La gare d'Abbeville est une gare ferroviaire française, située à environ du centre-ville de la commune d'Abbeville, sous-préfecture du département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Elle est mise en service en 1847 par la Compagnie du chemin de fer d'Amiens à Boulogne, avant de devenir une gare de la Compagnie des chemins de fer du Nord qui ouvre en 1862 le actuel. Puis, jusque dans les , elle est un important nœud ferroviaire local, comportant jusqu'à quatre branches principales plus une secondaire.

Gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), elle est desservie par des trains régionaux (réseau ).

Situation ferroviaire vignette|gauche|alt=Vue de voies ferrées et de signaux lumineux (deux, à gauche, sont au rouge ; le troisième, à droite, est au vert), depuis un quai.|Infrastructures ferroviaires (dont les carrés) au nord de la gare, vues depuis le quai des et 3. La ligne d'Abbeville à Eu part au fond à gauche, tandis que la ligne de Longueau à Boulogne-Ville (voies principales à droite, avec le signal à voie libre) continue tout droit. Établie à d'altitude, la gare d'Abbeville est située au point kilométrique (PK) de la ligne de Longueau à Boulogne-Ville, entre les gares ouvertes de Pont-Remy et de Noyelles-sur-Mer (s'intercale celle fermée de Port-le-Grand)..

C'est une gare de bifurcation, origine de la ligne d'Abbeville à Eu (non exploitée ; la gare suivante est celle fermée de Faubourg-de-Rouvroy), et aboutissement (au Fascicule : Gares et lignes du nord, édité par le en 1985, planche .) de la ligne de Fives à Abbeville (déclassée entre les gares de Saint-Pol-sur-Ternoise et d'Abbeville ; la précédente est celle fermée d'Abbeville-Porte-du-Bois). Sur la ligne d'Abbeville à Eu, se trouvait deux raccordements d'accès direct à la ligne de Longueau à Boulogne-VilleD'après le plan de la gare d'Abbeville en , édité par la Compagnie des chemins de fer du Nord., respectivement à environ 700 et « ABBEVILLE - EU (76) », archive du site de (consultée le ). au nord-ouest-quart-ouest ; de même, ces deux lignes étaient également reliées via l'ouest, par la voie d'évitement de la gare d'Abbeville.

À cela s'ajoutait : la ligne d'Abbeville à Dompierre (à )D'après les images publiées dans « La SE Somme » (), sur passion-metrique.net (consulté le )., totalement déclassée et déferrée, dont la gare était l'origine (au ) et qui précédait la halte d'Abbeville-Porte-Saint-Gilles ; un (arrondissement de traction d'Amiens) et un triage (créé lors de la Première Guerre mondiale, pour des raisons stratégiques : Abbeville est, à la fin du conflit, une gare régulatrice« Ligne des 100 jours » , sur inventaires-ferroviaires.fr (consulté le ).).

Histoire Première gare : une station provisoire (1847) Lors de la seconde assemblée générale des actionnaires de la Compagnie du chemin de fer d'Amiens à Boulogne (qui s'est tenue le ), tandis que les débats faisaient rage dans la ville concernant le tracé de la ligne (selon Ernest Prarond)., l'ingénieur en chef Pierre-Dominique Bazaine indique qu'il n'était pas possible d'établir une station définitive, du fait que le site choisi correspond à des terrains militaires dans l'enceinte des fortifications ; il est donc nécessaire d'avoir une autorisation du ministère de la Guerre, alors non obtenue. Ainsi, le choix d'une station provisoire s'imposait. Elle est située au plus près de la ville, à de la porte de Rouen, à proximité immédiate du passage à niveau de la route de RouenD'après ce comparatif de cartes (1820–1866 / actuelle) (consulté le ) de l'IGN ; la station provisoire était ainsi approximativement située à cet emplacement : .. Des dépenses relativement peu importantes sont prévues, car le choix a été de construire des bâtiments en charpente devant ensuite être démontés et reconstruits sur l'emplacement définitif, comme remises et hangars à marchandises..

