vignette|Terra preta. La (prononcé en portugais : ou ; « terre noire »), également appelée terre noire amazonienne ou terre noire des Indiens dans la littérature scientifiqueC. L. Erickson, « Amazonia: The Historical Ecology of a Domesticated Landscape », Handbook of South American Archaeology, edited by Helaine Silverman and William H. Isbell., 2008, est un anthrosolSelon la Base de référence mondiale pour les ressources en sols de la FAO, un type de sol sombre amazonien. D’origine humaine et d'une fertilité exceptionnelle due à des concentrations particulièrement élevées en charbon de bois, en matière organique et en nutriments (notamment l'azote, le phosphore, le potassium et le calcium) Terra Preta Web Site, maintenu par Bruno Glaser de l'Université de Bayreuth., il contient une quantité remarquable de tessons de poterie The ceramic artifacts in archaeological black earth (terra preta) from lower Amazon region, Brazil: Mineralogy, par Marcondes Lima da Costa, Dirse Clara Kern, Alice Helena Eleotério Pinto, , magazine Acta Amazonica, 2004, vol 34 no 2, 165-178 [cité 13 mars 2007]. Étude et analyse poussée des fragments de poterie qui accompagnent la terra preta., et l'activité microorganique y est des plus développées. La terra mulata est un autre type d'anthrosol qui lui est généralement associé.
Ces sols ont pour la plupart été créés par l’être humain entre −800 et 500 Summary of Thesis about Anthrohumox in Brazilian Lowland, par G. BECHTOLD, 2007., les plus vieux remontant pour leur part à −2800. Ils sont donc d'origine précolombienne. Des milliers d'années après leur création, ils sont si réputés au Brésil qu'ils sont récoltés et vendus comme terreau à rempoter (voir pédologie). Leur profondeur peut aller jusqu'à deux mètres..
Les étendues de terra preta sont généralement entourées de sols infertiles, principalement l'oxisol, mais aussi ferralsols, et , par Bruno Glaser, Institute of Soil Science and Soil Geography, Université de Bayreuth, 95440 Bayreuth, Germany. Publié online le 20 décembre 2006 dans Philosophic Transactions Royal Society B (2007) 362, 187–196. . Cet article examine les évidences concernant le processus de génération de la terra preta, ainsi que les raisons pour lesquelles celle-ci est si supérieure en termes de rétention de matière organique et de nutriments, en comparaison aux sols qui l'entourent..
Principales propriétés La est un mélange complexe de terrain « naturel » (jaune ou rougeâtre et acide, dans le cas de l'Amazonie), de charbon, de fragments d’objets de poterie, de déchets organiques (résidus de récolte, déjections animales, os de poisson) et enfin de milliers de micro-organismes différentsDocumental The Secret of Eldorado. Realizador: David SINGTON. DOX Productions, 2002. Emitido por vez primera por el programa Horizon de la BBC..
La est très fertile, ce qui est une anomalie par rapport aux sols peu productifs de la forêt amazonienne Recuadro 4: Terra Preta - ¿manejo orgánico de los suelos? Brasil, Agricultura orgánica y recursos abióticos. Departamento de Desarrollo Sostenible, FAO, 2001. Consulté le .. Bien que les sols amazoniens exigent normalement des périodes de jachère entre huit et dix ans, six mois de repos peuvent suffire aux sols terra preta pour récupérer. Dans au moins un cas, on sait qu’un sol de ce type a été en culture continue depuis plus de quarante ans sans apport externe d'engrais.
