vignette|Feu dans la forêt nationale de Bitterroot en 2000 (Montana). vignette|Rim Fire est l'un des plus grands incendies connus en Californie, et le plus important pour la Sierra Nevada ; il détruisit de forêt près du parc national de Yosemite en 2013. CBS Channel 13, Sacramento 29 septembre 2013.. NBC News..
Un feu de forêt est un incendie qui se propage sur une étendue boisée. Il peut être d'origine naturelle (dû à la foudre ou à une éruption volcanique) ou humaine (intentionnel et criminel ou involontaire et accidentel à partir de feux agricoles ou allumés pour « l'entretien » de layons ou des zones ouvertes pour la chasse par exemple).
Par souci écologique ou de réduction du risque de grands feux, quand le milieu, le contexte et la législation le permettent, on peut localement utiliser des « feux contrôlés ».
L'étude des microcharbons préhistoriques montre que l'humain a joué un rôle dans de nombreux incendies, volontaires ou non, depuis la PréhistoireDaniau A.L (2008) Variabilité des incendies en Europe de l'Ouest au cours du dernier cycle climatique: relations avec le climat et les populations paléolithiques. Étude des microcharbons préservés dans les carottes marines (Doctoral dissertation, Universite Bordeaux1; Université Sciences et Technologies-Bordeaux I).. Aujourd'hui encore, la plupart des feux sont volontaires (déboisement à fin de mise en culture), voire criminels. Ils ont souvent pour origine une imprudence (barbecue, mégot de cigarette, écobuage) et pas seulement dans les pays secs.
Les grands feux de forêt tuent un grand nombre d'organismes vivants, et leur répétition peut durablement compromettre l'écosystème forestier.. Ils génèrent localement et à distance une pollution de l'air, des eaux et des sols et affectent la santé des pompiers (et au-delà la santé publique car leur fumée expose les yeux et les poumons à des concentrations nocives de divers polluants).
Le changement climatique dû à l'activité humaine, essentiellement provoqué par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz qui génère des gaz à effet de serre, a d'ores et déjà pour effet d'augmenter significativement le risque de feux de forêt et leur intensité, en raison de la multiplication des sécheresses et la hausse des températures. Si le réchauffement n'est pas interrompu grâce à la neutralité carbone, il est prévu qu'à mesure qu'il se poursuit, le risque d'incendies continuera à augmenter.
Par ailleurs, les feux de forêt contribuent également au réchauffement climatique : lorsque les forêts brûlent, elles réémettent dans l'atmosphère le carbone qu'elles stockaient, qui est un gaz à effet de serre. La hausse du risque de feux de forêt est susceptible de limiter le rôle de puits de carbone qu'assurent les forêts et ainsi, par une rétroaction climatique, d'aggraver le réchauffement.
L'attention médiatique se porte souvent sur la forêt amazonienne. ou les forêts de Bornéo, mais les feux touchent surtout l'Afrique : 70 % des surfaces forestières brulées sont africaines....., généralement pour l'agriculture sur brûlis, pratiquée depuis près de ..
