Le terme d'histoire naturelle est apparu en français au pour désigner les livres décrivant les objets de la nature. Au , le Muséum national d'histoire naturelleSite officiel du MNHN: voir. propose une définition du terme :

Historiquement, c'est l'enquête, la description de tout ce qui est visible dans le monde naturel : animal, végétal, minéral.

Le Manifeste du Muséum (2017). précise que l'étude de la diversité des sociétés humaines fait partie intégrante de l'histoire naturelle : le musée de l'Homme, musée d'anthropologie, fait d'ailleurs partie du Muséum national d'histoire naturelle, qui dispose de plusieurs chaires d'anthropologie. Le Muséum signale que les conceptions de l'histoire naturelle n'ont cessé d'évoluer au cours du temps, en citant à tour de rôle des savants tels que Carl von Linné, Georges-Louis Leclerc de Buffon, Jean-Baptiste de Lamarck et Charles Darwin, pour conclure que :

L'histoire naturelle aujourd'hui, c'est l'étude de la diversité du monde vivant et du monde minéral et de ses interactions avec l'homme. C'est comprendre comment cette diversité s'est construite et quelle est sa dynamique.

François Terrasson, professeur au Muséum, ajoute qu'François Terrasson : La Peur de la nature, éd. Sang de la Terre, 1988..

Origines du terme Traduction littérale de l’Historia naturalis de Pline, le terme d’ apparaît en français dans la seconde moitié du , mais la démarche d’observation et de description systématique de la nature date de l’Antiquité avec Aristote, Théophraste, Antigone de Karystos et Pline l'Ancien. Il convient ici d'entendre dans son sens antique de .

Évolutions du terme Selon la définition qu’en donne Herman Boerhaave (1668-1738) dans la préface du Botanicon Parisiense de Sébastien Vaillant (1669-1722)Sébastien Vaillant (1727). Botanicon Parisiense ou Dénombrement par ordre alphabétique des plantes qui se trouvent aux environs de Paris, Jean & Herman Verbeek et Balthazar Lakeman (Leyde et Amsterdam) : ca 260 p. + 33 pl. : On appelle histoire naturelle la connaissance des choses, qui sont produites dans l’Univers, et que les hommes peuvent découvrir par les sens. Entre toutes les sciences qui ont été cultivées par l’industrie des hommes celle-ci a toujours passé avec raison pour une des principales.

Au et plus encore au , l’expression sert à désigner l’étude des objets observables, tant en astronomie, qu’en botanique, en zoologie ou en géologie. À l’époque, le spécialiste de l’histoire naturelle est un naturaliste.

Avec le développement des connaissances, l’histoire naturelle se divise en nombreuses spécialités, au point que la démarche et le métier de (généraliste) disparaissent dans le courant du . Simultanément, sous l’influence de l’idéologie de la les mots mêmes prennent une connotation archaïsante, tandis que biologiste et sciences naturelles acquièrent par contraste une aura de modernité.

Comme le fait remarquer Yves Delange du Muséum national d'histoire naturelle, à Paris, il y a trop souvent eu opposition entre (professionnel ou amateur) et . En français contemporain, le terme (qui n'est pas un synonyme stricto sensu de science de la nature), remplace à peu près la dénomination . Celle-ci est parfois perçue à tort comme vieillotte malgré la modernité des recherches pluri-disciplinaires menées, par exemple, au Muséum national d'histoire naturelle. En fait, le terme renvoie à son sens étymologique : vient du grec ancien , signifiant « enquête, connaissance acquise par l'enquête », qui lui-même vient du terme , « qui sait, qui connaît (la loi), juge ». Ainsi, l' est une enquête approfondie sur la nature, pour continuer à acquérir des données. Ce terme, , peut aussi être interprété, à la lumière de l'approche actuelle de cette discipline, comme l'histoire de notre planète, de la vie (paléontologie) et de la lignée humaine (anthropologie). Selon cette vision récente de ce que serait l', le terme renverrait alors à la biodiversité actuelle de notre planète. Au , l'« histoire naturelle » est ainsi plus que jamais d'actualité en tant qu'approche systémique pluridisciplinaire, englobant sans les opposer aussi bien l'humain que la nature, l'environnement que le développement, la préservation que la valorisationYves Delange, Plaidoyer pour les sciences naturelles : Dès l'enfance, faire aimer la nature..., Éditions L'Harmattan, Paris, 2009, . .

Pour simplifier, on peut estimer que les sciences naturelles englobent les disciplines suivantes : géologie, minéralogie, pétrologie, paléontologie ; botanique, zoologie, mycologie, anatomie ; physiologie, biologie, génétique, microbiologie ; écologie…

En revanche, les Sciences naturelles se différencient nettement des sciences formelles telles que : physique ; astronomie, cosmologie ; mathématiques, logique, algorithmique ; informatique ; ainsi que des sciences humaines et sociales telles que : linguistique ; géographie, géonomie ; sociologie, psychologie, ethnologie ; archéologie, paléontologie ;

et d'autres sciences telles que : chimie ; climatologie ; médecine, pharmacologie ;

Le besoin d’une vision globale et interdisciplinaire subsiste néanmoins, ce qui développe, dans le dernier quart du , de nouvelles approches comme la géonomie (dont l’apparition date du début du , mais qui avait été occultée par l’évolution précédente). Avec les progrès de la génétique, l’interconnexion des savoirs, l’approche géonomique et la popularité du (quelles qu’en soient les interprétations, les instrumentalisations ou les degrés de compréhension), l’histoire naturelle devient progressivement une de l’Univers, du système solaire et surtout de la planète Terre, une histoire interdisciplinaire à la fois cosmogonique, physique, chimique, biologique et humaine. Des livres comme The richness of Life (sous la direction de Stephen Jay Gould), Les Mondes disparus d'Éric Buffetaut et Jean Le Loeuff, Classification phylogénétique du vivant de Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader ou encore le Guide critique de l'évolution de Guillaume Lecointre, Corinne Fortin, Gérard Guillot et Marie-Laure Le Louarn-Bonnet, relèvent de cette nouvelle . À ce sujet, Jean-René Vanney écrit :

Évolution des informations visuelles en histoire naturelle Exemple des oursins :

Notes et références Notes

Références

Annexes

Articles connexes Histoire de l'histoire naturelle Collection scientifique Géonomie Musée d'histoire naturelle Naturaliste

Bibliographie . Leçon inaugurale d'Armand de Ricqlès portant notamment sur la différence entre histoire naturelle et biologie, et sur le thème Biologie historique et Évolutionnisme, lundi (14 pages, PDF) . — Les planches occupent trois vol. Ferdinand Faideau et Auguste Robin, Cours complet d'histoire naturelle à l'usage des lycées et collèges, Larousse, Paris, 1906-1910. Zoologie élémentaire : Homme et classification, 1907, 171 p. lire en ligne Botanique élémentaire : Organographie et classification, 1907, 127 p. lire en ligne Géologie élémentaire : Les phénomènes actuels, 1906, 111 p. lire en ligne Conférences de Géologie : Roches, Minéraux, Terrains, 1910, 165 p. lire en ligne David Burnie (dir.), Histoire naturelle, Flammarion, Paris, 2011, 648 p.

Liens externes