Serra est une ancienne piève de Corse. Située dans l'est de l'île, elle relevait de la province d'Aléria sur le plan civil et du diocèse d'Aléria sur le plan religieux.

Géographie thumb|A Serra sur la carte militaire de 1768|300 px La piève de Serra correspond au territoire des actuelles communes de : Moïta ; Matra ; Pianello ; Zuani ; Ampriani ; Zalana ; Tallone.

Elle avait pour pièves voisines :

Histoire Au , la justice était rendue en Corse par le gouverneur et par d'autres fonctionnaires, dont le nombre varia suivant les époques, et qui portaient le titre de commissaire ou de lieutenant.

Colonna De Cesari-Rocca et Louis Villat in Histoire de Corse Ancienne librairie Furne Boivin & Cie, Éditeurs 5, rue Palatine Paris VI 1916.

La Serra était une piève qui comptait environ habitants vers 1520. Elle regroupe les villages des hautes vallées de la Bravona et du Corsiglièse.

Au elle avait pour lieux habitésADECEC Eléments pour un dictionnaire des noms propres : Cuiani (Zuani), Alpriano (Ampriani), La Valle di Sagano (Zalana).

Au début du la piève de Serra comprenait les communautés suivantes : thumb|Ampriani et la basse vallée du Corsiglièse. Moitta (Moïta) (338 hab.) Mattra (Matra) (115 hab.) Pianello (Pianello) (446 hab.) Zuvani (Zuani) (244 hab.) Ampriani (Ampriani) (73 hab.) Zallana (Zalana) (297 hab.)

La communauté de Tallone voisine, avec 142 habitants, se trouvait jusqu'en 1771 dans la piève d'Opino.

Le , par le traité de Versailles, la France accapare la Corse et l'administre militairement. La piève d'Opino est rattachée à celle de Serra en 1771. En 1790, avec la Révolution, la piève de Serra devient le canton de Serra, avant de devenir en 1828, le canton de Moïta.

De nos jours, la partie septentrionale de l'ancienne piève de Serra se trouve incluse dans le « territoire de vie » Castagniccia du Parc naturel régional de Corse, au sud-est de celui-ci.

La piève civile Au début du , La Serra se situait dans la province d'Aléria et relevait de sa juridiction. L’abbé Francesco Maria Accinelli à qui Gênes avait demandé une estimation des populations de Corse, avait rédigé un texte manuscrit en langue italienne à partir des registres des paroisses. Il avait écrit : Francesco Maria Accinelli in L’histoire de la Corse vue par un Génois du - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974.

La province d'Aléria comptait habitants, répartis dans 7 pièves. .

thumb|La piève de Serra en 1737 (Cap. Vogt) Après fusion avec Opino en 1771, la Serra s'agrandit en s'étalant vers la mer, obtenant ainsi une façade maritime allant jusqu'à Aléria au sud.

La piève religieuse La piève de Serra se situe dans le diocèse d'Aléria.

La piève d'Opino La piève d'Opino, fusionnée avec Serra sur le plan civil en 1771, demeure une piève religieuse à part entière au sein du diocèse d'Aléria. L’abbé Francesco Maria Accinelli à qui Gênes avait demandé une estimation des populations de Corse, avait rédigé un texte manuscrit en langue italienne à partir des registres des paroisses. Il avait écrit : .

Tallone était le centre de la piève d'Opino. Le lieu-dit « Pieve » à l'E-SE du village et à près d'un kilomètre au nord-ouest de la Punta San Giovanni (), devait être l'emplacement antique de la cité d'Opino ou Opinum oppidum ; l'église principale était l'église Saint-Jean depuis longtemps disparue. Des fouilles archéologiques sont opérées sur le site romain de Pieve qui est de nos jours une zone de culture.

Opino (Opinum. Var. Openum) qui devint au le nom d'un canton de l'île, était un oppidum romain, qui doit être placé au mont Oppido, près de ChiatraXavier Poli in La Corse dans l'Antiquité et le Haut Moyen Âge - La Corse d'après Ptolémée, chap. VII §3. L'oppidum de Chiatra étant situé assez loin dans la piève voisine de Verde, on pourrait également situer l'origine du nom Opino par le sommet situé lieu-dit Castellare au sud de Tallone à 409 mètres près du Col de Corso. Ce terme Castellare est d'ailleurs également utilisé pour l'oppidum éponyme à côté du Pont-de-Piedicorti près de Sortipiani rive-droite du fleuve Tavignano.

Après une lente et anarchique reconquête de l'île sur les Maures démarrée vers 860, le pape Urbain II nomme archevêque Daibertus évêque de Pise qui devient en 1092 métropolitain-suzerain des 6 diocèses corses : Nebbio, Mariana, Accia, Sagone, Ajaccio et Aleria. Jalouse parce qu'ayant aussi participé à la reconquête, Gênes obtient en 1133 du pape Innocent II ceux de Nebbio, Mariana, Accia, Pise conservant Sagone, Ajaccio et Aleria.

En 1284 a lieu la bataille navale de Meloria. Henri da Mare (fils d'Ansaldo, cosseigneur de Rogliano, amiral de Gênes) défait la marine pisane. La Corse devient la propriété de Gênes.

Au début du , vers 1520, la pieve d'Opino comptait environ et avait pour lieu habité Tallone.

Voici ce qu'on lit dans Saint Alexandre Sauli, supérieur général des barnabites, évêque d'Aleria (Corse), cet évêque de Pavie (Italie), apôtre de la Corse, 1534-1592 :

Au , tout le littoral de la plaine d'Aléria était déjà abandonné. Vers le , à la chute de Rome, les Vandales avaient déferlé sur la Corse, rasant les villes dont Aléria, apportant avec eux les germes de la malaria. Vivre dans la plaine d’Aléria était impossible pour des siècles.

Opino avait pour seul lieu habité : la communauté de Tallone. Accroché à la montagne, Tallone a été bâtie à une altitude moyenne de afin de voir venir l'envahisseur barbaresque cette fois, qui razziait les côtes de l'île dès 1455 (ils le feront durant près de trois siècles). Son église paroissiale San Cesareo a été construite au .

Au début du la pieve d'Opino ne comprenait toujours que la seule communauté de Tallone qui comptait alors 142 habitants.

Voir aussi

Articles connexes Liste des pièves de Corse

Notes et références Notes

Références

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