Bréhand est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne. La commune est connue au Moyen Âge pour sa production commerciale de vin, de chanvre et de lin.

Géographie Situation Bréhand est située dans l'ancien canton de Moncontour et désormais dans le canton de Plénée-Jugon, à au sud de Lamballe sur l’axe Lamballe-LoudéacSource : site internet de la commune. vignette|gauche|Carte de Bréhand et des communes avoisinantes.

Relief et paysages Le point le plus haut de la commune () se trouve tout près de la Ville-ès-Renault à la limite de Trébry, à l'extrémité sud de la commune, et le point le plus bas () est près du Refus à la limite de Quessoy, dans l'angle nord-ouest du finage communal. Le bourg est vers 85 mètres d'altitude.

La superficie de Bréhand est de hectares dont hectares de surface agricole utilisée.

Géologie

Le groupe Lessard, qui possède en tout 10 carrières (7 dans les Côtes-d'Armor et 3 dans le Morbihan), exploite celle du Pont de Pierre, vaste de , et dont le permis d'exploitation date du pour une durée de ; la roche extraite est de la cornéenne à amphibole et la production en 2025 de tonnes par jour..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Évron, la Truite et le Margot..

L'Évron constitue la limite ouest de la commune. D'une longueur de , il prend sa source dans la commune de Plémy et se jette dans le Gouessant à Lamballe-Armor, après avoir traversé ..

La Truite, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Trébry et se jette dans le Gouessant à Coëtmieux, après avoir traversé ..

Le Margot, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Trébry et se jette dans l'Évron à Quessoy, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BréhandLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Quintenic à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports La commune est traversée par les routes départementales : R.D. 768 Lamballe-Loudéac (ancienne Route nationale 168), Cet axe routier passe dans la partie de la commune, à près d'un kilomètre à l'ouest du bourg. R.D. 80 Saint-Brieuc-Jugon, R.D. 35 Hénon-Bréhand, R.D. 44 Moncontour-Jugon. Elle a en outre de voies communales.

Habitat et paysages

Bréhand présente un paysage traditionnel de bocage avec un habitat dispersé formé de hameaux ("villages") et fermes isolées. La commune a conservé pour l'essentiel son caractère rural ; toutefois une certaine rurbanisation est perceptible à l'ouest du bourg, en direction de la D 768 et du quartier du Vau Jaune.

Urbanisme Typologie Au , Bréhand est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (95,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (65,1 %), zones agricoles hétérogènes (20,9 %), prairies (8,5 %), zones urbanisées (3,1 %), mines, décharges et chantiers (2,2 %), forêts (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La localité est attestée sous les formes suivantes : Brehan en 1121., Brehand en 1124, Eccl. de Brehant en 1120-1126, Brehant en 1132., vers 1160, en 1200, en 1208 et en 1218., Brihan en 1158, Brehant Moncontor en 1225, par. de Brehant en 1274, Brehan en 1317, Brehant prope Mocontour en 1371, Brehant en 1427, Brehant-Moncontour en 1435, Brehant en 1444 et en en 1480, Brehant Montcontour en 1514, Brehanlt Montcontour en 1516, Brehant en 1536, Brehand en 1569, Brehan Mon(cont)our en 1569, Brehand Moncontour en 1741, Bréhand Moncontour en 1740, Brehant Montcontour en 1760, Brehan Moncontour en 1771, Brehand-Moncontour en 1779 et en 1815 et Brehand vers 1850.

La localité est souvent dénommée Bréhand-Moncontour pour mieux la différencier de sa quasi-homonyme Bréhan.

Selon Jean-Yves Le Moing, le nom de Bréhand est un toponyme fondé sur un anthroponyme d'origine celtique . Bernard Tanguy signale que cet anthroponyme a souvent été associé à l'hagionyme gallois Brychan mais estime que la persistance du -t final dans les formes anciennes permet de rapprocher le toponyme de la forme galloise Brehant Dincat. Cette forme est citée comme une contrée du Pays de Galles dans la Vie de saint Paul-Aurélien en 884. Brehant y est notamment glosé par le terme guttur « gorge ». Selon cette hypothèse, Bréhand aurait donc un sens descriptif de nature topographique.

