L'abbaye Notre-Dame de Hambye est un ancien monastère bénédictin, fondé au et partiellement ruinée aujourd'hui, dont les vestiges se dressent sur le territoire de la commune française de Hambye dans le département de la Manche, en région Normandie. Elle fut le centre de la seigneurie ecclésiastique de Hambye.

L'abbaye est classée aux monuments historiques.

Localisation Les restes de l'abbaye Notre-Dame sont situés sur les bords de la Sienne et de la route , à au sud du bourg d'Hambye, dans le département français de la Manche.

Historique Fondée vers 1145 par le seigneur et baron du lieu, Paynel, l'abbaye de Hambye, dédiée à Notre Dame, est élevée en un siècle. Sous l’impulsion des « moines gris », moines bénédictins venus de la congrégation de Tiron dans le Perche, Notre-Dame de Hambye connaît alors une période florissante. Les donations affluent : rentes, dîmes, terres, églises avec leurs revenus En 1181, elle est élue chef d'ordre, et devint la mère des abbayes de Longues et de Valmont..

En 1249, six religieux de l'abbaye, accompagnés du Père Dom Robert partirent fonder l'abbaye Notre-Dame de Lanthénac, dans les Côtes-d'Armor. Cet âge d’or dura jusqu’au . Tombée en décadence à partir du , la communauté monastique s’éteint à la fin du .

La seigneurie de Hambye, quant à elle, est transmise en 1414 ou 1415 par Jeanne Paynel à son mari Louis d'Estouteville, glorieux défenseur du mont Saint-Michel. Elle passe ensuite, avec le patronage de l'abbaye aux maisons d'Orléans-Longueville, puis de Matignon-Grimaldi, qui deviennent princes de Monaco.

vignette|gauche|redresse=0.8|La porterie.

Comme partout en France, l’abbaye devient bien national en 1790 et le mobilier est dispersé aux enchères. L’église abbatiale elle-même est vendue en 1810 sur décret impérial : elle sert alors de carrière de pierres, tout comme le cloître. Ce n’est qu’à partir de 1900 que l’édifice est classé monument historique. En 1956, des particuliers, les époux Beck, rachètent une partie des bâtiments. En 1964, les élus du conseil général de la Manche votent l’acquisition du reste de l’abbaye : l’église abbatiale en ruine, la porterie et la maison des frères convers.

Les unes et les autres entreprennent alors des travaux de restauration pour lui rendre sa beauté.

Aujourd’hui, l’abbaye de Hambye appartient au réseau départemental des sites et musées de la Manche mis en place par le conseil général. Les bâtiments conventuels demeurent une propriété privée.

Description

Église abbatiale L’église abbatiale, construite pour la plus grande partie entre la deuxième moitié du (1180-1250), en reprenant avec des dimensions plus modestes le même plan que Savigny, présente un bel exemple d’architecture gothique primitive. En 1810, par décret impérial, elle est vendue et transformée en carrière de pierre. La façade et une partie de la nef sont abattues. Deux colonnes du chœur sont également déposées. L’église se détériore et le chœur menace de s’effondrer. Orientée, elle reprend le plan traditionnel en forme de croix latine.

Le chœur présente un style simple et élégant. Il est composé de deux travées et d’un rond-point. Cinq chapelles rayonnantes (fin ) s’ouvrent sur le déambulatoire. L’élévation est composée de trois niveaux : les grandes arcades, le niveau intermédiaire percé des petites fenêtres des combles et les fenêtres hautes ornées d’un trilobe. Le chœur a fait l’objet d’une grande campagne de restauration en 2009 et 2010. C'est dans le chœur qu'est inhumé Louis d'Estouteville et son épouse Jeanne Paynel.

Au nord du transept, la chapelle Saint-Michel, voûtée d’une croisée d’ogive, est surmontée par une tribune seigneuriale. À l’entrée on peut voir un chapiteau historié () représentant une scène de chasse. À la croisée du transept, la tour carrée culmine à et servait de clocher.

Réservée aux frères convers, la nef ne sera achevée qu’au tout début du . Très étroite et très élancée, elle était à l’origine plus longue. Une partie de la première travée ainsi que la façade ont été détruites en 1820. En 2011, les bases de la façade ont été dégagées lors d’un chantier de fouilles archéologiques.

