Paul Howard Manship, né le à Saint Paul dans l'État du Minnesota et mort le à New York, est un sculpteur américain du dont plusieurs œuvres se rattachent au mouvement esthétique de l'Art déco.
Biographie
Jeunesse et formation Paul Manship, né le à Saint Paul dans l'État du Minnesota, est le septième et dernier enfant de Charles Henry Manship et de son épouse Mary Etta Friend.
Il entame ses études secondaires dans un établissement spécialisé dans les arts mécaniques avec le projet de devenir un peintre en lettres, mais ne les achève pas. Il devient l'ami de son condisciple qui deviendra un peintre réputé. Découvrant qu'il est daltonien Paul Manship abandonne toute carrière dans le domaine de la peinture pour se tourner vers la sculpture et il commence par réaliser des sculptures représentant les visages de sa famille alors qu'il est âgé de .
Grâce à son frère aîné Luther Manship, il entre au de Minneapolis. En 1905, sur les recommandations de son frère auprès de George Bridgman il part pour New York où il suit des cours de Jo Davidson à l'Art Students League of New York. Il réalise des statues inspirées par le style de Hermon Atkins MacNeil. vignette|upright|Statue The Rough Rider Monument réalisée par Solon Borglum en 1907. Puis de 1905 à 1907, il est accepté comme assistant de Solon Borglum pour un salaire hebdomadaire de et emménage à Mamaroneck. Solon Borglum le convie pour l'assister pour deux de ses oeuvres dont The Rough Rider connu également sous le titre de qui est sa première expérience de statue équestre.
Durant cette période, il sculpte deux chevaux exposés 1907 à l'Académie américaine des beaux-arts.
Cette même année, il suit des cours auprès de la Pennsylvania Academy of the Fine Arts de Philadelphie, notamment auprès du sculpteur un élève de Thomas Eakins, ainsi qu'auprès d'autres sculpteurs de cette académie. Il y suit également des cours de dessin auprès de William Merritt Chase,
Durant l'été 1908, Paul Manship, s'embarque pour l'Espagne avec son condisciple , ils font des dessins des différents paysages et monuments rencontrés. Quand ils visitent l'Andalousie, Paul Manship rencontre les traditions artistiques du monde méditerranéen qui le marquent profondément.
De retour aux États-Unis, il est employé par le sculpteur new-yorkais d'origine viennoise où il est rémunéré par jour.
L'une de ses premières statues datant de 1911 est achetée par qui l'installe dans le jardin de sa résidence à Glen Cove, un second lot est acheté par la Fairmount Park Association de Philadelphie pour le Rittenhouse Square à Philadelphie.
gauche|vignette|upright|Lyric Muse, statue de Paul Manship réalisée en 1912. En 1912 , Paul Manship en présentant sa statue Rest After Toil est le lauréat du Prix de Rome américain ce qui lui vaut l'obtention d'une bourse décernée par l'American Academy in Rome qui lui permet de prolonger ses études pendant trois ans avec un traitement annuel de , pendant ce temps, il est logé à la Villa Mirafiori à proximité de la Porta Pia. vignette|Playfulness statue de Paul Manship. Il profite de son séjour en Italie pour étudier l'art de la Renaissance italienne, plus spécifiquement l'œuvre de Michel-Ange et de Donatello ; il s'arrête à Pompéi pour admirer les fresques et les statuettes de bronze. Puis il visite la Grèce pour étudier les sculpteurs de la antiques du style sévère comme Phidias et Polyclète et ceux de l'ère préclassique. Pour cela il visite les sites archéologiques d'Athènes, d'Olympie, de Délos et Delphes. Enfin il se rend en Égypte. Lors de ces voyages, il est fortement influencé par divers styles à savoir ceux de l'art gréco-bouddhique du Gandhara et de l'Empire kouchan, du et de l'. Ces voyages lui inspirent différentes œuvres telles que Lyric Muse, Playfulness et Satyr and Sleeping Nymph, qu'il achève en 1913 avec Duck Girl.
