Manuel María Chaves González (), né le à Ceuta, est un homme politique espagnol. Il a été membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).
Bien qu'il soit issu d'une famille franquiste, il rejoint le Parti socialiste et l'Union générale des travailleurs (UGT) à la fin des années 1960. Il intègre la direction de l'UGT en et celle du PSOE en .
Il est nommé ministre du Travail en . Il fait face à une grève générale deux ans plus tard contre son projet de plan pour l'emploi des jeunes, qu'il retire. Il accède en à la présidence de la Junte d'Andalousie, qu'il conserve 19 ans. Sa longévité et son influence font de lui l'un des premiers « barons » du socialisme espagnol. En , il assume provisoirement la direction du PSOE après la défaite aux élections générales, puis devient président du parti sur proposition du nouveau secrétaire général José Luis Rodríguez Zapatero.
En , Zapatero l'appelle au gouvernement comme vice-président et ministre de la Politique territoriale afin de renforcer le poids politique de l'exécutif dans un contexte de crise économique. Il quitte le gouvernement après la défaite aux élections de 2011 puis la présidence du PSOE à la suite du congrès de 2012.
Il se retire de la vie politique entre et après avoir été mis en examen dans une affaire de fraude aux subventions publiques datant de sa présidence de l'Andalousie. Il est condamné en première instance en et son pourvoi en cassation est rejeté en . Saisi par lui, le Tribunal constitutionnel annule deux ans plus tard sa condamnation, considérant qu'elle viole ses droits fondamentaux.
Jeunesse et famille vignette|gauche|Manuel Chaves, fils d'un couple de franquistes convaincus, naît à Ceuta en . Manuel María Chaves González, parfois surnommé , naît le à Ceuta. Il est issu d'une fratrie de huit frères et une sœur.......
Ses deux parents sont des franquistes convaincus. Sa mère África González Iborra, morte à Séville en à , appartient à la Sección Femenina ; et son père Antonio Chaves Plá est un militaire ayant combattu pendant la guerre civile espagnole, désigné par la suite commandant en chef des troupes en Afrique du Nord et promu colonel en . Son grand-père Remigio González Lozana, originaire de Cordoue, est élu conseiller municipal de Ceuta en , puis nommé maire trois ans plus tard, juste après l'avènement de la dictature de Miguel Primo de Rivera...
Dans sa jeunesse, il vit avec ses parents dans des casernes à Cadix puis Séville. Il passe son baccalauréat au sein d'un lycée salésien à Utrera, au sud de la province de Séville, où il est interne.. Inscrit à l'université de Séville pour suivre un cursus en droit, il y obtient une licence. Au cours de ses études au sein de la faculté de droit, où il réussit son doctorat, il rencontre le futur président du gouvernement Felipe González ainsi que José Antonio Griñán, avec qui il partagera une grande partie de sa vie politique..
Il est marié avec Antonia Iborra, fille d'un militaire de San Roque. Ils ont deux enfants, Iván et Paula..
Débuts et ascension en politique Adhésion à l'UGT et au PSOE Il adhère en au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et à l'Union générale des travailleurs (UGT)., qui se trouvent à cette époque tous les deux dans la clandestinité. Il participe ainsi à la réorganisation du parti dans les provinces andalouses. Chargé de cours à l'université de Séville, il fait partie des fondateurs de la Fédération des travailleurs de l'enseignement (FETE-UGT) en .. Il devient professeur de droit du travail à l'université de Bilbao en , puis à l'université de Cordoue deux ans plus tard..
Il est élu en membre de la commission exécutive de l'UGT lors du , où il occupe un poste de secrétaire confédéral..
Député de Cadix vignette|gauche|Chaves postule à son premier mandat électoral dans la circonscription de Cadix en . Pour les élections législatives constituantes du , il est investi à tête de liste du Parti socialiste dans la circonscription de Cadix..
