Bruno Cremer est un acteur français né le à Saint-Mandé (Seine) et mort le dans le . Il est notamment connu pour avoir été l'interprète du personnage du commissaire Maigret dans la série télévisée homonyme de 1991 à 2005.

Au début des années 1950, le comédien fait partie de la « bande du Conservatoire ». Il est le père de l'écrivain Stéphane Crémer.

Biographie Jeunesse Bruno Jean Marie Cremer naît le à Saint-Mandé, près de Paris, de parents belges Bruno Jean Marie Cremer sur matchID.. Sa mère, Belge d'origine flamande, est musicienne, tandis que son père, homme d'affaires né à Lille, a pris la nationalité belge en 1914, lorsque l’armée française refusa de l'engager en raison de son jeune âge. Il est le cadet d'une famille bourgeoise de trois enfants. Son frère, Georges-Alfred (1927-2013), deviendra professeur de médecine, doyen de la faculté Cochin Port-Royal puis président de l'université Paris-V et membre de l'Académie nationale de médecine..

Il passe son enfance dans un immeuble haussmannien de la place de la Nation à Paris.. Il nourrit le goût de la scène dès l'âge de douze ans. et reçoit la nationalité française à dix-huit ans selon la loi de 1889 en vigueur alors.

Théâtre Dès la fin de ses études secondaires à l'École des Roches, Bruno Cremer est admis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, où il prend des cours pendant dix ans. Il fait partie de la promotion 1952, avec Annie Girardot, Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort, Claude Rich, Jean-Pierre Marielle, Michel Beaune Leur groupe d'amis est connu sous le nom de « bande du Conservatoire ».

Il débute sur scène en 1953 au théâtre de l'Œuvre dans Robinson de Jules Supervielle. Cremer passera la décennie sur les planches dans des pièces de Shakespeare (Richard II mis en scène par Jean Vilar, le rôle-titre de Péricles, prince de Tyr aux côtés de Nelly Borgeaud, Tsilla Chelton, Francine Bergé…), Oscar Wilde (Un mari idéal avec Françoise Brion et Delphine Seyrig), Alfred de Vigny (Chatterton avec Michel Bouquet, Jean-Pierre Marielle, Jean-Louis Richard), Jean Anouilh (le rôle de Saint-Just dans Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes avec Michel Bouquet, Jean Martinelli, Pierre Mondy, et surtout le rôle-titre offert par l'auteur dans Becket ou l'Honneur de Dieu aux côtés de Daniel Ivernel et Martine Sarcey), George Bernard Shaw (La Maison des cœurs brisés avec Michel Bouquet et Lucien Nat).

Absorbé par sa carrière à l'écran, Cremer ne revient au théâtre qu'en 1971 dans Alpha Beta, puis, dix ans plus tard, dans Bent, où, face à Jean-Pierre Sentier, il incarne un homosexuel dans un camp nazi, en 1990-1991 dans aux côtés d'Anouk Aimée et en 1997 dans Après la répétition d'Ingmar Bergman en compagnie d'Anna Karina.

Cinéma Bruno Cremer débute au cinéma par de la figuration en 1952, avant un premier second rôle dans Quand la femme s'en mêle en 1957, sous la direction d'Yves Allégret, où il côtoie un autre débutant : Alain Delon. Plus tard, en 1965, son rôle d'adjudant, d'origine alsacienne, ayant fait la guerre en tant qu'incorporé de force au sein de l'armée allemande, dans la Section de Pierre Schoendoerffer lui ouvre une grande carrière sur les écrans, qui commence par un cinéma d'auteurs souvent engagés (Schoendoerffer, Bertrand Blier et Costa-Gavras qui le dirigeront plusieurs fois, Luchino Visconti, Michel Deville, Jacques Doniol-Valcroze). Dans Les Gauloises bleues (1968), il donne la réplique à son amie Annie Girardot (il la retrouvera dès l'année suivante), comme plus tard à Jean-Paul Belmondo dans L'Alpagueur.

