Marie Adrienne Anne Victurnienne Clémentine de Rochechouart de Mortemart, par son mariage duchesse d'Uzès, est une pilote automobile et sculptrice française, née dans l'ancien de Paris le et morte au château de Dampierre, à Dampierre-en-Yvelines, le .

Avec Camille du Gast, elle est l'une des pionnières de l'automobilisme féminin.

Elle est également, pendant plus de 30 ans, présidente de l'Union des femmes peintres et sculpteurs.

Biographie vignette|redresse|gauche|Portrait de la Veuve Clicquot et de son arrière-petite-fille Anne de Rochechouart de Mortemart par Léon Cogniet.

Anne de Rochechouart de Mortemart naît le dans l'ancien de Paris dans une famille de noblesse immémoriale.

Une de ses arrières-grands-mères est Barbe-Nicole Clicquot-Ponsardin (1777-1866), surnommée « la grande dame de la Champagne » ou « la Veuve Clicquot », propriétaire de la maison de champagne du même nom. Le tableau de Léon Cogniet (ill. ci-contre) les représente toutes deux, vers 1860-1862, avec en arrière-plan le château de Boursault.

Ses parents sont Marie-Clémentine de Chevigné (1818-1877) et Louis (1809-1873), comte de Mortemart (dont le quintaïeul direct, Louis-Victor de Rochechouart, était le frère de Madame de Montespan)1850, collection du château de Brissac..

Fragile de santé durant son enfance, elle devient duchesse par son mariage à Paris le avec Emmanuel de Crussol d'Uzès (1840-1878), duc de Crussol puis duc d'Uzès en 1872.

Entre 1868 et 1875, ils ont quatre enfants : Jacques Marie Géraud (1868-1893), d'Uzès en 1878, mort le au CongoLe Voyage de mon fils au Congo, illustrations de Riou, 1894., Simone Louise Laure (1870-1946), Louis Emmanuel (1871-1943), et Mathilde Renée (1875-1908).

Veuve dès 1878, elle a la charge de l'éducation de ses enfants. Afin de sortir son fils aîné d'une vie oiseuse et débauchée elle organise une expédition en Afrique dont elle lui confie le commandement, dûment assisté de plusieurs militaires d'expérience ; le jeune homme y contracte la maladie qui l'emporte en 1893 à l'âge de .

Le peintre Gustave Jacquet en fait un portrait exposé au Salon de 1886, et Paul Helleu la représente coiffée d'un tricorne Louis XV, probablement en tenue de chasse.

Légitimiste puis fusionniste (donc orléaniste), la duchesse finance les activités politiques du général Boulanger, qu'elle rencontre souvent à partir de 1888, en espérant qu'il aide Philippe d'Orléans à rétablir la monarchie, et consacre à cette entreprise une partie de sa fortune sans jamais regretter ce choix. Elle entretient une relation amicale avec Louise Michel au retour de déportation de celle-ciNos Ancêtres, Vie et métiers, , mars-avril 2012, . et veut prendre en charge financièrement, l'éducation de Sidonie Vaillant, la fille de l'anarchiste condamné à mort et exécuté Auguste Vaillant.

Le , elle réchappe de l'incendie du Bazar de la Charité.

alt=gravure montrant une femme s'apprêtant à monter dans une automobile décapotée.|vignette| annonce La Vie au grand air du 15 mai 1898Cité par Alexandre Buisseret, « Les femmes et l'automobile à la Belle Époque », dans ..|gauche

La duchesse d'Uzès est, avec Camille du Gast, . Elle n'est pas la première femme à prendre le volant, mais, bien que ce point reste incertain, Par la suite, elle est également à l'origine de la création de l'Automobile Club féminin de France en 1926 (l'Automobile Club de France n'acceptant pas les femmes parmi ses membres) et en assume la présidence jusqu'à sa mortLes vice-présidentes en sont la baronne Henri de Rothschild et la duchesse de Gramont. Voir et .. Enfin, elle est aussi, de longue date, réputée avoir été l'objet de la première verbalisation pour excès de vitesse., au volant de sa Delahaye type 1. De fait, la presse du moment relate bien sa condamnation le par le tribunal de simple police de Paris, en compagnie de son fils, à d'amende pour un excès de vitesse commis au bois de Boulogne, à près de au lieu des maximum autorisés par l'ordonnance du sur la vitesse des automobiles ainsi que et .. Mais son cas n'est pas isolé et prend place dans un contexte bien particulier : en effet, cette même presse relève alors surtout que de nombreux autres conducteurs, masculins ceux-ci, sont au même moment mis à l'amende par ce même tribunalLe tribunal consacre la totalité des journées des 5, 6, 7 et 9 juillet à une quarantaine d'affaires d'excès de vitesse ; . et s'en alarme, non sans ironie, à l'image de Gil Blas, qui écrit, sous le titre « Une Mode » : Ce que Le Matin commente : Plus généralement,