Bâtiments conventuels Les bâtiments conventuels sont du (porterie, sacristie, parloir, salle des moines, cuisine, communs) et du (salle capitulaire), et comme dans la plupart des abbayes bénédictines, ils sont composés de deux bâtiments parallèles directement adossés à l’église et d’un troisième perpendiculaire aux deux premiers. L’ensemble entourait le cloître. L’aile ouest est occupée par le logis des convers et par la cuisine. L’aile est, située dans le prolongement du transept sud de l’église, était réservée aux moines. Le rez-de-chaussée comprend différentes salles à usage domestique ou religieux, l’étage était occupé par le dortoir des moines. Le réfectoire des moines, aujourd’hui disparu, fermait la galerie sud du cloître. Il a été démonté en partie au . Des celliers étaient aménagés sous le réfectoire.

Le service de cuisine était assuré par les moines et des convers, nommés chaque semaine. La cheminée est l’élément le plus important, occupant tout un pan de mur. La portée du linteau est de en forme d’arc surbaissé et composé de deux rangs superposés de claveaux. Une dalle d’égout rudimentaire a été aménagée dans l’épaisseur du mur, côté cour, pour évacuer les eaux usées. Transformée en commun et en écurie après la Révolution, elle a été restaurée dès les années 1960.

À l’origine, la salle des moines qui date du , à deux nefs et voutée d’arêtes s’allongeait vers le sud avec une travée supplémentaire. Les moines pouvaient s’y réchauffer aux heures les plus froides de l’hiver. À l’instar de nombreuses abbayes, le chauffoir se confond avec le scriptorium où se pratiquaient l’étude des textes et la copie des manuscrits. Sous la fenêtre, un potager maçonné, rappelle que cette salle a également servi de réfectoire pour les derniers moines. Le potager, aujourd’hui très en hauteur, avait été aménagé au niveau du sol plusieurs fois rehaussé en raison des infiltrations d’eau. La salle a retrouvé son niveau d’origine après de longs travaux de restauration entre 1963 et 1966.

Le parloir est une petite pièce rectangulaire à pilier central et à quatre voûtes d’arêtes qui devait servir à la fois de parloir et de salle des morts pour les veillées funèbres. Les murs et les voûtes ont été recouverts d’un enduit peint d’un côté de fleurs de lys noires et de l’autre, de fleurs brun-rouge à cinq pétales. Les peintures sont datées du début du .

Chaque matin, les moines se réunissaient dans la salle du chapitre pour la lecture d’un chapitre de la règle de saint Benoît et traiter des affaires courantes de l’abbaye. Le chapitre des coulpes, confession des fautes, s’y déroulait une fois par semaine. L’équilibre des proportions, la finesse des décors sculptés et l’élégance font de cette salle un des chefs-d’œuvre de l’architecture gothique normande du . Deux nefs séparées par un épi central de colonnes en granit ouvrent sur la galerie du cloître par deux grandes baies en arc brisé et aux multiples voussures. Il ne reste que quelques traces du décor peint qui ornait autrefois chaque travée de la salle. Les décors et enduits ont été redécouverts et restaurés entre 1994 et 2002. Seule la scène du lavement des pieds (fresque - ) sur le mur nord était encore visible.

La sacristie communiquait directement avec l’église par une porte aujourd’hui murée. On y rangeait les objets et vêtements liturgiques utilisés lors des offices. Cette salle étroite, toute en longueur est voûtée en berceau plein cintre et ornée de décors peints, restaurés en 2003.

Cloître vignette|Les vestiges du cloître. Lieu de prière et de méditation pour les moines, le cloître facilitait également la circulation et la distribution entre les différentes salles. Il occupait l’espace entre l’église, l’aile des convers, le logis des moines et le réfectoire. Il était formé d’un jardin entouré de quatre galeries couvertes. Le cloître a été démonté et les colonnes dispersées dans les années 1830-1840. En 1989, des fouilles archéologiques, entreprises dans les galeries sud et ouest, ont mis au jour des sépultures et une partie de l’ancien mur bahut sur lequel repose aujourd’hui deux colonnes d’origine et quelques copies. Une partie des colonnes sont à la ferme de la Callipière à Hambye et servent de piliers de hangars et de poteaux de grillage.

