L'offre et la demande est un modèle économique de détermination des prix dans un marché. Notamment utilisé en microéconomie, ce modèle énonce que, certaines hypothèses étant respectées, le fonctionnement d'un marché permet au prix unitaire du bien vendu sur ce marché de varier jusqu'à ce que la quantité demandée soit égale à la quantité fournie. Il résulte ainsi un équilibre économique entre le prix offert et la quantité demandée.
La loi de l'offre et de la demande doit toutefois respecter plusieurs hypothèses, parmi lesquelles la ceteris paribus (toutes choses étant égales par ailleurs), que le marché soit concurrentiel, que chaque prix unitaire soit négocié, qu'aucune entreprise sur le marché ne puisse décider unilatéralement du prix (price taker)
L'offre et la demande désignent respectivement la quantité de produits ou de services que les acteurs sur un marché sont prêts à vendre et/ou à acheter à un prix donné.
En microéconomie, la théorie de l'équilibre partiel entre l'offre et la demande développée par Alfred Marshall tente de décrire, expliquer, et prédire le prix et la quantité des biens vendus sur les marchés concurrentiels. Le modèle marshalien formalise les et est utilisé comme point de départ pour toute une série de modèles et théories économiques et sociales. La théorie de l'offre et de la demande est importante pour certains courants afin de comprendre les mécanismes à l'œuvre dans la décision d'allocation des ressources en économie de marché.
Histoire de la théorie vignette|Adam Smith Si le mécanisme de l'offre et de la demande existe dès lors que des offreurs et des demandeurs se rencontrent pour négocier, la théorie de l'offre et de la demande dispose, elle, d'une histoire. Selon Gaston Bouthoul, qui y dédie sa thèse d'économie en 1930, plusieurs des intuitions fondatrices de la théorie moderne de l'offre et la demande étaient déjà présentes dans les travaux du savant Ibn Khaldoun sous la forme d'. Certains auteurs rappellent toutefois que la théorie elle-même n'était qu'au stade d'intuition, et pas encore conceptualisée, chez ce dernier.
La Richesse des Nations, publiée par Adam Smith publié en 1776, marque la première grande tentative moderne de définition de la manière dont l'offre et la demande interagissent pour former un prix d'équilibre. Dans un but de simplification, Smith pose l'hypothèse que le prix de l'offre est fixe, mais que la demande va augmenter ou diminuer selon que le prix diminue ou augmente. En 1817, David Ricardo publie les Principes de l'économie politique et de l'impôt, dans lequel l'idée d'un modèle économique est pour la première fois proposée. Il explique de façon plus rigoureuse les hypothèses utilisées pour démontrer la loi de l'offre et de la demande.
Si la théorie de l'offre et de la demande recouvre pour Roger Guesnerie une intuition ancienne, sa formalisation débute en 1838 lorsqu'Augustin Cournot introduit la courbe de la demande. Toutefois, c'est avec l'école de pensée marginaliste, et les travaux de Stanley Jevons, Carl Menger, et Léon Walras, que voient le jour les premières grandes tentatives de mathématisation. Ces auteurs, aujourd'hui considérés comme les fondateurs de l'école néoclassique, promeuvent une mathématisation de l'économieJean-Pierre Delas, ..., p.51. L'idée principale est que le prix est déterminé par le prix le plus élevé, le prix à la marge. C'est une importante amélioration par rapport aux idées d'Adam Smith à propos de la détermination des prix d'offre. Plus tard, Alfred Marshall introduit une courbe de l'offre représentant l'offre en fonction des prix et tous les autres outils d'analyse de cette loi.
Finalement, la plupart des bases de la théorie moderne de l'offre et de la demande ont été finalisées par Alfred Marshall et Léon Walras qui ont combiné les idées de détermination de l'offre et les idées à propos de la détermination de la demande afin de chercher un point d'équilibre.
Depuis la fin du , la théorie de l'offre et de la demande a peu évolué. La plupart des travaux ont conduit à examiner les cas particuliers du modèle (oligopole, coût de transaction, non-rationalité).
Dans le cadre de la théorie de l'équilibre partiel entre l'offre et la demande, à l'intersection de ces deux courbes se trouvent le prix et la demande d'équilibre. L'intérêt du modèle de l'offre et de la demande est qu'il permet, hors du formalisme complexe de l'équilibre général, d'appréhender de façon intuitive les mécanismes à l'œuvre dans la décision d'allocation des ressources en économie de marché.
Définitions L'offre d'un bien est la quantité d'un produit offert à la vente par les vendeurs pour un prix donné. La demande est la quantité d’un produit demandée par les acheteurs pour un prix donné.
En dehors de cas particuliers, plus le prix augmente, plus la quantité offerte augmente et plus la demande diminue. Le prix d'un bien est considéré comme une quantité d'équilibre dépendant en particulier de l'offre et de la demande.
Ce principe empirique s'appelle la loi de l'offre et la demande. Cette loi est souvent généralisée par une loi des marchés, dénomination utilisée pour désigner la loi qui régit un marché, avec ou sans intervention de l'État.
Théorie de l'offre et de la demande Équilibre partiel
Gravitation des prix de marché
La loi de l'offre et de la demande fait souvent référence à l'équilibre partiel sur un marché. Dans les marchés où l'équilibre partiel s'applique, on constate les effets suivants : lorsque les prix augmentent : la quantité offerte augmente : les producteurs sont incités à offrir plus de biens, les détenteurs de ce bien sont incités à s'en séparer, la quantité demandée diminue : plus les prix sont élevés, moins les acheteurs sont disposés à acheter ; lorsque les prix diminuent : la quantité offerte diminue : les producteurs sont moins incités à produire, la quantité demandée augmente : moins les prix sont élevés, plus les acheteurs sont disposés à acheter.
