Le cheikh Abder-Rahman Elîsh El-Kebîr (shaykh 'Abd-ar-Rahmân 'Illaysh)'Abd-al-Halîm Mahmûd, Un soufi d'Occident. René Guénon, shaykh 'Abd-al-Wâhid Yahyâ, Beyrouth, GEBO Albouraq, 2013, p. 55., né en 1845, est mort en 1922Paolo Urizzi, "Présence du soufisme dans l'oeuvre de René Guénon", apud Philippe Faure (dir.), René Guénon, l'appel de la sagesse primordiale, Cerf, 2016, p. 329..

Double fonction Il fut à la fois chef d'une confrérie soufie et chef du maḏhab malékite à l'université al-Azhar. « Le Cheikh ‘Elîch était le Cheikh d’une branche châdhilite, et en même temps, dans l’ordre exotérique, il fut chef du madhhab mâlikî à El-Azhar »René Guénon, lettre à Michel Vâlsan. Le Porteur de Savoir. . Le Sheikh Abder-Rahman Elish El-Kebir fut un représentant très important de l'islam, tant du point de vue religieux que soufi166.. Il fut le Cheikh d’une branche shâdhilite, une branche de l’organisation initiatique (tarîqa) fondée au ( de l'Hégire) par le sheikh Abû-l-Hasan ash-Shâdhilî, une des plus grandes figures spirituelles de l’islam, qui fut, dans l'ordre ésotérique, le « pôle » (« Qutb ») de son temps, ce terme désignant une fonction initiatique d'un ordre très élevé168.'Abd-al-Halîm Mahmûd, Un soufi d'Occident. René Guénon, shaykh 'Abd-al-Wâhid Yahyâ, Beyrouth, GEBO Albouraq, 2013, p. 56.. Dans le domaine religieux », il fut le chef du madhhab mâleki à l'université al-Azhar. Les termes madhhab mâleki indiquent « une des quatre écoles juridiques sur lesquelles reposent l'ordre exotérique de l'islam ». Il n'a pas laissé d'oeuvre écrite, sinon un article, semble-t-il. Biographie Abder-Rahman Elîsh El-Kebîr est le fils du cheikh Muhammad Elîsh (mort en 1883), grand mufti malékite d'Égypte. On dit qu'une fatwa publiée par les Elîsh eut pour principale conséquence la révolte d'Arabi Pacha en 1882, et l'emprisonnement du père et du fils. Le père mourut en prison. Le fils fut gracié et exilé à Damas, où il se lia d'amitié avec l'émir Abd El-Kader. Il pratiquera les rites funèbres sur le corps de l'émir en 1883. Il enterrera Abd El-Kader près du tombeau du « Cheikh al-Akbar » (« le plus grand maître », en arabe), Muhyi-d-Din Ibn Arabi. De fait, en dehors de ses occupations officielles, Abder-Rahman, comme Abd El-Kader, fut un grand maître spirituel. Une seconde fois, il fut incarcéré, "cette fois sur ordre d'un prince musulman" ; il fut gracié exilé à Rhodes puis gracié.

De retour en Égypte, au Caire, il recouvrit la fonction islamique éminente qui lui revenait de droit.

Enseignement Cheikh de la Chadhiliyya, il eut de nombreux contacts avec l'Occident, tentant de rapprocher le christianisme de l'islam, en mettant l'accent notamment sur la parfaite reconnaissance des révélations antérieures par la religion musulmane. Grand connaisseur de la maçonnerie, il s'efforça, dans ses rapports avec les Européens, de montrer la concordance entre les symboles universels présents chez les francs-maçons comme chez les musulmans.

Bibliographie Textes (en arabe), "Le Prince de la Religion, le Grand Pôle Spirituel, l'Étoile brillante de tous les siècles" (sur Ibn Arabi, revue arabo-italienne An-Nâdî. Il Convito, n° 2 (1907), trad. en italien par Ivan Aguéli alias Abdul-Hâdi, n° 7-8. Bibliographie

Références

Marie-France James, Ésotérisme et christianisme: Autour de René Guénon, 1981

Jean-Pierre Laurant, Le sens caché dans l'œuvre de René Guénon, 1975

Jean-Pierre Laurant, René Guénon, les enjeux d'une lecture, 2006

Voir aussi Articles connexes Chadhiliyya Liens externes

Quelques pages oubliées sur le cheikh 'Abd Al-Rahmân 'Elîch Al-Kabîr et son entourage

Catégorie:Personnalité de la religion musulmane au XIXe siècle Catégorie:Personnalité de la religion musulmane au XXe siècle Catégorie:Étudiant de l'université al-Azhar Catégorie:Ouléma malikite Catégorie:Date de naissance non renseignée (XIXe siècle) Catégorie:Grand mufti d'Égypte Catégorie:Décès en 1922