Mahmoud Shabestari (1287(?) - 1320(?)) () est un mystique et poète persan. Il est l'auteur d'un ouvrage important, intitulé La Roseraie du mystère, qui cherche à concilier une conception panthéiste avec la notion stricte du monothéisme.
Biographie Mahmoud Chabestari est né à Shabestar, à l'époque un simple village dans les environs de Tabriz, au nord-ouest de la Perse (Iran). Il semble que sa naissance coïncide avec la conquête de la Perse par le souverain mongol Hulaku KhanDjamshid Mortazavi & Eva de Vitray-Meyerovitch, Introduction, in Shabestari, La Roseraie du Mystère, Paris, Sinbad, coll. Babel, 2013 , p. 7.. Il se pourrait aussi qu'il soit né vers 1250 déjà; en revanche, il y a une concordance pour fixer son décès en 1320 (même si cette date est aussi une approximation)Djamshid Mortazavi & Eva de Vitray-Meyerovitch, « Introduction », in Shabestari, La Roseraie du Mystère, Paris, Sinbad, coll. « Babel », 2013 , p. 7..
On ne sait pas grand-chose sur sa vie. Il semble qu'il a dû beaucoup voyager, si l'on en croit un des rares passages autobiographiques de ses écrits:
Il a acquis une réputation flatteuse auprès des savants en religion, mais aucune information ne nous est parvenue sur les personnes qu'il aurait pu rencontrer au-delà de son Azerbaïdjan natal. Quelque cinq siècles après sa mort, un groupe soufi de Kerman a revendiqué une parenté à la fois spirituelle et généalogique avec Shaberistan, et on a pu même affirmer qu'il avait été marié dans cette ville et qu'il aurait eu plusieurs fils. Toutefois, c'est là chose hautement improbable. Une telle transmission spirituelle à travers sa famille n'est pas vraisemblable, pour deux raisons: tout d'abord, on trouve dans une des sources les plus anciennes qui mentionne Shabestari une citation dans laquelle le maître soufi affirme qu'il n'a pas de descendance, tant physique que spirituelle (donc des disciples); de plus, aucune source, contemporaine au poète ou plus tardive, ne relève qu'il aurait fondé une chaîne initiatique (silsila) de disciples.
Chabestari est un poète encore très apprécié dans son pays d'origine. On peut voir son mausolée et sa tombe dans les environs de Shabestar. Il y repose aux côtés de l'un de ses maîtres, le shaykh Bahâ' al-Din (mort en 1336 ou 1337).
Œuvre Son œuvre principale, La Roseraie du mystère (« Golshan-e raz »), est un classique de la mystique, de la théologie et de la philosophie persanes, et ce bref ouvrage (un millier de vers) occupe une place éminente dans la pensée de l'Iran, et il jouera un rôle important dans la diffusion des idées d'Ibn ArabiDenis Matringe in Alexandre Popovic et Gilles Veinstein (Dir.), Paris, Fayard, 1996, 711 p. p. 177. vignette|Tombes de Shabestari et de Bahâ' al-Dîn Ya'qûb Tabrîzî, à Shabestar. Ses autres œuvres sont moins connues: Sur la certitude (« Haqq ul-Yaqîn »), Le Livre du témoignage (« Shâhid-Nâmeh »), Le Livre de la joie (« Sa'âdat-Nâmeh »), Les Miroirs des initiés (« Mirât-ul-Muhaqqîn »)Mortazavi & Vitray-Meyerovitch, 2013, p. 7-8..
Citations
centré|vignette|Cour intérieure du mausolée de Shabestari.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Traductions La Roseraie du Mystère, suivi [sic] du Commentaire de Lahîjî, traduit du persan, présenté et annoté par Djamshid Mortazavi & Eva de Vitray-Meyerovitch, Paris, Éditions Sindbad, Coll. « Babel », 2013 . Henry Corbin et Christian Jambet (Dir.), Trilogie ismaélienne: Le livre des sources, Cosmogonie et eschatologie, Symboles choisis de la roseraie du mystère, Paris, Verdier, Coll. « Islam spirituel », 1994.
Études
Liens externes Sheikh Mahmood Shabestary Tomb
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