Curitiba est une grande ville du Brésil et la capitale de l'État du Paraná. En 2017, la ville a et sa région métropolitaine compte .

D'après le magazine Forbes en 2009., Curitiba est la troisième ville la plus intelligente du monde. Ce classement considère que la ville intelligente est celle qui se soucie, conjointement, de l'écologie, du développement durable, de la qualité de vie, de mettre à disposition des infrastructures performantes et d'avoir une économie dynamique. La cité est un exemple de planification du développement urbain, avec notamment l'invention du métro de surface. Elle est appelée (« Cité-modèle de l'Amérique latine »). Cette réussite est néanmoins plus nuancée en 2014..

Considérée comme une ville mondiale par le Globalization and World Cities Research Network (GaWC) dans la catégorie « Suffisance » (la plus basse de toutes), elle a été nommée l'une des « villes créatives » du Brésil par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en 2014, aux côtés de Florianópolis. Curitiba est la capitale la plus développée du pays, selon l'indice de développement municipal FIRJAN (2025), et affiche le deuxième taux d'alphabétisation et d'assainissement de base le plus élevé parmi les capitales, derrière São Paulo. Selon l'Atlas de la violence 2024, publié par l'Institut de recherche économique appliquée (Ipea) et le Forum brésilien de sécurité publique (FBSP), elle est la huitième capitale la plus sûre du Brésil. Avec un PIB de plus de 98 milliards de reais, elle est la sixième ville la plus riche du pays. Curitiba a été classée par l'Indice des villes vertes 2015, réalisé par Siemens en collaboration avec l'Economist Intelligence Unit, comme la ville la plus durable sur le plan environnemental d'Amérique latine.

Subdivisions

La ville de Curitiba est divisé en au total, regroupés en dix régions administratives.

Les dix régions administratives et ses quartiers

La région de Bairro novo : Les quartiers de Bairro novo, Sítio cercado, Ganchinho, Umbará.

La région de Pinheirinho : Les quartiers de Pinheirinho, Capão raso, Novo mundo, Fanny, Lindóia.

La région de Fazendinha/Portão : Les quartiers de Fazendinha, Portão, Água verde, Santa Quitéria, Vila Izabel, Parolin, Guaíra, Seminário.

La région de Boqueirão : Les quartiers de Boqueirão, Hauer, Xaxim, Alto boqueirão.

La région de Tatuquara : Les quartiers de Tatuquara, Campo de santana, Caximba.

La région de Cidade Industrial : Les quartiers de CIC-Cidade Industrial de Curitiba.(ville industrielle de Curitiba), Riviera, São miguel, Augusta.

La région de Cajuru : Les quartiers de Cajuru, Uberaba, Jardim das Américas, Guabirotuba, Capão da imbuia.

La région de Boa vista : Les quartiers de Boa vista, Bacacheri, Bairro Alto, Tarumã, Santa Cândida, Tingui, Atuba, Cachoeira, Bairro novo, Barreirinha, Abranches, Taboão, Pilarzinho, São lourenço.

La région de Matriz : Les quartiers de Matriz, Centro cívico, Bigorrilho, Mercês, São francisco, Bom retiro, Ahú, Cabral, Juvevê, Hugo lange, Jardim social, Alto da XV, Alto da glória, Cristo rei, Jardim Botânico, Prado velho, Rebouças

La région de Santa Felicidade : Les quartiers de Santa felicidade, Campina do Siqueira, Campo comprido, Mossunguê, Orleans, São brás, Santo Inácio, Cascatinha, Vista alegre, São joão, Butiatuvinha, Lamenha pequena.

Géographie Elle est située à d'altitude, sur le piémont de la Serra do Mar, à une centaine de kilomètres du port de Paranaguá. Sa position géographique est de 25,42° Sud, et 49,29° Ouest. Curitiba se trouve sur les rives du rio Iguaçu, dans son cours supérieur.

