L’Armée luxembourgeoise (en ; en allemand : Luxemburgische Armee) est les forces militaires du grand-duché de Luxembourg. Elle comprend des unités terrestres, regroupant plus de 1100 hommes environ et, depuis le 10 aout 2020, un avion de transport militaire de type Airbus A400M.. Par ailleurs, plusieurs avions-radars Boeing E-3 Sentry affectés à l'OTAN sont immatriculés au Grand-Duché depuis 1982.
Le chef de l'armée est le grand-duc de Luxembourg, mais le contrôle effectif revient au ministre de la Défense sous l'égide du ministre des Affaires étrangères ..
Histoire
De la milice au Corps des volontaires (1815-1940)
Après 1815, le Luxembourg est un territoire sous souveraineté néerlandaise mais comprenant un petit corps de défense, la milice luxembourgeoise. Elle est créée en 1817 et les miliciens font leur service au sein de l'armée néerlandaise sauf entre 1830 et 1839 du fait des évènements survenus en Belgique. La milice est supprimée en 1841Page sur la Milice sur le site de l'armée luxembourgeoise. En 1839, le Luxembourg est divisé en deux. Une partie devient une région de la Belgique nouvellement créée tandis que l'autre partie (le Luxembourg actuel) devient partie prenante de la nouvelle Confédération germanique. En tant que membre de cette entité, elle fournit un Contingent fédéral de divisés en trois unités (un bataillon de chasseurs, un escadron de cavalerie et un escadron d'artillerie). En 1846, les deux escadrons d'artillerie et de cavalerie sont supprimés et seules des unités de chasseurs subsistentPage du contingent fédéral sur le site de l'armée luxembourgeoise. La dissolution de la Confédération germanique après la guerre austro-prussienne de 1866 est un tournant fondamental de l'histoire du Luxembourg qui devient un État indépendant à la suite du traité de Londres de 1867. thumb|left|Carte de la ligne Schuster En application de ce traité, il démantèle ses puissantes fortifications et en 1881, son corps de chasseurs () et crée le Corps des Volontaires luxembourgeois. Ce corps des volontaires ainsi que le corps de gendarmerie constituent les premiers fondements de l'armée luxembourgeoise comme en témoigne le fait que l'année 1981 constitua l'année du centenaire de la création de l'armée luxembourgeoise. En effet, ces deux unités sont les premières à servir uniquement à la défense du Luxembourg et non à celle d'une entité plus grande (Royaume du Pays-Bas ou Confédération germanique). Cette petite troupe ne put rien faire contre l'invasion de l'Empire allemand en 1914 puis durant l'invasion du Luxembourg en 1940 par l'Allemagne nazie. Les barricades dressées sur les principaux points de passage à la frontière allemande (la Schusterline) sont facilement démantelées par l'armée allemande tandis que le Corps des Volontaires luxembourgeois oppose une résistance infime car ses membres sont cantonnés dans leurs garnisons au moment de l'invasion. Toutefois, une résistance se met rapidement en place dès l'année 1940. En mars 1944, 70 luxembourgeois sont incorporés à un groupe d'artillerie de la belge aussi appelée brigade Piron. Cette brigade débarque en Normandie le et en , 46 nouveaux volontaires luxembourgeois rejoignent la brigadeBrigade Piron sur le site de l'armée luxembourgeoise.
L'après-guerre et l'évolution vers une armée moderne (1944-années 1990) vignette|Soldats luxembourgeois du Corps de Volontaires pour la Corée en 1953.
