Cet article couvre l'histoire du territoire du Burkina Faso depuis le néolithique, pour la zone géographique incluse en 1960 dans ce qui a été appelé à l'époque la république de Haute-Volta avant d'être renommé, en 1984, Burkina Faso.

Préhistoire et protohistoire Comme pour tout l'ouest de l'Afrique, le Burkina Faso a connu un peuplement très précoce, avec notamment des chasseurs-cueilleurs dans la partie nord-ouest du pays ( à avant l'ère chrétienne), et dont des outils (grattoirs, burins et pointes) ont été découverts en 1973. La sédentarisation est apparue entre et avant l'ère chrétienne, avec des agriculteurs dont les traces des constructions laissent envisager une installation relativement pérenne. L'emploi du fer, de la céramique et de la pierre polie s'est développé entre et avant l'ère chrétienne, ainsi que l'apparition de préoccupations spirituelles, comme en témoignent les restes d'inhumation découverts.

Une vague de cavaliers vint alors greffer une aristocratie militaire sur cette structure. Détenteurs du pouvoir politique, ces cavaliers passèrent des accords avec les autochtones qui restèrent propriétaires du sol. Cette organisation apparaît encore sous forme de chefs de cantons et chefs de la terre.

Il existe plusieurs ainsi qu'une culture archéologique dite de Bura (âge du fer) et des gravures rupestres à Markoye.

De 500 à 1600 : populations, États Vers 700, des populations proto-mossi s'installent le long du Dallol Bosso et forment un proto-état. Des vestiges attribués aux Dogons ont été découverts dans la région du Centre-Nord, du Nord et du Nord-Ouest. Ceux-ci quittent le secteur entre le pour s'installer dans la falaise de Bandiagara. Par ailleurs, des restes de murailles sont localisés dans le Sud-Ouest du Burkina Faso (ainsi qu'en Côte d'Ivoire).

L'empire du Ghana est le premier à dominer la région. Plusieurs vagues d'immigration amènent les Mossi du . La date de fondation des premiers royaumes Mossi est incertaine. Pour Maurice Delafosse et Antoine Dim Delobsom, cela se situerait au . Pour Louis Tauxier, ce serait plutôt au . C'est en tout cas au que les premiers rapports de forces mossis sont connus. Les premiers royaumes se constituent sous le nom de Diamaré (I, II puis III) et se subdivisent en plusieurs chefferies : le Tenkodogo, le Gourma (vers 1204), le Mamprousi (vers 1400), le Dagomba, le Nanumba, le Yatenga (vers 1540), le royaume de Boussouma et le royaume de Ouagadougou (entre 1495 et 1515) .

Les rapports de force avec les royaumes et empires voisins sont fréquents. Vers 1239, des raids Mossi mettent à sac Tombouctou alors aux mains de l'empire du Mali de Mansa Moussa. Les Mossi résistent également aux tentatives d'incursion de Sonni Ali Ber de l'empire songhaï vers 1469 jusqu'à la défaite à la bataille de Kobi en 1483. À partir de cette date et jusqu'à la fin du , les royaumes mossi subissent de nombreux raids songhaï.

D'autres invasions brassent la population de l'actuel Burkina : Gourmantché, Bwas, Sénoufos, Gan, Bambaras puis, dans le nord, Touaregs, Peuls, Songhaïs, Bissa et Zarmas (Djerma), Malinkés.

Au , les deux principaux royaumes mossi sont les royaume de Ouagadougou et royaume du Yatenga.

De 1600 à 1897 : expansion et conflits internes En 1714, le Gwiriko est fondé par Famagan aux environs de l'actuelle Bobo-Dioulasso. En 1754, un conflit de succession exile Naaba Kango qui revient avec une armée introduisant les premières armées à feu dans les royaumes. En 1809, Abdullahi dan Fodio, le frère d'Ousman dan Fodio, attaque les territoires de Gourma et le transforme en émirat du caliphat de Sokoto. L'empire kong envahit une partie du sud du territoire en 1815. Entre 1825 et 1834, une guerre civile éclate au sein du royaume du Yatenga pour la succession.

