Le marivaudage est un concept littéraire et théâtral, né au en France, nommé d'après Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, et qui se définit par des dialogues ou une narration au langage recherché avec des tournures de phrases complexes et un jeu sur les mots, caractérisé par une flatterie, une galanterie, une préciosité et une ironie légère, souvent utilisé pour décrire les relations amoureuses et les jeux de séduction.
Historique Le nom de Marivaux a donné lieu au verbe « marivauder » pour signifier « tenir, échanger des propos d’une galanterie délicate et recherchée ». Par extension, le mot « marivaudage » a été créé, du vivant même de Marivaux, dans le sens de , possiblement dans un des cafés littéraires très prisés de l’époque.. Dès 1739, ces termes apparaissent dans la correspondance de Françoise de Graffigny ; marivauder a le sens de « disserter sans fin sur de menus problèmes » et marivaudage désigne un . La saveur originale du style marivaldien repose sur l’inattendu des rapprochements et des sous-entendus.
Les adversaires du style affecté et « néologique » marivaldien, dans la première moitié du , sont des classiques, comme Desfontaines, l’abbé d’Olivet, La Porte, Voltaire, voire d’Alembert, qui écrit que :Il y voit et d’expliquer que Marivaux D’Alembert ajoute que :
Le mot désigne également un style, décrit par Palissot comme un jargon : À la fin du , La Harpe reprend cette accusation, dans son Lycée ou cours de littérature ancienne et moderne, en insistant sur le mélange des registres opposés :
À la fin du , Marivaux, était accusé de ne pas parler le français ordinaire, de pécher contre le gout, et quelquefois même contre la langue, parce que ses phrases semblaient mal dites, ses énonciations trop recherchées et obscures. Dès son introduction, le mot marivaudage a néanmoins un double sens : il ne désigne pas seulement un style de l’écrivain, mais aussi une forme d’analyse morale et psychologique raffinée à l’excès.. La psychologie que met en œuvre Marivaux, relève d’une ambiguïté morale utilisée afin d’échapper à un choix difficile.. Le marivaudage y relève de ce que Marivaux nomme, en plusieurs endroits, une « bonne foi mitigée », cette bonne foi dégagée d’.
Selon Marivaux, la langue et l’analyse qu’il met en pratique dans ses romans, dans ses comédies et dans ses essais ne sont que la transcription du langage et des conversations des salons qu’il fréquentait. Dans le second , le sens qu’on lui donne encore aujourd’hui : celui d’un certain type de dialogue amoureux, galant et badin.. De La Harpe à Gustave Planche, des censeurs dédaigneux, ne connaissent plus de lui que les quelques pièces au répertoire de la Comédie-Française, dans des versions déformées et des interprétations lourdes et affectées du Jeu de l’amour et du hasard.
Si le critique romantique Sainte-Beuve constate, dans ses Causeries du lundi, que , mais . Sainte-Beuve ajoute néanmoins tout aussitôt après que :
Après 1850, avec le retour de la vogue du de Watteau et de Lancret, avec qui Marivaux a tant de points communs., le terme va néanmoins prendre un sens plus favorable, sous la plume de Pierre Duviquet, Jules Janin, Théophile Gautier, Paul Verlaine ou les frères Goncourt, et prendre un second sens plus général, qui résume ce que le a produit de meilleur en fait d’esprit : un certain type de dialogue amoureux, dont les comédies de Marivaux offrent le modèle, il renvoie à une certaine façon de vivre l’échange, sur le mode de la galanterie et du badinage gracieux. De nos jours, le mot est le plus couramment employé, dans ce sens large, pour désigner une atmosphère enjouée et spirituelle, des rapports amoureux fondés sur le jeu et la séduction, tels qu’on peut les trouver dans les films d’Éric Rohmer..
Notes et références
Bibliographie . .
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