La Gendarmerie maritime est une composante de la Gendarmerie nationale française qui relève du directeur général de la gendarmerie nationale ainsi que du chef d'état-major de la Marine nationale pour ce qui concerne l'emploi de la gendarmerie maritime dans le domaine de sa spécialisationhttps://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027192462. La gendarmerie maritime fait partie de la nouvelle fonction garde-côte créée en 2010 et placée sous l'autorité du secrétariat général de la mer. Son effectif compte environ et elle dispose d'une trentaine de patrouilleurs et vedettes répartis sur tout le littoral ainsi que d'une dizaine d'embarcations pneumatiques armées par les brigades de surveillance du littoral.
Histoire La Gendarmerie maritime tire ses origines du corps des prévôts et archers de Marine, dont on trouve l'origine dès 1340. Il faut attendre le pour que le roi Louis XIII officialise la création d'un prévôt général de la Marine et des armées navales. Ainsi, son rôle est défini comme : « Elle a le devoir de faire la police de la Marine, de saisir et juger les coupables, de connaître les crimes de piraterie et autres commis par les marins français »Ses premières missions sont définis comme : « Ils feront leurs chevauchées par les côtes et les grèves et ports de nos mers nettoieront icelles de voleurs et pirates, poursuivront déserteurs des armées navales, leur feront procès avec pouvoir de main forte pour l'exécution des arrêts et commissions amenées du fait de la Marine. »Après la Révolution française, la maréchaussée devient la Gendarmerie nationale, et le corps des prévôts et archers de Marine est renommé pour l'occasion en Gendarmerie des Ports et des Arsenaux. Le terme Gendarmerie maritime ne deviendra officiel que sous le règne de Louis-Philippe Ier par une ordonnance publiée le , et la Gendarmerie maritime sera officiellement rattachée à la Marine nationale plutôt qu'à la Gendarmerie nationale. La Gendarmerie maritime sera re-rattachée à la Gendarmerie nationale en 1926, re-rattachée à la Marine nationale en 1935. En 1940, lors de l'armistice, elle ne fût pas reconnue comme force militaire mais comme force de police. Ainsi la Marine Nationale y placa une partie de ses cadres afin que la Gendarmerie maritime puisse servir de "réserve" d'officier. La Gendarmerie maritime est finalement rattachée en 1970 à la Gendarmerie nationale.
Missions Les missions de la Gendarmerie maritime se regroupe en trois grandes missions principales : les missions de prévôté, protection et défense, les missions liées à l'action de l'état en mer ainsi que le contrôle liées aux activités maritimes, à terre.
La prévôté, protection et défense Mission première de la Gendarmerie maritime, elle assure la sécurité des unités basées dans les emprises de la Marine nationale par le contrôle des accès, et plus sur le site de l'Île Longue qui dispose d'un régime de protection particulier. De manière générale, les gendarmes ont pour rôle de contrôler toutes les entrées et sorties de biens et de personnels.
Cela passe par le contrôle d'identité et de la situation administrative et judiciaire afin d'autoriser une personne à rentrer sur le site, mais aussi par la réalisation de mission d'escorte des SNLE sortant à la sortie du port ou de documents sensibles nécessaires à la réalisation d'une mission. Les gendarmes réalisent des patrouilles, parfois avec l'aide des fusiliers marins dans l'enceinte des emprises mais aussi à l'extérieur en coordination avec le reste des forces de l'ordre (Police nationale, Gendarmerie départementale…). Cette surveillance hors de l'emprise permet une collecte de renseignements des alentours de la base grâce aux acteurs locaux, permet de détecter d'éventuelles menaces qui cherchaient à contourner la défense du site.
La Gendarmerie maritime permet donc de faire le lien entre la sécurité d'une base militaire et ses alentours, notamment grâce à leurs prérogatives de contrôles des personnes et des véhicules. La spécificité de la gendarmerie maritime étant la capacité de pouvoir contrôler aussi les navires qui rentreraient ou passeraient à proximité de la base. Ces missions de contrôle des navires se font à l'aide de plongeurs, à l'aide des pelotons de sureté maritime et portuaire (PSMP).
