Oman ( ou ; en , ʿUmān, ), en forme longue le sultanat d'Oman (, salṭanat ʿumān), est un pays du Moyen-Orient, situé au sud-est de la péninsule arabique, sur les bords du golfe d'Oman et de la mer d'Arabie (également appelée mer d'Oman).

Comptant en 2023, le pays est entouré par les Émirats arabes unis au nord, l'Arabie saoudite à l'ouest et le Yémen au sud-ouest. Sa capitale est Mascate. Monarchie indépendante depuis le milieu du , Oman est gouverné par un sultan, Haïtham ben Tariq depuis 2020.

En Oman, le régime politique est autoritaire tout en étant le plus démocratique de toute la péninsule arabique selon les classifications de l'indice de démocratie. En 2021, le sultan fait garantir la liberté d'expression et de religion dans les lois constitutionnelles.. L'économie omanaise est particulièrement dépendante de l'extraction de ses ressources de pétrole. Son indice de développement humain (IDH) est très élevé, rang mondial. En ce qui concerne le produit intérieur brut (PIB), pour l'année 2017, Oman se classe autour du rang par habitant et vers le rang en nominal.

Étymologie Le nom Oman dérive de la racine sémitique <`mn> qui porte le sens de 'sédentaire' (par opposition aux bédouins nomades de l'intérieur de la péninsule arabique). Ce terme est attesté depuis l'antiquité en latin chez Pline l'ancien (OMANA) et en grec (Ομανον), mais il ne désignait pas nécessairement le pays mais un port antique de la région. Les Iraniens le désignaient sous le nom de « Mozon » مزونRouzbeh Zarrinkoob, “Iranian Letters of the Southern Seas of Iran”, in Islamic Histroy and Iran, vol. 22, Issue 13, Spring, 2012, pp. 103-120 (https://doi.org/10.22051/hii.2013.671) dérivé de Magan.

Usage Prononciation

Le Larousse indique qu'« Oman » se prononce /ɔ.man/, à la différence d'« Iran » ou de « Liban ».

Élision

L'Académie française et le Petit Robert des noms propres utilisent les deux formes, avec ou sans l'article « l' » devant le pays.

La forme avec l'article « l'Oman » est historique, celle-ci est protocolaire et se retrouve dans les ouvrages spécialisés.

Histoire

Oman est dans l'Antiquité un prolongement du territoire yéménite et plus précisément de l'Hadramout. La région d'Oman est connue à l'époque sumérienne sous le nom de Magan. Dans l'Antiquité, la péninsule devient une productrice majeure d'encens et elle entretient une activité commerciale importante avec la Mésopotamie, l'Égypte, la Perse, l'Inde et l'île de Dilmun. Oman constitue l'une des satrapies de l'Empire perse lorsqu'elle y est incorporée, vers

Le territoire est islamisé du vivant de Mahomet, au . Au , à la suite du schisme entre sunnites et chiites, Oman est une des rares régions à emprunter une autre voie, le kharidjisme, et devient bientôt la principale région d'obédience ibadite.

L'histoire d'Oman ne commence véritablement qu'en l'an 751 de notre ère, avec l'élection du premier imam ibadite à Nizwa. Tout en conservant ses imams ibadites comme autorité religieuse, la région est plusieurs fois dominée par de grandes puissances étrangères durant le Moyen Âge, notamment par intermittence par les Qarmates de 931 à 934, puis par les Bouyides de 967 à 1053, et enfin par l'empire Seljouk de 1053 à 1154. En 1154, la dynastie omanaise des Nabhânides prend le contrôle du pays, et le conserve jusqu'en 1470 (malgré une interruption de 1406 à 1443). Alliés des Bûyides et tournés vers le détroit d'Ormuz et la rive persane du Golfe, les Nabhânides donnent une impulsion nouvelle à l'expansion maritime du pays.

Zheng He, dans son expédition de 1413-1415, visite la région.

