Les martyrs de la guerre d'Espagne sont des prêtres, des religieuses et des laïcs catholiques espagnols, exécutés par des républicains dans le contexte de la Terreur rouge qui se déroula durant la guerre d'Espagne (1936-1939). On compte environ et religieuses victimes de ces massacres.
À l'heure actuelle, l'Église catholique a reconnu l'assassinat de , dorénavant vénérés comme bienheureux.. Parmi eux, 11 ont été canonisés et sont donc vénérés comme saints. Plus de font actuellement l'objet d'une cause en béatification.
Antécédents La persécution religieuse est bien antérieure au début de la guerre d'Espagne.
Dès la proclamation de la Seconde République, les débordements font de nombreuses victimes parmi le clergé catholique, tandis que des couvents et des églises sont attaqués et brûlés..
Guerre civile thumb|left|300px|L'église et le couvent de Belchite, détruits pendant la guerre d'Espagne. Les prêtres et les religieuses sont en effet parmi les premières victimes des massacres. ayant eu lieu, au début de la guerre civile, dans les zones loyalistes et notamment en Catalogne, lors de la Terreur rougeArticle de La Croix : ..
Selon l'historien Benoît Pellistrandi, Henri Tincq, « Espagne : le pape et son lugubre cortège », Le Monde, .
thumb|300px|Miliciens républicains revêtus des vêtements cléricaux des prêtres qu'ils viennent d'exécuter.
D'après Antonio Montero, Historia de la persecución religiosa en España (1936-1939)., , , et ont été assassinés pendant cette périodePayne S. et Tusell J., .. Selon l'historien Guy HermetGuy Hermet dans Les collections de l'Histoire , avril-juin 2006, ., les victimes qui ne portent pas l'habit religieux sont plus nombreuses encore et .
Selon l'historien Bartolomé Bennassar, . Dès 1931, des centaines d'églises avaient été détruites. Pour cet universitaire, Article de La Croix du 25 octobre 2007. et impute une grande responsabilité aux anarchistes, particulièrement actifs en Aragon, Catalogne et à Valence. Cette affirmation est contredite par l'historien Benoît Pellistrandi selon lequel, .
Durant l'été 1936, de nombreux massacres ont lieu de part et d'autre. À Badajoz, le , jour de la fête religieuse de l'Assomption, les troupes franquistes massacrent entre et Lire aussi François Mauriac dans Le Figaro du et François Veuillot dans La Croix du . ; de à (prêtres, religieuses) ainsi que sont exécutés en zone républicaine, loin des zones de combat ou en dehors du cadre de représailles à des exactions du camp adverseD'après l'historien Guy Hermet dans Les collections de l'Histoire , avril-juin 2006, et . Le gouvernement légal ne condamne pas un seul instant ces crimes commis par ses propres partisans que ce soient par les milices syndicales ou par de simples meneurs pour lesquels le simple fait de porter la soutane vaut arrêt de mort.
Des actes d'une grande violence frapperont notamment les religieuses ou les jeunes filles des organisations catholiques tombées entre les mains des républicains. La conséquence immédiate sera le ralliement de nombreux centristes catholiques aux militaires insurgésGuy Hermet, ibid., ; et Bartolemé Bennassar cité dans le journal La Croix du , ibid..
En , l'archevêque de Salamanque est le premier hiérarque catholique à apporter son soutien aux rebelles nationalistesArticle de La Croix, entretien de B. Bennassar, ibid., 25 octobre 2007..
Les massacres de religieux sont dénoncés dès l'année 1940.
Reconnaissance officielle du Vatican
thumb|240px|Représentation du martyre de 23 religieuses.
Après la guerre civile, de nombreuses causes de béatification sont ouvertes dans les diocèses espagnols et plus particulièrement dans celui de Valence, où les massacres de catholiques ont été nombreux. Chaque cas est étudié individuellement par une commission spéciale qui est chargé de vérifier l'exemplarité de la vie des personnes proposées, mais également, dans le cas présent, les circonstances de leur mort.
En effet, pour qu'une personne soit déclarée martyr, c'est-à-dire « Témoin de la Foi », il faut prouver qu'elle a été tuée uniquement en haine de la foi, et non du fait de convictions politiques ou des hasards de la guerre. a ainsi précisé le que Homélie du 11 mars 2001, paragraphe 3..
