Prototaxites est un genre fossile découvert en 1859. Ces organismes, ayant poussé au Silurien et au Dévonien, entre 420 et d'années, ne sauraient être classés parmi les végétaux, les animaux, les champignons ni les lichens, ouvrant la voie a un nouveau genre d'Eucaryotes multicellulaires peut-être symbiotiques. Le plus grand spécimen connu devait mesurer de long pour de diamètre.
Historique En 1843, Sir William Edmond Logan fit la découverte d'un fossile, un « tronc » long de plus de et large de , dans des couches datant du Dévonien à Seal Cove dans la région de la Gaspésie au Québec. Il ramena le fossile à Montréal. Quatorze ans plus tard, John William Dawson s'intéressa à ce fossile et il l'interpréta en 1859 comme le bois d'un conifère en partie décomposé par des champignons. Le nom Prototaxites signifie « premier if » dans le sens de « premier conifère » car les fossiles de Prototaxites ressemblent à première vue à des morceaux de bois pétrifiés et peuvent présenter des cercles concentriques qui rappellent des cernes de croissance. Quoi qu'il en soit, par rapport aux autres organismes connus de cette période, il s'agit de fossiles « géants », les plus grands de leur tempsJohn William Dawson, The Geological History of Plants, Library of Alexandria 2016, .. vignette|Apex ramifié de P. loganii, "Schunnemunk tree" Taxinomie Plusieurs hypothèses taxinomiques ont été proposées : algue, champignon, lichen ou encore une autre forme de vie éteinte. En 1872, l'interprétation de Dawson est mise en doute par William Carruthers qui, ayant étudié l'anatomie de Prototaxites au microscope, découvrit qu'il ne possédait pas de cellules végétales semblables à celles des plantes terrestres mais des « filaments » tubulaires proches du mycélium des mycètes. Carruthers compare ce taxon aux champignons, aux lichens et aux algues, pour conclure qu'étant donné son âge et sa taille, il doit s'agir d'une algue qu'il renomme Nematophycus : « algue à tubes ».
En 1919, Arthur Herbert Church suggère qu'étant donné la taille que peuvent atteindre les mycéliums de certains champignons actuels, il est tout à fait possible que Prototaxites soit un champignon pouvant atteindre un mètre de circonférence à la base et s'élevant verticalement jusqu'à huit mètres de haut University of Chicago, EurekaAlert!, Prehistoric mystery organism verified as giant fungus. Retrieved 2007-04-24.. Cette remarque n'est pas prise en compte et, bien qu'il y ait un grand nombre de preuves que Prototaxites soit un organisme terrestre A. C. Seward, , Cambridge University Press 2010, ., il reste classé parmi les algues.
En 2001, Francis Hueber, du National Museum of Natural History de Washington relance l'hypothèse de Church en s'appuyant sur une étude anatomique détaillée et sur de nouveaux spécimens provenant du Canada, d'Arabie saoudite et d'Australie. Il interprète Prototaxites comme le sporophore pérenne d'un champignon F.M. Hueber, Rotted wood-alga-fungus : the history and life of Prototaxites Dawson 1859, Review of Palaeobotany and Palynology 116 (2001) 123-158. et propose une reconstruction de forme assez proche de l'actuel Mutinus caninus, mais beaucoup plus grande Reconstruction, sur newscientist.com, qui pose deux questions : celle de la solidité d'une telle structure verticale, et celle de sa nutrition à une époque où il y avait encore peu de végétation terrestre, peu de sol et donc peu de nutriments disponibles. Or, un champignon hétérotrophe d'une telle taille aurait besoin d'une grande quantité de matière organique pour se nourrir. De plus, on ne connaît pas de spores de Prototaxites.
En 2002, Marc-André Selosse, professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, émet l'hypothèse que Prototaxites était une sorte de lichen M.-A. Selosse, 2002. Prototaxites, a giant devonian fungus ? Mycological Research 106 : 642-644.: l'association d'algues et d'un champignon. Cela expliquerait la nutrition de Prototaxites : matière organique et photosynthèse. De plus, certains lichens peuvent avoir une reproduction uniquement végétative ce qui expliquerait l'absence de spores. Ce scénario réconcilie les traits ultrastructuraux fongiques à une nutrition algaire dont témoignent les données paléobiochimiques ou isotopiques.
À partir de 2007, l'analyse isotopique (rapport des isotopes 12 et 13 du carbone) des tissus fossilisés confirme l'hétérotrophie de la structure fongique et l'autotrophie algaire, qui peuvent expliquer l'extinction des Prototaxites au Dévonien : l'apparition des plantes photosynthétiques de grande taille a pu être fatale à un grand lichen à croissance végétative et lente.
En 2010, une nouvelle explication est proposée par de la Société américaine de botanique et son équipe. Prototaxites a pu former de grandes surfaces de mousses et de biofilms fongiques et bactériens poussant horizontalement sur le sol, ce qui expliquerait l'absence d'embranchements et de septums sur tous les fossiles connus. La stratification de biofilms aurait associé différents tissus : un bryophyte de la famille des Marchantiales en symbiose avec des cyanobactéries, ultérieurement colonisé par des champignons, et enfin enroulé sur lui-même par dessication avant d'être fossilisé par submersion et enfouissement dans la vase..
Images
Notes et références
Liens externes
Images and discussion of the classification of Prototaxites
Mystery prehistoric fossil verified as giant fungus Prehistoric mystery organism verified as giant fungus
† Catégorie:Biota incertae sedis fossile Catégorie:Taxon éteint du Dévonien Catégorie:Taxon éteint du Silurien Catégorie:Taxon fossile décrit en 1859