Par ailleurs, ces divers voyages le libèrent de l'ombre tutélaire que représente Auguste Rodin sur les sculpteurs de son temps. Sa position esthétique devient un anti-Rodin, comme le font d'autres sculpteurs tels que Matisse ou d'autres issus du mouvement cubiste. Il se distancie de ces derniers en prônant un revivalisme de la sculpture antique et plus particulièrement de la statuaire grecque archaïque.
Vie professionnelle En 1912, dès son installation à Paul Manship fait la connaissance d'un sculpteur démuni Gaston Lachaise qu'il embauche comme assistant. Gaston Lachaise a étudié à l'Académie des beaux-arts de Paris, après cela il a travaillé avec le joaillier René Lalique puis est embauché comme assistant par le sculpteur américain Henry Hudson Kitson dont l'atelier est à proximité de celui de Gertrude Vanderbilt Whitney.
À partir de 1912, Paul Manship apprend le français et l'italien avec l'aide de l'épouse de Solon Borglum, ce qui lui permet de lire différents historiens et historiens de l'art. Grâce à cela il entretient des liens avec Bernard Berenson, Archibald MacLeish, Etienne Gilson, Stanley Casson, .
Il lit également Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes par Giorgio Vasari, Robert Graves, les récits de la mythologie grecque, les comédies Les Nuées et Les Grenouilles d'Aristophane, les sagas de Snorri Sturluson, la Völsunga saga.
Paul Manship reçoit des commandes, la première pour une statue en hommage au peintre John Lafarge, puis grâce à Daniel Chester French une autre statue titrée Soldier of the Revolution War à Danville dans l'État de l'Illinois.
Premières expositions En , il présente dix statues à une exposition organisée par l' ses oeuvres reçoivent un accueil positif de la part de Kenyon Cox et de Charles Henry Caffin. vignette|upright|Dancer and Gazelle statue de Paul Manship réalisée en 1917.|gauche vignette|upright|Duck Girl statue de Paul Manship réalisée en 1914. En , Paul Manship expose cinq de ses œuvres à l'Académie américaine des beaux-arts, Centaur and Dryad est récompensé par le Helen Foster Barnett Prize, cette composition est achetée en 1914 par le Metropolitan Museum of Art. À son sujet, Herbert Adams président de la écrit : .
Sa fille Pauline Frances Manship nait en , il célèbre l'événement en réalisant une médaille Amoris Triumphus.
En 1914, Paul Manship expose quatorze de ses œuvres à la , sa statue Duck Girl est récompensée par la .
Voyage en Italie vignette|upright|Statue Pronghorn Antelope réalisée en 1914, faisant partie d'un ensemble Indian and Pronghorn Antelope par Paul Manship. gauche|vignette|Statue Indian faisant partie d'un ensemble Indian and Pronghorn Antelope réalisé par Paul Manship en 1914. En aout 1914, Paul Manship repart avec sa famille en Italie, durant son séjour d'un mois il réalise une fontaine établie d'après la légende de Hercule enfant qu'il présente à l'American Academy in Rome.
Expositions aux États-Unis En 1915, de retour aux États-Unis, il expose un ensemble Indian and Pronghorn Antelop et sa dernière réalisation Salome.
Avec l'aide de son nouvel assistant il prépare les œuvres qu'il présentera à l'occasion de l'Exposition internationale de Panama-Pacific qui se tient à San Francisco en 1915, où il présente entre autres sa statue Salomé, œuvre inspirée par les peintures illustrant le Ragmala.
En 1916, il organise une exposition à la de New York, c'est un succès près d'une centaine de ses œuvres sur 150 sont vendues. Sa statue Dancer and Gazelle y est la star. Pour le sculpteur Jacques Lipchitz Dancer and Gazelle a pour précédent la statue Femmes et Gazelles de Marcel Bouraine .
Reuben Nakian vignette|upright|Salome, statue réalisée par Paul Manship en 1915.|gauche
Paul Manship, est impressionné par les dessins tracés à la sanguine du jeune , ce dernier a étudié la peinture et le dessin auprès de Robert Henri et , et il l'embauche comme assistant. Reuben Nakian est formé par Gaston Lachaise qui lui apprend les techniques de taille de la pierre, du moulage en plâtre et de la patine du bronze. Reuben Nakian apprend également les diverses relations qui se font entre les sculpteurs, les architectes, les planificateurs et les clients ainsi que les commissions qui doivent être versées aux différentes parties.
