Philippe Bouvard est un journaliste, écrivain, humoriste, producteur, animateur de radio et de télévision, chroniqueur et éditorialiste français, né le à Coulommiers (Seine-et-Marne) et mort le à Cannes (Alpes-Maritimes).

Il commence à la radio sur Radio Luxembourg au début des années 1960 et tient en 1965 à l'antenne une Chronique parisienne. Il devient rédacteur en chef et animateur de l'émission RTL non stop, de 1967 à 1974.

Toujours sur RTL, il est le premier animateur de l'émission radiophonique Les Grosses Têtes pendant , entre le lancement de l'émission le 18 avril 1977 et son départ en août 2014. Remplacé pendant quelques mois par Christophe Dechavanne en 2000, Bouvard part sur Europe 1 où il est chroniqueur dans la matinale ainsi que dans On va s'gêner de Laurent Ruquier.

Dans le secteur de la presse, il entre au service photographique du quotidien Le Figaro comme coursier et rédige quelques légendes photographiques. En 1953, il devient journaliste et tient la rubrique parisienne et mondaine du journal. Critique à la plume sarcastique redoutée, il pilote de 1962 à 1973 les pages parisiennes du Figaro, puis est nommé rédacteur en chef au quotidien France-Soir, puis directeur et enfin éditorialiste jusqu'en 1998, avant de terminer sa carrière comme directeur général adjoint.

Conseiller technique pour différent journaux comme l'hebdomadaire L'Express en 1977, il est également chroniqueur à Paris Match de 1977 à 1992 ainsi que pour Le Point en 1983. Chroniqueur puis rédacteur en chef du journal France-Soir à partir de 1973, il est nommé en 1987 directeur général adjoint et directeur de la rédaction du quotidien jusqu'en 1989. Il reste à la direction de la rédaction, jusqu'en 2003.

À la télévision, il produit et présente différentes émissions de variétés et de divertissement, des entretiens en plateau et du spectacle, parmi lesquels on peut noter Samedi soir (1971) sur la deuxième chaîne de l'ORTF, Bouvard en liberté (1975), L'Huile sur le feu (1976), Sur la sellette (1977) ou Passez donc me voir (1979-1982) sur Antenne 2.L'émission de télévision la plus populaire qu'il produit et présente est la quotidienne Le Théâtre de Bouvard diffusé sur la même chaîne de 1982 à 1985 et qui a révélé au public de nombreux artistes et humoristes. En 1987, il quitte le service public pour rejoindre la chaîne commerciale La Cinq et propose plusieurs formules s'inspirant de son succès télévisuel, sans rencontrer leur public. Il revient sur en 1990 avant de rejoindre la chaîne privée TF1 pour des divertissements et une adaptation télévisée des Grosses Têtes de 1992 à 1997, une autre version ayant lieu sur Paris Première entre 2006 et 2014. On le retrouve sur et entre 1997 et 2001 et dans les années 2010 pour des émissions spéciales.

Après son départ des Grosses Têtes en 2014, il continue d'exercer sur RTL pendant encore une dizaine d'années dans Allô Bouvard et À mon humble avis avec également un passage sur Bel RTL (en Belgique). Le , lors de sa dernière chronique radiophonique dans Bouvard se souvient, il annonce prendre sa retraite en , à l'âge de , après de carrière.

Philippe Bouvard signe plusieurs dizaines d'ouvrages portant sur des sujets tels que les jeux de hasards et la télévision ainsi que quelques autobiographies. Il a également œuvré à l'écriture de scénarios et dialogues de films et d'émissions télévisées.

Biographie Jeunesse et études Philippe Pierre Louis Bouvard naît le à Coulommiers en Seine-et-Marne. Il est le fils unique de Marcel Bouvard (Coulommiers, 1907 - Casablanca, 1972), primeuriste au Maroc puis directeur de sociétés en France, et d'Andrée Painbrock Gensburger (1904-1984), opticienne de confession juive originaire d'AlsaceAndrée Gensburger et Marcel Bouvard se sont mariés le 22 novembre 1928..

