Nicolas de Péchantré (ou Péchantrés), né à Toulouse en 1638 et mort à Paris en décembre 1708, est un poète et auteur dramatique français.

Biographie Fils de chirurgien, il étudie et exerce peut-être pendant quelque temps la médecine. Il compose des poèmes, qui le font couronner à trois reprises par l'Académie des Jeux floraux. Encouragé par ce succès, il se rend à Paris où il s'installe pour tenter sa chance dans le milieu du théâtre de la capitale.

Il montre sa première tragédie, Géta, au comédien Baron, qui lui en dit du mal tout en offrant de la lui acheter pour 200 francs. Le comédien Champmeslé, qui a également lu la pièce, prête alors à l'auteur l'argent nécessaire pour la retirer. Elle est jouée avec succèsLa chanson suivante circule en 1687, année où est jouée la pièce :« Péchantré, ta Muse est divine,Et ta vestale est sans défaut.Cette charmante pièce vautTout ce qu'a fait Racine. »Cité par Pierre Mélèse, Répertoire analytique des documents contemporains d'information et de critique concernant le théâtre à Paris sous Louis XIV : 1659-1715, Genève, Slatkine, 1976, p. 184. au Théâtre-Français, où Péchantré fait représenter par la suite deux autres tragédies, puis deux autres encore au collège d'Harcourt.

Nicolas de Péchantré meurt à l'âge de 70 ans, alors qu'il achevait de composer un opéra intitulé Amphion et ParthénopéeSources biographiques : Claude-Sixte Sautreau de Marsy, Annales poétiques depuis l'origine de la poésie française, ou Almanach des Muses, Paris, Mérigot le jeune, vol. XXXVI, 1786, p. 232-234 ; Antoine-Alexandre Barbier et Nicolas-Toussaint Des Essarts, Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, Paris, Arthus Bertrand, t. 2, 1817, p. 94..

Son nom est resté lié à une anecdote qui est souvent racontée en France comme en AngleterreJoseph Robertson, Deliciae Literariae: A New Volume of Table-talk, London: Simkin, Marshall & Co., 1840, p. 187-188.. Alors qu'il travaillait dans une auberge, il y oublie une feuille de papier sur laquelle il avait griffonné : « Ici le roi sera tué ». L'aubergiste court avertir le commissaire de quartier, qui lui demande de le prévenir si cet individu réapparaît, ce qui arrive bientôt. Au moment où, tenant en main la pièce à conviction, le commissaire s'apprête à l'arrêter, Péchantré s'écrie : . Vraie ou fausse, cette anecdote devait fournir un siècle plus tard à Charles-Augustin de Bassompierre Sewrin la matière d'une petite comédie, Péchantré, ou une scène de tragédieCharles-Augustin de Bassompierre Sewrin, Péchantré, ou une scène de tragédie, comédie-anecdote en 1 acte, mêlée de couplets, Paris, Théâtre des Variétés, 5 octobre 1812..

Georges Vicaire a attribué aussi à Nicolas de Péchantré une comédie « satiri-burlesque », Les Yvrongnes, publiée en 1687, et on connaît encore une autre tragédie, Virginie, parue sous son nom en 1690Catalogue de la Bibliothèque nationale de France..

Œuvres vignette|Illustration de Géta, 1713 Géta, tragédie en cinq actes et en vers, Paris, Théâtre-Français, Jugurtha, roi de Numidie, tragédie en 5 actes et en vers, Paris, Théâtre des Fossés-Saint-Germain, [non imprimée] La Mort de Néron, tragédie en 5 actes, Paris, Théâtre-Français, Joseph vendu par ses frères, tragédie, Paris, Collège d'Harcourt [non imprimée] Le Sacrifice d'Abraham, tragédie, Paris, Collège d'Harcourt [non imprimée] Amphion et Parthénopée, opéra, 1708 [ni représenté ni imprimé]

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