Avant même la fin de la guerre, en 1944, le Grand-Duché décide de restructurer ses forces armées et introduit la conscription le . Ainsi, après la capitulation du Troisième Reich, l'armée luxembourgeoise compte deux bataillons d'infanterie en plus de l'unité dite de la Garde du Grand-Duché. L'armée est alors composée de et participe à l'occupation de l'Allemagne au sein de la zone française (Bitburg et Neuerburg). En 1949, le Luxembourg devient membre fondateur de l'OTAN. En 1950, le Luxembourg décide de s'engager militairement dans la guerre de Corée et un Corps de Volontaires pour la Corée de est envoyé sur place au sein du bataillon belgo-luxembourgeois. Il y reste jusqu'en septembre 1951 avant qu'un deuxième contingent de 46 volontaires ne débarque à son tour en Corée en mars 1952 et y reste jusqu'au début de l'année 1953. Deux Luxembourgeois périssent lors de cette guerre ( et selon un site.). Le bataillon belgo-luxembourgeois est dissous en 1955 et la guerre de Corée reste le seul conflit où l'armée luxembourgeoise a été engagée (si l'on exclut les deux guerres mondiales où la résistance des forces de défense luxembourgeoises fut pratiquement inexistante).
En 1954, l'armée luxembourgeoise évolue de nouveau avec la création du Groupement tactique régimentaire (GTR) qui représente la contribution du Luxembourg à l'OTAN. Le GTR et son groupe de soutien logistique de sont composés de au sein de trois bataillons d'infanterie, un bataillon d'artillerie, une compagnie de services, une compagnie médicale, une compagnie de transport, une compagnie de transmissions, une compagnie du génie, une compagnie de mortiers lourds, une compagnie de reconnaissance et une compagnie d'état-major. En plus du GTR, l'armée luxembourgeoise est composée d'un Commandement du territoire composé d'une compagnie d'état-major, d'une compagnie de police militaire, d'une compagnie de mouvement et transport, d'un bataillon de garde statique et d'un bataillon mobile pour un effectif total de . Quant à l'état-major général, il est composé de . Enfin, le centre d'instruction de Diekirch et de Walferdange a un effectif théorique de . Au total, l'armée luxembourgeoise est donc composée de en temps de guerre mais cet effectif n'est jamais atteint car seul le GRT, l'état-major général et quelques services techniques sont opérationnels. Le GTR est dissous en 1959Le GTR sur le site de l'armée luxembourgeoise. En 1961, un bataillon d'artillerie armée de 18 obusiers Ordnance QF 25 pounder de remplace le GTR comme contribution luxembourgeoise à l'OTAN et est notamment incorporé à la d'infanterie américaine stationnée en RFA jusqu'au ... Dans le même temps, les Forces territoriales sont créées et sont composées de en temps de guerre. La Garde grand-ducale est quant à elle rattachée au commandement du territoire avant d'être dissoute en 1966.
La loi de 1967 supprime la conscription et entraîne l'évolution de l'armée du Grand-Duché vers un corps professionnalisé. Si la loi prévoit aussi l'existence d'une réserve, celle-ci n'est jamais mise en place et finalement supprimée par la loi du .
vignette|Des militaires luxembourgeois armés de Steyr AUG lors du défilé de la fête nationale de 2008.
Aujourd'hui, le Luxembourg compte sur sa participation à l'OTAN pour sa défense. En outre, son appartenance au Benelux lui permet de développer des programmes communs en matière militaire avec ses voisins belges et néerlandais. Du fait de cette politique de sécurité nationale particulière, reposant avant tout sur un réseau d'appartenances à plusieurs organisations internationales (OTAN, OSCE, Union européenne, etc.), la défense du territoire est avant tout liée à la coopération avec des États étrangers. L'armée luxembourgeoise a donc pour principale vocation d'évoluer vers une « armée humanitaire ».
En 2021, on annonce la création en 2028 d'un bataillon de reconnaissance belgo-luxembourgeois de 700 personnes.
Engagements internationaux L'Armée luxembourgeoise participe à l'Eurocorps depuis 1994 par le biais de sa compagnie A. Elle a fourni des soldats lors des missions de l'ONU en ex-Yougoslavie, UNPROFOR et IFOR. Pour cette dernière mission, l'armée luxembourgeoise a détaché un contingent de en janvier 1996 agissant sous commandement belge (la force multinationale Beluga) près de Visoko. Ce petit contingent participe ensuite à la SFOR, la force de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine qui succède à l'IFOR dont le mandat se termine en . Le contingent luxembourgeois est incorporé au BELUBG, le groupe de combat belgo-luxembourgeois. Le rôle de cette unité est de prévenir toute résurgence du conflit dans la région et de mettre en œuvre le plan de paix issu des accords de Dayton. Le contingent luxembourgeois se retire en janvier 2000. En 2003, le Luxembourg envoie un officier participer à l'état-major de la mission Concordia de l'UE en MacédoineSite de l'armée luxembourgeoise, section des OPEX.
