Le melon () est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Cucurbitacées. C'est une plante herbacée annuelle, originaire d'Afrique intertropicale, et largement cultivée comme plante potagère pour son fruit comestible. La tige n'est pas volubile mais la plante peut grimper en s'accrochant à des supports grâce à des vrilles simples. Des mutants sont connus à entre-nœuds courts. Les feuilles sont généralement entières assez arrondies, parfois assez fortement découpées. Le terme désigne aussi le fruit climactérique lui-même très savoureux, sucré et parfumé.
À ne pas confondre avec le « Melon d'eau » (pastèque), mais cette expression désigne aussi certaines variétés de melons à chair blanche.
Botanique vignette|Graines de melon musqué. Le melon est une Angiosperme de l'ordre des Cucurbitales, proche de l'ordre des Fagales (bouleau, hêtre, noyer…). Les deux familles les plus importantes en nombre d'espèces dans l'ordre des Cucurbitales sont les Bégoniacées et les Cucurbitacées. Parmi les Cucurbitacées, le genre Cucumis a été redéfini et inclut maintenant plusieurs anciens genres voisins (Cucumella, Oreosyce, Myrmecosicyos, Mukia, Dicaelospermum). Il comprend plus de 40 espèces dont deux ont une grande importance économique : le melon (Cucumis melo) et le concombre (Cucumis sativus). Si le genre Cucumis est probablement originaire d'Asie, l'espèce C. melo est originaire d'Afrique. Le melon est diploïde avec 2 × 12 chromosomes. Il se distingue de la plupart des espèces voisines par l'absence d'aspérités ou d'épines sur le fruit.. Il est assez éloigné des autres espèces et aucun croisement interspécifique n'a pu être exploité à ce jour..
Fruit
Les melons sucrés étaient présents en Asie centrale au milieu du sur la base de la lexicographie et d'une traduction arabe de Dioscoride. Le melons sucrés est attesté au Khorassan et en Perse au milieu du et les agronomes andalous traitent de la culture de melons sucrés casabas (groupe inodore) fin . L'Asie centrale possède une remarquable biodiversité de melons sucrés cultivés.
Classification Nom scientifique : Cucumis melo L. subsp. melo, famille des Cucurbitacées, sous-famille des Cucurbitoideae, tribu des Melothrieae, sous-tribu des Cucumerinae.
Le melon cultivé appartient à la sous-espèce Cucumis melo L. subsp. melo dont le faux-fruit est très polymorphe. Le fruit sauvage d'origine ne dépassait pas mais il a servi de base à la définition de très nombreuses variétés.. Celles-ci sont diversement rassemblées selon les auteurs en groupes, dont les plus importants sont : Parmi les melons consommés comme fruits (récoltés à maturité) : le groupe cantalupensis, melon cantaloup (ou melon musqué) à durée de conservation brève ; le groupe reticulatus, melon brodé, à durée de conservation moyenne ; le groupe inodorus, melon d'hiver, à durée de conservation longue. Parmi les melons consommés comme légumes (récoltés avant maturité) : Palmatilobé le groupe flexuosus, melon serpent ; le groupe momordica, melon phut (Inde).
Il existe un melon sauvage appelé localement « melon tsamma », présent dans le désert du Kalahari (voir aussi le Parc transfrontalier de Kgalagadi), qui avec les concombres sauvages est la seule source d'eau de la région pendant la période de sécheresse annuelle.
Le terme « melon » est issu vers 1256 du bas latin , accusatif de , « fruit d'une cucurbitacée ». Ce terme est l'abréviation du latin classique emprunt au grec mêlopepôn, de mêlon, « fruit, pomme ou coing » (mot méditerranéen qui s'est substitué au nom européen de la pomme qui se dit en latin)..
Description vignette|illustrations de variétés de melons dans le catalogue Vilmorin-Andrieux du printemps 1900. Le melon est une plante herbacée annuelle à longues tiges sympodiales (pouvant atteindre ) munies de vrilles simples (non ramifiées), rampantes ou grimpantes selon les variétés. La racine-pivot se ramifie en de nombreuses racines secondaires et tertiaires superficielles..
