La gendarmerie mobile est une subdivision d'arme de la Gendarmerie nationaleLe mot « gendarmerie », lorsqu'il désigne l'organisme d’État à caractère unique, e.g. dans les expressions « la Gendarmerie » ou « la Gendarmerie nationale », prend une majuscule comme cela est préconisé dans l'article sur les Wikipédia:Conventions typographiques, notamment au § Organismes uniques et au § Unités militaires ; dans les autres cas, il garde la minuscule, comme pour la « gendarmerie mobile » ou les « forces de gendarmerie ». française spécialisée dans le maintien ou le rétablissement de l'ordre. Dans ses missions quotidiennes, elle participe à la sécurité publique générale aux côtés de la gendarmerie départementale. Elle effectue également des missions militaires, tant dans le territoire national qu'en opérations extérieures (OPEX) des forces armées françaises.

Comme son nom l’indique, elle est constituée d’unités mobiles capables d’intervenir dans l’ensemble du territoire français (métropolitain et outre-mer) ou en opérations extérieures. Le statut militaire de ses personnels facilite leur emploi dans un large éventail de situations, allant de la paix civile aux opérations extérieures.

Sa création en 1921 répond à la prise de conscience de la nécessité de disposer au sein de la Gendarmerie d’une force spécialisée dans le maintien de l'ordre, pour compléter l’action de la police et surtout pour éviter l’emploi de l’armée, avec tous les risques que celui-ci comporte (fraternisation ou, à l'opposé, usage de violence excessive).

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Police nationale se dote également d’unités mobiles : les groupes mobiles de réserveLeur création — et donc indirectement celle des CRS à la fin de la guerre — est une conséquence directe de la dissolution de la garde républicaine mobile, qui n'avait été compensée que très partiellement par la création de la Garde. (GMR) auxquels succèdent en 1944 les Compagnies républicaines de sécurité ou CRS, unités avec lesquelles les forces de gendarmerie mobile sont souvent confonduesLors des opérations de maintien de l'ordre, le grand public, parfois même la presse, qualifie souvent de CRS tout membre des forces de l'ordre portant un casque.. Les compagnies de CRS et les escadrons de gendarmerie mobile sont désignés par l'appellation commune d'Unité de force mobileRapport public annuel de 2017 sur l'emploi des forces mobiles , Cour des comptes, février 2017, consulté le .

Au sein de la Gendarmerie, la gendarmerie mobile est surnommée « la jaune » en raison de la couleur dorée de ses galons (historiquement, couleur des armes à pied)La gendarmerie départementale, elle est appelée « la blanche » en raison de la couleur argentée des siens (historiquement, couleur des armes à cheval). Les médias, ou plus rarement le grand public, utilisent parfois les termes de « gardes mobiles » pour qualifier les gendarmes mobilesCe terme provient de l'ancienne appellation de la gendarmerie mobile qui était « garde républicaine mobile ».

C'était, en France, l'un des seuls métiers, avec celui de légionnaire, encore récemment interdit aux femmes, car seuls les emplois d'officiers leur étaient ouverts. L'intégration des sous-officiers féminins, qui a débuté en 2015 sous forme d'expérimentationDans son numéro 369 de , le magazine Gend'Info mentionne l'annonce par le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) le que la démarche de « préfiguration de la féminisation en gendarmerie mobile » serait lancée en . Dans son numéro 375 de mars 2015, le magazine annonce l'intégration d'une trentaine de personnels féminins dans les escadrons 11/1 (Satory), 21/2 (Mont-de-Marsan) et 11/5 (Sathonay-Camp) et avril et juin 2015 dans le cadre d'une première phase expérimentale devant s'achever à la fin du premier semestre 2016, et au terme de laquelle une évaluation sera conduite afin de « déterminer les modalités de sa généralisation »., a été confirmée en Généralisation de l'intégration des femmes dans les escadrons de gendarmerie mobile, site de l'Essor de la Gendarmerie, consulté le 22 juin 2016 .

Histoire

vignette|Képi de capitaine de la gendarmerie mobile. Le terme « mobile » a été utilisé à de nombreuses reprises au cours des et pour qualifier des unités éphémères de gendarmerie : colonnes mobiles, bataillons mobiles. Ces unités étaient dissoutes après les résolutions des crises qui avaient justifié leurs créations.

En France, jusqu'au début des années 1920, seules les grandes métropoles — et notamment Paris — disposent de forces de police suffisamment nombreuses et entraînées pour intervenir efficacement lors des manifestations. Quant à la Gendarmerie, elle mobilise en cas de besoin des pelotons de « troupes supplétives » Le terme « troupe supplétive » est fréquemment employé dans les documents officiels de l'époque (voir Archives du Service Historique de la Défense — par exemple carton GR 9N272). Par la suite, on parlera plutôt de Pelotons de Gendarmerie de Réserve Ministérielle (PGRM).. Ces pelotons sont constitués de gendarmes prélevés dans les brigades à raison d'un ou deux hommes par brigade. Ils ne sont donc ni formés pour le maintien de l'ordre ni encadrés par leurs chefs habituels. De plus, leurs absences — souvent prolongées — désorganisent le service. Le recours à l'armée en renfort de la police ou de la gendarmerie reste donc fréquent pour contenir ou pour réprimer les mouvements sociaux, avec des conséquences parfois désastreuses : fraternisation entre les manifestants et les conscrits ou, au contraire, usage excessif de la violence allant jusqu'à l'ouverture inopportune du feu. Le besoin d'une force spécialisée dans le maintien de l'ordre ne fait toutefois pas l'unanimité car il nécessite d'être financé. De plus, certains responsables politiques redoutent la création d'une nouvelle « garde prétorienne »Voir notamment : Les origines de la Garde républicaine mobile. Colonet Viet. Mémorial de la Gendarmerie. Voir également : La Gendarmerie Mobile (de 1921 à 1937). Sa création, sa montée en puissance et son adaptation aux opérations majeures de maintien de l'ordre entre les deux guerres. François Alègre de la Soujeole (capitaine). Mémoire de Maîtrise, Université Paris I Panthéon Sorbonne, 1990.