Lors de onze célébrations, entre 1987 et 2001, reconnaît officiellement comme martyrs 471 victimes de la guerre civile, parmi lesquels on dénombre 4 évêques, 43 prêtres séculiers, 379 religieux et 45 laïcs Site de la Conférence épiscopale espagnole.. Ces actes de reconnaissance sont poursuivis par , quoique d'une manière moins solennelle puisque le pape n'assiste désormais plus aux cérémonies de béatification, ce qui porte désormais à le nombre de martyrs de la guerre d'Espagne reconnus comme tels par l'Église. Selon la Conférence épiscopale espagnole, catholiques ont été martyrisés au cours de la guerre civile.
Béatifications et canonisations des martyrs
Pontificat de Jean-Paul
: béatifie à Rome trois carmélites martyres de Guadalajara, martyrisées le Fiche sur les trois Carmélites martyres de Guadalajara.. : béatifie à Rome vingt-six religieux passionistes de Daimiel, martyrisés entre le et le Fiche sur les 26 martyrs d'Espagne (1936).. : béatifie à Rome huit frères des écoles chrétiennesVoir Innocent de l'Immaculée. ainsi que leur directeur spirituel, religieux passioniste, martyrisés à Turón en 1934 (canonisé le )Fiche sur les neuf martyrs d'Espagne de 1934., un autre frère des écoles chrétiennes, Jaime Hilario martyrisé à Tarragone le (également canonisé le )Fiche sur saint Jacques Hilaire Barbal Cosan. et une religieuse carmélite de la Compagnie de sainte Thérèse, Marie Mercedes Prat, martyrisée à Barcelone le Fiche sur la bienheureuse Marie Mercedes Prat.. : béatifie à Rome soixante-et-onze religieux de l'ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, martyrisés entre le et le à Tolède, Tarragone, Barcelone et MadridFiche sur les soixante-et-onze martyrs d'Espagne (Hospitaliers - 1936). et cinquante-et-un religieux clarétains de Barbastro martyrisés entre le et le Fiche sur les cinquante-et-un martyrs d'Espagne (Clarétains - 1936). dont le frère Jean-Jésus.. : béatifie à Rome Medina Olmos, évêque de GuadixFiche sur le bienheureux Emmanuel Medina Olmos., et sept frères des écoles chrétiennes martyrisés entre le et le à AlmeríaFiche sur les huit martyrs d'Espagne (1936)., ainsi qu'un prêtre, Pierre Poveda Castroverde, martyrisé le à Madrid (canonisé le )Fiche sur saint Pierre Poveda Castroverde. et une laïque, Victoria Díez, martyrisée le près de CordoueFiche sur la bienheureuse Victoria Díez.. : béatifie à Rome quarante-cinq martyrs, tués entre 1936 et 1939, parmi lesquels on trouve un évêque, vingt-cinq prêtres et religieux, dix-sept religieuses et un laïcFiche sur les 45 martyrs d'Espagne (1936-1939).. : béatifie à Rome Asensio Barroso, évêque de BarbastroFiche sur le bienheureux Florentin Asensio Barroso., et Zéphyrin Gimenez Malla, premier gitan à être béatifiéFiche sur le bienheureux Zéphyrin Gimenez Malla., martyrisés tous les deux le . : béatifie à Rome sept religieuses visitandines martyrisées le à MadridFiche sur les sept Visitandines martyres d'Espagne (1936). (sœur María Cecilia est morte le ), deux religieuses des Sœurs de la charité du Sacré-Cœur de Jésus, Fransisca Aldea y AraujoFiche sur la bienheureuse Françoise du Cœur de Jésus. et Rita Dolores Pujalte y SanchezFiche sur la bienheureuse Rita de la Vierge des douleurs et du Cœur de Jésus., fusillées le à Canillejas (aujourd'hui un district de Madrid), et une carmélite, Elvira Moragas CantareroFiche sur la bienheureuse Marie du Sanctuaire de Saint Louis de Gonzague., martyrisée le également à Madrid. : béatifie à Rome sept augustins récollets martyrisés entre et à MotrilFiche sur les huit martyrs de Motril (Grenade-Espagne - 1936)., et le curé de cette paroisse, l'abbé Manuel Martin Sierra, martyrisé le de la même annéeFiche sur le bienheureux Manuel Martin Sierra.. : béatifie à Rome deux cent trente-trois martyrs Liste sur le site du Vatican., tués entre 1936 et 1939, parmi lesquels on trouve un grand nombre de prêtres, de religieux et de religieuses mais aussi des laïcs, pour la plupart ayant appartenu à l'Action catholiqueFiche sur les 233 martyrs d'Espagne (1936-1939)..