Histoire La foudre et les volcans sont des sources d'incendies de forêt, dont on trouve des preuves paléontologiques (via les fossiles de plantes rhyniophytoïdes conservés dans les couches de charbon, par exemple dans les Marches galloises) datent au moins du Silurien ( d'années environ). Des feux de surface couvants et produisant du charbon de bois sont connus avant le début du Dévonien ( d'années environ) ; à cette époque la teneur de l'air en oxygène était plus basse, et moins propice aux feux (on voit une diminution de l'abondance du charbon de bois)Glasspool IJ; Edwards D; Axe L (2004) "Charcoal in the Silurian as evidence for the earliest wildfire". Geology. 32 (5): 381–383. Bibcode:2004Geo....32..381G. doi:10.1130/G20363.1.Edwards D, Axe L (avril 2004). "Anatomical Evidence in the Detection of the Earliest Wildfires". PALAIOS. 19 (2): 113–128. Bibcode:2004Palai..19..113E. doi:10.1669/0883-1351(2004)019<0113:AEITDO>2.0.CO;2. .. Des charbons de bois fossilisés suggèrent que les incendies se sont poursuivis pendant tout le Carbonifère. Plus tard, l'accroissement global du taux d'oxygène de l'air (passé de 13 % au Dévonien tardif à 30-31 % au Permien supérieur) s'est accompagné d'une répartition plus étendue des incendies de forêt et probablement d'une fréquence accrueScott, C.; Glasspool, J. (Jul 2006). "" (Free full text). Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America. 103 (29): 10861–10865. Bibcode:2006PNAS..10310861S. doi:10.1073/pnas.0604090103. . . .. Plus tard, une diminution des dépôts de charbon de bois liés aux incendies de forêt du Permien supérieur au Trias est expliquée par une diminution des niveaux d'oxygènePausas and Keeley, 594.
Au Paléozoïque et au Mésozoïque les incendies ont diminué, pour être probablement comparables à ce qu'ils étaient au début de l'Anthropocène, en lien notamment avec les saisons sèches et humides, par exemple dans les forêts de progymnospermes du Dévonien et du Carbonifère. Les archives fossiles des paléopaysages dominés par le Lepidodendron de la période carbonifère présentent des pics calcinés. Les archives fossiles des forêts de gymnospermes du Jurassique témoignent aussi d'incendies fréquents mais légers.Une augmentation des incendies se manifeste à la fin du TertiaireHistorically, the Cenozoic has been divided up into the Quaternary and Tertiary sub-eras, as well as the Neogene and Paleogene periods. . recognizes a slightly extended Quaternary as well as the Paleogene and a truncated Neogene, the Tertiary having been demoted to informal status. ; elle est probablement due à la dispersion sur une partie de la planète d'un nouveau type de graminées (dite en C4), très inflammables, qui ont probablement formé des prairies ou savanes brûlant périodiquement sur des terres antérieurement boiséesPausas and Keeley, 595. Certains habitats propices aux incendies ont sans doute coévolué avec des arbres et autres espèces dites pyrophytes, c'est-à-dire relativement résilients aux incendies (par exemple pour les arbres, des genres Eucalyptus, Pinus et Sequoia, dotés d'une écorce épaisse et peu combustible permettant à ces arbres d'utiliser la sérotinie"" Archivé le sur la Wayback Machine..
Dans la période récente, notamment après la maîtrise du feu par les premiers humains, les incendies de forêts ont parfois été très importants, à échelle continentale comme en Australie. Des preuves archéologiques, et des témoignages écrits historiques le montrent, y compris pour des périodes récentes dans le nord de la France, par exemple en forêt de Raismes-Saint-Amand-WallersDubois Jean-Jacques (1975) L'environnement forestier de la Métropole-Nord et du Bassin Houiller. Hommes et Terres du Nord, 2(2), 61-77. (voir page 7/19 de la version PDF). Des historiens ont spécifiquement étudié cette question, dont en France Henri AmouricHenri Amouric (1992), Le feu à l'épreuve du temps, Aix-en-Provence : Narration, 255 p.. Les archives montrent un risque relativement cyclique (des décennies relativement calmes succédant à d'autres plus propices aux feux).
Causes Naturelles et humaines Les services forestiers américains et canadiens ont, les premiers, expérimenté une méthode d'analyse des causes d'incendies de forêt dans les années 1950. Ils ont été suivis en Europe, par le Portugal en 1989, puis par l'Espagne en 1991.. Les méthodes de recherche utilisées en Espagne, au Portugal et aux États-Unis ont été adaptées en 2008 au contexte français et mises à disposition des différents acteurs intervenant dans la recherche des causes de départ de feu sous la forme d'un guide de référence.