Climat thumb|left|Curitiba est la capitale d'État la plus froide du Brésil avec une moyenne annuelle de . Le climat de Curitiba est océanique et très influencé par l'altitude et la proximité de la mer. Selon la classification de Köppen, il est classé Cfb, humide, sans saison sèche, avec un été tempéré. La ville est la capitale la plus froide du Brésil. L'altitude donne à Curitiba des caractéristiques spécifiques, comme un hiver doux, comparable aux hivers de villes de plus hautes latitudes telles que Casablanca mais présentant des gelées occasionnelles. La proximité de la mer (à ) exerce une grande influence sur le climat de Curitiba et elle permet de protéger la ville des grandes vagues de froid (qui viennent de l'Argentine et de l'Antarctique) et de modérer les jours de canicule. thumb|left|Gel dans le Jardin botanique de Curitiba. La température varie sensiblement selon le moment de la journée. Certains jours l'amplitude thermique atteint , et peut venir accompagné de soleil, de pluie ou de brouillard la nuit. La température moyenne est de , juillet étant le mois le plus froid, et février le plus chaud. Selon le Simepar , pendant l'été les températures minimales et maximales moyennes sont respectivement de et . En hiver, les moyennes sont de et , et en moyenne par an ont des températures au-dessous de . La possibilité de neige existe, étant observée tous les , en moyenne.

Voies de communication Aéroport Aéroport international de Curitiba, Afonso-Pena, situé à de la ville. vignette|300px|Aéroport international de Curitiba.

Réseau autoroutier L’autoroute BR 116 coupe Curitiba en deux.

Pistes cyclables Elles sont rares dans la ville et en mauvais état, avec, en 2014, un total de .

Histoire

Ville coloniale

thumb|left|upright|Cathédrale de Curitiba (place Tiradentes).

La ville de Curitiba est surnommée au Brésil la Cidade de Vidro, la « ville de verre », à cause d'une architecture où les matériaux modernes prédominent.

La ville a été fondée en 1654. Elle a été élevée au rang de municipalité () le (date retenue par la ville pour la fondation), sous le nom de Vila de Nossa Senhora da Luz dos Pinhais (Ville de Notre-Dame de la Lumière des Pins). Son nom actuel a été choisi en 1721, lors de la visite de Raphael Pires Pardinho, un officiel de l'administration coloniale. Il vient du mot Tupi Coré Etuba, qui signifie « beaucoup de pins », en référence aux très nombreux pins des collines alentour.

La tradition de croissance équilibrée de Curitiba remonte à cette époque : Pardinho ordonna que les arbres ne seraient abattus que sous certaines conditions, afin de préserver cette ressource.

Il édicta aussi les premières règles d'urbanisme : les maisons ne peuvent être construites sans permis du conseil municipal ; des rues larges seront tracées (voir plan hippodamien).

La ville subsiste, à cette époque, de l'exploitation du bois, de la construction de résidences d'hiver, et du commerce. Elle est cependant très pauvre, jusqu'à l'arrivée du commerce de bétail, après 1812. Placée sur le trajet des troupeaux des zones d'élevage vers São Paulo, elle bénéficie de la construction d'entrepôts et de boutiques.

Elle devient capitale de l'État du Paraná en 1854. La ville s'administre seule à partir de ce moment.

L'émancipation et le décollage thumb|left|Ancien siège de la mairie de Curitiba, place Generoso Marques.

À partir de 1870, des immigrants non portugais commencent à arriver, notamment des Allemands, des Polonais et des Italiens, avec également des Français, Japonais, Anglais et Suisses en moindre nombre.