Son nom avait été envisagé initialement pour être quatrième ou cinquième dans la circonscription d'Alava, puis tête de liste dans celle de Badajoz, avant que le secrétaire à l'Organisation du PSOE Alfonso Guerra le choisisse pour Cadix, au détriment de Luis Yáñez. Devant donc se rendre dans la cité gaditane pour formuler officiellement sa candidature, sa voiture tombe en panne sur le trajet depuis Séville. Contraint à l'auto-stop, il passe la nuit chez le maire socialiste d'Alcalá de los Gazules Paco Aído et prend dans ses bras sa fille Bibiana, qui sera nommée ministre de l'Égalité en ..
Élu au Congrès des députés, il siège à la députation permanente, à la commission des Affaires étrangères, à la commission du Travail et à la commission de l'Urgence législative.. Il est réélu député de Cadix aux élections législatives du . Il participe à la commission du Travail, à la commission de l'Industrie et de l'Énergie, et à la commission de contrôle parlementaire sur la radiotélévision publique..
Responsabilités syndicales et politiques Le de l'UGT, qui se tient l'année suivante, le choisit le à pour occuper le poste de secrétaire à la Presse et à l'Information avec 82,3 % des suffrages exprimés. S'ils sont cinq députés socialistes à rejoindre l'exécutif du syndicat, il est le seul avec Jerónimo Saavedra à représenter la FETE-UGT.. Il intègre ensuite la commission exécutive fédérale du PSOE : avec 88,5 % des voix, il est désigné le secrétaire exécutif dans l'équipe formée par Felipe González au cours du fédéral..
Il conserve son mandat parlementaire lors des élections législatives anticipées du . Il retrouve la députation permanente et continue de siéger à la commission de la Politique sociale et de l'Emploi..
Il perd ses responsabilités lors du de l'UGT, qui se tient en . Remplacé par Miguel Ángel Ordóñez, ancien secrétaire à la Propagande, il redevient secrétaire confédéral, sans attribution particulière.. Il est réélu le membre de la commission exécutive fédérale du PSOE., où il occupe le poste de secrétaire aux Affaires économiques, sociales et syndicales, alors qu'il était initialement présenté comme un candidat sérieux aux fonctions stratégiques de secrétaire à l'Organisation, finalement confiées à Txiki Benegas..
À l'occasion des élections législatives anticipées du , il conquiert un quatrième mandat consécutif de député de Cadix.
Ministre du Travail vignette|gauche|Le secrétaire d'État allemand Wolfgang Vogt (à droite) reçoit Chaves en au ministère fédéral du Travail à Bonn. Place dans l'appareil socialiste et ugétiste Le suivant, Manuel Chaves est nommé à ministre du Travail et de la Sécurité sociale dans le deuxième gouvernement du président du gouvernement socialiste Felipe González..
Sa nomination, couplée au remplacement du ministre de l'Industrie Joan Majó par Luis Carlos Croissier et à la sortie du ministre de la Présidence Javier Moscoso, est perçue comme un du nouveau cabinet, même si le ministre de l'Économie et des Finances Carlos Solchaga est confirmé dans ses responsabilités.. Il est remplacé au sein de la direction de l'UGT par Luis Marcial Ruibera Vázquez au cours d'une séance du comité confédéral le . puis au sein de celle du PSOE par Francisco Fernández Marugán lors d'une réunion du comité fédéral le suivant..
Bien que son nom soit donné comme certain pour réintégrer la commission exécutive fédérale du PSOE pendant le , en ., il en est exclu au dernier moment et finalement élu le au comité fédéral, le parlement interne des socialistes, José María Maravall étant donc le seul ministre à intégrer la direction.. Il est placé en troisième position sur la liste de , derrière Juan Barranco mais devant Javier Sáenz de Cosculluela ou Fernando Morán.. Le suivant, le du PSOE de Cadix le porte à la présidence de la commission exécutive provinciale en remplacement du sénateur Rafael Román..