gauche|vignette|Une réunion du bureau de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, vers 1910-1920. La présidente, la duchesse d'Uzès, au centre de la table, entourée à sa gauche d'Esther Huillard, vice-présidente, et à sa droite de Mademoiselle Adrien, trésorière, écoute Gabrielle Debillemont-Chardon, en face d'elle, vice-présidente. BNF, département des estampes et de la photographie, fonds Laruelle. Elle organise le dans les jardins du Trocadéro une « Journée de l’Élégance et de la Dentelle » pour venir en aide aux marins bretons, avec la participation du chansonnier Théodore Botrel et de sa femme Léna, qui l'encadrant font la couverture du magazine Fémina du . De 1901 à 1903, puis de 1907 à 1933, elle est présidente de l'Union des femmes peintres et sculpteurs. Malgré son investissement personnel et financier, elle y est parfois contestée pour la prépondérance de ses affinités politiques et mondaines sur ses talents artistiques. Elle est également présidente d'honneur du « Syndicat des artistes femmes peintres et sculpteurs » (SAFPS des Unions fédérales), fondé en 1904 par Marie Thélika Rideau-Paulet, présidente du syndicat..

Passionnée de chasse, la duchesse est la première femme lieutenant de louveterieLe duché d'Uzès : La maison de Crussol, deux personnages parmi d'autres..

alt=Deux cavalières suivies de deux sonneurs, en tenue d'équipage, à l'arrêt. Au premier plan, la duchesse d'Uzès : une femme corpulente montant en amazone. Une bicyclette apparait à l'arrière-plan.|vignette|La duchesse d'Uzès lors d'une chasse à courre à Rambouillet (1913).|centré

Maîtresse de l'équipage de Bonnelles, en forêt de Rambouillet, elle participait chaque année au « Rallye Bonnelles » (rallye de chasse à courre) créé par son mariPhoto.. Elle chasse aussi en compagnie du comte de Fels, constructeur du proche château de Voisins, à Saint-Hilarion (Yvelines), et des frères Albert, Gaston et Henri Menier, qui chassent à courre dans la forêt de Villers-Cotterêts.. Chassant également en Anjou, elle séjourne chez sa famille par alliance au château de Brissac à Brissac-Quincé (Maine-et-Loire), où sa chambre habituelle porte encore son nomLa duchesse d'Uzès femme de sport : lire en ligne.. Sensible à la cause animale, elle milite au sein de la Société protectrice des animaux, jusqu'à ce que son amour de la chasse à courre l'en fasse exclureNathalie Deux, Une Épopée de Légende, Books on Demand, 2009, 88 pages, ..

alt=femme âgée devant une automobile, tenant un fanion "ACFF - Présidente"|vignette|La duchesse d'Uzès, présidente de l'Automobile Club féminin de France, en 1927.

Elle fondeÉcoutez-moi…, année, 16, 30 juin 1934, 12 en ligne. en 1914 le Mémorial de France à Saint-Denys, dont elle est la présidente puis la présidente d'honneur.

Pendant la Première Guerre mondiale, Maurice Marcille, médecin aide-major de , chirurgien convaincu de la nécessité de soigner au plus vite certaines plaies de guerre, obtient de sa riche amie, passionnée d’automobiles comme lui, qu’elle préside l'association « formations chirurgicales Franco-Russes » ayant pour but la création d'un centre de soins mobile, constitué de transportant 4 équipes chirurgicales, 4 tables d’opération et du matériel de radiologie ; cette structure « autochirugicale » permet d’opérer jusqu’à 60 blessés par jour au plus près du front. C'est le prototype de ce qui devient les autochirsFrançois Olier, Les autochirs (1914-1918), Genèse d'une épopée, Médecine et armées, 2002, vol. 30, no3, , ECPAD, ISSN 0300-4937 Référence en ligne version pdf..