En gallo, langue d’oïl parlée traditionnellement en Haute-Bretagne et essentiellement orale, Bernard Tanguy transcrit la forme gallèse parlée sous la graphie Bréhan.. L'association Chubri relève plusieurs attestations orales et écrites et restitue les prononciations et qu'elle retranscrit respectivement sous les forme Beran et Bré·an.

La forme bretonne normalisée proposée par la Commission de Toponymie de l'Institut culturel de Bretagne en 1995 puis par l'Office public de la langue bretonne est Brehant-Monkontour.. Le complément Monkontour est le nom de la ville voisine Moncontour en breton..

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 11,6 % des toponymes de la commune sont d'origine bretonne.

Histoire Préhistoire Au début de l'Âge du bronze, une communauté active s'implante sur le territoire de Bréhand. Au millénaire avant notre ère, cette communauté élève un cairn dominant la plaine de Saint-Malo. L'exploitation de ces terres est lucrative, et la communauté produit de nombreux outils et objets en métalSelon le site officiel de la commune et le site fr.topic-topos.com.

46 haches à douille furent trouvées en 1854, dans un pot enfoui à de profondeur, près du moulin à vent de Mi-Voie en Bréhand..

Antiquité

Moyen Âge

Bréhand-Moncontour serait une ancienne paroisse de l'Armorique qui englobait, outre Bréhand, Trébry, Trédaniel et Trégenestre. L'église de Bréhant [Bréhand] est mentionnée pour la première fois vers 1132 et la paroisse en 1274 dans des chartes du cartulaire de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes..

Selon Jean-Baptiste Ogée, l'église de Bréhand appartenait en 1100 à des laïques qui en jouissaient depuis longtemps par héritage, avant qu'en 1131 Jean , évêque de Saint-Brieuc, ne la donnât à l'abbaye Saint-Melaine de Rennes qui en conserva le droit de présentationLe droit de présentation est le droit pour la personne physique ou morale qui en est titulaire, de proposer un candidat à l'évêque chargé de la nomination.. Il écrit aussi qu'en 1500 Bréhand possédait les terres nobles suivantes : la Ville-Éon, à Guillaume Roquet ; le Vau-Theal, Beauvais et la Ville-Rouxel, à Jean Gouyon ; le Bouhardi [Boishardy], à Gouyon-le-Forestier ; le Camby [Quemby], au sieur de Kermené ; la Ville-Morhan, à Pierre Chalon ; la Ville-Kermarquer, à Jacques Poulain ; le Greneil [le Greny], à Mathurin Le Chartier ; la Ville-Louet, à Guillemette Rougeault et le Guengo le Quengo] à Raoul-le-Forestier..

Le 3 septembre 1220, une charte de évêque de Saint-Brieuc, saint Guillaume III Pinchon, révèle la variété et la qualité des productions agricoles de Bréhand : cultures traditionnelles, mais aussi lin et chanvre, qu'utilise l'industrie textile, et même vignobles. Les nombreux propriétaires terriens de Bréhand s'investissent alors dans l'administration de la châtellenie dont Moncontour est le chef-lieu, et interviennent parfois dans les conflits entre la France et l'Angleterre.

Dès 1337, Guillaume de Bréhant, dit Launay du nom de la terre qu'il reçut en partage, défend aux côtés de Bertrand du Guesclin la cause de Jeanne de Penthièvre lors de la Guerre de Succession de Bretagne.

Renaissance En 1607, le regaire de Bréhand est acheté par Olivier du Gouray.

Temps modernes Selon le Pouillé de Tours écrit en 1648 une chapellenie des Fermes existait alors dans la paroisse.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Bréhand en 1778 :

Le même auteur précise aussi que Launay-Madeuc, Launay-Gouray et Beauvais, qui appartiennent alors au marquis de Langeron, disposent des droits de haute, moyenne et basse justice, qui s'exercent dans la basse salle de Moncontour, qui appartient à M. de Resnon.

Révolution française L'assemblée électorale des paroissiens de Bréhand-Moncontour, préparatoire aux États généraux de 1789, se réunit « au lieu ordinaire des délibérations » sous la présidence de René-Charles Loncle des Aleux, sénéchal de la juridiction de Bréhand en présence de 35 paroissiens ; deux députés chargés de représenter la paroisse à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée sont élus : François LegrandC'est probablement lui qui fut brièvement maire de Bréhand en 1808.et Jean GarnierJean Garnier fut par la suite maire de Bréhand entre 1794 et 1799. ; un cahier de doléances est rédigé..