En grammaire française, le verbe prend de nombreuses formes pour exprimer les différences de personne, de nombre, de mode et de temps : cet ensemble de formes s'appelle conjugaison et concerne la morphologie flexionnelle de cette catégorie.
Radical et terminaison
Toute forme verbale simple se compose de deux parties bien distinctes : le radical (ou base) et la terminaison (ou désinence ou finale). Il peut y avoir en outre la présence d'un affixe (-iss) entre le radical et la terminaison de certaines personnes de la deuxième conjugaison :
Ils parl. Le radical parl- est celui du verbe parler ; la terminaison -aient est celle de l'imparfait de l'indicatif, du pluriel. Nous finiss.Le radical fin- est celui du verbe finir ; la terminaison -ons est celle du présent de l'indicatif, du pluriel ; entre ce radical et cette terminaison se trouve l'affixe du -iss-.
Il est parfois difficile de distinguer le radical de la terminaison des verbes totalement irréguliers (avoir, aller, dire, être, faire, pouvoir, savoir, valoir et vouloir) : Il travailler. Tu là ? Elle rougi. Radical
Le radical, qui est la racine du verbe, nous permet d'identifier son sens.
Principe de stabilité du radical
Normalement, le radical reste stable dans les deux premières conjugaisons : Je erais, tu as, qu'ils assent, ant, é, que nous ions, ez…Je irais, vous îtes, issant, qu'ils issent, i, is, que nous issions…À la troisième, il lui arrive souvent de se modifier, parfois même, au cours d'un même temps : Je x, tu x, il t, nous ons, vous ez, ils ent.Mais, mis à part ces exceptions, le principe veut que rien ne soit soustrait au radical. En conséquence, les verbes terminés en -guer et en -quer conservent la combinaison -gu- et -qu- dans toute la conjugaison, même lorsque cette combinaison pourrait être simplifiée en -g- ou -c- : Navier : nous navions, je naviais, en naviant…Provoer : nous provoons, je provoais, en provoant… Aménagement du radical pour maintenir la prononciation
Cependant, s'il est impossible de retrancher quoi que ce soit au radical, il est en revanche possible d'y ajouter quelque chose chaque fois que c'est indispensable. En effet, certains radicaux, pour conserver la prononciation, peuvent subir divers aménagements orthographiques (qui ne sont pas à proprement parler considérés comme des exceptions) :
Le -c- de certains radicaux prend une cédille devant une terminaison qui, sans cela, modifierait sa prononciation : Avaner : j'avane, nous avanons, j'avanais…Aperevoir : j'aperois, tu aperus, nous aperevons… Le -g- de certains radicaux est suivi d'un -e- muet devant une terminaison qui, sans cela, modifierait sa prononciation : Maner : je mane, nous manons, je manais, vous maniez, en manant… Terminaison
La terminaison, qui est un suffixe, nous renseigne sur les éléments verbaux suivants : Pour tous les verbes : le mode et le temps ; Pour les seuls verbes conjugués : la personne et le nombre ; Pour le seul participe passé : le genre et le nombre.
Mis à part les verbes considérés comme totalement irréguliers (avoir, être et aller, principalement), pour chaque temps de chaque mode, une série de six terminaisons (une par personne, au singulier et au pluriel) est associée à un groupe ou à un sous-groupe de verbes. Or, chacune de ces séries doit rester stable au cours d'un même temps. En conséquence, aucune terminaison ne doit être modifiée, même lorsqu'une simplification orthographique pourrait être envisagée :
Par exemple, lorsque le radical d'un verbe se termine par une voyelle (crer, fur, ter, vor, etc.), le -e- des terminaisons peut devenir un -e- muet, mais n'est jamais supprimé : Fuir, au présent du subjonctif : que je fui, que tu fuis, qu'il fui, que nous fuyions, que vous fuyiez, qu'ils fuint…Créer, au futur de l'indicatif : je crérai, tu créras, il créra, nous crérons, vous crérez, ils créront… De la même façon, les terminaisons de l'imparfait de l'indicatif pour les deux premières personnes du pluriel sont -ions et -iez, cependant, pour des verbes tels que gaer, vor, rre, brer, etc., le -i- de ces terminaisons, quoique inutile du seul point de vue de la prononciation, sera obligatoirement maintenu : Nous gagnons, vous voyez, nous rions, vous brillez… Utilisation d'un auxiliaire
Certaines formes verbales exigent l'utilisation d'un auxiliaire. C'est le cas pour les temps composés et surcomposés, ainsi que les temps simples de la voix passive.
