Le château de Saint-Germain-en-Laye, appelé aussi « Château Vieux » par opposition au « Château Neuf », est une ancienne résidence des rois de France. Il a été le lieu de signature de nombreux et d'édits royaux.

Situé dans le centre de Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, il est aujourd’hui consacré au Musée d'archéologie nationale.

Histoire Moyen Âge À l'origine de Saint-Germain-en-Laye il y a la fondation par le roi Robert le Pieux, au début du , d'une église dédiée à saint Vincent et à saint Germain de Paris, dans la forêt de Laye, sur un site élevé au bord du plateau qui domine la Seine.

L'église est confiée d'abord à l'autorité de l'évêque de Paris et au chapitre Notre-Dame, puis de l'abbaye Notre-Dame de Coulombs qui en fait un prieuré.

Vers 1124, face au prieuré, le roi Louis VI le Gros (1081-1137) fait construire un palatium, château non fortifié en bois, sur l'emplacement de la cour du château actuel, qui est mentionné pour la première fois dans une charte royale Actum publice apud S.-G. astantibus in palatio nostro.

Philippe Auguste construit en pierre une tour logis et entoure le palatio d'un mur de fortification. Charles Odiot, Abel Goujon, Histoire de la ville et du château de Saint-Germain-en-Laye, p. 21.. En effet, en 1191, un juif avait été tué par un chrétien qui, selon le chroniqueur Guillaume Le Breton dans sa Vie poétique de Philippe-Auguste, se trouvait incapable de rendre avec intérêts l'argent qu'il avait emprunté. Agnès de Baudement, connue sous le nom de Comtesse de Braine, mère de Robert de Dreux, faisait sa résidence à Bray au mois de peu avant Pâques. Des commerçants juifs avaient obtenu d'elle, au moyen de remises commerciales considérables, qu'elle leur livre le prisonnier. Ils s'emparèrent de lui et le conduisirent sur une place, où, après l'avoir publiquement dépouillé ils lui avaient attaché les mains derrière le dos et mis une couronne d'épine. Les juifs l'avaient ensuite conduit par tout le bourg en l'accablant de coups de fouet, afin d'impressionner les autres habitants, puis ils l'avaient pendu.. Arrivé à Bray, le roi Philippe-Auguste fit placer des gardes aux portes, se saisit de tous les juifs, et en retint quatre-vingts qu'il condamna à être brûlés sur la même place.

vignette|upright=1.2|Vue cavalière d'une maquette du château de Saint-Germain-en-Laye.

Saint Louis agrandit le château et y fait construire dans le style ogival rayonnant, probablement par Pierre de Montreuil l'architecte de la basilique Saint-Denis, une chapelle castrale qui est inaugurée en 1238 et qui sera le modèle de la Sainte Chapelle de Paris.

Le , lors de la chevauchée d’Édouard III, pendant la guerre de Cent Ans, le « Prince Noir », fils du roi d'Angleterre Édouard III qui occupe alors Poissy, prend, pille et incendie le prieuré et château de Saint-Germain-en-Laye qui sont détruits à l'exception de la Sainte Chapelle et de la tour-logisBernard Nabonne, op. cit., ..

Vingt ans plus tard, le roi Charles V fait reconstruire un donjon et restaurer la chapelle par son architecte Raymond du Temple, constructeur aussi des châteaux du Louvre et de Vincennes.

En 1390, la forêt, le château et le village de Saint-Germain sont dévastés par une tempêteLeçon d'histoire de France: Saint-Germain-en-Laye par François Boulet. monographie communale de Saint-Germain-en-Laye.

En 1417, le château est à nouveau pris et occupé par les Anglais jusqu'en 1440.

Avec François , qui épouse Claude de France dans la chapelle le , le château de Saint-Germain-en-Laye devient la résidence favorite du roi. En 1539, il confie à l'architecte Pierre Chambiges la transformation du château et sa reconstruction dans le style Renaissance tel qu'on le connaît actuellement depuis sa restauration au .

Le château actuel englobe un donjon construit par Louis VI le Gros et la Sainte-Chapelle construite sous Saint Louis.