Grève générale de 1988 En conseil des ministres, il présente le le plan pour l'emploi des jeunes () qui prévoit, pour l'insertion sur le marché du travail des jeunes âgés de 16 à n'ayant jamais travaillé ou moins de trois mois d'expérience, la création d'un contrat temporaire de 6 à exempté de cotisations sociales (à l'exception des cotisations chômage et accident du travail). Le gouvernement prévoit , ce qui aurait un coût pour les finances sociales de de pesetas. Les syndicats et les organisations de jeunesse dénoncent un et indiquent préparer des mobilisations de tous types.. Chaves précise le lendemain que le plan sera accompagné de subventions aux entreprises pour qu'elles embauchent les jeunes après la fin de leur premier contrat, à hauteur de par salarié..
Environ trois semaines plus tard, l'UGT (proche du PSOE) et les Commissions ouvrières (CCOO, proches du PCE) convoquent pour le une grève générale sous le slogan . Les deux syndicats appellent au retrait du plan d'emploi des jeunes, à une augmentation de 2 % du pouvoir d'achat, à une hausse de la couverture chômage et à l'égalisation des plus basses pensions de retraite avec le salaire minimum. Chaves, comme le ministre de l'Économie Carlos Solchaga avant lui, estime qu'il s'agit d'une et qu'elle ne se justifie pas car cela fait plus d'un an et demi que les centrales syndicales refusent de négocier avec le gouvernement et le patronat les éléments de la politique économique espagnole...
La grève générale paralyse l'Espagne. L'UGT et les CCOO parlent de huit millions de travailleurs en grève tandis que manifestent à travers le pays. Les bourses de Madrid, Barcelone, Bilbao et Valence enregistrent un très faible volume d'échange, la plupart des journaux ne sont pas diffusés, la radiotélévision publique émet seulement de la musique et les informations. La plupart des petits commerces restent fermés...... Une semaine après la mobilisation, Felipe González annonce devant le Congrès des députés le retrait du plan d'emploi des jeunes..
Il remporte un nouveau mandat de député au cours des élections législatives anticipées du puis se voit reconduit au gouvernement.
Président de la Junte d'Andalousie Candidature vignette|Manuel Chaves est choisi, en dépit de ses réticences, par le numéro deux du PSOE Alfonso Guerra comme chef de file aux élections andalouses de 1990. Après avoir fait preuve d'une réticence non-dissimulée., Manuel Chaves déclare le qu'il est prêt à être candidat à la présidence de la Junte d'Andalousie lors des élections régionales de juin si le Parti socialiste en décide ainsi, insistant sur son respect de la « discipline du parti ».. Cette posture lui vaut d'être surnommé par , de la Gauche unie, « le candidat malgré lui » en référence à une pièce de Molière..
Cette décision, perçue comme un choix personnel et indiscutable du vice-secrétaire général du parti Alfonso Guerra, est confirmée le suivant lors d'une réunion à Madrid entre Txiki Benegas, le secrétaire général du PSOE d'Andalousie et le président sortant de la Junte José Rodríguez de la Borbolla.. L'investiture est accordée par la commission exécutive régionale (CER) dès le lendemain, en l'absence de Rodríguez de la Borbolla et de l'un de ses plus fidèles soutiens..
Sa candidature est ratifiée par le comité directeur lors d'une réunion à Séville le par pour et quatre abstentions. Sanjuán explique alors que Chaves a été désigné et qu'il est .. Luis Martínez Noval, qui garantit l'équilibre entre Solchaga et Guerra, est choisi pour prendre sa suite en tant que ministre du Travail.. Chaves est officiellement relevé de ses fonctions le .. Il part avec un sentiment d'inachevé, n'ayant pu faire voter la loi relative à la santé au travail et celle créant le Conseil économique et social.
Premières élections vignette|Chaves (à droite) reçu en par le vice-président du gouvernement Narcís Serra.