Saint-Valery-sur-SommeComme la prononciation l'indique, le nom de la commune ne porte pas d'accent aigu sur le « e ». (Prononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API.) est une commune française située dans le département de la Somme et dans la région des Hauts-de-France.

Elle fait partie du parc naturel régional Baie de Somme - Picardie maritime depuis 2020. La commune fait aussi partie des villages labellisés Pays d'art et d'histoire qui œuvrent à mettre en avant leur patrimoine..

Saint-Valery-sur-Somme est l'un des trois ports de la baie de Somme, avec Le Crotoy et Le Hourdel (commune de Cayeux-sur-Mer).

Géographie Localisation Saint-Valery-sur-Somme est un bourg picard du Vimeu.

À vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune., la localité est située à au sud de Rue, au nord-ouest d'Abbeville et à au nord-ouest d'Amiens.

Géomorphologie et relief Saint-Valery est située sur un promontoire qui domine l'estuaire de la Somme. Il se trouvait vraisemblablement au Moyen Âge à l'extrémité de chenaux traversables à gué depuis Le Crotoy.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par l'Avalasse, le Contre-fossé Rg canal Maritime d'Abbeville à Saint-Valéry-sur-Somme, l'Amboise et le ruisseau de Drancourt.

Le canal de la Somme, construit entre 1770 et 1827, et mis au gabarit Freycinet en 1880, est long . Il débute à Saint-Simon où il touche au canal de Saint-Quentin et débouche dans la baie de Somme.

Le contre-fossé du canal maritime d'Abbeville à Saint-Valéry-sur-Somme, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Abbeville et se jette dans la baie de Somme sur la commune, après avoir traversé .

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Somme aval et Cours d'eau côtiers ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Somme canalisée. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte d'aménagement hydraulique du bassin versant de la Somme (AMEVA).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Cayeux-sur-Mer à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communication et transports Voies ferrées : ancien chemin de fer économique le chemin de fer de la baie de Somme relie Saint-Valery à Noyelles-sur-Mer et Saint-Valery à Cayeux-sur-Mer et fut exploitée régulièrement de 1858 à 1972. Aujourd'hui, c'est une navette d'autocars qui effectue ce service, assurant des correspondances avec certains Intercités Paris – Boulogne ainsi qu'avec les trains de Transport express régional (TER). La ligne fut reprise partiellement par l'association CFBS à partir de 1971 puis complètement dès 1973 à des fins touristiques. Ce chemin de fer permet aujourd'hui de relier Cayeux-sur-Mer / Saint-Valery / Le Crotoy en passant par la gare de Noyelles-sur-Mer, assurant également, l'été, une correspondance avec le train de Paris.

La ville de Saint-Valery dispose de trois gares ou arrêts sur la ligne : Saint-Valery-Ville, Saint-Valery-Port et Saint-Valery-Canal.

Le dépôt et atelier du matériel est installé à la gare de Saint-Valery-Canal. Saint-Valery-Port dispose d'une plaque tournante.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Valery-sur-Somme est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Valery-sur-SommeUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (73,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (74,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (45,9 %), prairies (24,2 %), zones urbanisées (14,3 %), zones humides côtières (8,1 %), forêts (4,1 %), zones agricoles hétérogènes (3,1 %), zones humides intérieures (0,3 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Habitat L'agglomération de Saint-Valery est composée de trois entités : la ville haute, la ville basse appelée la Ferté où se trouve le port, et le quartier de l'abbaye en prolongement de la vieille ville. La vieille ville ou ville haute a gardé en partie son aspect médiéval avec ses rues étroites, deux portes fortifiées, les remparts et l'église Saint-Martin. Constitué de maisons étroites qui descendent vers le port, le quartier des marins de Saint-Valery s'appelle le « Courtgain ». La ville basse s'est développé le long du port et du canal de la Somme. Le hameau de Ribeauville limitrophe de la commune d'Estrébœuf, constitue une extension de la commune valéricaine.

