Esperanza Aguirre y Gil de Biedma () est une femme politique espagnole membre du Parti populaire (PP), née le à Madrid.
Elle est issue d'une famille aristocratique et a étudié le droit à l'université complutense de Madrid. Elle devient fonctionnaire du ministère de la Culture à la fin des années 1970, puis entre en politique en 1983 comme conseillère municipale d'opposition à Madrid. Elle appartient alors à l'Union libérale (UL), qui fusionne deux ans plus tard avec le Parti libéral (PL). Elle rejoint en 1987 l'Alliance populaire (AP) et intègre l'exécutif municipal après l'arrivée du centre droit au pouvoir en 1989. Elle est nommée première adjointe au maire en 1995.
Après les élections générales de 1996, au cours desquelles elle est élue sénatrice, elle est désignée ministre de l'Éducation et de la Culture par José María Aznar. Elle se fait connaître par sa défense de l'école privée et du libre choix de l'établissement scolaire par les parents, subit un revers dans sa volonté de réformer l'enseignement des lettres en raison d'un affrontement avec les communautés autonomes, engage une nouvelle décentralisation des compétences et soutient le projet d'extension du musée du Prado.
En 1999, elle est la première femme élue à la présidence du Sénat, un poste qu'elle conserve trois ans. Elle se présente en mai 2003 aux élections à l'Assemblée de Madrid mais échoue à conserver la majorité absolue conquise huit ans plus tôt par le PP. La trahison de deux députés socialistes empêchant une quelconque investiture, le scrutin est répété en octobre et permet à Aguirre d'accéder à la présidence de la communauté de Madrid.
Au pouvoir dans la région madrilène pendant neuf ans avec trois majorités absolues consécutives, elle assure la prolongation du métro de Madrid de , dont sous son premier mandat, fait construire une dizaine de nouveaux hôpitaux publics en partenariat public-privé, instaure un dispositif régional de financement et renforcement des polices municipales, supprime la carte scolaire et favorise l'enseignement privé. Ses mandats sont marqués par des polémiques concernant la construction d'un complexe rassemblant l'ensemble des institutions judiciaires du territoire, finalement abandonné par ses successeurs, une affaire d'espionnage mené par un de ses proches contre des adversaires politiques, ou encore les malfaçons de l'extension de la ligne 7 du métro de Madrid.
Devenue en 2004 présidente du Parti populaire de la communauté de Madrid après une guerre fratricide face au dauphin du maire de la capitale Alberto Ruiz-Gallardón, elle mène sans succès une fronde interne contre le président du PP Mariano Rajoy après la défaite de celui-ci aux élections générales de 2008. En 2005, son nom est cité dans une affaire de vente de terrains publics en dessous du prix du marché à Majadahonda, puis il apparaît en 2009 dans une annexe de l'affaire Gürtel concernant une fondation du PP de Madrid dont elle a été la présidente.
Elle démissionne du gouvernement régional en , invoquant des raisons personnelles, et rejoint le secteur privé. Elle se présente en mai 2015 aux élections municipales à Madrid. Bien qu'arrivée en tête, elle est privée de la mairie par l'alliance de la gauche autour de Manuela Carmena. Elle renonce à ses responsabilités au sein du PPCM en 2016, puis au conseil municipal de la capitale l'année suivante, après l'implication de plusieurs de ses proches dans les affaires Lezo et Púnica. Mise en examen en 2019 dans ce dernier dossier, elle bénéficie d'un non-lieu trois ans plus tard. Famille Origines familiales Esperanza Aguirre y Gil de Biedma naît le à Madrid. Aînée d'une fratrie de huit, elle est la fille de José Luis Aguirre Borrell, avocat de la haute bourgeoisie mort en 2002, et de l'aristocrate Piedad Gil de Biedma. Son grand-père José Luis Aguirre Martos a siégé aux Cortes franquistes. Elle est par ailleurs la nièce de José Gil de Biedma y Becerril Oñate y García, comte de Sepúlveda et vicomte de la Nava de La Asunción... L'une de ses sœurs, Rocío, milite au sein de Vox à partir de et devient députée de Madrid au Congrès en ..