Renaissance et château Neuf Henri II naît au château en 1519 et devient roi de France en 1547. C'est cette même année que se situe l'épisode du coup de Jarnac au cours d'un duel qui se déroule sur l’esplanade du château, le . Le nouveau roi entreprend la construction du « château Neuf », dont il charge l'architecte Philibert Delorme. Les travaux sont commencés en 1559, mais la construction ne sera terminée que sous le règne d'Henri IV, vers 1600.

Époque moderne Charles IX en 1550 et Louis XIV en 1638 ainsi que de nombreux princes naissent au château.

Louis XIII meurt au Château-Vieux le .

Lors de la Fronde, dans la nuit du 5 au , la reine-mère, Anne d'Autriche, régente, et le jeune Louis XIV, qui n'a que dix ans, se réfugient précipitamment au Château-Vieux de Saint-Germain.

Le château de Saint-Germain a été le lieu de signature de plusieurs et de plusieurs édits et ordonnances.

De 1661 à 1682, le roi Louis XIV passe une partie importante de son temps à Saint-Germain-en-Laye. Il fait aménager par Le Nôtre des jardins à la française et la Grande Terrasse entre 1663 et 1680. En 1669, il fait aménager, au fond de la forêt du côté d'Achères, le Fort de Saint-Sébastien pour y cantonner et entraîner plusieurs régiments. Il fait également remodeler ses appartements dans le Château-Vieux par Le Brun et Le Vau. En 1680 commencent les travaux d'agrandissement du château, menés par Jules Hardouin-Mansart, par la construction de cinq pavillons d'angle qui lui donnent, selon certains historiens, un « aspect bizarre et déplaisant »Georges Lacour-Gayet, Le château de Saint-Germain-en-Laye, Calmann-Lévy, 1935, .

En 1682, Louis XIV, le dernier roi de France à résider à Saint-Germain-en-Laye, quitta définitivement les lieux pour s'installer à Versailles, alors que les travaux d'agrandissement du château de Saint-Germain ne sont même pas terminés. Le , la Cour part définitivement pour Versailles. Cependant, les dernières études semblent démontrer que ce n’est que rétrospectivement que ce départ fut définitif : en effet, les travaux d’aménagements intérieurs se poursuivirent et l’attention du roi pour son château ne faiblit pas. L’arrivée des Stuart en exil explique que le roi ne profita jamais des travaux faits pour lui et sa cour. Jacques II, roi d'Angleterre, cousin germain de Louis XIV, est en effet accueilli en exil au château, de 1689 à sa mort en 1701 (voir cour jacobite de Saint-Germain en Laye).

La chapelle de saint Louis située dans le château, de style gothique, est un vestige de l’ancien château fort. Elle fut édifiée par saint Louis en 1238. Louis XIV, bien que né au Château neuf dans le pavillon qui est actuellement englobé dans l'hôtel Pavillon Henri IV, y fut baptisé.

En 1777, le roi Louis XVI fait don du Château Neuf, en mauvais état, à son frère Charles, comte d'Artois, le futur Charles X. Celui-ci le fait démolir avec l'intention de le reconstruire.

Avec la Révolution française, le château neuf, une grande partie des dépendances et les terrains situés à l'ouest du château sont vendus comme biens nationaux à des spéculateurs qui y créeront des lotissements.

Sous l'Empire, le Château-Vieux est réparé pour y former une école de cavalerie. Il accueille l'« école spéciale militaire de cavalerie », ouverte le et fusionnée, en 1914, pour devenir l'école spéciale militaire de Saint-Cyr.

De 1836 à 1855, le château est transformé en pénitencier militaire.

Napoléon III, qui se passionne pour l'histoire des Gaulois et des Romains, décide d'y présenter au public des collections archéologiques.

