Paul Ramadier, né le à La Rochelle et mort le à Rodez, est un homme d'État français.

Biographie

Jeunesse et études Fils d'un psychiatre, Paul Ramadier obtient des licences en droit et en lettres à l'université de Toulouse.

Parcours professionnel Il devient ensuite avocat à Paris et décroche son doctorat en droit romain en 1911. Défenseur des coopératives, il est militant socialiste dès 1904 et député socialiste de l'Aveyron de 1928 à 1940, de 1945 à 1951 et de 1956 à 1958. Il est maire de Decazeville de 1919 à 1959.

Mobilisé en 1914 comme sergent d'infanterie, il est grièvement blessé. Sa conduite lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre. gauche|vignette|Paul Ramadier en 1929. Favorable à la participation des socialistes au pouvoir, il quitte la SFIO en 1933, pour rallier le Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF). En 1935, il rejoint l’Union socialiste républicaine, le parti successeur du PSdF. En , il présente un texte qui prévoit de stopper l’immigration et de limiter à 10 % la proportion d’étrangers par entreprise. Il fait partie du gouvernement Léon Blum en 1936 comme sous-secrétaire d’État (mines, électricité et combustibles liquides) puis du gouvernement Camille Chautemps comme sous-secrétaire d'État aux Travaux publics. Sous le Front populaire, il fait adopter d’importantes lois sociales. Il prépare notamment une loi sur les accidents du travail, la retraite et les . Il est ministre du Travail de janvier à août 1938 dans le cabinet Édouard Daladier, puis démissionne quand celui-ci remet en cause la semaine de qui est au cœur des réformes lancées par le Front populaire.

Il refuse avec véhémence de reconnaître les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940 et participe à la Résistance sous le pseudonyme de Violette. Il rejoint de nouveau la SFIO pendant l’Occupation. Son action en faveur des Juifs lui a valu d'être inscrit sur la liste des Justes parmi les nations à Yad Vashem.

À la Libération, il est ministre du Ravitaillement de à (gouvernement de Gaulle) et se voit surnommer « Ramadan » ou « Ramadiète », bien qu'il donnât l'exemple en travaillant dans un bureau non chauffé ; il occupe le ministère de la Justice en - (ministère Léon Blum).

En 1947, après l’adoption de la Constitution de la République, il en devient le premier président du Conseil. Il est investi à l’unanimité à ce poste par l’Assemblée Nationale le . Mais, le surlendemain, interpellé sur la composition de son gouvernement, il accepte de soumettre celui-ci à l’investiture de l’Assemblée, ce qui n’était pas demandé par la nouvelle constitution. Selon René Rémond, en soumettant le choix de ses ministres à l’Assemblée, il donne une interprétation de la constitution qui affaiblit la fonction de Président du Conseil et instaure de fait une suprématie de l’Assemblée sur le gouvernement ; il met ainsi le doigt dans un engrenage qui aboutira à l’instabilité gouvernementale inhérente à la .

Confronté à d'énormes difficultés dans tous les domaines comme chef de gouvernement, véritable bourreau de travail, il écarte les communistes de son gouvernement au printemps 1947, mettant ainsi fin au tripartisme (PCF, SFIO, MRP)., fait voter le statut de l’Algérie et l’adhésion de la France au plan Marshall. Il envoie l'armée pour mettre fin à l'insurrection malgache. Les crimes de guerre commis à cette époque (mille à deux mille victimes) ont été attribués par erreur au commandement militaire, voire au gouvernement Ramadier, alors qu'ils sont le fait de soldats incontrôlés.

Il se retire après huit mois à la tête du gouvernement, officiellement en raison de la persistance des grèves, et est remplacé par Robert Schuman.

Il est ministre de la Défense en 1948-49 (gouvernement Henri Queuille). À la suite de la publication en par le journal Témoignage chrétien du récit de Jacques Chegaray sur l'utilisation de la torture par l'Armée en Indochine et d'une série d'essais de Paul Mus condamnant la torture (dont le premier est intitulé « Non, pas ça ! »), Paul Ramadier rédigea des ordres secrets à destination des autorités en Indochine interdisant l'usage de la torture..

Il participe en au congrès de La Haye. Ministre des finances dans le gouvernement Mollet (-), il a la lourde tâche de financer la politique sociale alors que la guerre d'Algérie vide les caisses publiques. Son nom est par ailleurs associé à la vignette automobile, introduite en 1956..

Si le , il participe à une manifestation de défense de la République contre les conditions du retour du général de Gaulle, il fait partie des hommes de la quatrième République reçus par De Gaulle, lequel finit par le convaincre de le soutenir le . Après avoir refusé un poste ministériel, il est battu aux législatives, ce qui entraîne la fin de sa vie politique nationale.

Ramadier était franc-maçonEncyclopédie de la franc-maçonnerie (sous la direction d'Eric Saunier)., initié le à la loge Parfaite Union de Rodez et vénérable de la Nouvelle Cordialité à Villefranche-de-RouergueHistoire de la franc-maçonnerie en France - J.A Faucher A. Ricker - 1967.

À ce titre, il avait été démissionné d'office de son mandat de conseiller général du canton de Decazeville. en 1941. Il fut réélu à ce mandat en 1945, et le conserva jusqu'à sa mort en 1961. Son épouse est décédée le à l'âge de .

Citation

Évocation Paul Ramadier est évoqué dans le des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.

Détail des mandats et des fonctions Au gouvernement - : sous-secrétaire d'État aux Mines, à l'Électricité et aux Combustibles liquides (gouvernement Blum I) - : sous-secrétaire d'État aux Travaux publics (gouvernement Chautemps III) - : ministre du Travail (gouvernement Chautemps IV) - : ministre du Travail (gouvernement Daladier III) - : ministre du Ravitaillement (gouvernement de Gaulle I) - : garde des Sceaux, ministre de la Justice (gouvernement Blum III) - : président du Conseil (gouvernement Ramadier I et gouvernement Ramadier II) - : ministre d'État (gouvernement Marie) - : ministre de la Défense nationale (gouvernement Queuille I) - : ministre des Affaires économiques et financières (gouvernement Mollet)

Au Parlement - : député de l'Aveyron - : député de l'Aveyron - : député de l'Aveyron - : député de l'Aveyron - : député de l'Aveyron - : député de l'Aveyron - : député de l'Aveyron

Au niveau local - : maire de Decazeville - : maire de Decazeville 1928 - 1941 : conseiller général du canton de Decazeville 1944 - : conseiller général du canton de Decazeville

Au niveau international 1948-1961 : représentant du gouvernement français au Bureau international du travail

Notes et références

Voir aussi

Sources primaires .

Bibliographie . . .

Articles connexes Gouvernement Ramadier I - Gouvernement Ramadier II Gouvernement provisoire de la République française - Gouvernement de Gaulle I - Gouvernement Blum III Plan Langevin-Wallon

Liens externes

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