Le pont de Caronte est un pont ferroviaire situé dans la commune de Martigues (Bouches-du-Rhône). Il permet à la ligne Miramas - L'Estaque, à double voie, de franchir le canal de Caronte qui relie l'étang de Berre à la mer Méditerranée.
Caractéristiques Le pont de Caronte est un pont-treillis en acier monté sur piles en maçonnerie. Sa longueur est de . Il comporte douze travées réparties comme suit : huit de , deux centrales de et deux de .
Les deux travées centrales sont constituées d'un bloc-treillis de de long capable de pivoter sur la pile médiane, de manière à libérer le passage pour des navires dont le tirant d'air dépasse . La hauteur libre sous poutre est en fait de .
Les huit travées de , solidaires deux par deux, sont constituées de quatre poutres, une sous chaque file de rails. Elles pèsent par mètre. L’ossature des travées de est identique, mais leur poids n'est que de par mètre. Les poutres trapézoïdales de la partie tournante sont hautes de au droit de la pile et de à leurs extrémités. Le poids de cette travée était à l'origine de , dont 400 pour les mécanismesMarcel Prade, Ponts et viaducs au : techniques nouvelles et grandes réalisations françaises, Poitiers, éd. Brissaud, 1988..
L'ouverture demande . Elle est obtenue par l'action de quatre pignons, engrenant une crémaillère circulaire, mus par un même arbre et reliés entre eux par des différentiels. Des dispositifs spéciaux assurent le calage et le verrouillage. Deux moteurs à essence de commandent les mécanismes de rotation et de calage. Celui-ci fait, un moteur à air comprimé effectue l'éclissage des rails. La commande des manœuvres, à partir d'un poste installé dans le tablier, au-dessus de la pile, est engagée avec celle des signaux protégeant le pont. thumb|Viaduc de Caronte vue depuis la berge du chenal
Histoire La construction de l'ouvrage commence en 1908 et s'achève en 1915http://lavoix.cote.bleue.free.fr/lesexpositions/label-patrimoine.pdf. En , il fut dynamité par l'armée allemande. Il fut rendu à la circulation fin 1946, avec une travée levante provisoire, puis reconstruit en 1954 par la même entreprise qui l'avait originellement construit, la société Schneider et (ateliers du Petit Creusot à Chalon-sur-SaôneRené Nonin, « Le Petit Creusot », Images de Saône-et-Loire, , hiver 1990-1991, .), avec pose d'une travée tournante, comme avant la destruction.
Un documentaire suivant pas à pas cette reconstruction a été tourné par André Périé, pour la Section centrale cinématographique de la SNCF.. Dans ce documentaire, on apprend entre autres que le premier pont pivotait sur « une lentille en bronze de 83 cm » et que la reconstruction a été effectuée en plusieurs phases : d'abord avec un pont provisoire à travée levante de type Krupp (prise de guerre) avant que le pont tournant ne soit complètement reconstruit. Un premier documentaire avait également été tourné pour l'établissement de la travée levante provisoire..
Ce pont a obtenu le label « Patrimoine du XXe siècle » en 2000.
Le pont de Caronte au cinéma À la fin du film Toni, de Jean Renoir (1935), qui se déroule à Martigues, Toni est abattu à l'entrée du pont de Caronte.. Dans Dieu vomit les tièdes, film de Robert Guédiguian (1991), Cochise, Frisé et leurs amis se réunissaient dans la pile centrale du pont tournant.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Gabriel Canat de Chizy, « La ligne de Miramas à l'Estaque. Le viaduc de Caronte », Annales des ponts et chaussées, , janvier-, , première partie : Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, Gallica : Lire en ligne
Articles connexes Canal de Caronte Étang de Caronte Viaduc de Martigues
Liens externes Pont de Caronte sur Structurae Documentaire d'André Périé sur la reconstruction de 1954
Catégorie:Pont ferroviaire dans les Bouches-du-Rhône Catégorie:Pont en treillis en France Catégorie:Pont tournant en France Catégorie:Pont franchissant un canal Pont de Caronte Catégorie:Ligne de la Côte Bleue Catégorie:Pont franchissant un cours d'eau en France