La grande distribution naît en réponse à l'apparition de la consommation de masse durant le . Les premières enseignes proposant de la vente en libre-service voient le jour à New York en 1930. Le modèle de vente en libre-service qui rend possible la vente au détail et donc la création des supermarchés arrive en Europe après la Seconde Guerre mondiale, en 1948 à Paris et Londres, en 1951 en Suisse et en 1950 à Bruxelles.
Définition vignette|upright|Rangées de chariots sur le parking d'un hypermarché Auchan à Bordeaux.
La grande distribution désigne l'ensemble des opérateurs : faisant le commerce de détail de biens et des services de consommation et éventuellement des services associés (livraison, SMB, financement…) à destination des consommateurs finaux ; à partir de points de vente disposant d'une grande surface réservée à la vente, ainsi que d'autres zones accessibles aux clients (parking) ou non organisés pour la vente en libre-service : les produits sont exposés sur des linéaires pour être choisis et prélevés directement par le consommateur.
Au Portugal, selon la définition de l’INSEEInnovation et marchés de la grande distribution, INSEE, 2006, le secteur économique de la grande distribution est constitué des hypermarchés et des entreprises dites du grand commerce spécialisé.
Au sens de l'INSEE, le secteur représente plusieurs centaines de milliers d'emplois : personnes en France selon la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution..
Il y a en France environ points de vente alimentaires généralistes. Près de communes en France disposent d’au moins un magasin généraliste d’alimentation.
Modèle économique de la grande distribution Traits caractéristiques Accessibilité : « No parking, no business » (Bernardo Trujillo) ; Mélange des classes sociales : « Les pauvres aiment les petits prix, les riches les adorent » (Bernardo Trujillo) ; Produits d'appel : « Faire un îlot de perte dans un océan de profit » (Bernardo Trujillo) ; Forte rotation de produits à faible marge ; Besoin en fonds de roulement négatif autorisant le placement d'une trésorerie structurellement excédentaire ; Recours aux marques de distributeur (ou MDD) ; Négociation serrée avec les fournisseurs, conduite par les centrales d'achat, en matière de référencement, de tarifs, promotions, remises, ristournes et autres accords de coopération.
Marges dégagées dans les rayons alimentaires thumb|Rayon alimentaire d'un supermarché Trader Joe's à Pittsburgh aux États-Unis.
Le deuxième rapport de l'Observatoire des prix et des margesRapport de 400 pages présenté le au ministère de l'Agriculture décortique précisément la formation des prix dans les cinq rayons alimentaires (boucherie, charcuterie, volaille, produits laitiers et fruits et légumes frais) en distinguant les marges brutes et nettes réalisées, ce qui permet de connaître non seulement la différence entre prix d'achat et prix de vente, mais aussi quels sont les coûts des enseignes (salaires, frais de centrale, loyers).
Les résultats sont variables d'un rayon à l'autre. Sur de chiffre d'affaires, la distribution reverse à ses fournisseurs entre (pour la charcuterie) et (pour les produits laitiers). Soit une marge brute comprise entre 23,40 et . Avec cette somme, les hypers et supers payent leur personnel (4 à selon le service rendu : service à la coupe ou libre-service) et toutes autres charges. Au bout du compte, la marge nette moyenne est de . Négative pour la boucherie (-), légèrement positive (+) pour les fruits et légumes et (+) pour les produits laitiers, et beaucoup plus confortable pour les rayons charcuterie () et volaille ().
Le rapport — malgré un effort de transparence évident — comporte cependant au moins deux biais importantsSéverin Husson, quotidien La Croix, 14 novembre 2012, p. 11 : d'une part, la méthode de répartition des frais utilisée par les enseignes n'est pas connue, et d'autre part, l'étude porte non sur des produits ou familles de produits, mais sur des rayons entiers.
