Spacebus est le nom donné à la famille de plates-formes pour satellites de télécommunications géostationnaires développée à partir des années 1980 par Aérospatiale, devenue ensuite Alcatel Space en 1998, puis Alcatel Alenia Space en 2005, puis Thales Alenia Space en 2007, dans le Centre spatial de Cannes - Mandelieu.

Historique Au début des années 1970, Aérospatiale s'allie avec la firme allemande Messerschmitt-Bölkow-Blohm (MBB) pour la réalisation de satellites, dont le programme franco-allemand SymphonieJean-Jacques Dechezelles, De Symphonie à Spacebus, Conférence AAAF, mars 2006, publiée sur archive-host.com..

À la suite d'un concours d'idées lancé au sein des deux firmes, c'est Guy LebègueVoir Guy Lebègue dans l'encyclopédie CASPWiki qui invente ce nom, par référence au programme aéronautique Airbus nommé ainsi par son ami Roger Béteille.

Un accord « Spacebus franco-allemand » est signé le Pierre Madon, « Satellites de télécommunications : demain les Spacebus - signature accord franco-allemand », dans Revue aerospatiale, , février 1984 entre Henri Martre, président-directeur général de Aérospatiale, et Hans Vogels, président de MBB. La marque Spacebus est déposée à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI). Le nom devient celui d'un produit qui va se vendre à des dizaines d'exemplaires, tous exportés, un gros apport de devises pour les pays des entreprises participantes, une référence pour leur balance commerciale compte tenu du prix d'un Spacebus qui est proche de celui d'un Airbus A320.

Un numéro d'ordre suit le nom, représentatif de la classe de poids des satellites : 1000, pour 1 000 kg, 2000 pour 2 000 kg, etc.

Le nom Spacebus est attribué également aux satellites en cours de réalisation lors du dépôt de la marque, bien que d'architecture différente (mais absolument pas aux satellites Symphonie qui sont déjà lancés depuis plusieurs années, et ne sont donc pas des plates-formes Spacebus) :

Spacebus 100 pour les satellites Arabsat de première génération. Spacebus 300 pour les satellites de télévision directe du programme franco-allemand TDF 1 et 2, TV-Sat 1 et 2, et du programme suédois .

Le premier lancement d'une plat-forme Spacebus a lieu le : c'est Arabsat-1A.

Architecture Un satellite est généralement composé de deux parties : la charge utile spécifique à la mission (télécommunication, observation de la Terre, navigation, mission scientifique, etc.) et la plate-forme (ou module de service) destinée à lui apporter toutes les fonctions nécessaires.

L'idée est de développer une plate-forme générique, permettant de s'adapter aux diverses missions futures et aux évolutions des capacités des lanceurs, pour en réduire les coûts de fabrication, bénéficiant, si possible, d'un effet de série. Et, effectivement, plus d'une soixantaine de Spacebus sont réalisés, depuis les Spacebus 100 des satellites Arabsat de la classe d'une tonne, en 1981, jusqu'aux Spacebus 4000 de plus de cinq tonnes des années 2000.

