La Savoie Propre ou Savoie-Propre, pour « proprement dite »., est une région naturelle et une région historique de la Savoie. Elle est successivement un pagus bourguignon (), un bailliage puis une province administrative (de 1723 à 1860) dans l'organisation territoriale du comté, puis du duché de Savoie.
Ce territoire porte parfois le nom de Savoie Ducale en raison de la présence de Chambéry sur ces terres, capitale du duché de 1295 à 1563, ou encore de Savoie basseDictionnaire du Duché de Savoie (1840, tome II), réédité par L'Histoire en Savoie, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, n°9, 2005, (lire en ligne)..
Géographie
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La province de Savoie Propre correspond approximativement à l'actuel arrondissement de Chambéry. Ainsi on retrouve le Beaufortain avec Beaufort-sur-Doron, les Bauges avec Le Châtelard, la Combe de Savoie avec Montmélian, le val du Bourget avec Chambéry et Aix, l'Avant-pays savoyard et l'Albanais avec Rumilly (partagée aujourd'hui avec la Haute-Savoie).
Elle est bornée à l'ouest par l'ancien « » (Bugey), à l'est par la Tarentaise, au sud par le Dauphiné et le Viennois, au nord par le « », le pays de l'Albanais et le Genevois.
Histoire L'histoire de la Savoie Propre est décrite en grande partie dans les articles connexes de l'Histoire de la Savoie. Cette section ne traite donc que des points spécifiques à cette province.
Origine bourguignonne de la région vignette|gauche|Pagi de la bourgogne viennoise à l'époque carolingienne.
La Savoie propre (le pagus Savogensis) apparait au IXe siècle pour la première fois au cœur du Royaume de Bourgogne dans la province de la bourgogne cisjurane. La Savoie Propre, cœur de l'État humbertien, se confond ensuite avec le comté de Savoie, avant que celui-ci et surtout son titre ne prenne une dimension territoriale dépassant les limites de l'actuelle région.
Six actes le mentionnent entre la fin du et 1036 sous les formes , ou encore ..Les différents actes sont étudiés dans le volume 3 de la thèse de Laurent Ripart, « Les fondements idéologiques du pouvoir des comtes de la maison de Savoie (de la fin du ) », Université de Nice, 1999, 3 volumes (sous la direction d'Henri Bresc).Mention faites dans la , in Revue savoisienne, Académie florimontane, 1867, p.51. Ou encore dans le capitulaire appelé testament de Charlemagne.. Toutefois, le territoire, non organisé, trouve son origine au , où il est mentionné dans le testament du patrice Abbon (en 739) puis dans ou de Charlemagne (en 806).. Dans ce dernier document, la vaste carolingienne se confond avec le plus petit du .
donne les cités de Chavord, de Lémenc et d'Aix à sa femme Ermengarde en 866. Cette donation démontrerait que l'ensemble serait détenu par l'empereur Louis. Ainsi la Savoie Propre antique correspondrait au territoire formé par les mandements d'Aix, de Chambéry, de Montmélian et de La Rochette. Espace secondaire, il n'est pas organisé en comté et ne représente d'ailleurs qu'un décanat (voir ci-après), dépendant de l'évêché de Grenoble, situé dans le Dauphiné voisin. Le pagus Savogensis fait ensuite partie du royaume de Basse-Bourgogne en 855 puis du second royaume de Bourgogne en 933.
Un État du comté de Savoie Mentionné comte en 1003, mais sans autre précision, Humbert semble détenir des droits sur le comté de Savoie (le titre est mentionné pour la première fois qu'en 1143).
Du , la Savoie Propre est l'un des treize bailliages importants des États de Savoie avec comme chef-lieu Montmélian, qui (et non Chambéry). En effet, ce bourg possède une forteresse naturelle très vite transformée en citadelle, lui permettant de contrôler la combe de Savoie (débouché naturel de la Tarentaise et de la Maurienne), et au loin les Marches donnant accès au Dauphiné, ainsi qu'un pont sur l'Isère. En 1324, le comté de Savoie est réparti en huit bailliages dont celui de la Savoie, dont fait partie la Savoie Propre, qui comporte 17 châtellenies, sur un total de 77. Le bailliage de Savoie Propre regroupe, plus tard, quatorze châtellenies.