Elle est chevalière, puis officière de la Légion d'honneur ; reçoit une mention honorable au Salon des artistes français. Elle est présidente-fondatrice de l'Automobile Club féminin de France, présidente de l'Œuvre dite des bons-enfants (protection des veuves et orphelins de la Première Guerre mondiale)Dossier sur la base Léonore, avec pièces biographiques..

Elle meurt au château de Dampierre, à Dampierre-en-Yvelines, en février 1933, âgée de quatre-vingt-cinq ans.

Décorations

Résidences Résidences parisiennes 1867-1880 : Hôtel de Vaudreuil, , rue de la Chaise () ;

1880-1902 : Hôtel d'Espagne, puis d'Uzès, avenue des Champs-Élysées, Paris (détruit) ; en 1880, la duchesse d'Uzès, veuve depuis 1878, décide de vendre l'hôtel familial de la rue de la Chaise pour s'installer rive droite, probablement pour se rapprocher du bois de Boulogne où elle monte à cheval et mène ses équipages quotidiennement. Elle fait l'acquisition de l'hôtel particulier construit pour la reine Marie-Christine d'Espagne à l'emplacement d'une maison ayant appartenu à la duchesse de Caumont-La Force; il s'agit d'un hôtel entre cour et jardin, construit sur une parcelle de deux tiers d'hectare s'étendant jusqu'à la rue de Ponthieu et donnant sur l'avenue par une porte cochère. Elle l'achète pour de francs, dont elle règle une partie en œuvres d'art (plusieurs toiles de Meissonier), à l'industriel suisse Secrétan, qui va s'installer rue Moncey. Le prix est jugé excessif pour un hôtel « médiocre et mal construit ». L'hôtel comporte des plafonds peints par Fortuny. Progressivement, la duchesse le modernise et en fait une des demeures les plus confortables de Paris : cette « demeure […] passait, vers 1900, pour être une des plus remarquables du Paris moderne […] Le salon de l'avenue des Champs-Élysées fut bientôt le rendez-vous de toutes les notabilités d'alors. Et la petite histoire a enregistré les entrevues mémorables qui eurent lieu ici entre la grande dame et le général Boulanger ».. Elle y installe son atelier de sculpture. En 1902, la duchesse d'Uzès vendit l'hôtel à Georges Dufayel, propriétaire des « Grands Magasins Dufayel » (26, rue de Clignancourt) depuis 1892, amateur d'art et collectionneur, domicilié au de l'avenue. L'hôtel d'Uzès fut démoli en 1905 et remplacé par un nouvel hôtel particulier construit par l'architecte Gustave Rives. Deux permis de construire ont été délivrés les (hôtel particulier de deux étages) et (bâtiment de communs de trois étages)..

1902-1933 : Hôtel d'Uzès, , rue de Courcelles, Paris (détruit). En 1902, après avoir vendu l'hôtel de l'avenue des Champs-Élysées, la duchesse fit l'acquisition de quatre hôtels particuliers situés dans le même carré de rues en bordure du parc Monceau. Elle emménagea elle-même au , rue de Courcelles. Les Luynes s'installèrent dans l'hôtel contigu et communicant du . Les Brissac s'installèrent au , rue Murillo et les d'Uzès au , avenue Van-Dyck« Le fief Greffulhe de la rue d'Astorg, avec les demeures communicantes des de L'Aigle, des Montmort, des Guiche et des Arenberg, eut une réplique […] lorsque la duchesse d'Uzès, abandonnant les Champs-Élysées, fit acquérir non seulement les hôtels du côté des numéros pairs de l'avenue Van-Dyck, mais aussi ceux de la rue de Courcelles et de la rue Murillo qui les joignent. Dès lors entre ces demeures s'établirent des communications : il y eut un étage Luynes et un étage Uzès. Au cœur de ce complexe de pierres, tout animé de vie mondaine, subsistait un ilôt de quiétude : le couvent des religieuses anglaises. C'est d'ailleurs aujourd'hui (1954) tout ce qui reste de cet heureux temps. » ().. Atelier d'artiste rue Poncelet (])

Maisons de campagne