La gendarmerie maritime réalise aussi des missions de prévôtés, c'est-à-dire de police judiciaire et administrative au sein de des armées, ici la Marine Nationale. Une telle mission inclut le rôle de police de la route du moment qu'il n'y a pas infraction (rôle de police administrative) et enquête autour du trafic et de la consommation de stupéfiants à l'intérieur de la Marine Nationale.
La gendarmerie maritime effectue les missions d'escortes motorisées des matériels et autorités de la Marine Nationale.
L'action de l'État en mer Dans le cadre de la fonction « garde-côtes », la Gendarmerie maritime assure la surveillance des approches maritimes, ainsi que le rôle de police de la mer sous l'autorité du préfet maritime, c'est-à-dire la réalisation d'enquêtes suite à une infraction commise dans les eaux territoriales et la ZEE française (non-respect des règles de pêche, aux règles de navigation...). Les missions de police judiciaire sont réalisées sous l'autorité du Procureur de la République. Aussi, la Gendarmerie maritime réalise aussi des missions d'assistance aux personnes en danger et de protection des biens et des personnes, au même titre que la Gendarmerie Nationale.
Contrôle des activités liées aux activités maritimes Par exemple, les gendarmes maritimes affectés en Brigade de surveillance du Littoral qui contrôlent les étals sur les marchés, les grandes surfaces, les restaurants et autres ..., y compris loin des zones côtières, qui proposent des fruits de mer.
Recrutement Le recrutement se fait sur la base du volontariat après l’obtention du Certificat d'Aptitude Technique (CAT, pour les sous-officiers notamment) au cours des deux années qui suivent la sortie d'école, où plus rarement dès la sortie de l'école si le nouveau gendarme présente des aptitudes techniques (permis bateau, qualifications, brevets militaires etc.) et/ou a un certain intérêt pour le monde maritime. Les gendarmes adjoints volontaires, sous-officiers et officiers peuvent intégrer cette spécialité au cours de leurs contrats ou de leurs carrières.
Les gendarmes adjoints volontaires peuvent être affectés dès leur sortie d'école en Gendarmerie maritime.
Organisation Commandée depuis le par le général Jean Hérault‑Munièrehttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054306151 assisté d'un état-major implanté à Houilles, la gendarmerie maritime, dont l'effectif en 2020 est de (dont 350 réservistes parmi lesquels quelques spécialistes de l'économie bleue) est articulée en 3 groupements, 7 compagnies et 75 unités (brigades de recherches, brigades de surveillance du littoral, pelotons de sûreté des zones protégées, pelotons de surveillance d'intervention et de renfort, pelotons de sûreté maritime et portuaire. — Le Havre et Marseille/Port-de-Bouc, patrouilleurs, vedettes côtières de surveillance maritime) dont la répartition géographique est la suivante : 425px|Carte Métropole : groupement de la Manche et de la Mer du Nord à Cherbourg (2 compagnies : Le Havre et Calais.) 1 patrouilleur côtier de gendarmerie (PCG) (Armoise) 5 vedettes côtières de surveillance maritime (VCSM) (Dunkerque, Boulogne sur Mer, Dieppe, le Havre, Calais) groupement de l'Atlantique à Brest (3 compagnies : Brest-arrondissement, Ile Longue et Lorient) ; 1 patrouilleur côtier de gendarmerie (PCG) (Géranium) 9 vedettes côtières de surveillance maritime (VCSM) (Saint-Malo, Roscoff (création 2021), Brest(2), Concarneau, Pornichet, Les Sables-d'Olonne, La Rochelle, Anglet) groupement de la Méditerranée à Toulon (2 compagnies : Marseille et Toulon) ; 1 patrouilleur côtier de gendarmerie (PCG) (Jonquille) 8 vedettes (Port-Vendres, Gruissan, Sète, Marseille, Toulon, Saint-Raphaël, Nice, Ajaccio) section de recherches de la gendarmerie maritime (unité de police judiciaire) à Houilles détachement de la section de recherches de Cherbourg détachement de la section de recherches de Brest détachement de la section de recherches de Toulon peloton de Paris à Houilles (sous l'autorité directe de l'état major) ; centre national d'instruction de la gendarmerie maritime (CNIGM) à Toulon. thumb|upright=1.5|Le patrouilleur côtier de gendarmerie maritime Géranium P720 en 2013. Outre-mer : Guadeloupe : 1 patrouilleur côtier de gendarmerie maritime (PCG) (Violette P722) ; Guyane : 2 vedettes côtières de surveillance maritime (VCSM) (Mahury à Dégrad des Cannes et Organabo à Kourou) ; Réunion : 1 brigade de surveillance du littoral (BSL) (Port-des-Galets) ; Polynésie Française : 1 patrouilleur côtier de gendarmerie maritime (PCG) (Jasmin) ; Nouvelle-Calédonie : 1 vedette côtière de surveillance maritime (VCSM) (Dumbéa) et 1 brigade de base navale ; Mayotte : 2 vedettes côtières de surveillance maritime (VCSM) (Odet) et (Verdon).