Localisation On trouve ce sol principalement en Amazonie, où Sombroek Classification of Amazonian Dark Earths and other Ancient Anthropic Soils par Nestor Kaampf, W.I. Woods, W. Sombroek, D.C. Kern et T.J.F. Cunha. Chapitre 5 de Amazonian Dark Earths: origin, properties, and management 2003. (eds J. Lehmann, D. Kern, B. Glaser & W. Woods), Cité dans Lehmann , 2003, 77-102. estiment que ces terres occupent une surface d'au moins 0,1 à 0,3 % de la basse Amazonie enforestée, soit (cité par Denevan et Woods“Discovery and awareness of anthropogenic amazonian dark earths (terra preta)”, par William M. Denevan, University of Wisconsin-Madison, et William I. Woods, Southern Illinois University, Edwardsville.) mais d'autres estiment cette surface à 1,0 % ou plus (jusqu’à deux fois la surface de la Grande-Bretagne) (a posting to Energy Resources Group on Yahoo). Compte-rendu sur le symposium (EACU) en 2004 à l'Université de Georgia à Athens (Georgia, États-Unis). S'y est réuni un groupe de scientifiques aux intérêts très divers: chimie, archéologie, physique, anthropologie, microbiologie, pédologistes, agronomes, chercheurs sur les énergies renouvelables, et des représentants du DOE (Department of Environment), de l'USDA (....) et de l'industrie. Ordre du jour : observer les évidences d'utilisations massives de carbone dans l'histoire, faire le point sur la recherche présente, et étudier comment l'énergie négative du carbone peut être économiquement déployée aujourd'hui (Voir aussi ).. Leur distribution s'étend principalement le long des voies d'eau, de l'Amazonie de l'Est au bassin central de l'Amazonie.
On connaît également des sites de dans d'autres régions d'Amérique du Sud (Colombie, Équateur, Pérou, Guyane) Vivre en Guyane - compte rendu succinct de découverte de sites de Terra preta en Guyane., en Afrique de l'Ouest (Bénin, Liberia), et dans les savanes d'Afrique du Sud.
La existe en petites surfaces avoisinant mais on a aussi signalé l'existence de surfaces de . On les trouve dans des situations climatiques, géologiques et topographiques variées.
Terra mulata La terra mulata est plus claire que la , contient beaucoup de charbon de bois mais moins de restes de poterie et d'os. La terra mulata se situe généralement en auréole autour de la , et occupe des surfaces beaucoup plus importantes. L'hypothèse généralement retenue pour expliquer son origine, est que la terra mulata correspond aux zones défrichées et cultivées situées autour des villages (la correspondant à l'emplacement du village). La terra mulata aurait été constituée par des techniques de brûlis contrôlés afin de favoriser la production de biochar et donc d'augmenter la fertilité du sol, dans le contexte de l'agriculture sur abattis-brûlis..
Histoire de sa redécouverte s La redécouverte de la passe par celle des ouvrages en terre de la région et de la civilisation qui les a élaborés. En effet, le débat a, jusqu'à ces récentes années, tourné autour de la question de subsistance : les sols d'Amazonie, généralement pauvres et lessivés, ont-ils ou non pu subvenir aux besoins alimentaires de populations denses ?
1541 : départ de la première expédition européenne de découverte de l'Amazone ; Francisco de Orellana descend le fleuve. L'expédition parle à son retour d'une région à l'agriculture riche et sophistiquée, à haute densité démographique, où la population habite aussi bien des fermes isolées que de grands villages entourées de hauts murs Earthmovers of the Amazon par Charles C. Mann. Article de la série News Focus dans Science, 4 février 2000, vol. 287: 786-789. Cet article présente les recherches archéologiques dans la région du Beni directement liées au renouveau d'attention récent sur la terra preta, ainsi que des photos des reconstructions de ce mode d'agriculture.. Ses chroniques décrivent également ces villages reliés entre eux par des réseaux de commerce étendus, et des chefs dont le statut s'apparente à celui de la nobilité"Black gold of the Amazon", article dans le magazine Discover, 2007.. La légende naît d'un « pays de l'Eldorado ».
Les expéditions subséquentes ne trouvent que quelques tribus isolées de chasseurs-cueilleurs principalement nomades et une organisation sociale et politique presque aussi limitée que l'agriculture. C'est la disgrâce pour Orellana et l'opinion publique européenne est fixée pour les quatre siècles suivants sur l'idée d'une région à potentiel de développement culturel limité par l'environnement – ce que l'anthropologue Michael Heckenberger appellera « le mythe des sauvages de l'âge de pierre restés à l'aube des temps ».
