Lee Chang-dong est un écrivain, scénariste, réalisateur et producteur sud-coréen, né le à Daegu. Il a également eu une courte activité politique comme ministre de la Culture de son pays.
Un écrivain engagé Né à Daegu (centre-est), Lee Chang-dong obtient son diplôme de langue coréenne et de littérature à l'université Kyungpook dans cette même ville en 1980. À cette époque la Corée du Sud vit sous une dictature militaire, et il prend part aux manifestations étudiantes contre le régime. Toujours à Daegu, il se consacre au théâtre, écrivant et montant des pièces. Après avoir enseigné le coréen brièvement au lycée, il se lance dans l'écriture avec son premier roman Chonri (The Booty) en 1983. Il se place dans un registre polémique qu'il conservera dans toutes ses œuvres futures (ainsi Chonri « évoque les émeutes sanglantes de 1980 à GwangjuUn « Tien An Men » local », Portrait sur lecinematographe.com). Il devient l'un des auteurs les plus reconnus dans son pays en poursuivant avec Burning Papers (1987) et Nokcheon (1992).
Son entrée dans le milieu du cinéma se fait par l'entremise de Park Kwang-su (un des cinéastes les plus en vue du pays, considéré comme le leader du Nouveau cinéma coréen) qui lui propose l'écriture de deux scénarios : To the Starry Island (1993) et A Single Park (1995)Fiche sur cineasie.com.
Cinéaste sur le tard C'est à la surprise de beaucoup qu'il passe finalement derrière la caméra en 1997 avec Green Fish (dont il est aussi le scénariste), une critique de la société sud-coréenne racontant l'ascension malsaine d'un jeune homme dans l'univers du crime. Ce premier essai est un succès et son film est présenté dans plusieurs festivals internationaux.
Lorsqu'il est interrogé par Les Cahiers du cinéma sur son changement de mode d'expression, il explique que avant d'avancer que et que Interview pour les Cahiers du Cinéma,n°565.
Son deuxième film Peppermint Candy, en 1999 obtient encore plus de succès autant en Corée qu'à l'international. Il met une nouvelle fois en exergue les séquelles de la dictature militaire (encore le massacre de Kwangju, la torture dans les commissariats, la crise économique de 1997…) en déroulant à rebours sur vingt ans la vie d'un homme qui vient de se suicider.
Récompensé par le Lion d'argent du meilleur réalisateur à Venise, son troisième film Oasis est son chef-d'œuvre à ce jour, qui le consacre définitivement (près d'un million et demi d'entrées en Corée). L'histoire atypique décrit l'amour entre un jeune homme attardé souffre-douleur et une handicapée physique.
Ministre éphémère Fin , Lee Chang-dong a été nommé ministre de la Culture de Corée du Sud au gouvernement du président Roh Moo-hyun. Arrivé à ce poste par surprise, il eut à faire face à l'imposition de quotas sur les productions américaines, permettant un développement des productions locales. Il quitte son poste dès 2004, éreinté par cette expérience et ce monde qui lui est étrangerArticle sur le Nouvelobs Arts et spectacles.
Hommages et distinctions En , il est l'invité de Thierry Frémaux à l'Institut LumièreHommage à Lee Chang Dong .
En , il est fait chevalier de la Légion d'honneur pour « sa contribution au maintien des quotas afin de promouvoir la diversité culturelle en tant que ministre de la culture. » La cérémonie eut lieu à l'ambassade de France en Corée du Sud en présence du ministre Renaud Donnedieu de VabresLee Chang-dong décoré.
En 2007, il présente en compétition au Festival de Cannes son dernier film Secret Sunshine, racontant l'histoire d'une femme qui plonge dans la religion et la folie après l'assassinat de son filsFiche du film sur commeaucinema.com. L'actrice principale Jeon Do-yeon est repartie couronnée du prix d'interprétation féminine. Au Festival de Cannes 2009, il est membre du jury sous la présidence d'Isabelle HuppertAllociné.fr. Il revient dans la compétition cannoise en 2010 avec Poetry, récompensé par le prix du scénario. La même année il fait partie du jury du Festival international du film de Karlovy Vary 2010 sous la présidence de Ron Yerxa.
En 2018, il fait à nouveau partie de la sélection officielle du Festival de Cannes avec son long métrage Burning.
Récompenses 2002 : Lion d'argent pour le meilleur réalisateur à la Mostra de Venise 2002 pour Oasis 2002 : prix FIPRESCI de la Mostra de Venise (section : compétition) pour Oasis 2008 : prix du meilleur réalisateur aux Asian Film Awards pour Secret Sunshine 2011 : prix du meilleur réalisateur aux Asian Film Awards pour Poetry 2011 : Regard d'or au Festival international de films de Fribourg pour Poetry 2018 : prix FIPRESCI du Festival de Cannes (section : compétition) pour Burning
Filmographie Comme réalisateur 1997 : Green Fish (초록 물고기 , Chorok mulkogi) 2000 : Peppermint Candy (Bakha satang) (박하사탕) 2002 : Oasis (오아시스) 2007 : Secret Sunshine (밀양, Milyang) 2010 : Poetry (시, Si) 2018 : Burning (버닝) 2026 : Ganeunghan sarang (가능한 사랑)
Comme scénariste Lee Chang-dong est scénariste de tous les films qu'il a réalisés, mais aussi : 1993 : Geu seome gago shibda de Park Kwang-su 1995 : Jeon Tae-il de Park Kwang-su
Comme producteur 2007 : Never Forever 2007 : Secret Sunshine (Milyang) 2009 : Une vie toute neuve, de Ounie Lecomte (coproduction franco-coréenne) 2014 : A Girl at My Door, de July Jung
Œuvres littéraires Chonri (The Booty), 1983 Burning Papers, 1987 Nokcheon, Paris, Éditions du Seuil, , , Fiche du livre sur fnac.com
Notes et références
Liens externes
Fiche sur cinemasie.com Interview Lee Chang-dong Site sur les films asiatiques
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