Groupements thumb|Le patrouilleur Epée (P672) amarré à Brest, dans la Penfeld. Désarmé le . Groupement de la Manche et de la Mer du Nord (Cherbourg-en-Cotentin) ; Groupement de l'Atlantique (Brest) ; Groupement de la Méditerranée (Toulon).
Compagnies 2 compagnies dépendent du Groupement de la Manche et de la Mer du Nord (Le Havre et Calais) ; 3 compagnies dépendent du Groupement de l'Atlantique (Brest-arrondissement, Île Longue et Lorient) ; 2 compagnies dépendent du Groupement de la Méditerranée (Toulon et Marseille) ; Le peloton de gendarmerie maritime de Paris est implanté à Houilles et dépend directement de l'état-major ; Le Centre National d'instruction de la Gendarmerie Maritime (CNIGM) est situé à Toulon.
Des moyens sont également mis en œuvre dans les DOM et les TOM.
Pelotons de sûreté maritime et portuaire Les pelotons de sûreté maritime et portuaire (PSMP) sont des unités de la Gendarmerie maritime spécialisés dans les interventions maritimes et dans les ports français. Ils sont l'équivalent des Pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie (PSIG) à terre, d'autant plus que les PSMP recrutent souvent des gendarmes issues de ces unités, mais aussi des Pelotons d'Interventions (PI) de la Gendarmerie mobile.
Il existe 6 PSMP dans des ports civils (Dunkerque, Calais, Le Havre, Nantes, Port-de-Bouc et Marseille-Joliette) ainsi que 3 PSMP dans des ports militaires (Cherbourg, Brest, Toulon).
Les PSMP réalisent une large diversité de missions :
des missions de prévention (audits d’évaluation pour les plans de sûreté portuaire, contrôle des installations portuaires, etc.): des missions d’action (ciblage, escorte de navires sensibles et contrôle des navires d’intérêt): Ils ont également à leur charge les « Équipes de protection des navires à passagers » (EPNAP), mais aussi les « Équipes de sécurisation des navires à passagers » (ESNAP). Cette tâche consiste à escorter et à sécuriser des bâtiments, du type vedette à passagers voir ferries, lors de leurs nombreuses liaisons vers les destinations touristiques du littoral. Les équipes d'abordages sont composées de 5 à 6 gendarmes renforcés par un officier de police judiciaire afin d'assurer la sécurité des passagers. Les PSMP servent de primo-intervenant lors d'un événement de crise en mer, tels qu'un acte de piraterie ou une tuerie de masse. Toutefois, ils laissent ensuite la place, si besoin, aux GIGN ou aux commandos marine.
Afin de réaliser leurs missions les PSMP ont à leurs disposition :
d’une équipe cynophile ; de plongeurs spécialistes des explosifs ; d’une vedette de surveillance maritime et portuaire (VSMP) de 13 mètres ; d’une embarcation de sûreté maritime et portuaire (ESMP) de 9,5 mètres ; et enfin d’un semi-rigide de 6,5 mètres.
Moyens nautiques vignette|La vedette côtière de surveillance maritime Esteron (P622), dans le port du Havre. Au ., elle dispose des navires suivants :