À l'instar du Crotoy, la ville a instauré le stationnement payant sur tout son territoire. Les procès-verbaux dressés par la police municipale ne sont pas sans incidence sur les activités commerciales, artisanales et de restaurationLe Courrier picard, édition d'Abbeville, octobre 2013..

Le creusement du canal de la Somme au et la construction du chemin de fer de Noyelles à Saint-Valery ont accentué l'ensablement de la baie. Malgré l'envasement de la baie de Somme et le déclin des ressources halieutiques, le bourg garde un attrait touristique certain. alt=Le port de Saint Valery sur Somme. Quai Lejoille|vignette|Le port de Saint Valery sur Somme. Quai Lejoille vu de la digue nord.

Voies de communication et transports Voies routières Voies routières : la localité est desservie par les lignes d'autocars du réseau Trans'80, Hauts-de-France, chaque jour de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés.. vignette|Locomotive 130T Haine-St-Pierre du Chemin de fer de la baie de Somme.

Toponymie Primitivement appelé Leuconaus, la ville prit le nom de saint Valery au . Saint-Valery s'écrit Saint-Wary en picard. Le nom est sans rapport avec le latin Valerius dont sont issus et . Il procède du nom germanique Walaric, ce qui explique le e muet. On retrouve le même phénomène dans la commune de Saint-Valery-en-Caux (Seine-Maritime).

Le toponyme Saint-Valery se référe à Valery de Leuconay.

Durant la Révolution, la commune porta les noms de La Montagne-sur-Somme et de Port-Somme.

Histoire Préhistoire Le promontoire sur lequel est construite la ville de Saint-Valery, a probablement abrité un oppidum gaulois voire préhistorique.

Antiquité Il est possible que les Romains aient fondé une agglomération dans l'anse abritée par le cap Hornu. On a retrouvé à Saint-Valery, des monnaies romaines et quelques monnaies grecques.

Moyen Âge vignette| Selon l'hagiographie du diocèse d'Amiens, le roi aurait octroyé l'ancien domaine gallo-romain de Leucone au saint éponyme, Valery (né en Auvergne vers 565, mort le au cap Hornu). Leucone resta un lieu de pèlerinage jusqu'au .

Hugues Capet, en 981, passa le gué de Blanquetaque pour s'emparer des reliques de Valery de Leuconay. La ville médiévale s'est constituée vers cette époque autour du sanctuaire de Saint-Valery. Sa position géographique, sur la route de Rouen à Boulogne, ainsi que la possibilité de passer l'estuaire à gué à certaines heures, en firent un lieu de transit important.

Un épisode de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant s'est tenu à Saint-Valery-sur-Somme : après son départ de Normandie, des vents et des conditions météorologiques défavorables ont contraint l'armée normande à se réfugier dans la baie de Saint-Valery en attendant le moment propice pour réembarquer, ce qui aura lieu fin ... Saint-Valery pouvait être approvisionnée en bois par l'ancienne forêt de Crécy, bien plus étendue qu'aujourd'hui.

Saint-Valery et le Vimeu rendaient l'hommage féodal au comte de Ponthieu. Vers 1210 Aénor/Aliénor (1192-1250), dame de Saint-Valery, fille de Thomas de St-Valery et d'Adèle de Ponthieu, épousa Robert III de Dreux : St-Valery est désormais aux mains des comtes de Dreux jusqu'à Jeanne II de Dreux, femme de Louis de Thouars en 1330.

En 1358-1359, le connétable Robert de Fiennes, lieutenant du roi en Picardie, et le comte de Saint-Pol, , firent le siège de la ville tombée en 1356 aux mains des partisans du roi de Navarre et comte d'Evreux, Charles le Mauvais (dont la grand-mère maternelle, Marguerite de Bourgogne, était par sa propre grand-mère Yolande une arrière-petite-fille d'Aénor de St-Valey et Robert III de Dreux) ; les Navarrais dominent alors le pays entre Dieppe et Abbeville.