Présenté autrement, étant donné un marché où pour chaque prix on associe une quantité offerte (la quantité que l'ensemble des vendeurs veulent bien vendre), et une quantité demandée (la quantité que l'ensemble des acheteurs veulent bien acheter), il existe un point d'intersection qui maximise le nombre d'échanges. Un prix un peu au-dessus laissera des vendeurs voulant bien vendre sans acheteur. Un prix un peu en dessous laissera des acheteurs voulant bien acheter sans vendeur. Dans les deux cas, le nombre d'échanges sera ainsi plus petit qu'au point d'intersection.
Une courbe d'offre et de demande correspond à un nombre donné d'offreurs et de demandeurs. Une augmentation (ou une diminution) du nombre d'offreurs ou de demandeurs provoque un déplacement vers la droite (ou vers la gauche) de la courbe correspondante, et donc une modification de l'équilibre.
Ayant constaté que ce principe pouvait s'appliquer à bon nombre de marchés, les économistes ont longtemps cherché quelles étaient les conditions que devaient remplir un marché pour que le point d'équilibre soit atteint.
Équilibre général
En 1983, l'économiste franco-américain Gérard Debreu obtient le prix Nobel d'économie pour avoir rigoureusement démontré qu'une concurrence pure et parfaite permet un équilibre et un seul, de l'offre et de la demandePrix Nobel : disparition de Gérard Debreu, alternatives économiques, février 2005.
En modélisant, l'équilibre général est atteint lors de la prise en compte de tous les facteurs possibles qui pourraient influencer l'équilibre partiel. Par exemple : Lorsqu'un gouvernement choisit de taxer ou non un bien. En regardant l'équilibre partiel, nous regardons la demande de ce bien, les quantités offertes ou disponibles de ce bien ou encore l'utilité des consommateurs à consommer ou à se procurer ce bien. (Notons que le gouvernement veuille ici taxer ce bien, car il produit une externalité négative sur d'autres consommateurs).
On fixerait alors un prix d'équilibre (partiel) avec les données que l'on a prises en compte pour modéliser la situation.
Par contre ce prix d'équilibre pourrait ne pas être un prix d'équilibre général. En effet, un équilibre général est acquis lorsqu'on prend en compte toutes les variables qui pourraient influencer la consommation de ce bien. Par exemple, le nombre d'acheteurs potentiels, l'accroit d'offre potentiel, le prix des biens substituts et/ou complémentaires
Cas spéciaux d'offre et de demande En partant d'un postulat où les richesses ne sont pas rares mais abondantes, nous avons alors une courbe de l'offre qui a la même orientation que la demande. En effet, si les coûts sont maîtrisés, et en appliquant le principe d'économie d'échelle, l'unité supplémentaire produite sera meilleur marché. Cela signifie donc que plus la production augmente, plus le prix de revient unitaire diminue. C'est le cas pour de nombreux produits, abstraction faîte du renchérissement du coût de la vie. En prenant le secteur alimentaire par exemple, le volume offert provoque une diminution du prix. Le rabais de quantité dérive aussi de ce point de vue. Cette théorie a été rédigée par Alain Zuin, lors de ses études en sciences économiques et sociales, à Genève, en 2004.
Il existe aussi des cas où l'on constate que la demande augmente en même temps que le prix, tandis que la baisse du prix provoque une baisse de la demande : les biens de Giffen sont des biens de première nécessité importants dans le budget des consommateurs : le renchérissement de ces biens entraîne un effet d'appauvrissement équivalent à une perte de revenu, qui impose de renoncer à d'autres consommations plus chères et à se rabattre sur ces biens, malgré la hausse de leur prix ; inversement, une baisse du prix de ces biens libère des ressources financières qui permet aux consommateurs de se tourner vers des produits plus chers et réduit la demande ; de manière très marginale, pour certains biens et services de luxe extrêmement chers (notamment sur le marché des œuvres d'art et sur ) des comportements inverses, où lorsque les prix augmentent, les vendeurs sont moins disposés à vendre et les acheteurs plus désireux d'acheter. Ce phénomène est nommé effet Veblen, effet de snobisme ou effet d'ostentation ; spéculation, qui se généralise en situation de déflation ou, inversement, d'inflation : la hausse du prix d'un bien (ou une hausse générale des prix) peut être interprétée comme le signe d'une rareté future ou d'une bonne affaire dont les autres sont en train de profiter, donc comme le signal qu'il faut acheter maintenant et le plus possible, car plus tard le bien ne sera plus disponible ou il sera plus cher : la demande augmente. Inversement, une baisse de prix peut s'interpréter comme le signal qu'il est avantageux d'attendre pour acheter, car le bien sera disponible encore moins cher plus tard : la demande baisse ; l'effet d'Akerlof ou effet de marque se produit lorsque des consommateurs, face à deux produits parfaitement substituables, préfèrent le produit le plus cher, lui supposant une meilleure qualité.
Il existe aussi des phénomènes plus complexes où le mécanisme de l'offre et de la demande ne joue qu'avec retard : les consommateurs peuvent puiser dans leur épargne pour maintenir leur consommation quelque temps, en dépit d'une hausse du prix. Ce phénomène est nommé effet de cliquet ; les consommateurs peuvent avoir besoin de temps pour adapter leur consommation à la nouvelle situation des prix (exemple : changer d'énergie pour leur chauffage, adopter un véhicule plus sobre).
Élasticité
Il est possible de théoriser la variation de demande (ou d'offre), associée à une variation de prix. Il est alors nécessaire d'utiliser pour cela la notion mathématique de dérivée, et le rapport entre la variation relative de la quantité, et la variation relative du prix.