À la fin du , d'importants conflits internes ont lieu entre les différents Naaba et le Mogho Naaba. Malgré la mort de la majorité des belligérents vers 1890, leurs successeurs reprennent les conflits tandis que les premières ingérences européennes se jouent.

De 1880c à 1960c : période coloniale

Des premières colonies à la création d'une colonie autonome L'Allemand Heinrich Barth serait le premier Européen à fouler le sol du Burkina Faso actuel. Il visita Dori en juillet 1853.

L'africaniste allemand Gottlob Krause (1850–1938) semble être le premier Européen à rejoindre Ouagadougou en 1886 (puis 1887).

En 1888, une première expédition française atteint le territoire de l'actuel Burkina Faso, menée par le capitaine Louis-Gustave Binger (1856–1936), qui est reçu à Ouagadougou par le Mogho Naaba (), dirigeant du royaume mossi, le plus important du territoire. Kurt von François atteint Zourma.

Deux ans plus tard, sur les informations de l'explorateur et général français Fernand Quiquandon (1857–1938), le docteur François Crozat (1858–1893) traverse à son tour la région, s'arrêtant à Bobo-Dioulasso, où la princesse Guimbi Ouattara (1836–1919) le reçoit, puis à Ouagadougou, où il est lui aussi reçu par le Mogho Naaba.

Le climat entre Occidentaux et indigènes se tend en 1891, avec l'expédition du capitaine Parfait-Louis Monteil (1855–1925), chargé de reconnaître la ligne Say-Barroua fixée par la déclaration franco-britannique du 5 août 1890 : il visite Ségou, Sikasso, mais à Ouagadougou, le Mogho Naaba Wobgo, dit Boukary Koutou (1850c–1904), refuse de le recevoir. D'autres missions suivent, notamment celles du capitaine Charles Ménard (1861–1892). et Beaulot en 1891–1892.

À partir de 1895, les français et allemands négocient chacun des traités de protection avec les différents groupes mossis. Les conflits internes des royaumes leur permettent dès lors d'intervenir militairement et d'entrer à Ouagadougou.

Le fonctionnaire britannique de la Côte-de-l'Or britannique (1821–1957, Ghana), arpenteur et cartographe, (1864–1897) semble avoir obtenu vers 1892 un traité de protection de la part des autorités mossi. Après l'occupation de Ouagadougou le , le nouveau Mogho Naaba accepte le protectorat des Français.

De 1897 à 1919, les interventions répressives des militaires français sont fréquentes et provoquent plusieurs réformes. L'interdiction de l'esclavage et la révision des impôts provoque des soulèvements qui sont réprimés. En 1907, le territoire et réorganisé administrativement en territoires. Enfin, par décret présidentiel, le territoire est considéré colonie française de Haute Volta le 1er mars 1919.

De 1919 à 1958 : colonie française de Haute-Volta

vignette|redresse=1.2|Vue aérienne de Ouagadougou vers 1930. vignette|redresse=1.2|Battage du riz dans un village de Haute-Volta en 1931.

Durant la Première Guerre mondiale, malgré une résistance à la conscription dans le Bwamu et le pays Marka, ce qui conduit à la guerre du Bani-Volta, les Mossi fournissent l'essentiel du contingent des tirailleurs sénégalais pour la première guerre mondiale.

En 1919, est constituée la colonie de Haute-Volta dans le territoire de l'actuel Burkina. Elle comprend sept cercles : Gaoua, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Ouagadougou (chef-lieu), Dori, Say et Fada N'Gourma. Cependant, plusieurs éléments rendent l'autonomie de la Haute-Volta problématique : d'une part, les colonies voisines convoitent ce réservoir de main d'œuvre, et la colonie manque d'un accès à la mer ; d'autre part, l'administration coloniale doit restreindre ses frais de fonctionnement.

C'est pourquoi, en septembre 1932, la Haute-Volta est dépecée au profit du Soudan français (actuel Mali), de la Côte d'Ivoire et du Niger, en dépit des protestations du Mogho Naaba. Cependant, après les services rendus pendant la Seconde Guerre mondiale, la Haute-Volta est reconstituée en 1947 ; le Mogho Naaba Kom II, plus important chef traditionnel burkinabé, puis son fils Naaba Sagha II entreprennent de nombreuses démarches pour obtenir cette mesure, écrivant notamment au président de la IV République française Vincent Auriol.