Auxiliaires en présence
Le français utilise deux auxiliaires : être et avoir. La question des semi-auxiliaires (verbes conjugués se combinant avec un infinitif pour former une périphrase verbale) sera étudiée ailleurs.
Auxiliaire « avoir »
L'auxiliaire avoir sert essentiellement à construire les temps composés des verbes actifs non pronominaux. Certains d'entre eux sont subjectifs (être, disparaître…), mais la plupart sont objectifs (manger, croire, faire…) : J' été malade. Tu mangé des spaghettis. Le verbe être ne se conjugue pas avec lui-même. En conséquence, l'auxiliaire être aux temps composés et surcomposés de la voix passive des verbes objectifs, se conjuguera obligatoirement avec l'auxiliaire avoir :François été salué par ses parents lorsqu'il été emmené par son grand-père au zoo. Pour certains verbes, il existe des hésitations quant au choix de l'auxiliaire (accourir, convenir, demeurer, descendre, échapper, passer…) : Il s'agit le plus souvent d'un usage ancien, d'un archaïsme : certains verbes se conjuguaient avec avoir pour exprimer l'action ou se conjuguaient avec être pour exprimer le résultat. Émile Zola écrit dans l'un de ses romans : « La neige a tombé sur Paris. La ville semble toute jeune et chaste.» Cette distinction a été abandonnée et les verbes concernés se conjuguent aujourd'hui avec « être ». Conjuguer avec « avoir » est considéré comme vieilli, mais n'est pas pour autant un solécisme.Il passé (il passé) par ici, il repassera par là. (« Il court, il court, le furet » — chanson populaire)J' descendu (je descendu[e]) dans mon jardin. (chanson populaire) Le choix de l'un ou l'autre des deux auxiliaires modifie parfois le sens du verbe, mais chaque fois qu'il y a un C.O.D., c'est l'auxiliaire avoir qui doit s'imposer (sauf bien sûr à la forme pronominale) : Je monté au grenier. J' monté de vieux livres au grenier. Formes verbales exigeant un auxiliaire
Voix active
Pour un temps composé ou surcomposé, non passif et non pronominal, il convient de choisir l'auxiliaire (être ou avoir), de le conjuguer au temps et au mode du temps simple correspondant (par exemple, le présent pour obtenir le passé composé), et d'y ajouter le participe passé du verbe concerné : Il . Il . Nous à Paris. Nous à Paris. Pour les temps surcomposés, l'auxiliaire devient lui-même composé. Avoir eu se substitue alors à avoir, et avoir été se substitue à être : Il . Il . Quand nous … Quand nous … Voix passive
Aux temps simples de la voix passive, on utilise exclusivement l'auxiliaire être, conjugué au temps et au mode du verbe actif correspondant, auquel on ajoute le participe passé du verbe concerné : Le chat la souris. La souris par le chat. Aux temps composés (auxiliaire : avoir été) et aux temps surcomposés (auxiliaire : avoir eu été), le participe passé du verbe concerné est toujours précédé du participe passé été, dont l'invariabilité ne souffre aucune exception : Le chat la souris. La souris par le chat.Le chat la souris. La souris par le chat. Forme pronominale
Aux temps composés de la forme pronominale, on utilise exclusivement l'auxiliaire être, conjugué au temps et au mode du temps simple correspondant (par exemple, le futur pour obtenir le futur antérieur), auquel on ajoute le participe passé du verbe concerné : Elle se . Elle s'. Elle se . Elle s'. Aux temps surcomposés (peu employés à la forme pronominale), l'auxiliaire composé être eu (et non avoir été !) se substitue à l'auxiliaire simple être : Quand elle s'… Quand elle s'… Choix de l'auxiliaire
Type de verbeTemps simplesTemps composésTemps surcomposésVerbes objectifs (1)Pas d'auxiliaireavoiravoir euVerbes subjectifs (2)Pas d'auxiliaireêtreavoir étéVerbes passifsêtreavoir étéavoir eu étéVerbes pronominauxPas d'auxiliaires'êtres'être eu
(1) Plus quelques verbes subjectifs (être, paraître…). (2) C'est-à-dire, les verbes d'état, de changement d'état ou de mouvement, parmi lesquels il convient de soustraire quelques verbes (cités ci-dessus).