Le Luxembourg a financièrement soutenu des missions de maintien de la paix durant la guerre du Golfe en 1991, au Rwanda et plus récemment en Albanie. L'armée du Luxembourg a participé à des missions humanitaires, comme l'installation de camps de réfugiés pour les populations kurdes ou la fourniture d'une aide d'urgence en Albanie.
En dépit de ses faibles effectifs, l'armée luxembourgeoise participe donc régulièrement à plusieurs missions de maintien de la paix. En effet, elle désire partager les risques humains inhérents à toute mission de maintien de la paix et ne veut pas seulement y participer de façon financièrePage de la direction de la Défense sur le site du ministère des affaires étrangères luxembourgeois. Ainsi, l'armée luxembourgeoise envoie régulièrement de petits détachements à la valeur relativement symbolique à travers le monde. Depuis février 1992, 789 militaires ont participé à 11 opérations civiles et militaires sans qu'aucune perte ne soit enregistréePage du Luxembourg sur Opérationspaix.net. Voici les opérations dans lesquelles l'armée luxembourgeoise est engagée à la date du : : 10 militaires au sein de la FIAS participant à la défense de l'aéroport international de Kaboul depuis juillet 2003 ; : 23 militaires au sein de la KFOR. Le Luxembourg participe depuis 1999 à la KFOR sous la forme d'une section de reconnaissance de 23 hommes d'abord en collaboration avec l'armée belge au sein du BELUKOS (Bataillon belgo-luxembourgeois au Kosovo)Cette force fut aussi baptisée BELUROKOS après l'adjonction d'un contingent roumain puis BELUKROKOS après l'addition d'un contingent ukrainien puis sous commandement français après 2006Site sur l'histoire de l'armée luxembourgeoise ; : 3 militaires au sein de la FINUL depuis octobre 2006 ; : 1 caporal au sein de l'équipe d'entraînement belgo-luxembourgeoise chargée de l'entraînement de sous-officiers somaliens depuis . Un officier luxembourgeois participe aussi à la mission Atalanta ; : 1 sous-officier chargé de la logistique au sein de la mission européenne en RDC depuis 2006 ; : 1 militaire au sein de la mission Althea de l'EUFOR depuis 2004. Ce sous-officier participe en tant qu'assistant administratif à la branche logistique du quartier-général de Sarajevo ; : 2 observateurs militaires au sein de la mission européenne en Géorgie.
De 2013 à 2022, des soldats luxembourgeois ont été engagés au Mali au sein de l'EUTM Mali, pour former les militaires maliens. Elle a aussi participé à la MINUSMA.. : 2023 Mission Aigle.
Organisation au début des années 2000 L'armée luxembourgeoise comprend 4 unités de combats sous le contrôle d'un commandement nommé Centre militaire.
Compagnie A La compagnie A est la première des deux compagnies de fusiliers, elle constitue le contingent luxembourgeois de l'Eurocorps sous commandement d'une unité belge. La compagnie est organisée en quatre pelotons : un peloton de commandement, un peloton anti-chars équipé de missiles TOW et deux pelotons de fusiliers.
Compagnie B La compagnie B est l'unité de formation de l'armée luxembourgeoise, fournissant des programmes variés pour le personnel militaire, dont la préparation pour l'avancement. S'il souhaite postuler à l'École de l'armée, un soldat doit avoir au moins 18 mois de service. L'école est divisée en deux sections : Niveau B. Il est ouvert à tous les soldats ayant au moins 18 mois de service. Ils suivent deux périodes de 6 mois de formation générale et militaire. S'ils obtiennent 75 % de résultats positifs, ils peuvent postuler au niveau suivant.