Organisation de la grande distribution Clientèle visée et assortiment offert La grande distribution s'adresse essentiellement au consommateur final en lui présentant une offre : généraliste : l'assortiment vise à satisfaire de façon plus ou moins étendue, en fonction de la surface de vente disponible, via un assortiment plus ou moins large et profond l'ensemble des besoins plus pertinents des ménages consommateurs en provenance de la zone de chalandise. Le nombre des articles offerts peut être compris dans une fourchette allant de plusieurs centaines à plusieurs dizaines de milliers de conditionnements/présentations ( hypermarché généraliste de l'enseigne E.Leclerc ou Carrefour). spécialisée : l'assortiment est également plus ou moins large et profond mais cible une ou quelques familles de produits, dans le but de satisfaire des besoins spécifiques ( magasin Decathlon orienté vers l'univers « Sports et Loisirs » ou Ikea orienté vers l'univers « Aménagement-Décoration de la maison »).
Les surfaces de vente dédiées spécifiquement aux professionnels sont réputées faire partie du secteur de la distribution professionnelle ( l'enseigne Metro).
En 2020, en France, la grande distribution vendait 55 % des aliments biologiques proposés sur le marché. Elle applique sur ce créneau ses méthodes habituelles, comme la marque de distributeur, dans une offre large et diversifiée. Les produits bios portant un label d'agriculture biologique répondent au même niveau d'exigence que dans tout autre point de vente. Pour satisfaire leur importante demande, les filières bio deviennent semi-industrielles. Pour tenir la concurrence, les aliments industriels bio souffrent quelques fois d'une baisse de qualité : ils gagnent en compétitivité en jouant sur l'origine géographique, en rajoutant du sucre, en utilisant l'huile de palme - qui n'est pas interdite. Il se produit quelques fois des aberrations écologiques, comme la culture de tomates en France, certes bios et locales, pourtant cultivées dans des serres chauffées, générant un niveau de pollution quatre fois supérieur que la culture et le transport de tomates depuis l'Espagne. Mais, quelques fois, pour gagner en visibilité, les opérateurs de la grande distribution lancent des gammes de produits plus exigeantes au contraire en termes de respect de l'esprit de l'agriculture biologique. La crainte générale du marché et des clients est que, le bio ne dit pas forcément l'équitable ; l'agriculture risque d'être la variable d'ajustement. En 2020, seul Picard Surgelés s'est lancé dans une démarche de labellisation, avec la Fédération nationale d'agriculture biologique des régions de France, dans le domaine du commerce équitable.
Organisation adaptée à l'assortiment et aux surfaces de vente Selon Libre Service Actualités, périodique professionnel (français) de référencelas-conso.fr., la « grande distribution » est censée regrouper : en fonction de la surface de vente des lieux de vente tels que hypermarchés, supermarchés, supérettes, discounters ( hard-discount), grands magasins, centres commerciaux) ; en fonction de l'assortiment des surfaces de vente répertoriées comme grandes surfaces spécialisées (GSS), grandes surfaces alimentaires (GSA), ou encore grandes surfaces de bricolage (GSB).
Organisation pour assurer la logistique et les services thumb|Centre de distribution Les Mousquetaires d'Avermes.
Quels que soient les liens juridiques ou économiques unissant les points de vente : intégrés, coopératifs, franchisés ou indépendants associés, ils constituent aussi la base d’une intégration verticale pouvant couvrir différentes fonctions :
Structuration par groupes et enseignes vignette|droite|400px|Graphique illustrant le chiffre d'affaires de différents distributeurs aux États-Unis en 2006. Ces organisations sont intégrées horizontalement et disposent d'une enseigne, afin de bénéficier d’une communication et d’une image de marque commune à tous les commerces qui le composent.
Les magasins faisant partie d'un même groupe peuvent être liés par des liens juridiques et économiques divers : points de vente intégrés, points de vente coopératifs ou points de vente franchisés, association de magasins indépendants (ayant ou n'ayant une position dite ducroire vis-à-vis des tiers).
