Au château d'Argol est le premier roman de Julien Gracq, publié en 1938.

Genèse de l'œuvre Ce roman est le premier de Gracq, écrit pendant l'année 1937. D'abord envoyé aux éditions Gallimard, il est refusé. Gracq (qui adopte ce pseudonyme pour la parution du roman) le propose alors à l'éditeur José Corti, qui l'accepte et le publie en .

Résumé

Le roman, relativement court, se concentre sur les rapports de trois personnages : Albert, Herminien et Heide. Albert a acheté le mystérieux château d’Argol, en Bretagne pour y effectuer des études philosophiques. Il y reçoit la visite de son meilleur ami, Herminien, qui arrive accompagné d'une jeune femme, la belle Heide. Dès le premier soir, celle-ci se montre provocante et amoureuse d'Albert. Entre ces trois personnages se tissent des rapports d’amour et de haine sur fond de références à Parsifal. Un jour, Herminien entraîne Heide dans la forêt. Albert, inquiet, part à leur recherche peu après et trouve Heide, seule, nue, ensanglantée. Il la soigne et la guérit. Mais ils ne songent ensuite l'un et l'autre qu'à Herminien et le recherchent. Au cours d'une longue marche dans la forêt, ils le retrouvent, à terre, gisant comme mort, probablement désarçonné par son cheval. Il est à son tour soigné et guéri. Heide se montre peu, les jours suivants. Après une nuit confuse, elle s'empoisonne. Herminien quitte le château dans la nuit et gagne la forêt. Il se sent poursuivi, ne se retourne pas et est poignardé.

Analyse Ce roman a été salué par André Breton, dès sa première parution, comme l'. Dans son avant-propos, Julien Gracq évoque aussi une école littéraire qui fut à ses yeux la seule, après la Première Guerre mondiale à . Pour André Pieyre de Mandiargues, qui qualifie ce château d'Argol de château ardent, , et de citer le chapitre de ce roman intitulé Le bain (bain, où les trois personnages nagent vers le large au-delà de leurs forces comme s'ils voulaient mourir) avec une phrase telle que et les pages qui suivent.

Julien Gracq associe dans ce récit, sans que ces élements ne semblent disparates, le romantisme allemand, la philosophie allemande, notamment Hegel, et des mythes arthuriens du Moyen-âge, semblant écrire, selon sa propre expression, une version démoniaque du Parsifal de Richard Wagner. .

Derrière un vocabulaire qui semble précis, voire géométrique, les phrases ouvrent l'esprit à l'imagination et s'avèrent souvent labyrinthiques, comme la description du château, manquant de «toute notion d'étage».

Outre ce château, la forêt qui l'encercle est le lieu privilégié du récit. Si Albert craint cette forêt, .

Le village d'Argol existe bien en Bretagne, au sein du parc naturel régional d'Armorique, à l'extrémité de la Bretagne, mais ne compte aucun château.

Éditions Julien Gracq, Au Château d'Argol, José Corti, 1989,

Références

Catégorie:Roman français paru en 1938 Catégorie:Roman de Julien Gracq Catégorie:Roman se déroulant en Bretagne Catégorie:Premier roman Catégorie:Roman se déroulant au XXe siècle Catégorie:Château dans la littérature