La « station d'Abbeville » est mise en service le par ladite compagnie, lorsqu'elle ouvre à l'exploitation la section d'Amiens à Abbeville. Le prolongement jusqu'à Neufchâtel-Hardelot est ouvert le , et la totalité de la ligne le Adolphe Joanne, Atlas historique et statistique des chemins de fer français, , 1859, ; lire (consulté le ).. Abbeville est alors la sixième station de cette ligne, après Pont-RemyVoyage en chemin de fer de Paris à Boulogne et à la frontière du Nord, Lenoel-Herouart (imprimeur-libraire), 1847, ; lire (consulté le )..

En 1851, elle devient une gare de la Compagnie des chemins de fer du Nord, lorsque celle-ci accepte une fusion-absorption avec la compagnie primitive qui ne peut résister à la concurrence de sa grande rivaleFrançois Caron, Le Nord, dans Les grandes compagnies de chemin de fer en France : 1823-1937, , 2005 , ; lire (consulté le ).. Il s'agit toujours de la station provisoire.

Deuxième gare : à l'emplacement définitif (1855) vignette|gauche|alt=Carte postale ancienne montrant la façade du bâtiment voyageurs de la gare.|La gare, vers 1905. La gare définitive est édifiée à partir de 1855, à la suite d'un débat contradictoire (entre la Compagnie du Nord, la municipalité et la chambre de commerce) concernant le choix de son emplacement ; ces travaux sont accompagnés d'une ouverture dans le rempart et de la construction de ponts (sur le canal de Transit et le fossé des fortifications), permettant l'accès au site depuis le reste de la ville.. L'actuel est quant à lui ouvert en 1862 ; d'un style régional balnéaire (avec une ossature bois parée de briques rouges évoquant les villas de Mers-les-Bains« Modernisation à Abbeville », publié par Papy (agent SNCF) le , sur trainsfrancais.com (consulté le ) ; cette page est une archive., répondant en outre par sa légèreté aux exigences de l'autorité militaire d'alors), il fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le (consultée le ).. Elle est considérée, par , comme la dernière gare en bois construite en France jusqu'à en 2007 cette brève publiée le par (consultée le ). : pourtant, d'autres gares françaises ont été construites en bois après celle d'Abbeville, par exemple Gravelines et Lyon-Est.. Le bâtiment a été modifié et agrandi en 1912, avec notamment l'avancée de sa façade ; l'un des , édifiés symétriquement sur ses flancs, a par contre été démoli par la suite : ce pavillon se trouvait à l'emplacement de l'accès direct aux quais, à gauche du (en regardant depuis le parvis).. De surcroît, la présence de la gare engendre le développement du commerce aux alentours, plus particulièrement avec la construction d'hôtels et de cafés.

Abbeville fut reliée à Lille par la ligne de Fives à Abbeville (ouverte en , sur la section entre Abbeville et Frévent« ABBEVILLE - FREVENT (62) », archive du site de (consultée le ).), via Saint-Pol-sur-Ternoise et Béthune. La section Abbeville – Frévent a été fermée aux voyageurs le , puis déclassée jusqu'à Auxi-le-Château le . Cette dernière a été prolongée par la ligne d'Abbeville à Eu (vers ) (consulté le )., mise en service le , et temporairement fermée depuis la fin ..

La gare était également desservie par le réseau secondaire à des Chemins de fer départementaux de la Somme. Sa ligne Abbeville – Dompierre, mise en service le , fut fermée au trafic voyageur en 1947 (la section comprise entre Abbeville et Abbeville-Porte-du-Bois ayant cependant été déferrée pendant la Seconde Guerre mondiale, à la suite de la destruction du pont sur la Somme en )..