Marcel abandonne son épouse le jour où elle accouche de Philippe, après lui avoir volé ses bijoux et ses économiesMarcel Bouvard réapparaît vingt-trois ans plus tard pour essayer - en vain - de faire des affaires avec son fils..

Le à la mairie du de Paris, Andrée Gensburger se remarie avec Jules LuzzatoNé le à Paris, Jules Luzzato est petit-fils de rabbin., un tailleur pour homme d'origine italienne par son père et lorraine par sa mère, qui devient ainsi le père adoptif de Philippe Bouvard alors âgé de 9 ans.

Au printemps 1942, Jules Luzzato, résistant de la première heure, est arrêté par la Gestapo et interné à la prison de la Santé pour avoir livré des costumes civils aux déserteurs allemands. Sa femme sollicite l'un de ses proches, le recteur de la grande mosquée de Paris, Kaddour Benghabrit. Celui-ci impressionne fortement le jeune Philippe Bouvard par sa culture, son œcuménisme, son élégance exotique, sa courtoisie et sa bonté quand sa mère et lui prennent régulièrement le thé à la menthe à la Grande Mosquée. Le recteur parvient à faire libérer Jules Luzzato quinze jours plus tard. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Philippe se cache avec sa mère et échappe aux arrestations en déménageant une dizaine de fois entre La Baule, Limoges, le Loiret, le Midi, mais la famille Luzzato est déportée et ses grands-parents adoptifs assassinés à Auschwitz. Durant ces quatre années, Philippe souffre d'avoir à se cacher en déménageant sans arrêt, d'être témoin de « scènes terribles », des « coups de botte » et de la déportation fatale de sa famille.

Il est successivement élève à Paris aux lycées Rollin (aujourd'hui Jacques-Decour), Chaptal, Condorcet, Carnot, Janson-de-Sailly et Claude-Bernard, étant renvoyé de certains par manque d'assiduité ou indiscipline.

. Sur la Croisette, à Cannes, apercevant un jour Jean Cocteau conduit en limousine par un chauffeur de couleur en livrée, il croit que l'écriture apporte la fortune. Le , il lance son premier journal de lycée, Schola 44, dans lequel il publie des éditoriaux et des nouvelles..

Après avoir échoué trois fois au baccalauréat, muni de son seul certificat d'études primaires., il entre au centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris en 1948Comme il nous l'apprend dans son émission des Grosses Têtes du , sa carte de presse porte le numéro ., dont il est renvoyé après quelques mois avec l'appréciation « n'est pas doué pour le journalisme mais réussira dans les professions commerciales », la direction s'étant aperçue qu'il se fait rémunérer par ses camarades pour rédiger des devoirs à leur place.. Pendant son service militaire en Allemagne, il est rédacteur en chef d'une revue de régiment, le Kléber DigestJe crois me souvenir… 60 ans de journalisme, , ..

Philippe Bouvard exerce plusieurs professions, comme démarcheur d'encyclopédies ou vendeur de lunettes de soleil chez Lissac ..

Presse écrite Alors qu'il songe à s'engager dans l'armée et à partir pour l'Indochine, il reçoit l'aide d'un ami qui lui permet d'entrer en 1952 au service photographique du Figaro comme coursier.. Il en profite pour obtenir un stage au service des informations générales, ce qui lui permet d'écrire quelques lignes pour légender les photos. Il décroche sa carte de presse le , puis obtient quelques mois plus tard la rubrique parisienne et mondaine. Il devient ensuite directeur des services parisiens du Figaro.

Auteur à la plume redoutée, il obtient le Prix de la Chronique parisienne le . De 1962 à 1973, il dirige les pages parisiennes du Figaro, puis devient, à France-Soir, rédacteur en chef (jusqu'en 2003), directeur (1987-1989), directeur général en novembre 2002 et enfin éditorialiste (succédant à Carmen Tessier) de 1973 à 1998.

Il a été conseiller technique, notamment pour l'hebdomadaire L'Express en 1977. Il est chroniqueur à Paris Match de 1977 à 1992, et au Point en 1983.