Les feuilles simples, alternes, pétiolées mais sans stipules, sont généralement entières. Elles sont faiblement palmatilobées (généralement 5-7 lobes), ont un limbe orbiculaire ou ovale à réniforme.
Les plantes sont monoïques (elles portent à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles) ou andromonoïques (elles portent des fleurs mâles et des fleurs hermaphrodites). La corolle jaune des fleurs est campanulée avec des pétales presque orbiculaires. L'inflorescence mâle est en fascicules de 2-4 fleurs et apparaît la première sur les - nœud des rameaux primaires. Les fleurs femelles ou hermaphrodites sont solitaires, à corolle ovoïde et à ovaire infère. Elles apparaissent sur les rameaux tertiaires formés à partir du nœud sur les rameaux primaires. Les fleurs ne s'ouvrent qu'une seule journée et sont à pollinisation principalement entomophile..
Le fruit est une fausse baie de forme ovale ou ronde, généralement volumineuse. Sa peau plus ou moins lisse, bosselée, côtelée, brodée ou galeuse et divisée en secteurs nettement dessinés varie en couleur de tous les tons du vert au jaune en passant par le blanc. La pulpe de couleur varie selon les variétés, de jaune à orangé ou de blanc à légèrement verdâtre, est très juteuse et parfumée à maturité. La cavité centrale, fibreuse, renferme de nombreux pépins, graines ellipsoïdes comprimées.
Culture vignette|Feuille, vrille et fleur du melon. Le melon est une plante allogame qui se cultive aussi bien pour ses graines (consommées grillées ou utilisées pour leur huile comestible) que pour son faux-fruit, doux ou non doux (cas du melon serpent) qui s'emploie cru, cuit ou confit). Le semis en place ou en pots (les racines des cucurbitacées sont assez fragiles, rendant la transplantation à racines nues difficile) de deux ou trois graines, afin de sélectionner le meilleur plant, se fait tous les mètres car le melon a tendance à s'étaler. Il apprécie un emplacement chaud, ensoleillé et un sol bien fumé. En l'absence de fumier pour faciliter le développement, on pourra apporter un engrais riche en potassium (la de la formule standard NPK). Le melon est particulièrement sensible à la carence en calcium. La culture intensive en serre peut provoquer dans le fruit une vitrescence ou un cœur aqueux..
Pincer au-dessus des deux premières vraies feuilles. Puis, sur les deux tiges ainsi formées, repincer au-dessus de la . Pincer ensuite à trois feuilles après chaque melon. Ne conserver que trois à quatre fruits maximum par plant.
Veiller également à supprimer les feuilles masquant les fleurs femelles, afin que les insectes pollinisateurs y accèdent. vignette|Fleurs de melon mâle et femelleLorsque le melon commence à faire une certaine taille, on peut le poser sur une tuile ou un tapis de gravier pour le protéger de l'humidité du sol et de façon que ce support lui apporte un maximum de chaleur propice à la maturation du fruit.
Le melon est mûr lorsque ses feuilles et son écorce commencent à jaunir et sa peau et son pédoncule à craqueler.
Il y a quatre facteurs qui jouent sur la qualité d'un melon : variété, ensoleillement, irrigation et maturité du fruit le jour de la récolte. Important : il faut récolter le melon après une bonne période d'ensoleillement et plutôt le soir que le matin (le matin, les sucres sont plus bas avec l'utilisation du sucre de la plante comme aliment pendant la nuit où la plante respire sans photosynthèse).
Le taux de sucre minimal pour être commercialisable est de 10 sur l'échelle de Brix. En dessous de 9, c'est une courge.
Dans certains cas, le melon est greffé.. Le greffage en culture de melon a pour objectif de protéger les cultures contre certains agents pathogènes : Verticillium dalhiae, Phomopsis sclerotioides, Fusarium oxysporum f. sp. melonis. Le greffage permet également de cultiver en conditions limites de sol (température basse, salinité élevée, etc.), défavorables à la culture du melon. Enfin, dans certaines conditions, le greffage permet d’augmenter la productivité des plantes, voire la qualité des fruits.