Le , un décret impérial acte la création dans le château d'un « Musée des antiquités celtiques et gallo-romaines » (renommé plus tard « Musée des antiquités nationales », puis récemment « Musée d'archéologie nationale »). À cet effet, le château est classé Monument historique par la liste de 1862 (le pavillon de la Muette sera classé le , l'ensemble du domaine le ) et les premiers travaux de rénovation sont engagés par l’architecte Eugène Millet, élève de Viollet-le-Duc, dont la tombe est visible à l'ancien cimetière. Les premières salles du musée sont inaugurées par Napoléon III le Histoire du musée sur le site du Musée d'Archéologie nationale. La restauration entreprise par Millet, outre une profonde restructuration des espaces intérieurs, restitue le château dans son état Renaissance, en détruisant les pavillons ajoutés par Mansart à la fin du . Les travaux ne s'achèvent qu'au début du .

Événements célèbres En 1238, Baudouin II, empereur de Constantinople, remet à saint Louis, les reliques de la Couronne d'épines du Christ. Le coup de Jarnac. Le , une rivalité politique se conclut par une joute sanglante. Contre toute attente, Guy Chabot, de Jarnac triomphe de François de Vivonne, seigneur de la Chasteigneraie. L'écrivain à la vie romanesque Étienne de Jouy, de l'Académie française, meurt le au château où il résidait. Le traité de Saint-Germain-en-Laye avec l'Autriche y fut signé le .

Architecture et intérieurs vignette|La cour intérieure du château vue des toits. Le château s'articule autour d'une cour intérieure en forme de trapèze reprenant le tracé primitif du château de Charles V. Les ailes qui encadrent cette cour portent traditionnellement les noms suivants : aile du roi (aile Nord) aile de la reine (aile Est) aile des enfants du roi (aile Sud-Est) aile de la chapelle (aile Sud-Ouest) aile de la salle des fêtes (aile Ouest)

Chapelle Saint-Louis La chapelle Saint-Louis est un chef-d'œuvre de style gothique rayonnantMusée d'archéologie nationale : La chapelle.

vignette|upright=1.2|La Sainte Chapelle ou chapelle Saint-Louis.

C'est un acte de Louis IX (1214-1270), daté de 1238, qui nous apprend avec certitude qu'une chapelle vient alors d'être construite auprès du château royal ; par cet acte, le roi y instaure un service religieux régulier. Il s'agit d'une Sainte Chapelle, destinée à abriter une relique de la Sainte Épine ou de la Vraie Croix. Par son plan et son architecture, elle est la préfiguration de la grande Sainte-Chapelle que saint Louis (Louis IX) fera bâtir dans l'enceinte du Palais de la Cité à Paris de 1240 à 1248. Il confie ces deux chantiers à son architecte favori, Pierre de Montreuil, qui adapte à Paris des formules architecturales inventées à Saint-Germain : une nef à vaisseau unique, terminée par un chevet à pans, de très hautes verrières découpant la quasi-totalité des murs et des contreforts adossés à l'extérieur, entre les travées.

À Saint-Germain, les ogives de la voûte retombent sur des colonnettes qui descendent jusqu'au sol, entre les baies. Le soubassement nu est placé en retrait derrière une arcature basse isolée. Le volume de l'édifice est donc libéré de tout support intérieur. Le mur ouest est orné d'une grande rose de style gothique rayonnant. Cette appellation renvoie aux rayons des fines rosaces laissant filtrer, par leurs vitraux, la lumière qui, de Dieu, pénètre jusqu'aux clercs puis aux fidèles. Le percement maximum des murs est permis par la technique de la pierre armée. Des éléments de métal sont intégrés à la structure des murs afin d'assurer la stabilité des pierres. C'est dans la chapelle royale de Saint-Germain que Baudoin II, empereur de Constantinople, remet à Saint Louis, en 1238 les reliques de la Couronne d'épines du Christ. Ces reliques sont destinées à la Sainte-Chapelle de Paris qui, elle, ne sera consacrée qu'en .

La chapelle conserve aujourd’hui une collection lapidaire dont plusieurs plaques gravées, des panneaux de sarcophages provenant de Rosny-sur-Seine et des fragments de sarcophages provenant de Chelles.

Salle de bal vignette|upright|Salle de bal du château de Saint-Germain-en-Laye, 1922.