Les frontières d'Israël définissent le territoire où s'exerce la souveraineté, la juridiction et l'administration de l'État d'Israël, qui existe depuis 1948. L'indépendance d'Israël est proclamée par David Ben Gourion, président de l'Agence juive, le , à la fin du mandat britannique sur la Palestine (). Quelques mois auparavant, un plan de partage de ce pays a été adopté par l'ONU (), prévoyant un « État juif » (), un « État arabe » () et une zone internationale de Jérusalem et de ses environs.

La création d'Israël est l'aboutissement du mouvement sioniste fondé par Theodor Herzl à la fin du .

Le territoire actuel d'Israël (un peu plus de ) est plus étendu de 57 % que le territoire de l'État juif de 1947, ce qui résulte des trois guerres israélo-arabes de 1948 à 1973 (1948-1949, 1967 et 1973). Trois étapes sont particulièrement importantes : la définition négociée en de la ligne d'armistice, dite « ligne verte », aujourd'hui encore référence en droit international ; l'occupation en de toute la Palestine ainsi que de territoires égyptien (Sinaï) et syrien (Golan) à la fin de la guerre des Six Jours ; les décisions d'annexion prononcées unilatéralement par Israël en 1980 (Jérusalem-Est) et 1981 (plateau du Golan).

Israël est limitrophe de quatre États arabes : le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Égypte, ainsi que de deux territoires palestiniens disjoints (la bande de Gaza et la Cisjordanie). Israël a trois frontières maritimes : en mer Méditerranée, dans la mer Morte et en mer Rouge (au fond du golfe d'Aqaba).

L'Égypte en 1978 et la Jordanie en 1994 ont reconnu l'existence d'Israël et conclu avec lui des accords sur les frontières. En revanche, les frontières avec le Liban, la Syrie et les territoires palestiniens (la bande de Gaza occupée de 1967 à 2005, aujourd'hui théâtre de guerre, depuis ; la Cisjordanie sous occupation depuis 1967), ne sont pas reconnues internationalement, ni par accord entre les parties. Il en va de même pour le statut et les limites de Jérusalem.

La résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l'unanimité après la guerre des Six Jours (1967), alors que l'armée israélienne victorieuse venait d'occuper le plateau du Golan (Syrie), Jérusalem-Est, la bande de Gaza et la Cisjordanie, souligne l' et demande le . Malgré cela, Israël a décidé quelques années plus tard l'annexion du plateau du Golan et de Jérusalem-Est.

Frontières actuelles Avec l'Égypte et la Jordanie Les frontières avec l'Égypte et avec la Jordanie ont fait l'objet d'accords bilatéraux. Les frontières avec l'Égypte ont été définies par le traité de paix de 1979. Elles correspondent à la ligne verte établie à la suite de la guerre de 1948-1949.

Les frontières d'Israël (et de la Cisjordanie) avec la Jordanie ont été définies par le traité de paix de 1994 : elles suivent le cours du Jourdain au nord de la mer Morte ; au sud de la mer Morte, elles correspondent à la ligne verte de 1949 ; la mer Morte est partagée entre les parties.

Avec la Syrie et le Liban Dans le cas des frontières avec le Liban et la Syrie, en l'absence de traité de paix, il existe des litiges et elles ne sont pas reconnues internationalement.

En ce qui concerne la Syrie, Israël a annexé unilatéralement en 1981 la moitié ouest du plateau du Golan (à l'est et au nord-est du lac de Tibériade), entièrement conquis lors de la guerre de 1967.

La frontière entre Israël et le Liban correspond à celle définie par l'accord conclu en 1923 entre les puissances mandataires de la Société des Nations au Liban (la France) et en Palestine (le Royaume-Uni). Il existe cependant un litige concernant le territoire des fermes de Chebaa (environ ), conquis en 1967 en même temps que le Golan (étant alors occupé par l'armée syrienne) et annexé en 1981, mais qui est considéré par le Liban et par la Syrie comme un territoire libanais.

