Decimus Laberius (circa 105 av. J.-C., 43 av. J.-C.), est un poète latin, membre de l'ordre équestre, auteur de mimes.
Biographie Sa date de naissance n'est pas précisément connue, les historiens déduisent de son exclamation rapportée par Macrobe (« après avoir vécu deux fois trente ans »), lors de jeux donnés 46 av. J.-C., qu'il serait né vers 106 av. J.-C. ou 105 av. J.-C..
Decimus Laberius était doué d'un grand esprit sarcastique. Il fut un de ceux qui introduisirent le mime dans la littérature latine, genre succédant aux atellanes avec des textes plus écrits et des personnages plus variés, mais le même goût pour les plaisanteries salées. Ses pièces sont toutes perdues, nous n'en connaissons que des titres : Les foulons, Les fileuses, Le cordier, Le marchand de sel, Le teinturier, Le pêcheur, La courtisane, L'augure, mettant en scène des personnages des métiers populaires et familiers de son époqueAlbert Paul, Histoire de la littérature romaine, Delagrave, 1871, livre troisième, § II.. Il ne subsiste de Laberius que quelques citations (environ 150 vers) rapportées notamment par MacrobeMacrobe, Saturnales, livre II, 7..
Laberius, républicain opposé à la dictature de Jules César, est resté célèbre pour l'anecdote suivante : lors des fêtes que César donna en 46 av. J.-C., ce dernier l'invita à monter sur scène et à jouer les mimes qu'il avait composés dans une joute publique avec Publilius Syrus, joute qu'il perditWerner A. Krenkel, Caesar und der Mimus des Laberius (coll. « Berichte aus den Sitzungen der Joachim-Jungius-Gesellschaft der Wissenschaften e.V., Hamburg, 12,1 »), Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1994 ; Jean-Christian Dumont, « Quel théâtre et pour qui ? », Pallas, 71, 2006, pp. 87-88 (En ligne).. Il y fit un prologue où il déplorait de devoir se transformer en comédien malgré ses soixante ans et son statut de chevalier, vers que nous a conservés Macrobe :
Il avait inséré des allusions contre César dans sa pièce, lancées tandis qu'il figurait un syrien battu de verges :
et
S'il décerna la palme du vainqueur à SyrusAulu-Gelle, Nuits attiques, livre XVII, 14., César accorda une compensation à Laberius : un anneau d'or, signe distinctif des chevaliers, ce qui le réintégrait au rang qu'il avait perdu en jouant sur scène, et cinq cent mille sesterces. Laberius regagna alors les rangs réservés aux chevaliers dans les gradins du théâtre. Passant près de Cicéron, celui-ci lui lança , allusion au nombre excessif de sénateurs créés par César, à quoi Laberius rétorqua sarcastiquement , allusion au balancement politique de Cicéron de Pompée à CésarMacrobe, Saturnales, livre II, 3..
Notes et références
Bibliographie Francesco Giancotti, Mimo e Gnome. Studio su Decimo Laberio e Publilio Siro (Biblioteca di Cultura Contemporanea, XCVIII), 1967, 478 p. notes de lecture de Viarre Simone : Decimus Laberius: The Fragments, ed. by Costas Panayotakis (« Cambridge Classical Texts and Commentaries, 46 »), Cambridge University Press, 2010, 542 p. Liens externes
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