Formation des temps simples non passifs Ne seront donc pas examinés ici, les principes régissant la formation des temps utilisant un auxiliaire.
Infinitif
Indicatif Présent
Imparfait
L'imparfait est utilisé pour décrire quelque chose, que ce soit le physique d'un personnage, un état psychologique, un paysage et plus encore. Le radical de l'indicatif imparfait est toujours stable pour un même verbe. Il est dérivé de la première personne du pluriel de l'indicatif présent (sauf pour le verbe être) :Verbe boire, indicatif présent : je bois, tu bois, il boit, nous ons, vous buvez, ils boivent.Verbe boire, indicatif imparfait : je ais, tu ais, il ait, nous ions, vous iez, ils aient. Les terminaisons de ce temps sont toujours les suivantes pour les trois groupes : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. Pour les et , le -i- des deux premières personnes du pluriel doit toujours être maintenu et prononcé, même après -ill-, -gn-, -y- ou -i : Nous travaillons, vous travaillez, nous rions, vous riez, nous essuyons, vous essuyez, nous gagnons, vous gagnez, nous tressaillons, vous tressaillez, nous prions, vous priez… Exemple:
je parlais je finissais tu parlais tu finissais il, elle, on parlait il, elle, on finissait nous parlions nous finissions vous parliez vous finissiez ils, elles parlaient ils, elles finissaient
Plus-que-parfait On forme le plus-que-parfait avec l'auxiliaire "être" ou "avoir" à l'imparfait suivi de son participe passé.
Exemple: J'étais venu, tu avais perdu, il avait mangé, nous étions allés, vous aviez aimé, ils étaient restés. Passé simple
Le radical du passé simple n'est pas toujours régulier, mais il est toujours stable pour un même verbe. Il existe quatre séries de terminaisons pour ce temps :
Passé simple en -a- : -ai, -as, -a, -âmes, -âtes, -èrent. [ groupe et aller] Passé simple en -i- : -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent. [ et ] Passé simple en -u- : -us, -us, -ut, -ûmes, -ûtes, -urent. [ groupe] Passé simple en -in- : -ins, -ins, -int, -înmes, -întes, -inrent. [ groupe] Je chant, je fin, je b, je v… Exemple:
je parlai je finis tu parlas tu finis il, elle, on parla il, elle, on finit nous parlâmes nous finîmes vous parlâtes vous finîtes ils, elles parlèrent ils, elles finirent Il est possible de déterminer le radical et la terminaison de la plupart des verbes au passé simple avec quelques règles:
Les verbes en -er ont le passé simple en -a- avec un radical régulier. Les verbes en -ir ( et ), excepté les verbes en -oir, -enir, -érir, -ourir, ont le passé simple en -i- avec un radical régulier. Les verbes en -ïr ont un tréma sur le -i- à toutes les personnes, même à la place d'un accent circonflexe. Les verbes en -enir ont le passé simple en -in-. Les autres verbes ont souvent un passé simple dérivé du participe passé. Les exceptions à cette règle sont nombreuses (cf. Voir aussi).
Passé antérieur
On utilise le passé antérieur lorsque l'on a besoin d'utiliser le plus-que-parfait conjointement avec le passé simple.
On forme le passé antérieur avec l'auxiliaire "être" ou "avoir" au passé simple suivi de son participe passé.
Futur simple de l'indicatif
Les terminaisons du futur simple correspondent au verbe avoir à l'indicatif présent. Elles sont toujours régulières : -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont.