Wirecard AG était une entreprise de technologies et services financiers allemande qui a fait faillite en à la suite d'irrégularités comptables. Elle proposait des services de gestion des risques, de production de cartes de crédit et de traitement des transactions, et affirmait en 2020 avoir clientes dans le monde. Son service de paiement par Internet était en concurrence avec PayPal et Western Union. Wirecard Bank AG était un membre de VISA, Mastercard et Japan Credit Bureau et opérait sous licence bancaire allemande. Wirecard AG était répertoriée par le Frankfurt Securities Exchange (marché des valeurs mobilières de Francfort).
Le scandale Wirecard entraînant une chute brutale du cours de bourse de la société.. La justice allemande délivre en un mandat d’arrêt contre le PDG de Wirecard, Markus Braun, pour avoir « gonflé » artificiellement le bilan de l’entreprise, en vue de le rendre . L'entreprise reconnaît une fraude massive sur ses comptes, à hauteur de 25 % de son bilan. Un montant de d'euros a disparu aux Philippines. Le titre de l’entreprise perd 85 % de sa valeur dans les jours qui suivent ces révélations. Markus Braun est libéré en échange d'une caution de d’euros..
L'entreprise dépose le bilan en ..
Histoire La société est fondée en 1999. En 2002, alors qu'elle était sur le point de disparaître à la fin de la bulle Internet, Markus Braun injecte du capital et en devient le PDG. Il consolide la société et axe le modèle commercial sur la fourniture de services de paiement sur Internet, initialement principalement pour des sites pornographiques et de jeux d'argent..
Wirecard AG est répertoriée à l’indice TecDAX. de la Deutsche Börse depuis le .
En , Wirecard acquiert les activités de paiements de Great Indian Retail, activités qui comprend une participation de 60 % dans GI Technology. Cette acquisition inclut le transfert de près de chez Wirecard .
En , juste avant sa chute, la société revendique clientes dans le monde.
Chute
Des soupçons d'irrégularité pesaient depuis longtemps sur les comptes de l'entreprise, mais sur des petits montants. Ainsi, en , la cour des comptes fédérale de Coblence estime que les contrôles de l'Autorité fédérale de supervision financière (BaFin), sont insuffisants, et une anomalie de d'euros est découverteHandelsblatt, 14 septembre 2006, page 25. Mais ce n'est qu'en 2015 que des rumeurs de fraudes apparaissent. La première alerte sérieuse est lancée en par un analyste financier, Matthew Earl, qui travaille à l'époque pour Zatarra Research.. À partir d', le cours de l'action a commencé à faire du yoyo.
En , le Financial Times publie le premier d'une série de trois articles concernant des soupçons de falsification de documents en violation de lois de Singapour. L'éventualité d'une fraude en Asie provoque des attaques en bourse sur l'action de Wirecard par des spéculateurs qui parient sur une baisse des cours. La BaFin réagit en interdisant les ventes à découvert pour les actions Wirecard en : elle soutient donc Wirecard, assimilant les vendeurs à découvert à des agents déstabilisateurs au lieu d’interpréter leurs actions comme des informations sur la santé de l’entreprise. Cette action de la BaFin, inhabituelle, suscite la critique ; de plus, sur proposition de Wirecard, la BaFin met en examen des journalistes du Financial Times et certains de leurs collègues. Sans avertir les investisseurs, la BaFin lance néanmoins une enquête secrète sur Wirecard dès .... .. Le commissaire aux comptes de l'entreprise, Ernst & Young, (EY) n'effectue pas de nouveaux contrôles pour démasquer la fraude. En outre, des hackers tentent de discréditer les journalistes du FT en publiant certains de leurs échanges d'emails..
En , le conseil de surveillance de Wirecard demande au cabinet KPMG de réaliser un audit indépendant.. La société essaie ainsi de freiner la spéculation sur la valeur du titre en bourse. Dans un premier temps, certains investisseurs sont effectivement rassurés, et SoftBank crée même un fonds de d'euros pour soutenir Wirecard, dont le risque est porté notamment par des banques..
En , Wirecard annonce que KPMG n'a pas trouvé d'anomalie dans sa comptabilité.
Toutefois, KPMG annonce le qu'il ne peut pas rendre de conclusion, n'ayant pas pu consulter des documents suffisamment probants. Plusieurs fonds spéculatifs comme TCI. et d'autres vendeurs à découvert comme Armin S.. déposent des accusations criminelles contre Wirecard.
Dans la foulée, en , Ernst & Young refuse de certifier les comptes de Wirecard. L'entreprise annonce le la démission du président du directoire, . L'entreprise reconnaît le la perte très probable de d'euros aux Philippines. Le pool bancaire refuse alors de renouveler un prêt de 1,75 milliard d'euros. Markus Braun est arrêté puis immédiatement libéré, le , contre le versement d'une caution de d'euros. Le même jour, il vend des actions de la société pour une valeur de d'euros, ne conservant que 2,5 % du capital de l'entreprise. La société dépose son bilan le . Le cours de bourse, qui avait atteint en , chute par paliers successifs à le , puis chute encore de 70 % le lendemain à environ . Markus Braun est remis en prison le , en compagnie de deux autres cadres supérieurs de la société.
L'ancien directeur général adjoint, Jan Marsalek, qui avait été suspendu le , disparaît aux Philippines puis peut-être en Chine., et est fortement soupçonné et recherché par la justice.. Jan Marsalek serait lié aux services de renseignement autrichiens (BVT), liens qui dateraient des débuts de Wirecard quand des agents de cet office avaient aidé à vérifier la solvabilité de sites pornographiques en ligne, un secteur par lequel Wirecard avait démarré ses activités en 1999.. Selon l'ONG Bellingcat, Marsalek se serait réfugié en Biélorussie et pourrait avoir des liens avec le Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie (FSB).. Selon Deutsche Welle, il est probable qu'il se soit réfugié en Russie, bien que les autorités russes déclarent ne pas disposer d'information à ce sujet..
Le scandale atteint la BaFin, qui n'a pas joué son rôle de contrôleur de la néo-banque, ainsi que le commissaire aux comptes Ernst & Young (EY)., qui aurait été au courant ou d'une incompétence criminelle depuis au moins 2015 et aurait sciemment choisi de couvrir la fraude depuis qu'elle avait été rendue publique en 2016...
En , le Parlement européen réalise une synthèse du scandale dans un document concis et synthétique..
Faillite Le , devant l'incapacité d'assurer son financement, Wirecard se déclara en cessation des paiements devant la Cour de Munich..
Selon la société d'analyste S3 Partners, les opérateurs à découvert, dont ShadowFall de Matthew Earl, ont réalisé des bénéfices de de dollars sur l'action Wirecard. Opérer à découvert consiste à vendre à terme, c'est-à-dire en réalité faire une promesse de vente, d'actions d'une société considérée comme surcotée, en espérant que son cours aura baissé entre le moment de la vente et celui de la livraison des actions vendues..
Wirecard sort du DAX le ..
Le , Wirecard annonce qu'elle licencie environ , et qu'elle n'en garde que 570 à son siège, à Aschheim..
Mécanisme comptable de la fraude Une partie seulement du mécanisme a pu être démonté par les auditeurs. Il s'agit de prêts à des sociétés partenaires localisées à Dubaï (Al Alam), Singapour (Ocap, Ruprecht Services, Senjo) et les Philippines (PayEasy). Ces prêts apparaissent dans la comptabilité de Wirecard comme des . Ces sociétés partenaires étaient dirigées par des anciens employés de Wirecard..
En , EY déclare regretter de ne pas avoir détecté la fraude plus tôt.. Selon le Financial Times, EY était de la fraude depuis au moins 2016, quatre ans avant la révélation du scandale.