Une étude réalisée par Irstea à partir des données fournies par Prométhée (une base de données sur les incendies de forêts dans les 15 départements méditerranéens français) entre 1996 et 2006, a permis d'établir des statistiques sur les causes de départs de feux. : causes inconnues : plus de 30 % causes naturelles (la foudre par exemple) : 8 % des causes connues. Cette proportion est beaucoup plus élevée dans d'autres pays où la forêt recouvre un grand territoire, jusqu'à 30 % au Québec., avec de grandes surfaces concernées. causes humaines : involontaires liées à des actes d'imprudence (jets de mégots) ou à des accidents (circulation en forêt ou en périphérie, lignes électriques, dépôts d'ordures, brûlage de rémanents…) : plus de 50 % des causes connues ; volontaires, comme des actes de pyromanie, de vengeance ou de stratégie politique ou administrative : 39 % des causes connues.
Différentes bases de données répertorient en France et en Europe les données sur les feux déclarés dans les espaces naturels et les forêts, quelle que soit leur surface.. « Grâce aux informations collectées sur les feux, les bases de données permettent l'analyse spatio-temporelle du nombre des feux, de la surface brûlée ou des causes de départ de feux. Une meilleure prévention des départs de feu est alors possible ».. Compte tenu de l'hétérogénéité des données liées aux causes de départ de feux, un travail d'harmonisation a été réalisé 2009, à la demande de l'Union européenne (coordination Irstea et financement JRC). Ces données normalisées sont désormais consultables sur la plateforme EFFIS (European Forest Fire Information System).. Au Québec, des données statistiques de feux de forêts classés par cause sont disponibles sur le site de la SOPFEU.
Effets du changement climatique Le réchauffement climatique d'origine humaine, provoqué pour l'essentiel par l'usage des énergies fossiles, exacerbe d'ores et déjà le risque de feux de forêt.. ; il est attendu que cet effet aggravant se prolonge tant que le réchauffement se poursuivra..
Le premier groupe de travail du sixième rapport d'évaluation du GIEC, paru de 2021 à 2023, indique avec une confiance moyenne que au cours du siècle passé... Il projette en outre avec une confiance élevée que ces conditions favorables seront plus fréquentes dans certaines régions du globe si le réchauffement se poursuit..
Toujours avec une confiance moyenne, le deuxième groupe de travail du GIEC projette qu'avec une hausse de températures de depuis la période pré-industrielle, les surfaces brûlées augmenteraient de 35 %, tandis qu'une hausse de la température de à l'horizon 2100 conduirait à une hausse de 50 à 70 % des surfaces brûlées et à une hausse de 30 % de la fréquence des feux de forêt... Il est également projeté avec une confiance moyenne que la multiplication des feux de forêts participe, avec d'autres impacts du changement climatique tels que le dépérissement forestier, les invasions d'insectes ravageurs ou le dégel du pergélisol, à réduire la capacité d'absorption du carbone de certains écosystèmes jusqu'alors puits de carbone et les transforment en émetteurs nets ; il s'agit d'une rétroaction climatique positive susceptible d'accroître encore le réchauffement.
L'accroissement du nombre et de l'intensité des feux de forêts ainsi que de la mortalité des arbres peut en outre réduire l'infiltration des eaux et ainsi favoriser par son ruissellement l'érosion et les inondations, indique le GIEC dans ce même rapport. Les fumées et gaz toxiques générés par les incendies devraient aussi conduire à une hausse de la morbidité et de la mortalité dues aux maladies cardiovasculaires .
Mécanisme Lorsque les réserves d'eau du sol sont entre 100 et 30 %, l'évaporation de l'eau des plantes est compensée par l'eau puisée dans la réserve du sol et un peu par le phénomène de rosée. En dessous de ce seuil, la plante ne peut plus s'hydrater, et chez certaines espèces ce sont les essences de la plante qui s'évaporent. En cas de sècheresse prolongée, on a donc d'une part une atmosphère contenant des essences inflammables, et d'autre part des plantes très sèches donc très inflammables.