Culture intensive du melon de plein champ En France une grande partie des melons proposés à la consommation proviennent de cultures de plein champ. Ces cultures peuvent être réalisées par des groupements maraîchers, notamment dans les régions du Sud. Dans l'Ouest de la France, des entreprises spécialisées sous-louent ou louent à la saison des terres propices au melon aux agriculteurs (deux cultures de melon sur la même terre ne doivent se succéder qu'à intervalle d'au moins cinq ans).. Ces parcelles doivent être préparées par l'agriculteur (travail du sol et fumure de fond), être irrigables et se situer à l'intérieur du périmètre d'action de la station de travail et de conditionnement de l'entreprise. Pour étaler les récoltes et ainsi optimiser l'offre commerciale de ce produit saisonnier, sur chaque station, on procède par semis échelonnés. Les récoltes les plus précoces sont les mieux valorisées.
Comme la température ne doit pas dépasser 35°C, les entreprises répartissent ces stations du Sud marocain (récolte à partir de fin février) à l'Anjou (dernières récoltes en septembre) en passant par l'Espagne. Par ailleurs,
En général, ces cultures sont conduites sur billon léger et sous mini-tunnels maraîchers (appelés chenilles) pour les premières semaines de culture avec des melons de type charentais car la température du sol doit être au moins de 15 °C. La mécanisation permet d'ajuster les charges : la même machine billonne, pose le système d'irrigation goutte-à-goutte et le plastique transparent de la chenille (video). Les melons sont plutôt semés que plantés et la fertilisation complémentaire est délivrée par le système d'irrigation (fertirrigation).. Les chenilles sont relevées par d'autres machines. La taille est réalisée par écimage mécanique. La récolte, poste important, est réalisée manuellement mais assistée par des machines assurant notamment la disponibilité et le cheminement des palox (caisses palettisées). gauche|vignette|Melons sur sol argilo-calcaire sous mini-tunnel (chenille). Extrémité du mini-tunnel. centré|vignette|Melons sous « chenilles », 20 mai 2022, Richelais, FrancePour s'assurer de la fidélité des consommateurs, les entreprises doivent ne proposer que des melons au goût sucré (ce qui n'est pas si évident dans un jardin). Un taux de sucre adéquat est assuré par le choix de parcelles bien orientées avec un sol à forte réserve en eau et par le choix de la variété. Il faut encore s'assurer de la santé des plantes (des traitements peuvent même être réalisés sous chenille avec des appareils à aiguilles), étaler et ajuster l'irrigation et la fumure azotée et soufrée, soigner l'équilibre Ca-Mg-K avec une forte fumure potassique de l'ordre de 300 unités K2O, réaliser des apports de précaution en oligo-éléments et éviter les stress aussi bien en culture qu'à la récolte. Enfin le taux de sucre est systématiquement testé à la récolte et des lots peuvent être éliminés.
Ces méthodes industrielles sont aussi parfois utilisées en agriculture biologique ; dans ce cas, on pratique une fumure organique, on préfère aux chenilles le paillage au sol avec du plastique noir pour éviter la prolifération des adventices et on choisit des variétés résistantes aux maladies..
Maladies Le melon a besoin d'un apport en eau régulier et d'un arrosage à la base en évitant de mouiller ses feuilles. Il est sensible à l'oïdium des cucurbitacées ; un bon paillage limite l'infection.
Il peut être sujet à la coulure et à la vitrescence.
Il est également sensible au Fusarium oxysporum, au mildiou et au virus mosaïque du concombre, de la pastèque et de la courgette, tous trois transmis par le même puceron (Aphis gossypii)..
La création de nouvelles variétés a permis d'améliorer la résistances à des maladies et des virus tels que Aphis, Fusarium, Podosphaera, Golovinomyces , Pseudoperenospora, MNSV, CMV, MWMV, ZYMV, PRSV.
Variétés cultivées
vignette|Melon brodé.