Pourtant, tout au long de cette période de plus de 400 ans, des récits divers émergent occasionnellement pour retomber aussitôt dans l'oubli de l'histoire. Ce sont principalement des comptes rendus de jésuites (anonymes fin , et 1743 ; Equiluz 1884 ; Eder 1888 ; Altamirano 1891), qui dirigèrent la région de 1668 à 1767 et décrivent les peuples indigènes, leurs coutumes, les paysages locaux et la vie des missions coloniales. La région était notée pour sa richesse agricole, notamment pour le cacao et le coton. Contrairement à bien des régions de l'Amazonie, les Baures ne souffrirent apparemment pas d'effondrement démographique jusqu'à la mort du missionnaire tué en 1703, à la suite de quoi les Espagnols dispersèrent les communautés indigènes en une écrasante répression par la guerre et l'esclavage. Après 1708, les missionnaires regroupèrent les survivants en plusieurs centres urbains, les principaux étant Concepción de Baures (la présente ville de Baures) et San Martin. 1865-66 : Expédition Louis Agassiz en Amazonie. À partir de 1867 : Établissement local de familles d'ex-soldats de la Guerre Civile des Confédérés. 1870 : Le géologue et explorateur américain James Orton, professeur à Vasser, mentionne un sol « noir et très fertile » en Amazonie, dans son livre The Andes and the Amazon dédié à Charles Darwin qui avait correspondu avec lui. Puis en 1874 vient le rapport sur ces sols écrit par le géologue canadien , celui de son assistant Herbert Smith Dans le Scribner’s Monthly, Herbert Smith décrit la fécondité extraordinaire des plantations de canne à sucre. Il écrit d'une fabrication de rhum que . en 1879, et celui des géologues britanniques Brown et Lidstone (1878). Ces rapports concernent particulièrement la région de Santarém en basse Amazonie. Cet afflux soudain d'informations provient d'une part de ce que Hartt Rock stars: Charles Frederick Hartt—A Pioneer of Brazilian Geology. fut membre de l'expédition Louis Agassiz en 1865-66, et d'autre part de l'établissement des ex-soldats dans cette région. 1916-1918 : Nordenskiöld relate des vestiges de villages entourés de fossés et de plusieurs larges avenues et canaux, dans la région des Baures (une région au nord-est de la Bolivie et en bordure du bassin amazonien, aux sols naturels tout aussi pauvres que le reste des sols naturels d'Amazonie). Années 1950 : La vision des « Smithsoniens » (principalement Betty J. Meggers, archéologue, et Evans, du Smithsonian Institute) prévaut d'une région incapable de subvenir aux besoins d'une population dense, et donc limitant le développement d'une société complexe. Fin des années 1950 : Lee (1979, 1995) et Pinto Parada (1987) découvrent de larges vestiges de réseaux d'avenues, de canaux et de groupements d'habitations, dans les pampas entre le Rio San Joaquin et le Rio San Martin (le « Complexe Hydraulique des Baures »). Lee et Botega survolèrent la région de nombreuses fois avec des scientifiques et des journalistes pour faire connaitre ces constructions, mais les vestiges ne furent pas examinés au sol par les archéologues. 1961 : Pour sa thèse de géographie, William Denevan fait son premier voyage dans une région de l'Amazone bolivienne appelée le Beni. Situé entre les montagnes des Andes et le Río Guaporé (un affluent majeur de l'Amazone), isolé, presque inhabité et quasi sans routes, les saisons y sont marquées par un fort contraste sec/pluies. En 1966, Denevan décrit plusieurs avenues et canaux encore en usage par les habitants des Baures, et les villages entourés de fossés dans les Baures et à Magdalena. Années 1960 : Donald Lathrap, archéologue à l'université de l'Illinois, se base sur des indices linguistiques et les céramiques pour présenter l'hypothèse que la confluence des rivières Amazone, Rio Negro et Madeira, fut le centre d'une civilisation avancée qui s'étendit des Caraïbes jusqu'au sud du Brésil.
Reconnaissance scientifique : fin du