Le pays est partiellement occupé par les Portugais de 1507 à 1650. En 1649-1650, les Omanais désormais menés par la dynastie Yaroubide chassent les Portugais et s'emparent à leurs dépens des principaux ports swahilis de la côte est-africaine : Mombasa, Kilwa, Zanzibar et Pemba, ce qui leur permet de contrôler une partie du très lucratif commerce d'esclaves. En 1719, Saif ibn Sultan II est élu à la succession dynastique. Sa candidature fut à l'origine d'une fracture dans l'ulama et fit éclater une guerre civile entre les deux tribus majeures, les Hinawi et les Ghafiri, les Ghafiri soutenant Saif ibn Sultan II. Celui-ci conserve le pouvoir en 1748 après que les leaders des deux factions ont été tués dans la bataille, mais cela ne suffit pas à éteindre la querelle, cette division en factions jouant le jeu des Iraniens, qui occupent partiellement le pays de 1737 à 1744 (notamment Mascate et Sohar). Après l'expulsion de ces derniers, Ahmed ibn Saïd est élu imam en 1749, fondant ainsi la dynastie actuelle. C'est le début d'un âge d'or pour le sultanat d'Oman, qui confirme son influence sur l'océan Indien occidental jusqu'à Madagascar.

Au début du , Oman est devenu le centre d'un véritable empire colonial, qui s'étend du Baloutchistan à Zanzibar, et tiendra tête pendant plusieurs siècles à la flotte portugaise puis à la Royal Navy.. Le sultanat est placé de fait sous protectorat britannique de 1891 à 1971, tout en conservant nominalement son indépendance. De 1965 à 1976, le pays est le théâtre d'une violente insurrection communiste, dite guerre du Dhofar, provoquée par les mauvaises conditions socioéconomiques d'une partie de la population : ce soulèvement est réduit avec l'aide des forces britanniques et iraniennes Oman 1965-1976: From Certain Defeat to Decisive Victory, Jim White, 2008.

En 1970, le sultan Saïd ibn Taïmour, d'une nature despotique, est évincé par son fils, Qabus ibn Saïd, vraisemblablement dans un coup d'État planifié par le Royaume-Uni. Qabus entreprend dès lors l'amélioration économique du pays, tout en maintenant la paix avec tous les autres pays du Moyen-Orient. L'ONU classe le sultanat parmi les dix pays ayant connu le plus fort développement depuis 1970. En 1980, un accord est signé pour une base militaire des États-Unis dans l'île Masirah, utilisée ensuite pour des opérations dans le golfe Persique. En 1981, il fait adhérer son pays au Conseil de coopération du Golfe (GCC).

En 1996, le sultan promulgue un décret clarifiant les règles de succession, instituant un conseil bicaméral doté de certains pouvoirs législatifs, un premier ministre et garantissant des libertés civiles de base pour les citoyens omanais. En 2003, la chambre basse du conseil est librement élue pour la première fois.

Aujourd'hui (2011), le sultanat est prospère. Le revenu par habitant atteint par an. Selon le rapport de l'ONU (2010), les secteurs de la santé et de l'éducation ont nettement progressé : 85 % de la population est alphabétisée et instruite.

Le , après plus de de règne, Qabus ibn Saïd meurt, des suites d'un cancer du côlon, à l'âge de .. Le lendemain, le , Haïtham ben Tariq, ministre du Patrimoine et de la Culture et cousin du défunt, prête serment comme nouveau sultan. Celui-ci a été désigné comme héritier par le défunt roi dans une lettre, ouverte après sa mort..

Géographie

vignette|280px|Carte d'Oman. Oman est situé à l'extrême sud-est de la péninsule d'Arabie. Le pays est bordé par la mer d'Oman (en anglais mer d'Arabie) au sud et au sud-est, le golfe d'Oman au nord-est, les Émirats arabes unis au nord, l'Arabie saoudite à l'ouest et le Yémen au sud-ouest.

Une vaste plaine désertique couvre la majeure partie du centre du pays et plusieurs chaînes de hautes montagnes (Jebel ach-Chams, ) s'étendent le long de ses côtes nord et sud-est, où la plupart des villes sont situées : Mascate, la capitale, Matrah et Sour au nord, Salalah au sud. La principale ville située à l'intérieur des terres est Nizwa, ancienne capitale du sultanat. En Oman, le climat est chaud et sec à l'intérieur des terres, mais humide au bord de la mer. Dans les montagnes, de nombreuses oasis tempérées utilisent les eaux souterraines et des systèmes de falajs pour leurs cultures en terrasses.