Selon le Financial Times, la police allemande, après une perquisition dans les locaux, soupçonne des employés de Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW) d'avoir frauduleusement approuvé une ligne de crédit de ..
Démantèlement Un administrateur judiciaire est nommé : l'avocat Michaël Jaffé. Celui-ci procède à une analyse de l'actif et du passif du groupe, et évalue l'actif à d'euros et les dettes à d'euros. En outre, il découvre qu'une faible partie seulement des géraient une activité non frauduleuse.. En conséquence, il y a lieu de licencier beaucoup de collaborateurs et de céder les activités rentables, notamment les filiales américaines et brésiliennes.
C'est ainsi que rachète à la mi-août la filiale brésilienne de Wirecard. L'opérateur portugais SIBS rachète la filiale roumaine. , soutenu par Kohlberg Kravis Roberts & Co. (KKR), rachète les services aux particuliers. La filiale britannique est rachetée par Railsbank . Syncapay, soutenu par le fonds Centerbridge Partners, rachète la filiale d'Amérique du Nord pour d'euros..
Le , il est annoncé que la banque Santander acquère d'euros le rachat de la plateforme technologique de Wirecard, avec l'intention de la rattacher à sa filiale brésilienne de traitement de cartes de crédit GetNet, et reprend . Elle ne reprend pas la banque de Wirecard ni aucune responsabilité légale pour les anciennes opérations. La banque de Wirecard doit être liquidée..
Les filiales d'Autriche et de Nouvelle-Zélande pourraient encore être vendues. Au total, le liquidateur espère obtenir d'euros du démantèlement de Wirecard.
Produits et services En , Wirecard AG commercialise le service de paiement par Internet appelé « Wirecard ». Sur la base d’un enregistrement en ligne, le client ouvre un compte à la banque Wirecard qu’il peut ensuite approvisionner en espèces, par cartes, par débit direct, transfert bancaire ou par une multitude de moyens de paiement locaux. Le service inclut une Mastercard virtuelle prépayée gratuite délivrée au client, qu’il peut utiliser pour payer dans les endroits acceptant la MasterCard. En plus des services généralement proposés par Mastercard, le système Wirecard permet aux utilisateurs internationaux de transférer réciproquement des fonds en temps réel. Une carte bancaire physique facultative permet aux utilisateurs de payer dans d’établissements et de retirer des espèces auprès d’ de distributeurs automatiques dans le monde.
La plateforme de gestion des risques et de traitement des paiements électroniques de WireCard AG prend en charge plus de 85 programmes de protection des fraudes et de paiements internationaux et locaux. Wirecard AG est membre de ADP CardClear et Association du transport aérien international (IATA). L'entreprise entretient des partenariats avec des start-ups bancaires comme Atom Bank, ou Tandem...
Le produit SCP (Supplier and Commission Payments, paiements des commissions et des fournisseurs) de Wirecard permet des règlements globaux automatisés de paiements aux fournisseurs et agents de vente. Ce service se base sur l’émission automatisée de cartes de crédit « virtuelles » par Wirecard Bank AG.
Wirecard Bank AG propose des services d’acquisition de cartes à une large clientèle d’entreprise pour VISA, Mastercard et Japan Credit Bureau. Un grand nombre de types de cartes de crédit et de débit est produit pour les clients commerciaux et privés.
Depuis le , Wirecard est le partenaire bancaire d'Orange Cash. Le , à la suite du scandale, Orange abandonne Visa et Wirecard pour passer à MasterCardOrange Bank change de carte, faute de Wirecard, Le Journal du Net, 11 août 2020.
Soupçons d'aide au blanchiment d'argent Le Financial Times révèle que Wirecard a réalisé jusqu'en 2017 des opérations de paiement pour deux sociétés liées à des groupes criminels.. Ces sociétés, dont l'une au moins est contrôlée par la 'Ndrangheta, sont localisées à Malte et opèrent des casinos en ligne.