Avec la Cisjordanie La Cisjordanie est en partie gouvernée par l'Autorité palestinienne, issue de l'Organisation de libération de la Palestine de Yasser Arafat. Les accords d'Oslo de 1993-1994 marquent un changement important dans l'histoire de la Palestine : la reconnaissance d'Israël par l'OLP. Mais le « processus d'Oslo » n'a pas abouti aux résultats espérés à l'époque. La Cisjordanie, annexée par la Jordanie de 1949 à 1967 et conquise en 1967 par Israël, a fait l'objet de ces accords d'Oslo. Une partie (la zone A) est actuellement entièrement sous le contrôle de l'Autorité palestinienne et une partie (la zone C) entièrement sous occupation israélienne (grandes routes, zones frontalières), la zone B étant mixte.

Il existe un litige frontalier important dû à l'annexion unilatérale en 1980 de Jérusalem-Est, jordanienne de 1949 à 1967 et conquise en 1967 par Israël, mais que les Palestiniens revendiquent comme leur capitale (l'Autorité est actuellement installée à Ramallah, au nord de Jérusalem).

D'une façon plus générale, l'Autorité palestinienne veut négocier les frontières de l'État palestinien sur la base des frontières d'Israël d'avant la guerre des Six Jours (c'est-à-dire la ligne verte de 1949).

Avec la bande de Gaza Les frontières de la bande de Gaza, annexée par l'Égypte de 1949 à 1967, conquise en 1967 par Israël, mais totalement évacuée - forces armées et colonies juives - en 2005, correspondent à la ligne verte définie à la suite de la guerre de 1948-1949 pour les secteurs limitrophes d'Israël, et à la frontière de la Palestine mandataire pour le secteur limitrophe de l'Égypte.

Contrairement à la Cisjordanie, la bande de Gaza n'est pas gouvernée par l'Autorité palestinienne, mais par le mouvement politico-religieux du Hamas, lié à l'Iran, bien que d'obédience sunnite. Ce mouvement, qui a réussi à évincer l'Autorité palestinienne après l'évacuation de 2005, ne reconnait à aucun degré l'existence d'Israël et entretient des rapports hostiles (envoi de roquettes) avec l'état hébreu, culminant avec l'attaque hors norme du 7 octobre 2023, à l'origine d'une offensive militaire israélienne encore en cours.

Aperçu historique L'État d'Israël n'a pas précisé ses délimitations dans sa déclaration d'indépendance. Les frontières internationalement reconnues telles que lors de son admission à l'ONU suivent la ligne verte, c'est-à-dire les lignes d'armistice de la guerre israélo-arabe de 1948.

À la suite de la guerre des six jours de 1967, la résolution 242, approuvée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, souligne « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre » et insiste sur la « nécessité d’œuvrer pour une paix juste et durable » et demande le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ».

À l'issue de la guerre des Six Jours, Israël a conquis des territoires à la Syrie, à la Jordanie et à l'Égypte. L'accord de paix entre Israël et l'Égypte, aboutit au retrait de la péninsule du Sinaï et à un accord sur la frontière israélo-égyptienne. L'accord de paix entre Israël et la Jordanie aboutit à la stabilisation de la frontière israélo-jordanienne le long du Jourdain, avec des modifications mineures. Israël continue à occuper la Cisjordanie où elle exerce une administration militaire. Israël considère la Cisjordanie comme un « territoire disputé » plutôt que comme un « territoire occupé ». Israël occupe une partie du plateau du Golan qui est divisé par une ligne de cessez-le-feu entre Israël et la Syrie. Le Golan et Jérusalem-Est ont été annexés par Israël respectivement en 1981 et 1980 et il y exerce l'administration civile. Toutefois, ces annexions ont été condamnées par une part importante de la communauté internationale. La frontière entre Israël et le Liban résulte de l'accord en 1923 entre les puissances mandataires française au Liban et britannique en Palestine mandataire, à l'exception de la petite superficie des fermes de Chebaa.