En 1921 sont créés les premiers pelotons mobiles de gendarmerie au sein de la gendarmerie départementale. Leur mission principale est le maintien de l'ordre mais ils assurent également des missions de formation, de renfort de la gendarmerie départementale ainsi que des missions militaires. vignette|Cavaliers de la GRM et émeutiers — Place de la Concorde — 7 février 1934. vignette|Gendarmes mobiles lors d'une manifestation — années 1970. En 1926, les pelotons mobiles prennent l'appellation de Garde républicaine mobile (GRM). La GRM devient une subdivision de la gendarmerie nationale en 1927. Organisée en compagnies, en groupes et en légions, elle monte progressivement en puissance pour atteindre un effectif de en 1939.

Seule force spécialisée dans le maintien de l’ordre durant la période de l’avant-guerre, la garde républicaine mobile en développe et en perfectionne les principes fondamentaux : canaliser les foules, retarder l’usage de la violence, toujours laisser une porte de sortie aux manifestants. Les gardes sont formés par de nombreuses présentations et conférences aux thèmes de la psychologie des foules, de la légitime défense et de la maîtrise de soiHistoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007..

Lors de la mobilisation de 1939, un tiers de ses officiers et des et gradés est intégré dans l'Armée de terre. Certaines de ses formations — telles que le de chars de combat de la gendarmerie — se battent en première ligne en unités constituées.

Les autorités allemandes exigent la dissolution de la GRM après l'armistice de 1940. Elle est partiellement remplacée en zone sud dite libre par la Garde, une nouvelle organisation, séparée de la gendarmerie et placée sous l'autorité de la Direction de la Cavalerie, du Train et de la Garde dans l'armée d'armisticeComme la Garde est placée sous l'autorité de la Direction de la Cavalerie, l'unité élémentaire n'est plus la compagnie mais l'escadron. Cette appellation sera conservée lors de la réintégration dans la Gendarmerie en 1944.. Après l'invasion de la zone libre en , l'armée d'armistice est dissoute et la garde passe sous la responsabilité du ministère de l'intérieur.

Réunie à la gendarmerie en 1944, elle prend l'appellation de garde républicaine jusqu'au décret du , qui change son nom en : gendarmerie mobile.

Son activité principale redevient le maintien de l'ordre. Elle participe également aux conflits d'Indochine et d'Algérie. Après la fin de la guerre d'Algérie, elle reçoit davantage de missions d'assistance à la gendarmerie départementale ainsi que des missions de défense opérationnelle du territoire (DOT).

Les leçons des événements de et des crises de la fin du la conduisent à faire évoluer ses tactiques et à moderniser considérablement ses équipements. En 1969, est créé à Saint-Astier le Centre de perfectionnement de la gendarmerie mobile (CPGM), redésigné par la suite, Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG).

Au cours des années 1970 sont formées en son sein des unités spécialisées : (escadron parachutiste à Mont-de-Marsan en 1971 et équipe commando régionale d'intervention (ECRI) à Maisons-Alfort en 1973) qui donnent naissance au Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN)Un premier GIGN est formé le au sein de l'escadron parachutiste de Mont-de-Marsan, avant de devenir le le GIGN tandis que l'ECRI de Maisons-Alfort, créée le , devient GIGN à la même date (à cette époque, la gendarmerie envisageait de créer un GIGN dans chaque région militaire). Puis le , les deux GIGN 1 et 4 sont dissous et fondus le juin de la même année en une seule unité basée à Maisons-Alfort, dénommée GIGN, unité qui, après son déménagement à Satory en 1982, sera rejointe en 1983 au sein d'une nouvelle formation appelée GSIGN (Groupement de Sécurité et d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) par l'escadron parachutiste, qui devient à cette occasion EPIGN (Escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale). D'autres unités les rejoindont et notamment en 1983 le GSPR (Groupe de Sécurité de la Présidence de la République). Finalement en 2007, le GSIGN est réorganisé et rebaptisé GIGN, les anciens GIGN, EPIGN et GSPR, fournissant les principales composantes de la nouvelle organisation. Source : Collectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, . À partir de 2004, sont formées des unités d'intervention interrégionales : les antennes du GIGN (AGIGN)Ces unités ont été désignées initialement PI2G (peloton d'intervention de ) puis peloton d'intervention interrégional de Gendarmerie, avant d'être renommées antennes du GIGN en 2016 qui ont été entièrement intégrées au GIGN en 2021.

Force de réserve gouvernementale, déployée en permanence outre-mer et régulièrement engagée dans les crises et conflits aux côtés de l'Armée de terre, son cœur de métier reste le maintien de l'ordre même si la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI) du renforce encore son rôle et ses missions de sécurité générale.

En 2009, la gendarmerie est rattachée au ministère de l'intérieur tout en conservant son statut militaire, des liens particuliers avec le ministère de la défense et certaines missions à caractère militaire.

Jusqu'en 2015, il existait des unités de réserve de gendarmerie mobile (escadrons dérivés ou EDGM puis escadrons de réserve ou ERGM). Ces unités ont été dissoutes lors de la fusion des réserves de la gendarmerie départementale, de la gendarmerie mobile et de la garde républicaine, les réservistes étant réaffectés au sein de compagnies de réserve territoriale (CRT).

Missions et emploi