Chroniqueur puis rédacteur en chef du journal France-Soir à partir de 1973, il est nommé en 1987 directeur général adjoint et directeur de la rédaction du quotidien. L'actionnaire du journal, la Socpresse, met fin en 1989 à son contrat à la direction générale, Bouvard n'ayant pu empêcher la baisse de diffusion du journal de 20 % en deux ans malgré une énorme campagne de publicité.. Il reste à la direction de la rédaction jusqu'en 2003.

Il collabore de 2003 à 2017 à la rédaction de Nice-Matin, où le site internet publie son billet quotidien. Le , il informe dans son 5225 et dernier billet que sa chronique ne sera pas reconduite pour l'année 2018 en raison de difficultés financières rencontrées par le quotidien.. .

Il tient aussi un bloc-notes hebdomadaire dans Le Figaro Magazine, qui prend fin en 2020.

Philippe Bouvard a également écrit de nombreux articles et s'est beaucoup prêté à de très nombreuses interviews dans d'autres journaux, magazines et revues.

Scénariste et dialoguiste Il est également scénariste et dialoguiste, écrivant seul ou collectivement les dialogues de plusieurs films tels que Guerre secrète et Moi et les hommes de quarante ans ainsi que pour la télévision (Dorothée : Le Show en 1983).

Radio À la radio, Philippe Bouvard exerce comme intervieweur sur Radio Luxembourg, pour la société le Poste parisien, dans la série Défendez-vous, dans une équipe menée par André Gillois, qui accueille entre autres participants Emmanuel Berl.

En 1965, il donne une Chronique parisienne sur Radio-Luxembourg (qui deviendra RTL en 1966). Il devient rédacteur en chef et animateur aux côtés de Nicole Tillet de l'émission quotidienne RTL non stop (durée 2h 30), présentée comme le « plus grand music-hall de France », de 1967 à 1974.

Voulant évoluer hors du divertissement, il est nommé rédacteur en chef du Journal de de RTL, de 1975 à 1976. Son travail dans cette fonction plus sérieuse déroute les auditeurs et le journal connaît un échecLaurent Delahousse, « Philippe Bouvard, ambitions inachevées », émission Un jour, un destin sur France 2, 7 décembre 2014, 48 min 10 s..

Les Grosses Têtes

En 1977, Jean Farran, directeur de la station de RTL lui propose de revenir à son rôle d'amuseur et d'animer un divertissement quotidien : ainsi naît le l'émission culturelle et humoristique Les Grosses Têtes. Le premier numéro a lieu le 18 avril suivant et va devenir l'émission de radio la plus écoutée de France.

Le vers , à la sortie du studio de RTL où il vient d'enregistrer Les Grosses Têtes, un déséquilibré de lui tire cinq fois dessus au pistolet à grenaille, le blessant légèrement au ventre et au doigt.. L'individu explique son geste par le fait que, selon lui, Philippe Bouvard serait un agent du RPR ayant pour mission de poser des micros espions chez lui. Philippe Bouvard précise qu'il l'a remarqué depuis plusieurs jours dans le public des Grosses Têtes parce qu'il était le seul à ne jamais rire.

vignette|gauche|Philippe Bouvard sur le plateau des Grosses Têtes, sur RTL (diffusé à la télévision sur Paris Première), en 2009.

Le 17 mai 2000, la direction de RTL, avec à sa tête le directeur général des programmes Stéphane Duhamel., veut rajeunir la grille de la station,., secondé par Olivier Mazerolle, le directeur général adjoint, chargé de l'information. Voulant se séparer de plusieurs animateurs, Stéphane Duhamel selon Le Point.. Il écarte Philippe Bouvard des Grosses Têtes, le présentateur étant âgé de , et le remplace par Christophe Dechavanne à compter de . Cette éviction provoque une vive réaction du principal intéressé qui selon lui a été par des , criant à la et ayant l'impression d'. Ils leur reproche également de . Des remous et des tensions se font sentir dans la presse et dans les médias, notamment lors de l'interview de Philippe Bouvard par Marc-Olivier Fogiel et Ariane Massenet dans l'émission On ne peut pas plaire à tout le monde du 26 janvier 2001 sur France 3.