La guerre de Gaza lancée à la suite de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 est la plus longue de l’histoire d’Israël et la plus meurtrière pour les civils palestiniens. En 2024, Israël n’a atteint aucun de ses objectifs essentiels : ni la libération des otages, ni la destruction militaire du Hamas et l’élimination de ses chefs, ni la garantie de la sécurité des frontières sud et nord. Selon l’ancien ambassadeur de France Gérard Araud dans son livre , , ce qui menace son existence même. En 2025, la guerre continue sans perspective politique en vue, la communauté internationale réaborde la question de la reconnaissance mutuelle, et internationale, d'Israël et de la Palestine, et de la clarification de leurs frontières, jalons nécessaires pour apporter la paix dans la région.

Historique Prémices : des débuts du sionisme au mandat britannique en Palestine (1922)

vignette|750x420px|État juif proposé à la Conférence de paix de Paris (1919)

L'idée de la création d'un État juif en Palestine apparait dès le , par exemple chez le penseur socialiste Moses Hess (1812-1885).

Mais le mouvement sioniste de Theodor Herzl (1867-1904), créé en 1897, attend 1905 (septième congrès sioniste) pour se donner comme objectif la création d'une en Palestine, alors ensemble de provinces de l'Empire ottoman, dont la population est pour l'essentiel arabe (musulmane ou chrétienne). Tel Aviv est fondée en 1909, un peu à l'écart du port arabe de Jaffa.

La Première Guerre mondiale, dans laquelle l'Empire ottoman est allié à l'Allemagne, fait évoluer la situation : alors que l'armée britannique du général Allenby prend le contrôle du Levant, la déclaration Balfour () préconise la création d'un « foyer national juif » en Palestine. En 1920, la guerre terminée, la Société des Nations décide de confier la Palestine en mandat au Royaume-Uni (de même pour la France au Liban).

Le , la SDN ratifie les termes précis du mandat britannique, amendé par le Livre blanc de 1922. Ce mandat prévoit l'établissement d'un « foyer national pour le peuple juif [...] étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine »Dominique Perrin, Palestine : une terre, deux peuples, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2000, 151-153. Martin Sicker, Reshaping Palestine: from Muhammad Ali to the British Mandate, 1831-1922, Greenwood Publishing Group, 1999, 164-165.. Le territoire de la Palestine mandataire est défini, à l'est, par le cours du Jourdain. Au-delà, c'est l'émirat de Transjordanie (1921-1946). Cette délimitation ne convient pas à un certain nombre de sionistes, qui estiment que la Terre d'Israël s'étend aussi au-delà du Jourdain.

À ce moment, la communauté juive de Palestine (Yichouv), dirigée par l'Organisation sioniste mondiale, s'est développée, avec notamment la création de la Haganah en 1920. L'OSM accepte les termes du mandat, mais les sionistes révisionnistesPrédécesseurs du Likoud, créé en 1973. le dénoncent, réclamant des territoires de Transjordanie.

Le sionisme, notamment dans le cadre du mandat britannique (dont l'objectif, à long terme, est de mener la Palestine à l'indépendance) et de la déclaration Balfour, est perçu comme un danger par la population arabe qui récuse le projet d'un État juif en Palestine.

Période de la Palestine mandataire (1922-15 mai 1948) Les nationalismes juif et arabe s'affrontent mutuellement et se confrontent tous deux aux Britanniques. En 1929, l'OSM crée l'Agence juive pour la Palestine, qui est un gouvernement officieux du Yichouv.

Plusieurs solutions de partition sont proposées sans obtenir l'accord des parties. À la suite de la révolte arabe de 1936-1939, un nouveau Livre blanc britannique remet en cause le principe du foyer national juif en Palestine, prévoyant au contraire l'indépendance d'un État unitaire dans les 10 ans ou faute d'accord, l'appel à l'arbitrage de la Société des Nations.