Le châtelain de Montmélian est d'ailleurs régulièrement le bailli de Savoie.. Il est le représentant du comte, c'est celui qui gère le territoire dans les domaines des finances, de la justice mais aussi militaire.
Une province du duché de Savoie (1723-1860) Au , Victor-Amédée II de Savoie met en place une nouvelle organisation administrative créant ainsi une intendance générale, reprenant l'ancien duché de Savoie, et cinq intendances de province. Ainsi en 1723, le duché de Savoie est divisée administrativement en 6 provinces et 2 bailliages, dont la Savoie-Propre, le Genevois, le Faucigny, le Chablais, la Maurienne, la Tarentaise, et les bailliages de Ternier et de Gaillard. La province de Savoie Propre réunit 204 paroisses en 1723, et s'agrandit de dix par l'édit du .
À la suite de l'entrée du général Montesquiou, le , la province intègre la République française avec le décret du 27 novembre 1792, sous la dénomination du département du Mont-Blanc. Ainsi sur les sept nouveaux districts créés, celui de Chambéry est divisé en 22 cantons, regroupant 183 communes.
Par la loi du (), le département est réorganisé (amputé en partie en 1798 avec la création du département du Léman), la province évolue en arrondissement de Chambéry, avec 15 cantons et 175 communes.
Elle redevient, en 1815, une possession de la maison de Savoie. Par l'édit du de Victor-Emmanuel rétablit neuf provinces dont celle de Savoie Propre, regroupant 13 mandements et 142 communes.
Malgré quelques évolutions en 1818, 1835, 1837, le découpage provincial demeure jusqu'à l'Annexion de 1860 pour devenir l'arrondissement de Chambéry dans le département de la Savoie, qui associe la province à celles de Tarentaise et de Maurienne.
Période contemporaine
Organisation administrative du territoire Voici une présentation de l'organisation administrative du territoire à différentes époques, notamment lors de l'appartenance au duché de Savoie, de l'occupation française (1792-1814), puis dans le cadre de l'État français à partir de 1860.
Un bailliage du comté de Savoie Au cours de la seconde moitié du , les châtellenies, plus ou moins autonomes, sont organisées, au sein du comté de Savoie, en bailliage. Le bailliage en Savoie (Bailivia Sabaudie), parfois appelé Savoie Propre, a pour siège le château de Montmélian. Les baillis sont également châtelains de Montmélian, même s'il a pu exister des exceptions au cours des périodes. Il comporte les territoires de la Savoie Propre, ainsi que de la Tarentaise et de la Maurienne.
En 1324, le bailliage est composé de 17 châtellenies, sur un total de 77 dans l'ensemble du comté, avec Chambéry, Le Bourget, Montfalcon, Cusy, Châtelard, Faverges, Entremont, Les Marches, Montmélian, Tournon, Ugine, Conflans, Tarentaise, Maurienne, Aiguebelle, La Rochette, Les Mollettes.
Par la suite, le nombre de châtellenies est abaissé à quatorze, avec Le Bourget ; Chambéry ; Châtelard ; Conflans ; Cusy ; Entremont ; Faverges ; Les Marches ; Montfalcon ; Montmélian ; Les Mollettes ; La Rochette ; Tournon et Ugine.