Le rôle-titre de La Bande à Bonnot est une manière de sacre en 1969. Il s'impose en vedette ou second rôle de films virils signés par Yves Boisset, William Friedkin, Daniel Duval, José Giovanni, Roger Hanin, Raoul Coutard, associé ou opposé à des comédiens tels que Bernard Blier, Michel Piccoli, Charles Vanel, Jacques Brel, Jean-Louis Trintignant, Maurice Ronet, Roy Scheider, Giuliano Gemma et Jacques Perrin. Marlène Jobert, Marie-Christine Barrault, Fanny Cottençon, Miou-Miou, Claudia Cardinale, Catherine Alric tempèrent de leur présence cet univers d'hommes. D'un autre côté, l'acteur diversifie ses collaborations : Patrice Chéreau, Claude Lelouch, Claude Sautet, Claude d'Anna, Anne-Marie Miéville jalonnent son parcours. Incarnant le colonel Rol-Tanguy dans Paris brûle-t-il ? de René Clément, jésuite dans Anthracite d'Édouard Niermans, il interprète en 1984 Le Matelot 512 de René Allio aux côtés de Dominique Sanda.

Depuis, Falsch de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne, De bruit et de fureur et Noce blanche de Jean-Claude Brisseau, Tumultes, de Bertrand Van Effenterre, Sous le sable de François Ozon, où il est le mari disparu de Charlotte Rampling, Mon père, il m'a sauvé la vie de José Giovanni ont chaque fois témoigné de l'exigence et du talent de l'acteur de cinéma.

Télévision Cremer tourne pour la première fois pour le petit écran en 1979. Sa carrière de séducteur s'épanouit à partir de Une page d'amour d'Élie Chouraqui d'après Émile Zola, dont il partage l'affiche avec Anouk Aimée ; suivent deux téléfilms signés Jean Chapot et Nelly Kaplan où il est associé avec Françoise Fabian et Krystyna Janda ou encore Le Regard dans le miroir avec Aurore Clément.

Cremer s'illustre dans des réalisations signées Peter Kassovitz (L'Énigme blanche avec Jean Rochefort, Bulle Ogier et Claude Rich, Opération Ypsilon), Laurent Heynemann (Le Pays du soleil levant avec Fanny Ardant, Ceux de la soif d'après Georges Simenon aux côtés de Mimsy Farmer) ou encore Christian de Chalonge (un épisode de Les Dossiers de l'inspecteur Lavardin avec Jean Poiret). Il a aussi pour partenaire Gérard Lanvin dans La Traque, de Philippe Lefebvre et travaille régulièrement en Italie (série La Pieuvre).

En 1983, il incarne le marquis de Sade, Josephine Chaplin jouant son épouse, puis en 1989, dans L'Été de la Révolution, il personnifie Louis XVI quand Brigitte Fossey interprète Marie-Antoinette.

À partir de 1991, Bruno Cremer reprend à la télévision le rôle du commissaire Maigret (d'abord proposé à Julien Guiomar) dans un style proche de Raymond Souplex. En 2005, après cinquante-trois épisodes, sa voix doit être doublée par celle de Vincent Grass dans Maigret et l'Étoile du Nord, le dernier épisode de la série : atteint d'un grave cancer à la gorge, il décide alors d'arrêter son métier.

Mort thumb|La tombe de Bruno Cremer au cimetière du Montparnasse (division 26).

Le , France Degand, son agent, annonce à l'AFP la mort de Bruno Cremer des suites d'un cancer de la langue et du pharynx imputé au tabac., le , dans un hôpital parisien du ..

Le , il est inhumé au cimetière du Montparnasse (division 26, grand cimetière)Cimetières de France et d'ailleurs, lors d'obsèques au goût de sa famille (brefs éloges par les intimes, musiques à la guitare…), après l'office en l'église Saint-Thomas-d'Aquin à Paris, en présence notamment de ses amis du conservatoire : Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort, Pierre Vernier, Claude Rich, Jean-Pierre Marielle, Niels Arestrup, Jacques Perrin, Monique Chaumette, Pierre Schoendoerffer, Jean-Claude Brisseau, Jacques Spiesser..., entre autres. À la droite de sa tombe se trouve celle de l'avocat Jacques Vergès.

Vie privée Bruno Cremer a été marié à deux reprises : avec Chantal Courrier, une comédienne du Conservatoire, avec laquelle il a eu un fils, l'auteur Stéphane Crémer. ; avec Chantal Hillion, psychiatre, fille du résistant et colonel Georges Hillion avec laquelle il a eu deux filles, Constance et Marie-Clémentine, son épouse depuis .