La population indigène est fortement discriminée. Par exemple, les enfants africains n'ont pas le droit d'utiliser une bicyclette ou de cueillir des fruits aux arbres, « privilèges » réservés aux enfants des colons, contrevenir à ces règlements pouvant mener les parents en prison..

La création de nouvelles infrastructures politiques contribuent à associer les autochtones à la gestion du territoire. Les premiers conseils municipaux sont élus, ainsi qu'une Assemblée territoriale. Des représentants sont envoyés auprès du Parlement métropolitain (à l'Assemblée nationale : Gérard Ouédraogo, Joseph Conombo, Nazi Boni, Henri Guissou, Mamadou Ouédraogo), de l'Assemblée de l'Union française et du Grand Conseil de l'AOF. Le , la nouvelle Assemblée territoriale est élue au suffrage universel, et désigne un gouvernement de douze membres.

Daniel Ouezzin Coulibaly, député de Côte d'Ivoire mais originaire de Haute-Volta, est élu vice-président du conseil de gouvernement le 16 mai 1957, mais meurt le .

Maurice Yaméogo (1921–1993), soutenu par Félix Houphouët-BoignyGeorges Madiéga, « Les partis politiques et la question des fédérations en Haute-Volta », dans L'Afrique noire française : l'heure des indépendances, CNRS, 1992, . et l'UDV (Union démocratique voltaïque) lui succède le 20 octobre 1958. Mais avant, le , le Mogho-Naaba Kugri fait rassembler plusieurs centaines de personnes devant le palais de l'Assemblée territoriale, en vue d'établir une monarchie constitutionnelle, sans succès.

Indépendance Indépendance (1958), premières années de transition

La Communauté française, proposée par référendum le , est acceptée par 99,5 % des votants, et 75 % des inscrits. Le 11 décembre de la même année, la république de Haute-Volta est proclamée et adhère aussitôt à la fédération du Mali qui réunissait la Haute-Volta, le Soudan français, le Dahomey et le Sénégal. En 1959, la République devient autonome, et se retire dès le mois de mars du projet de fédération du Mali L'Assemblée territoriale de 1957 devient Assemblée constituante et législative et élabore une Constitution, adoptée par référendum le - on observe cependant à cette occasion des divergences géographiques : les électeurs de l'Est du pays approuvent majoritairement le projet, tandis que ceux de l'Ouest, plus intéressés par le projet de fédération, sont plus nombreux à voter « non »Georges Madiéga, « Les partis politiques et la question des fédérations en Haute-Volta », dans L'Afrique noire française : l'heure des indépendances, CNRS, 1992..

Aux élections législatives du , l'UDV- Rassemblement démocratique africain (RDA) arrive très largement en tête avec 70 % des suffrages, et occupe 65 des 75 sièges de l'Assemblée puis 71 à la suite de désistements : le MRV- PRA, très minoritaire, disparaît peu après. Le sénateur Koné Begnon est élu président de l'Assemblée, et Maurice Yaméogo, qui avait succédé à Daniel Ouezzin Coulibaly à la tête du gouvernement, devient président du Conseil des ministres. Après une période de relative instabilité, l'autorité de l'État est peu à peu rétablie. Yaméogo renforce son autorité en étant élu à la tête de l'UDV- Rassemblement démocratique africain le ; le 11 juillet 1960 le président Maurice Yaméogo signe avec le premier ministre Français, Michel Debré les accords de transfert de compétence de la communauté; le , la Haute-Volta proclame son indépendance.

Maurice Yaméogo est réellu en octobre 1965 avec un scrutin à 100%. Après avoir tenté d'imposer l'Union démocratique voltaïque (UDV) en tant que parti unique, le premier président Maurice Yaméogo (1921–1993) est contraint de démissionner le à la suite de soulèvements populaires provoqués par son train de vie, sa vie privée (répudiation de son épouse chrétienne, etc) sa politique d'austérité (diminution des salaires des fonctionnaires, augmentation des impôts…).

Sangoulé Lamizana au pouvoir (1966–1980)