— : Jeoffrey/Soffred/Joffred/Geoffroy d'Ameysin (d'Amasino), bailli-châtelain. ; — : Guillaume d'Ivens.. ; — : Albert de Bagnol, bailli-châtelain et receveur ; — : Pierre (de) Colombier, bailli-châtelain ; — : Pierre de Langes, bailli-châtelain. ; — : Guichard de Montagny, bailli-châtelain. ; — : Guichard de Laya, bailli-châtelain. ; (1298 ?)/1301 — 1302 : Hugues de Chandée, bailli-châtelain. ; 1302 — : Aymon de Varembon, bailli-châtelain. 1305 — 1306 : Jacques de Quart, bailli-châtelain. ; (1306 ?)/1307 — : damoiseau Guillaume de Châtillon, bailli-châtelain, et Humbert de Luyrieux, bailli-châtelain extrait de sa Thèse de doctorat d'Histoire dirigée par Etienne Hubert, Université Lumière-Lyon-II (lire en ligne). ; — 1319/1323 : Antoine de(s) Barge(s)., chevalier et jurisconsulte ; 1323 — 1327 : Oddon/Odon de Chandieu/Chandyeu / de Chandée (Chandey) ; — /(1340 ?) : damoiseau Guy (Provanis, Provane, Provains, Provayns), seigneur de Sainte-Hélène-du-Lac, bailli-châtelain.. ; — /(1342 ?) : noble Jean de Saint-Amour, bailli-châtelain ; — : Girin de Saint-Symphorien, bailli-châtelain ; — : Pierre, coseigneur de Duin, bailli-châtelainLes chambres des comptes en France aux , textes et documents réunis par P. Contamine et O. Matteoni, Comité pour l'histoire économique et financière, 1998, 249 pages, . ; — : Humbert (VI) de Villette, bailli-châtelain. ; — : Hugues de Grandmont. ; — : Humbert, dit le « Bâtard de Savoie », bailli-châtelain, seigneur d'Arvillard.Pierre Brugnon, « Le château d'Arvillard et ses seigneurs au Moyen Âge », compte rendu de la conférence organisée par l'association Arvill-Art et Patrimoine au château d'Escart (Arvillard, Savoie) 20 septembre 2014. (lire en ligne) ; 1373/1374 — 1375 : Humbert (II) dit d'Arvillard, fils de Humbert, dit le « Bâtard de Savoie », bailli-châtelain. ; — : chevalier François (de) Bouczan (Bausan, Bonzan), bailli-châtelain., bailli de Vaud (1375 à 1385) ; — : noble Aymon de Poypon (Pompon), bailli-châtelain.Bernard Demotz, « Amédée VIII et le personnel de l'Etat savoyard », in . ; — : Pierre/Perret Bouczan (Bausan, Bonezan, Bausani), bailli-châtelain ; — : Jacques de Villette, bailli-châtelain ; 1398 — 1403/1404 : Jean, bâtard de La Chambre, dit d'Aiguebelle, bailli-châtelain, châtelain de Tarentaise (1394-1415) ; 1405 — 1449 : Pierre Amblard de Chignin, damoiseau, chevalier, bailli-châtelain, ainsi que châtelain de Maurienne (1417-1439)., maître d'hôtel et conseiller ducal. ;
À partir de 1454, le bailli de Savoie, châtelain de Montmélian, est dit capitaine du château de Montmélian.
1456 — 1457 : Jacques de Montbel, bailli-châtelain, également châtelain de Maurienne. ; (1457?)/1460 — 1463 : Lancelot de Luyrieu(x) ; — 1466 (?) : baron Antelme/Anthelme de Miolans, bailli-châtelain, futur maréchal de Savoie (-1485). ; — : comte François de Gruyère, bailli-châtelain, ancien maréchal de Savoie (1465-1468) ; — : baron Jacques de Miolans, grand bailli-châtelain ; — : Hugues (Hugonin) de La Palu (Palud, Pallud), comte de Varax, bailli-châtelain, maréchal de Savoie (v. 1492) ; 1504 — 1531 : Jean (IV) de La Ravoire, seigneur, bailli-châtelain, ancien bailli du comté de Montmayeur, conseiller et écuyer ducal. ; ? : Antoine de Leschaux (L'Eschaulx), bailli-châtelain, puis bailli d'Aoste, capitaine du château de Nice. ;
Période du duché de Savoie De 1723 à 1792
De 1792 à 1814
De 1816 à 1837 Dans le cadre d'une nouvelle organisation administrative du duché en 1816, la province de Savoie Propre, dont le chef-lieu est Chambéry, est organisée en treize mandements. Le mandement est le territoire qui correspond à l'ensemble des communes et paroisses appartenant à la châtellenie. La composition de certains mandements est modifiée à nouveau en 1814 :
Chacun de ces mandements est organisé à partir d'un chef-lieu (indiqué en italique) et composé par les communes suivantes (selon l'organisation de 1814) :
Mandement de Chambéry thumb|Chambéry vers 1780. Les communes du mandement sont :
Mandement d'Aix Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement de Chamoux Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement du Châtelard Les communes ou paroisses du mandement sont:
Mandement des Échelles Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement de Montmélian Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement de La Motte-Servolex Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement du Pont-de-Beauvoisin Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement de La Rochette Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement de Ruffieux Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement de Saint-Genix Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement de Saint-Pierre-d'Albigny Les communes ou paroisses du mandement sont :
Mandement de Yenne