En 2000, Bruno Cremer écrit Un certain jeune homme, un livre autobiographique qui s'arrête à la mort de son père, quarante ans auparavant.

Théâtre 1952 : Robinson de Jules Supervielle, mise en scène Jean Le Poulain, théâtre de l'Œuvre 1953 : Richard II de William Shakespeare, mise en scène Jean Vilar, TNP : Willoughby 1955 : Un mari idéal d'Oscar Wilde, mise en scène Jean-Marie Serreau, théâtre de l'Œuvre 1956 : Chatterton d'Alfred de Vigny, mise en scène Michel Bouquet, théâtre de l'Œuvre 1956 : Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes de Jean Anouilh, mise en scène de l'auteur et Roland Piétri, théâtre Montparnasse 1957 : Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes de Jean Anouilh, mise en scène de l'auteur et Roland Piétri, Comédie des Champs-Élysées 1957 : Périclès, prince de Tyr de William Shakespeare, mise en scène René Dupuy, théâtre de l'Ambigu 1958 : La Maison des cœurs brisés de George Bernard Shaw, mise en scène Ariane Borg et Michel Bouquet, théâtre de l'Œuvre 1958 : L'Étrangère dans l'île de Georges Soria, mise en scène Jean Négroni, Studio des Champs-Elysées 1959 : Becket ou l'Honneur de Dieu de Jean Anouilh, mise en scène de l'auteur et Roland Piétri, théâtre Montparnasse 1971 : Alpha Beta de E. A. Whitehead, mise en scène Marcel Moussy, théâtre Antoine 1981 : Bent de Martin Sherman, mise en scène Peter Chatel, théâtre de Paris 1990-1991 : d'Albert Ramsdell Gurney, mise en scène Lars Schmidt, avec Anouk Aimée 1997 : Après la répétition d'Ingmar Bergman, mise en scène Louis-Do de Lencquesaing, théâtre de la Renaissance

Filmographie Cinéma

Télévision Téléfilms 1979 : Cet homme-là de Gérard Poitou-Weber : Joseph Pélieu 1980 : Une page d'amour d'Élie Chouraqui : Henri Deberle 1982 : Ce fut un bel été de Jean Chapot : O'Connor-Schellendorf 1982 : Un fait d'hiver de Jean Chapot : le commissaire Miller 1985 : L'Énigme blanche de Peter Kassovitz : Paul 1987 : Opération Ypsilon de Peter Kassovitz : Germain 1988 : Maigretqui 1988 : Lettera dal Salvador de Florestano Vancini : Marc 1989 : Ceux de la soif de Laurent Heynemann : Frank Sarnave 1989 : L'Été de la révolution de Lazare Iglésis : Louis XVI 1990 : Coma dépassé de Roger Pigaut : Yves Toledano 1991 : Tango Bar : Robert Ziani

Séries télévisées 1958 : En votre âme et conscience, épisode L'Affaire Beauvallon : De Flers 1959 : En votre âme et conscience, épisode L'Affaire des îles : l'avocat 1980 : Orient-Express de Marcel Moussy : Mikhaïl 1980 : La Traque de Philippe Lefebvre : le commissaire Chenu 1985 : Le Regard dans le miroir de Jean Chapot : Éric Chevallier 1987 : L'Île de François Leterrier 1988 : Médecins des hommes : Marc 1989 : La Mafia, épisode Raid contre la mafia de Luigi Perelli : Antonio Espinosa 1990 : Les Dossiers de l'inspecteur Lavardin, épisode Le Diable en ville : Jacques Pincemaille 1990 : La Mafia, épisode Mort à Palerme de Luigi Perelli : Antonio Espinosa 1991 - 2005 : Maigret : le commissaire Jules Maigret 1992 : La Mafia, épisode Le Dernier Secret de Luigi Perelli : Antonio Espinosa

Série télévisée Maigret

Publication Un certain jeune homme, Paris, Éditions de Fallois, 2000, 286 .

Distinctions Décorations en 1988 par décret du (décoré par son ami, le réalisateur Pierre Schoendoerffer).

Récompenses Festival international du film francophone de Namur 1990 : Bayard d’or du meilleur comédien pour Tumultes de Bertrand Van Effenterre, au Festival du film d'aventures de Valenciennes 2001 : Meilleur comédien pour Mon père, il m'a sauvé la vie de José Giovanni, au

Notes et références

Liens externes

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