L'architecture de la plate-forme est basée sur : Une conception modulaire avec un module de charge utile en forme de U permettant une intégration en parallèle du module de service, par Aérospatiale, et des équipements de la charge utile, par un spécialiste de cette discipline, avant intégration finale et essais dans l'établissement de Cannes. Un tube central en matériaux composites à base d'une structure en nid d'abeille et de fibres de carbone, vraie colonne vertébrale du satellite, interface avec le lanceur, abritant les deux réservoirs d'ergols. à la plate-forme sont accrochés divers panneaux comportant tous les équipements de servitude. Viennent s'y accrocher également, en finale, trois panneaux supportant les équipements de la charge utile de communication, dont deux (en nid d'abeille à faces aluminium, pour laisser transiter les calories) vont jouer le rôle de radiateurs thermiques permettant de dissiper la chaleur vers le froid spatial, par rayonnement. Au début, les éléments structuraux sont produits dans l'établissement des Mureaux d'Aérospatiale. Après séparation de son activité Satellites, le Centre spatial de Cannes - Mandelieu se met à fabriquer des éléments en matériaux composites et, en particulier, la production de toutes les structures planes. Le tube central, nécessitant des outillages très spécialisés restant aux Mureaux, devenue EADS. Une deuxième source d'approvisionnement démarre chez SAAB en Suède. Un contrôle thermique faisant appel aux programmes de calculs et technologies les plus sophistiquées développées à Cannes depuis le programme Symphonie : radiateurs dissipatifs, super-isolations, réchauffeurs électriques, caloducs. Des générateurs solaires rigides, avec diverses combinaisons de panneaux, selon les puissances électriques requises. Une architecture électrique développée par ETCA en Belgique, avec des accumulateurs nickel-hydrogène au accumulateurs lithium-ion. Une propulsion chimique à base de biergols développée par MBB en Allemagne. La propulsion électrique est étudiée également, développée et introduite sur deux satellites : Stentor et Astra-1K, tous deux perdus lors d'échecs au lancement. Un système de contrôle d'attitude et d'orbite trois-axes développé initialement par MBB. Divers mécanismes pour les ouvertures des panneaux solaires et des antennes, développés et produits à Cannes.

Les versions L'évolution des plates-formes Spacebus suit celle des capacités des lanceurs de Ariane 1 jusqu'à Ariane 5. Mais il faut noter également que les Spacebus sont toujours conçus pour s'adapter à tous les lanceurs disponibles sur le marché commercial : non seulement les diverses versions d'Ariane, mais également les lanceurs Delta, Atlas, Soyouz, Proton, Longue Marche et même, exceptionnellement, pour un lancement par la navette spatiale Discovery pour l'un des modèles d'Arabsat lancé sur la mission STS-51-G.

Ces versions sont déclinées dans les rubriques suivantes. Les tableaux citent la « fin de mission », c'est-à-dire la fin d'utilisation opérationnelle ; après quoi, le satellite est souvent hors contrôle, peut-être légèrement désorbité (manœuvre fortement recommandée à l'« opérateur » du satellite), va dériver pour l'éternité, sa « fin de vie » ne voulant pas dire grand chose. Certains satellites changent d'opérateur, avant leur lancement, ou lors de leur vie orbitale. Ils peuvent même, dans ce cas, changer de position orbitale. Pour alléger cet article, la liste de tous les satellites figure dans un article séparé :

Spacebus 100 thumb|Le satellite Arabsat-1B lors de son lancement de la soute de la navette spatiale Discovery. C'est la première apparition de l'architecture définitive, en 1981, avec la réalisation des trois premiers satellites Arabsat pour les 22 pays de la Ligue arabe, avec une puissance électrique de . Un peu plus tard au cours du programme, le nom Spacebus 1000 est utilisé, pour comparaison avec les Spacebus 2000.

Lanceurs deux des satellites sont lancés par des lanceurs Ariane, en version Ariane 3 et Ariane 4 Arabsat-1B est lancé par la navette spatiale Discovery, durant la mission STS-51-G à laquelle participe Patrick Baudry. Il nécessite un étage supérieur supplémentaire pour transférer le satellite depuis l'orbite terrestre basse de la navette vers l'orbite de transfert géostationnaire : l'étage Payload Assist Module PAM-D.

Spacebus 300 Comme mentionné dans l'historique, ce nom est attribué aux 5 satellites de télévision directe, avec une puissance électrique de , d'un programme franco-allemand : 20px TDF 1 et 2, pour les satellites français, le client est TéléDiffusion de France. 20px TV-Sat 1 et 2, pour les satellites allemands, le client est la Deutsche Bundespost. 20px et du suédois pour le client Swedish Space Corporation (SSC).

Lanceurs

Ils sont tous lancés par des lanceurs Ariane : Ariane 2, lancement simple. Ariane 4, en lancement double.

: lancement de TDF 1, premier satellite européen de télévision directe.

Spacebus 2000 thumb|Le satellite Hot Bird-1, une plate-forme Spacebus 2000. L'architecture évolue avec la disponibilité de nouvelles versions du lanceur Ariane 4. La puissance électrique est de .