. Au sud, se trouve la grande île de Masirah.

La péninsule de Moussandam, stratégiquement placée à l'entrée du détroit d'Ormuz, est séparée du reste du territoire par les Émirats arabes unis (les frontières d'Oman avec les Émirats ne sont pas toutes bien définies). Oman possède en plus une enclave à l'intérieur du territoire des Émirats, la ville de Madha. L'île de Masirah, au large du Ramal al Kabir, abrite une importante station émettrice de la BBC et sert de base à la cinquième flotte des États-Unis. Météorologie et climatologie Le cyclone Gonu est le premier de classe 3 à atteindre la mer d'Oman en juin 2007..

Subdivisions

Depuis le redécoupage d'octobre 2011, Oman est divisé en 11 gouvernorats (mouhafadhat ; au singulier - mouhafadha), à leur tour divisés en districts plus petits (wilayas). Gouvernorats Ad-Dākhilīyah Al-Buraimi Al-Wusta Adh-Dhahira Al-Batina du Nord Al-Batina du Sud Ach-Charqiya du Sud Ach-Charqiya du Nord Mascate Moussandam (Ru'us al-Gibā) Dhofar

Politique vignette|Haitham ben Tariq, sultan d'Oman, depuis 2020.|220x220px

Le chef de l'État et du gouvernement est le sultan (Haïtham ben Tariq depuis 2020), qui désigne un cabinet pour l'assister. Depuis la modification constitutionnelle de janvier 2021, son fils aîné Theyazin ben Haïtham est prince héritier du sultanat d'Oman.

Dans les années 1990, le sultan Qabus ibn Saïd (1940-2020) institua un comité consultatif nommé Majlis ach-Choura, élu au suffrage censitaire. Il institua également le suffrage universel direct pour les Omanais de plus de le 4 octobre 2003. Plus de (74 % des inscrits) votèrent pour élire . Deux femmes furent élues. Plusieurs femmes siègent au gouvernement, la première en 2003 : Aisha bint Khalfan bin Jameel. N'ayant ni enfant ni frères, le sultan Qabus ibn Saïd a établi une règle de succession visant à garantir la continuité de la dynastie. Le , à la suite de son décès, son cousin Haïtham ben Tariq lui succède.

L'originalité religieuse du pays lui permet d'entretenir de bonnes relations à la fois avec l'Arabie saoudite, l'Iran, les Émirats arabes unis, le Qatar et même Israël : Camille Lons, chercheuse à l'International Institute for Strategic Studies, décrit ainsi le pays comme .. Le sultanat d'Oman continue d'entretenir des liens étroits avec le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale. Le régime omanais accueille sur son territoire trois bases de renseignement et un port militaire britanniques.

Économie

L'économie d'Oman est dominée par sa dépendance au pétrole. Une coentreprise appelée Iraq Petroleum Company (IPC) fora un grand nombre de puits de sondage à partir de 1956 malgré des problèmes de logistique causés par un manque d'infrastructures pour le transport. Aujourd'hui, Oman, via sa compagnie nationale Petroleum Development of Oman (PDO), produit environ par jour. Le pays dispose d'une raffinerie qui ne satisfait pas les besoins du pays en hydrocarbures. Une nouvelle étape est franchie depuis 2005 avec le lancement de l'exploitation des réserves de gaz effectuée par la compagnie nationale . Celle-ci dispose d'une usine de traitement au nord de la ville de Sour.

Les réserves d'or noir ne sont pas énormes : le stock, évalué à de barils, représente une broutille en comparaison des contenus dans le sous-sol de l'Arabie saoudite. Les prévisions du ministère de l'Information n'évaluaient plus la part du pétrole brut dans le PNB qu'à 9 %, celle du gaz à 10 %, pour 2020. Plus de 65 % du PIB dépend de l'extraction du pétrole, viennent ensuite le tourisme (région de Mascate et Salalah) et l'agriculture (autour de la ville de Sohar).

Le pays s'oriente vers le développement de son secteur touristique avec la construction de complexes hôteliers. En moins de dix ans, le nombre d'hôtels aux normes internationales est passé de 200 à plus de . Conséquence logique, le nombre de touristes augmente chaque année de 30 %, selon le ministère du Tourisme.