Pontificat de
Le , béatifie à Rome, lors d'une cérémonie présidée par le cardinal Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, une religieuse de la Congrégation des zélatrices du culte eucharistique, Maria Ginard Marti, martyrisée le à Dehesa de la VillaFiche sur la bienheureuse Maria Ginard Marti., et sept prêtres du diocèse d'Urgell, fusillés le à Salàs de PallarsFiche sur les 7 martyrs d’Espagne (13.08.1936).. Le , béatifie à Rome 498 martyrs de la guerre d'Espagne parmi lesquels deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs. Il s'agit de la plus importante cérémonie de béatification de l'histoire« Le Vatican béatifie 498 Espagnols tués durant la Guerre civile », Le Monde, 28 octobre 2007. à laquelle ont assisté plus de trente mille fidèles et 71 évêques espagnols, soit la quasi-totalité de ceux-ci« Guerre civile espagnole : martyrs béatifiés », TSR, 28 octobre 2007.. Le pape rend hommage aux martyrs, .. Le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos et le rapporteur du projet de loi, le socialiste Jose Torres Mora, représentaient le gouvernement à la cérémonie. Sur la place Saint-Pierre, la célébration a été présidée par le représentant du pape, le cardinal portugais José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints. Le pape s'est ensuite adressé aux pèlerins de la fenêtre de son bureau, à l'occasion de la prière de l'angélus. Le , la Congrégation pour la cause des saints publie les décrets reconnaissant les martyrs de 154 catholiques tués par haine de leur foi en Espagne entre 1936 et 1939http://www.zenit.org/article-31276?l=french..
Pontificat du pape François
Le , le cardinal Angelo Amato, préfet de la congrégation pour les causes des saints, béatifie 522 nouveaux martyrs au cours d'une messe célébrée à Tarragone en Catalogne. Parmi eux figurent trois évêques, quatre-vingt-deux prêtres, trois séminaristes, quatre cent douze religieux et sept laïcs tués entre 1936 et 1939. ; Le , béatification célébrée par le cardinal Angelo Amato à Vitoria-Gasteiz, de Pedro Asúa Mendía (1890-1936), prêtre fusillé pour avoir exercer son ministère dans la clandestinité ; Le le cardinal Amato préside la béatification, à Gérone, de trois religieuses de l'Institut Saint-Joseph de Gérone, torturées et assassinées en 1936 : Fidela Oller, Josefa Monrabal et Facunda Margenat ; Le , béatification de Pio Heredia Zubía, religieux cistercien, et 17 autres cisterciens de l'abbaye d'Alfoz de Lloredo, tués en 1936. Cérémonie présidée par le cardinal Angelo Amato à Santander (Espagne) ; Le , le cardinal Amato béatifie à Barcelone Frederico Tarrés Puigpelat et 25 compagnons, prêtres et religieux franciscains en Catalogne, assassinés in odium fidei en 1936 ; , béatification de Valentín Palencia, prêtre et de quatre jeunes laïcs, fusillés en 1937. , béatification de José Benavides Almirez et de 114 autres prêtres, religieuses et laïcs du diocèse d'Almeria , béatification d'Antonio Arribas Hortigüela et 6 compagnons. , béatification de Mateu Casals et 108 compagnons. , béatification de Angel Cuartas Cristobal et 8 compagnons. , béatification de Mariano Mullerat i Soldevila. , béatification de Maria del Carmen Lacaba Andía et 13 compagnes. , béatification de Joan Roig i Diggle , béatification de Maria Colón Gullón Yturriaga et 2 compagnes. , béatification de Juan Elias Medina et 126 compagnons. , béatification de Francesco Cástor Sojo et trois compagnons. , béatification de Benedicto de Gramenet et 2 compagnons. , Cayetano Giménez Martín et 15 compagnons.