Ananda K. Coomaraswamy Quand en 1917, Ananda K. Coomaraswamy est nommé conservateur du département consacré à l'art indien du Musée des Beaux-Arts de Boston, il acquiert, pour le musée, un des multiples exemplaires de Dancer and Gazelle, c'est une reconnaissance de la maturité de Paul Manship.
Première Guerre Mondiale Durant l'été 1917, Edward Robinson le nouveau conservateur du Metropolitan Museum of Art organise une exposition de de Paul Manship qui se tient à la de Bar Harbor dans l'État du Maine à partir du jusqu'au . L'exposition est organisée par Edward Robinson, conservateur du Metropolitan Museum of Art.
À la fin de l'année 1918, Paul Manship se porte volontaire pour servir dans la Croix-Rouge américaine. Lorsqu'il est démobilisé il crée une médaille du souvenir la Victory Pin, dont chaque exemplaire est vendu au profit de l'Art War Relief de la Croix Rouge américaine.
Une commande de John Singer Sargent En 1918, John Singer Sargent obtient une commande à destination de Paul Manship pour qu'il réalise un buste en marbre de John D. Rockfeller. Avant cela Paul Manship étudie comment les anciens sculptaient des bustes des célébrités de leur temps. De fait, la statue est largement inspirée par les bustes des sénateurs illustres de la République romaine. Elle sera exposée en 1920 à la galerie Scott & Fowles de New York, puis à la Leicester Galleries de Londres en 1921. Les critiques britanniques admirent la faculté de Paul Manship à s'imprégner de la statuaire grecque ,
Le John Pierpont Morgan Memorial gauche|vignette|Le mémorial John Pierpont Morgan, réalisé par Paul Manship. La même année le Metropolitan Museum of Art lui commande de réaliser le . Dans un premier temps la famille Pierpont avait choisi le sculpteur Daniel Chester French, mais en étudiant les dessins envoyés par Paul Manship, elle jette son dévolu sur celui-ci. L'un des critères de la sélection est le fait que sur chacune des colonnes de côtés, Paul Manship sculpte en haut relief des figures allégoriques symbolisant les centres d'intérêts de J.P. Morgan à savoir le commerce, la finance, la science, l'art, la littérature et l'archéologie, cela avec l'aide de son assistant Gaston Lachaise .
Il est à noter que J.P. Morgan s'est impliqué dans le Metropolitan Museum of Art dès son ouverture en 1872 et fait partie des curateurs du musée dès 1888 et devient président du fonds financier du musée en 1904, prenant la succession de , cela jusqu'à sa mort le .
Dans un premier temps, une des plaques commémoratives du John Pierpont Morgan Memorial est installée dans la grande salle d'entrée du Metropolitan Museum of Art.
Paris et Rome gauche|vignette|upright|Statue de Diane par Paul Manship. vignette|Statue d'Actaeon par Paul Manship. En 1921, Paul Manship loue un studio à Paris et de là part souvent travailler à Rome, achève ses sculptures Diana et Actaeon quelque temps après son arrivée à Paris, travail commencé en 1911. L'ensemble est exposé en 1925 à la galerie Scott and Fowles de New York. , critique d'art au New York Herald Tribune écrit au sujet de Paul Manship et de ces deux statue : de son côté le critique d'art, du The New York Sun loue la maitrise technique de Paul Manship.
Son influence commence à se répandre parmi les sculpteurs américains, comme .
Durant son séjour en France, il s'attarde plus particulièrement sur des bâtiments comme la cathédrale de Poitiers, l'abbaye Saint-Pierre de Moissac où il dessine des croquis précis des sculptures, notamment celles en haut des trumeaux.
Pendant qu'il est à Paris, Paul Manship participe à une exposition organisée par l'Association Franco-Américaine, y sont exposées une vingtaine de ses sculptures, ainsi que des peintures et aquarelles de Dodge MacKnight, des aquarelles de Winslow Homer et des tableaux de John Singer Sargent.
La Phillips Academy