Curitiba s'enorgueillit d'avoir conservé un élément de chaque population immigrée, et donc d'avoir su capitaliser sur sa diversité : les Portugais et les Espagnols, métissés avec les Indiens, forment la base de la population ; avec l'émancipation de la ville (1854), et les encouragements du gouvernement brésilien à l'immigration, la ville attira d'autres migrants, dont de nombreux Brésiliens des autres provinces ; les Allemands commencent à arriver en nombre en 1872 ; ils s'installent dans le noyau urbain, et commencent l'industrialisation de la ville (sidérurgie, imprimeries), développent le commerce ; l'introduction de l'esprit civique et de la responsabilité sociale leur est attribuée ; les Polonais, dont l'arrivée commence en 1871, fondent des colonies agricoles autour de la ville ; les Italiens arrivent en 1872 et fondent la colonie de Santa Felicidade dès 1878. Selon leur origine, ils fournissent des ouvriers ou des commerçants (nord de l'Italie) ou des agriculteurs (Sud) ; ils introduisent de nouvelles techniques de culture, et forment la majorité des maraîchers (avec les Polonais) ; les Ukrainiens arrivent en 1895 ; la première présence de Japonais est relevée en 1915, avec l'arrivée du Mizumo Ryu (un bateau) ; après 1924, ils arrivent en groupes plus nombreux ; les Syro-Libanais se sont établis dans le commerce de vêtements et la vente au porte-à-porte.

Toutefois, la diversité ne va pas sans préjugés. Ainsi, le , la « guerre du peigne » éclate quand un commerçant d'origine moyen-orientale refuse de donner une facture à un policier qui venait de lui acheter un peigne. L'incident dégénère en émeutes pendant lesquelles 120 magasins arabes sont pillésLamia Oualalou, « Heureux comme un Arabe en Amérique latine », Manière de Voir, 194, avril-mai 2024, « Immigration », 62..

La première université fédérale du Brésil y est construite en 1913, année de l'électrification du réseau de trolleybus. La ville possède également deux écoles de langue étrangère: une anglaise et une allemande

Planification urbaine

Curitiba est l'exemple même de l'excellence dans la planification urbaine, par l'anticipation sur plusieurs décennies, l'adaptation et l'amélioration progressive du modèle choisi, la ténacité avec laquelle il a été conduit pendant une longue période, et surtout par les résultats obtenus.

La situation dans les années 1950 et 1960

À la fin des années 1950, Curitiba était une ville très agréable à vivre. Cependant sa croissance inquiétait certains de ses habitants, qui craignaient qu'elle ne remette en cause son caractère. En effet, plusieurs villes du Brésil connaissaient à cette époque une croissance rapide, soit mal maîtrisée (Rio de Janeiro, São Paulo), soit hypermoderne (Brasilia), toutes choses que les habitants de Curitiba souhaitaient éviter. La croissance de la population de Curitiba, alimentée par l'exode rural, fut de 5,7 % par an des années 1950 aux années 1980.

En 1964, la population atteignait le chiffre de . Devant cette situation, le maire Ivo Arzua demanda des propositions englobant l'action sociale, l'offre de services sanitaires, l'offre de logements et bien sûr, les déplacements. L'architecte Jaime Lerner, issu de l'université de la ville, fit une proposition qui visait tout à la fois : à éviter les friches urbaines ; à préserver le secteur historique ; à contrôler le trafic dans le centre (downtown) ; à offrir un système de transport abordable et efficace.

Le Curitiba Master Plan Une longue maturation thumb|upright=3.8|center|Vue panoramique de Curitiba.

Curitiba s'était dotée d'un Plan préliminaire d'urbanisme depuis les années 1940, dont l'un des aspects était de permettre les déplacements de ses habitants et de ceux des localités voisines dans toute la ville. Ce plan avait été dirigé par le Français Alfred Agache, cofondateur de l'association française pour les études d'urbanisme. L'IPPUC (Institut de recherche et de planification urbaine de Curitiba) était chargé de la conception et d'une partie du suivi de l'application de ce plan. Il prévoyait la mise en place de services publics, la diminution des embouteillages, la création de plusieurs centres secondaires. Il comprenait la création de larges voies de communication, une distance de cinq mètres entre la voie de circulation et les premières constructions, une zone industrielle, un centre administratif. Il n'a pas été totalement mis en œuvre à cause de la situation économique de la Seconde Guerre mondiale, mais le plan définitif adopté dans les années 1960 en est l'héritier évident. C’est également de cette époque que datent quelques règles d'urbanisme, plusieurs voies très larges, la zone industrielle de la gare, le centre administratif, le centre polytechnique et le marché municipal.