Mariage et enfants Esperanza Aguirre se marie le avec Fernando Ramírez de Haro y Valdés, issu lui aussi d'une famille aristocratique, son père étant comte de Bornos et sa mère marquise de Casa Valdés. Son époux reçoit en 1975 le comté de Murillo avec grandesse d'Espagne, elle-même accédant au titre de comtesse consort et à la dignité de grande d'Espagne. En 2006, la loi sur l'égalité prive Ramírez de Haro de la succession dans le comté de Bornos au profit de sa sœur aînée, mais cette dernière y renonce à la mort de leur père en 2010, afin de maintenir l'ordre de succession précédent. Aguirre reçoit donc le titre de comtesse consort de Bornos.
De leur union naissent deux enfants : Fernando, né en , et Álvaro, né en . L'aîné est directeur général d'une entreprise d'expertise-conseil dans le domaine immobilier et le cadet travaille comme avocat. Tous deux sont mariés et ont chacun trois enfants.
Elle réside avec son mari dans un manoir rue Jesús del Valle, dans le quartier madrilène de Malasaña. Le couple pratique fréquemment le golf, dans les faubourgs de Madrid mais aussi sur le en Écosse.. Elle est de confession catholique..
Études et débuts professionnels Après avoir obtenu une licence en droit de l'université complutense de Madrid en 1974, Esperanza Aguirre passe avec succès le concours du corps des techniciens de l'information et du tourisme de l'État, en 1976. Elle se classe parmi les premières de sa promotion...
Elle commence sa vie professionnelle en qualité de chef du service de la publicité du Tourisme. Elle intègre en 1979 l'administration centrale du ministère de la Culture, où elle occupe le poste de chef du cabinet technique du directeur général de la Lecture et de la Cinématographie. Elle est promue sous-directrice générale des Études du secrétariat général technique en 1980, puis chef du cabinet technique du sous-secrétaire de la Culture en 1980, et enfin sous-directrice générale des Fondations et associations culturelles en 1982.
Conseillère municipale de Madrid Élue d'opposition Esperanza Aguirre adhère initialement à l'Union libérale (UL). En 1985, c'est elle qui rédige les documents actant la fusion entre l'UL et le Parti libéral (PL). Quelques semaines plus tard, le futur président du PL José Antonio Segurado la charge de présenter la motion idéologique au congrès du mois de juin. À peine deux ans plus tard, en 1987, elle adhère à l'Alliance populaire (AP) en soutien à la tentative ratée de son président Antonio Hernández Mancha de faire voter une motion de censure contre le président du gouvernement socialiste Felipe González. Elle devient donc membre du Parti populaire (PP) en 1989. Avec Juan Carlos Aparicio et Ignacio Cosidó, elle sera parmi les trois seuls cadres majeurs du PP issus du PL...
À l'occasion des élections municipales du 8 mai 1983 à Madrid, elle occupe la sur la liste de la Coalition populaire (CP) emmenée par Jorge Verstrynge, étant la première femme et la première libérale dans l'ordonnancement des candidats.. Pour son premier mandat de quatre ans, elle est porte-parole de son groupe pour la culture et le district de Moncloa-Aravaca. À la suite des élections du 10 juin 1987, à nouveau perdues par le centre droit et où elle occupait encore la sur la liste que menait cette fois-ci José María Álvarez del Manzano., elle devient porte-parole pour le district de Villaverde, l'Institut municipal des sports (IMD) et l'Entreprise municipale des transports de Madrid (EMT)..