Le , l'inauguration du a entraîné un pic de fréquentation, car , arrivées à Abbeville par trains entiers, ont assisté à cet évènement. D'ailleurs, pendant la Première Guerre mondiale, c'est un cheminot local qui évita que la plaque de bronze de ce monument soit chargée dans un train pour être fondue, en la cachant dans un ruisseau.

vignette|alt=Plaques à la mémoire des cheminots abbevillois morts pendant les deux conflits mondiaux, sur un mur à l'intérieur de la gare.|Plaques « Morts pour la France » 1914 – 1918 et 1939 – 1945, dans le hall du . Le , au sémaphore de Menchecourt, situé à environ au nord de la gare, le rapide Bâle – Calais, arrêté à la suite d'une avarie de ses freins et couvert par des pétards posés trop près par son chef de train, est percuté par le rapide Paris – Calais, qui le suit de près, ce dernier défonçant le wagon-lits et le fourgon situés en queue du premier train ; le fourgon du train tamponneur est également détruit. Les secours ont été organisés par la gare ; le bilan définitif fait état de dix blessés (dont trois grièvement, l'un d'entre eux étant finalement décédé à l'hôpital), ainsi que de nombreux voyageurs contusionnésLe Petit Parisien du (), disponible sur gallica.bnf.fr (consulté le )..

La Compagnie du Nord édite, en 1930, une affiche de Pierre Commarmond, pour promouvoir Abbeville et sa desserte ferroviaire auprès des Parisiens ; elle vante le temps de trajet et la proximité de la mer (, ), tout en montrant la ville dont la en arrière-plan.. Une autre affiche, similaire par son message à la première, fut également éditée en partenariat avec le syndicat d'initiative et de tourisme ; elle représente cette fois-ci les tourelles de guet qui surmontent ladite collégiale..

vignette|gauche|alt=Photographie en noir et blanc d'un train à vapeur marquant l'arrêt en gare, locomotive légèrement fumante.|Train express à destination de Paris , le soir du . Le pavillon, visible derrière le tender et la première voiture, n'existe plus désormais. La gare est intégrée dans le réseau de la SNCF, en 1938. Au cours des deux guerres mondiales, elle n'a pas subi de dommages, notamment le (où la ville fut pourtant lourdement bombardée, lors de la bataille de France), ou encore le (date à laquelle l'avion américain B-17 « », qui devait bombarder la centrale électrique implantée route de Rouen , a été abattu par des canons antiaériens installés à proximité)... Toujours pendant la Seconde Guerre mondiale, un train de DCA était stationné en gare sous l'Occupation (comme en )..

Au milieu des , la gare connaît un trafic de marchandises significatif, s'élevant alors à par an (dont d'arrivages et d'expéditions).. Par ailleurs, une première rénovation du a lieu en 1993.

En , les inondations de la vallée de la Somme ont affecté la gare durant plusieurs semaines. De ce fait, le a été fermé, les rails ont rouillé, et la signalisation ainsi que les appareils de voie ont été rendus hors-service, avec de plus un train de fret immobilisé. Un temps transformé en gare routière avec comme guichet une camionnette stationnée dans l'avenue de la Gare« Inondations Abbeville », ; archive de l'INA, publiée sur YouTube le (consultée le )., l'établissement est rouvert au trafic ferroviaire fin mai, à la suite de la remise en état de l'ensemble de ses installations. Depuis lors, le « », attenant au , était abandonné. ; après divers projets avortés, il est finalement racheté en , et a été reconverti en boutique de mariage..

La gare a remporté le second Prix spécial des Gares du Conseil national de villes et villages fleuris en 2006, derrière celle de Cahors« LES PRIX SPECIAUX – Lauréats 2006 – Prix spécial des Gares », sur villes-et-villages-fleuris.com (archive consultée le ).. En 2007, elle accueille plus de par jour ouvrable« Les travaux d’aménagement de la Gare Multimodale » (archive de l'ancien site cc-abbevillois.fr, consultée le ).. La même année, la communauté de communes de l'Abbevillois a engagé un chantier d'aménagement d'un espace multimodal sur la place de la Gare.