Les clients se diversifient. Apparaissent : 20px Eutelsat, il devient le premier client de la famille Spacebus, commandant 6 satellites. 20px Nahuelsat Shirley Compard, (trad. Robert J. Amral), « L'Argentine entre dans le club », dans Revue aerospatiale, , mars 1997, compagnie argentine, dont la société SES S.A. devient actionnaire. Aérospatiale livre également le centre de contrôle du satellite implantée à Benavidez (Argentine). 20px Türk Telekom, et sa série des Türksat, premières plates-formes Spacebus délivrées « clés en main » pour la Turquie. 20px|États-Unis GE Americom, qui reprend le satellite Nahuel-1B, devenant GE-5, premier satellite de télécommunications européen vendu aux États-Unis, qui devient AMC 5, lors de la reprise par SES S.A. C'est la première vente d'un satellite européen aux États-Unis.

Lanceurs Dix des onze satellites font appel à Ariane avec la perte de deux d'entre eux du fait de l'échec du lancement V63 du . Les plates-formes Spacebus deviennent les premiers clients de la société Arianespace. Le dernier fait appel à un nouveau lanceur : Atlas.

Spacebus 3000 Avec la perspective des lancements par le lanceur Ariane 5, apparaît la famille Spacebus 3000 avec des masses allant de 2 à et des puissances électriques de 5 à . Elle va se décliner en plusieurs versions, profitant de coiffes de plus en plus grandes.

En 1991, la coopération avec DASA s'étend à Alcatel Espace, Alenia Aeronautica et Space Systems/Loral, prenant le nom d'Alliance Satellites.

Spacebus 3000A Première version développée pour la seconde génération de Arabsat. Elle est adoptée par deux nouveaux clients : 20px , société privée en Thaïlande fondée par Thaksin Shinawatra, et ses satellites Thaïcom, premier Spacebus à couvrir l'Asie, qui devient Shin Satellite Ltd lors de la commande de Thaïcom 5. Le contrat pour Thaïcom 3 est signéMarie-Dominique Lancelot, « Thaicom 3 : la Thaïlande choisit français », dans Revue aerospatiale, , juin 1995 le par le Dumong Kasemset, président de SSA et Louis Gallois, président-directeur général de Aérospatiale. 20px Sinosat pour la Chine, et le satellite Sinosat-1 Samuel Szdat, (trad. Robert J. Amral), « Sinosat-1 : le satellite de la révolution monétique », dans Revue aerospatiale, , avril 1997. Le client est EuraSpace, filiale commune à 50/50 % entre DASA et la Société de sciences et technologies aérospatiales (CASC). C'est le premier satellite du monde occidental vendu en Chine.

Lanceurs Encore des Ariane 4. Un premier lancement d'une plate-forme Spacebus avec un lanceur Ariane 5 : Thaïcom 5. Un nouveau lanceur utilisé pour lancer le satellite chinois Sinosat : Longue Marche (LM).

Spacebus 3000B2 Pour les versions B, la dimension de base du satellite est 2,3 × . Pour la version B2, la hauteur du corps de la plate-forme est , permettant d'accommoder une surface radiative et une puissance électrique allant jusque .

Eutelsat, déjà client, commande 6 satellites.

Son satellite Eutelsat W5 rencontre un problème technique majeur en 2008, six ans après sa mise en service : un moteur d'entrainement en rotation d'une aile de panneaux solaires se bloque, privant le satellite de la moitié de sa puissance, obligeant l'opérateur à délester sa charge utile, arrêtant certains canaux.

De nouveaux clients : Nordic Satellite AB (NSAB), opérateur scandinave, devenu le . 20px|Espagne Hispasat, opérateur espagnol pour des télécommunications civiles et gouvernementales. Bundeswehr, l'armée allemande avec deux satellites jumeaux : SATCOMBw-2a, lancé par Ariane 5, depuis Kourou, le à 22 h 00 TU. SATCOMBw-2b, lancé par Ariane 5 le à 22 h 02 TU.

Lanceurs Encore une majorité de lanceurs Ariane 4. Trois Ariane 5. Trois autres Atlas. Apparition d'un nouveau lanceur : Delta IV.

Spacebus 3000B3