Dépendances Au sud, un ensemble de bâtiments agricoles (porcherie, pressoir, charreterie et étables) ferme la cour. Un portail, situé entre la cuisine et les étables, fermait cette cour strictement réservée aux moines.

Protection Aux titre des monuments historiques. : les ruines de l'église sont classées par arrêté du ; les bâtiments de la porterie et le logis abbatial sont classées par arrêté du ; la salle capitulaire, salle des morts, salles voûtées attenantes ; les cuisines ; la boulangerie, le pressoir, les étables sont classées par décret du ; l'enclos abbatial de l'abbaye, y compris la terrasse donnant sur le verger des Moines ; la retenue qui barre la vallée ; le bief des anciens moulins (disparus) et ses aménagements hydrauliques et les murs d'enceinte qui le délimitent sont classées par arrêté du .

Armoiries Sur l'ancien porche, on relevait les armoiries de la famille des fondateurs, les Paynel ou Paisnel : d'or à deux fasces d'azur à une orle de merlettes de gueules alias ''d'or à deux fasces d'azur à neuf merletles de gueules, 4, 2, 3..

Terriers, dépendances, revenus L'abbaye tenait à Hambye le « fief de l'Abbaye », dont l'extension est mal connue.

Pour subvenir à son existence, l'abbaye, possède de nombreuses terres, des rentes, des églises, des moulins, des salines, des marchés ainsi que des pêcheries.

Au , l'abbaye de Hambye était à la tête de six abbayes et de cinq prieurés., et de nombreuses églises..

Commune Possession Dpt Date début Date fin Commentaires Bréhal Église Saint-Martin de Saint-Martin-le-Vieux 50 Cérences Prieuré Saint-Laurent-des-Près 50 Contrières Église Sainte-Marguerite du Quesnay 50 Crollon Église Notre-Dame 50 Fresney-le-Vieux Prieuré du Buron 14 Gavray-sur-Sienne Église du Mesnil-Bonant 50 Hambye Église Saint-Pierre 50 La Ferrière Abbaye Notre-Dame de Lanthénac 22 La Genevraie Prieuré 61 Les Moutiers-Hubert Prieuré 14 Lengronne Église de Pont-Flambart 50 Lolif Église Saint-Martin 50 Longues-sur-Mer Abbaye Sainte-Marie de Longues 14 1181 Mathieu Église Notre-Dame-de-l'Assomption 14 Marcey-les-Grèves Église Saint-Pair 50 Ronthon Église Saint-Nicolas 50 Saint-Romphaire Église Saint-Romphaire 50 Subligny Église Notre-Dame 50 Tribehou Église Notre-Dame 50 Troisgots Église Saint-Lô 50 Valmont Abbaye de Valmont 76 1181 ? Prieuré de La Madeleine 61 Great Massingham Église St Mary's Angleterre ? Abbaye de Mulen Angleterre ? Abbaye d'Osmon Angleterre ? Abbaye d'Humberstain Angleterre

Liste des abbés

Foulques, premier abbé Roscelin, cité en 1182 Guillaume, cité en 1197 Lucas, présent dès 1218 Jean, cité en 1234 et 1240 Hamon, en 1242-1243 Hugues, en 1248 Louis d’Estouteville, dit le Protonotaire 1504-1512, précédemment abbé de Valmont et futur abbé de Savigny. Béraut de Boucé à partir de 1512 Hippolyte Bellarmato 1549-1555 de Ravalet à partir de 1561. … Claude de Mesmes (1671), chevalier de Malte, abbé de la Valroy et de Hambye. Henri de Menées (1666), licencié de Sorbonne, abbé de la Valroy, de l'abbaye de Hambye, prieur de Saint-Denys de l'Estrée.

En 1248, Dom Robert assiste au chapitre général que tient l'abbé de Hambye avant de prendre la charge d'abbé de Notre-Dame de Lanthénac.

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