Conseillère déléguée puis adjointe En , une motion de censure contre le socialiste Juan Barranco permet l'accession à la mairie du centriste Agustín Rodríguez Sahagún. Esperanza Aguirre est alors nommée conseillère municipale, déléguée à l'Environnement. Elle conserve ses responsabilités après les élections de 1991, au cours desquelles elle est élue une nouvelle fois en quatrième position sur la liste d'Álvarez del Manzano, qui accède à la mairie.. Lors d'un important remaniement de l'exécutif municipal opéré par le maire le , elle est promue troisième adjointe, déléguée à la Culture et à l'Environnement, ayant autorité sur le conseiller délégué à la Propreté et celui à l'Éducation et aux Sports..
Pour les élections municipales du 28 mai 1995, la direction nationale et régionale du PP pousse pour que José María Álvarez del Manzano la place en deuxième position sur sa liste, finissant par obtenir gain de cause contre l'autre prétendant, José Ignacio Echeverría... Après le scrutin, le maire réélu décide de renforcer sa place au sein de l'équipe municipale : il la choisit pour occuper le poste de première adjointe, déléguée à la Coordination des délégations et à la Communication, et lui confie le rôle de porte-parole du groupe des élus du Parti populaire. C'est cependant la quatrième adjointe Mercedes de la Merced qu'Álvarez del Manzano charge de fixer la ligne politique du groupe..
Ministre de l'Éducation et de la Culture Nomination vignette|Esperanza Aguirre pose avec José María Aznar et les autres femmes ministres le . Esperanza Aguirre est intégrée au comité exécutif national du Parti populaire à l'occasion du du parti, en , faisant partie des principales nouveautés avec l'ex-nationaliste catalan Josep María Trías de Bes.. Elle avait souligné à cette occasion son admiration pour Margaret Thatcher.. Pour les élections générales anticipées du 3 mars 1996, elle est investie tête de liste sénatoriale dans la circonscription de Madrid. Puisque Aznar est engagé à travers tout le pays, elle dirige de facto la campagne dans le territoire avec Rodrigo Rato, numéro deux au Congrès.. Avec , elle arrive en tête du scrutin dans la circonscription et remporte à l'époque le meilleur résultat aux élections sénatoriales depuis 1977. Elle s'engage alors à promouvoir une loi donnant à Madrid un statut particulier en raison de son rôle de capitale du pays..
Le PP disposant de la majorité relative au Congrès des députés, le roi désigne Aznar candidat à la présidence du gouvernement. Au début du mois de mai, le nom d'Aguirre est évoqué pour occuper le nouveau ministère de l'Environnement dans le futur exécutif.. Elle est finalement nommée le ministre de l'Éducation et de la Culture.. Elle quitte ainsi l'exécutif madrilène après sept ans de responsabilités, où sa volonté de privatiser les services publics a conduit plusieurs fois à la comparer avec la Dame de fer..
École publique et privée Au moment de sa prise de fonction le , Esperanza Aguirre explique qu'elle souhaite garantir le droit des parents à choisir l'établissement scolaire de leurs enfants et qu'elle met sur un pied d'égalité cette liberté avec la qualité de l'enseignement.. Elle affirme le lendemain être prête à diminuer les budgets alloués à l'école publique pour accroître ceux de l'école privée, s'il y a plus de demandes d'inscription dans le privé que dans le public, car il s'agit de respecter l'opinion et la volonté des parents.. Lors de l'assermentation des hauts fonctionnaires du ministère le , elle souligne que ..
Lors d'une séance de questions au gouvernement au Congrès des députés le , elle garantit que l'exécutif a bien l'intention de , sans préciser les mesures qu'elle compte prendre afin d'y parvenir et qu'elle a conscience des risques de discrimination sociale que cela pourrait engendrer.. Un mois plus tard, elle indique qu'à l'avenir, le financement des écoles publiques ne sera plus uniforme mais conditionné par le nombre de demandes d'inscriptions et qu'elle souhaite assouplir la carte scolaire afin que les familles puissent choisir leur établissement dans un périmètre élargi..