologie de l'IEC Catégorie:Personnalité inhumée à Commentry Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Historien français de l'art Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Naissance en juin 1862 Catégorie:Naissance à Commentry Catégorie:Décès en octobre 1954 Catégorie:Décès à 92 ans Catégorie:Décès à Fontaine-Chaalis Catégorie:Lauréat du prix Broquette-Gonin (philosophie) Catégorie:Lauréat du prix Gobert Catégorie:Enseignant au lycée Pierre-de-Fermat