En France
Le développement des implantations et la concurrence économique au sein du secteur sont — en 2007 et selon les principaux économistesPhilippe Askenazy, Katia Weidenfeld, Les Soldes de la loi Raffarin - Le contrôle du grand commerce alimentaire, ed. Rue d'Ulm, coll. Cepremap, 18/05/2007 . — fortement encadrés, sinon limités par les multiples lois et réglementations (loi Royer, Commission nationale d'équipement commercial, CDUC, loi Galland…).
Pour les uns, cette réglementation se justifie par le fait qu'elle protège le commerce de proximité ou les producteurs face à une emprise trop forte de la grande distribution. Pour d'autres, elle handicape le pouvoir d'achat car elle aboutit dans la pratique à « tempérer » la concurrence en réduisant le nombre des distributeurs — voire en instaurant un numerus clausus — pouvant exercer une activité commerciale sur le périmètre d'une zone de chalandise déterminéeDispositif de régulation des implantations commerciales, www.pme.gouv.fr ..
En Europe + Chiffre d'affaires en milliards d'euros des principales sociétés de grande distribution en Europe. Entreprise Pays 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 Carrefour France 73,1 78 76,8 78,9 81,4 82 87,4 99,3 86,9 85,9 89,32 81,27 76,3 74,3 Tesco Royaume-Uni 26,8 39,8 41,6 49,2 53,8 60,6 62,6 65,9 68,2 72,9 77,3 75,9 76,1 Metro AG Allemagne 46,9 49,5 51,5 53,6 56,4 55,7 59,9 65,9 Rewe 34,6 37,5 37,4 39,2 40,8 41,7 43,5 45,1 Auchan France 30,8 35,2 37,5 38.1 39,1 40,4 42,1 44,2 42,5 44,4 Edeka Allemagne 31,2 31,1 30,5 31,5 31,6 38,0 39,2 37,8 Lidl 12,3 - 20,8 21,3 34,9 - 38,9 43 Aldi 31,1 - 32 33,6 35,3 - 36,4 - Intermarché France 36,3 37,2 38,4 38,4 38 30.3 31,5 32,7 34,8 34 35 37 E.Leclerc 23,8 25,1 26 27,2 28,4 28,5 29,4 30,3 37,8 Tengelmann Allemagne 27,6 28,5 28,5 26,8 26,3 25,7 18,5 19,7 Sainsbury's Royaume-Uni 30,1 28,5 26,7 27,2 24,9 24,7 25,8 - Casino Guichard Perrachon France 19,1 22 22,8Chiffre d'affaires consolidé. 23 23,2 22,8 22,5 24,9 Ahold Pays-Bas 52,2 66,6 72,7 56,1 44,6 44,5 44,9 24,9 Delhaize Group Belgique 18,2 21,4 20,7 18,5 17,8 18,6 19,2 19,0 Morrisson WM Supermarket Royaume-Uni - - - 19,3 18,4 - 18,3 - Coopérative U France 10,5 11,7 12,7 13,8 14,7 15,1 15,6 16,8 Karstadt Allemagne 15,2 15,9 15,8 13,5 15,7 15,5 - - Migros Suisse 12,9 13,6 13,7 13,9 13,1 13,1 12,6 14,2 Coop - - - - - - 14,7 - Marks & Spencer Royaume-Uni 12,2 12,3 11,6 12,8 11,9 11,5 - Groupe Louis Delhaize Belgique - - 9,3 - - 11,0 - -
Gestion des risques dans le secteur de la grande distribution
Encadrement légal Risque alimentaire La distribution alimentaire nécessite des installations et des procédures spécifiques, le plus souvent encadrées par des lois et est contrôlée par l'administration et des agences publiques.
Par exemple, en France, les réglementations sanitaires et vétérinaires encadrent depuis toujours la production, la distribution et l'évacuation des déchets alimentaires (boucherie, charcuterie…). L'Afssa, agence publique française dépendante de la Direction des services vétérinaires du ministère de l'Agriculture, est chargée d'évaluer ce risque sur le territoire. Sans être chargée des médicaments qui relèvent du ministère de la Santé, elle est l'équivalent de la Food and Drug Administration américaine.
Risques liés aux stockages et aux installations